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Constructionnisme
De Wikiberal.
Le constructionnisme, quelquefois appelé constructivisme (à ne pas confondre avec le constructivisme social) est une discipline de la psychologie qui a émergée dans les années 1950[1] en opposition à la psychologie clinique, position qu'elle partage avec la thymologie de Ludwig von Mises. Un retour sur l'histoire des idées nous fait comprendre que le constructionnisme tire ses origines dès l'aube de la pensée philosophique humaniste et spirituelle (process dynmamique et évolutif). Mais, c'est le philosophe et psychologue Friedrich Hayek qui a fourni les bases utiles pour relier le fonctionnement mental de l'individu à un ordre spontané des systèmes complexes s'auto-organisant. Il restera, sans doute, dans le futur au courant constructionniste de renforcer l'approche praxéologique pour faire de ce courant d'étude psychologique, un nouveau programme de recherche fructueux pour l'école autrichienne d'économie.
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Histoire brève du constructionnisme
Une histoire brève du constructionnisme le fait remonter aux premiers penseurs spirituels et philosophes de l'humanité, en commençant par Gautama Bouddha (560-477 avant Jésus Christ) en raison de son éclairage sur ce que nous sommes et comment nous découvrons le monde. Nous sommes ce que nous pensons. Nous nous élevons par la pensée et nous construisons le monde avec notre pensée. Le temps dynamique, dans le constructionnisme, est une notion importante, thème que l'on retrouve également dans l'école autrichienne d'économie chez des auteurs comme Mario Rizzo et Gerald O'Driscoll. Le fondateur du taoïsme, Lao-Tsu fait reposer une grande partie de sa philosophie sur la primauté du process avec une attention portée sur les tensions dialectiques, c'est-à-dire sur les contrastes cognitifs qui poussent l'être humain à s'interroger et à progresser. Ce concept est encore plus fort chez le philosophe grec Héraclite (540-475 av. J.‑C.), connu pour son idée que l'on ne peut jamais nager deux fois dans la même rivière puisque tout, dans l'univers, est flux et que tout est en train de devenir. Ni la personne, ni la rivière n'est la même à deux instants différents.
Dans la philosophie occidentale, trois auteurs pionniers du constructionnisme sont généralement cités : Giambattista Vico (1668-1744), Emmanuel Kant (1724-1804) et Hans Vaihinger (1852-1933). Ces auteurs se sont opposés à l'empirisme anglais gagnant du terrain dans la révolution épistémologique de la science naissante. Vico affirmait que le chercheur ne peut être totalement séparé de ce qu'il est censé recherché. Kant, bien qu'accentuant la primauté des idées dans l'expérience humaine, ce qui le fit classer parmi les idéalistes, accordait également à l'esprit un rôle actif en donnant une forme cohérente à la multiplicité d'expériences chaotiques vécue par l'être humain. Vaihinger, est à mettre de côté puisqu'il s'écarte d'une épistémologie réaliste, était lui-même le fondateur de l'épistémologie "As-if", chère aux chercheurs en sciences sociales positivistes comme l'École de Chicago en économie. Pour Vaihinger, l'esprit est une force organique, formative et constructive dont la fonction n'est pas de faire le portrait ou de refléter la réalité mais de servir l'individu à se débrouiller dans les circonstances particulières de la vie. L'être humain vivrait aux travers de fictions que l'esprit se serait approprié, aurait assimilé et construit.
L'apport de la théorie psychologique de Friedrich Hayek
Parmi les contributeurs modernes du constructionnisme, trois hommes viennent en tête : Frédéric Bartlett (processus constructif et reconstructif de la perception et de la mémoire), Jean Piaget et Friedrich Hayek. Le constructivisme de Jean Piaget se fonde sur la théorie de l'équilibration de Johan Hernart (1776-1841). Selon Piaget, toute forme de vie est auto-organisatrice. L'enfant organise son monde en commençant par s'auto-organiser. La théorie de l'équilibration montre le développement cognitif équilibré de l'individu entre ce qui lui est familier et ce qui lui est nouveau par les processus d'assimilation et d'accomodation. Friedrich Hayek est reconnu par les principaux théoriciens contemporains du constructivisme psychologique tels que Walter B. Weimer ou Michael J. Mahoney[2], comme celui qui a le plus contribué à poser les fondations du constructionnisme :
- En 1952, Friedrich A. Hayek a peut-être publié l'aperçu théorique le plus puissant du constructionnisme. Hayek a reçu le Prix Nobel d'économie pour sa brillante analyse de la sagesse distribuée dans des systèmes complexes et auto-organisés spontanément (tels que l'économie de marché). Son écriture de "L'Ordre Sensoriel" fut principalement le projet d'un hobby intellectuel, même si des entretiens plus tard dans sa vie ont suggéré que ses théories économiques récompensées, ont émergé suite à ses conjectures théoriques en psychologie (Michael J. Mahoney et Walter B. Weimer, 1994). Dans "L'ordre Sensoriel", Hayek révèla que les éléments de la perception, y compris les sensations les plus élémentaires, ne deviennent des éléments particuliers uniquement lors d'un contexte de classification en continu ou d'un processus d'ordonnancement qui est fondamentalement abstrait ».[3]
Particulièrement, Friedrich Hayek a précisé le mécanisme mental de l'abstraction dans le processus de tri continu des informations perçues par un individu. Il est également à l'origine de l'étude des systèmes complexes des phénomènes sociaux et des capacités des sociétés à s'auto-organiser.
