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Discussion:Gratuité
De Wikiberal.
Notes
- Je ne sais plus qui a écrit un texte où il dit que le jour où il se retrouverait en prison et qu'un kantien viendrait le voir en lui annonçant que sa visite est faite par pur devoir et sans en tirer aucun intérêt personnel, il le foutrait dehors... Quelqu'un peut m'aider ?
- Je n'ai pas pris en compte les critiques disant que l'utilitarisme est une notion occidentale et qu'une certaine tribu de quatre perdus au fin fond de la jungle ne le connaît pas... Même Lévi-Strauss et Mauss ne sortent pas de telles tartes à la crème. Quant à Derrida, à la mystique du "lien social", du "sens" et autres parfums éthérés me punit-on si je les laisse de côté ? Alain Caillé parle de « don modeste » et ne fait qu'étendre la temporalité de l'intérêt, cela ne remet pas en cause ce qui est dit ici (pas plus que Derrida au fond, après, les épigones...).
- Je n'insiste pas sur Emmanuel Kant (il faudrait remonter au kantisme de Hayek alors, sacrilège) ni sur la pureté religieuse, car c'est surtout à la doxa qui émane de ces idées et leurs conséquences politiques que la deuxième partie essaye de répondre.
- Au fond toute la deuxième partie pourrait être résumée par cet aphorisme de Marc-Aurèle: Supprime la présomption, tu auras supprimé : « On m’a fait tort ». Supprime : « on m’a fait tort », le tort est supprimé. (Pensées pour moi-même) ou "change tes préjugés ontologiques et beaucoup de tes contradictions irrésolubles s'évanouiront". J'aurais pu insister sur l'erreur de séparer un secteur non-marchand d’un secteur marchand, ou encore association et entreprise (une association n'est-elle pas seulement une entreprise non-rentable ?) --(=S=) 5 avr 2006 à 16:15 (CEST)
- Le passage sur l'aristocratisme est long: peut-être mériterait-il d'être mis dans un article à part.
- OK, pour la catégorie "économie" même si Dilbert et moi-même ne devons pas l'entendre tout à fait avec la même extension... --(=S=) 29 mar 2006 à 17:30 (CEST)
Notes sur l'introduction de l'article.
- "Ce qui est gratuit n