Praxéologie et auto-organisation du constructionnisme
Le courant du constructivisme a désiré s'éloigner de la psychologie appliquée qui est liée à des modèles et à des métaphores de santé médicale. Les constructionnistes refusent certains aspects morbides que peut prendre quelquefois la psychologie de la santé mentale lorsque elle accentue ou qu'elle pose des stéréotypes de pathologies extrêmes sur des patients. Au contraire, les constructionnistes portent leur intérêt sur le côté positif de l'expérience humaine. et incluent des thèmes de préoccupation comme l'échange, l'altruisme, la compassion, la conscience, les soins envers autrui, la créativité, l'intelligence émotionnelle, l'adaptation, le pardon, l'espoir, l'humour, la résilience, les ressources internes, la résistance à l'agression etc. Ce courant refuse également l'image d'Epinal collée sur les psychologues comme étant des professionnels scrutant, analysant et apposant une étiquette de maladie pathologique sur un patient. Les constructionnistes se positionnent davantage comme des philosophes des processus et du potentiel mental de l'être humain, pris individuellement et dans leur ensemble.
Dans le constructionnisme, la thèse centrale est que l'être humain est le co-créateur de l'univers dont il fait l'expérience par apprentissage et dans lequel il agit en fonction de circonstances réelles. C'est à dire qu'il agit en considération du temps et du lieu et des moyens nécessaires pour atteindre des fins particulières. L'individu est un agent pro-actif qui participe à sa propre vie de façon dynamique. Le constructionnisme se différencie d'une vision traditionnelle des sciences physiques pour lesquelles l'individu est un simple conducteur d'énergie, de force et de masse passif et qui est déplacé ou modifié uniquement par l'entregent d'entités externes. Dans ce genre d'approche, l'individu est passif. Au contraire, le constructionnisme considère le système vivant comme un système complexe s'auto-organisant grâce à l'être humain actif et intégré à la vie sociale. Ce dernier recherche à maintenir, à établir ou à élaborer un ordre modélisé (un schème dans le vocabulaire de Friedrich Hayek) et d'assurer une continuité de cohérence de ses expériences. Les schèmes qui fonctionnent pour chaque individu constitue sa réalité personnelle. Ce ne sont pas de simples abstractions conceptuelles puisqu'elles sont fortement intégrées et continuellement mises en action dans ses principes de vie. D'où la difficulté parfois (ou l'impossibilité) de changer de schèmes pour certains individus.
Notes et références
- ↑ Le mot « constructivisme » fut avancé par Jean Piaget selon un néologisme du mathématicien Brouwer faisant référence au caractère construit de la connaissance.
- ↑ Hayek's (1952) The Sensory Order is probably the most underlined book in my personal library [Le livre de Hayek, "L'Ordre Sensoriel est probablement le livre le plus souligné de ma bibliothèque personnelle], Michael J. Mahoney, 2000,Behaviorism, Cognitivism and Constructivism: Reflections on Persons and Patterns in My Intellectual Development, In: M. R. Goldfried, dir., How therapists change: Personal and professional reflections, Washington, DC.: American Psychological Association, pp183-200
- ↑ Michael J. Mahoney, 2002, Constructivism and Positive Psychology, In: C. R. Snyder et Shane J. Lopez, dir., Handbook of Positive Psychology, New York, N Y ; Oxford University Press, p747
- "In 1952 Friedrich A. Hayek published perhaps the most powerful theoretical outline of constructivism. Hayek received the Nobel Prize in Economics for his brilliant analysis of distributed wisdom in complex and spontaneously self-organizing systems (such as the market economy). His writing of "The Sensory Order" was mostly an avocational project, although personal interviews late in his life suggested that his award-winning economic theories emerged out of his theoretical conjectures in psychology (Michael J. Mahoney et Walter B. Weimer, 1994). In The Sensory Order, Hayek showed that the particulars of perception — including the most basic of sensations — can become particulars only in the context of an ongoing classification or ordering process that is fundamentally abstract."
Bibliographie
- 1994, Michael J. Mahoney et Walter B. Weimer, "Friedrich A. Hayek (1899-1992): Obituary", American Psychologist, Vol 49, n°1, Jan., p63
- 2000, Michael J. Mahoney, Behaviorism, Cognitivism and Constructivism: Reflections on Persons and Patterns in My Intellectual Development, In: M. R. Goldfried, dir., How therapists change: Personal and professional reflections, Washington, DC.: American Psychological Association, pp183-200
- 2002, Michael J. Mahoney, Constructivism and Positive Psychology, In: C. R. Snyder et Shane J. Lopez, dir., Handbook of Positive Psychology, New York, N Y ; Oxford University Press, pp745-750
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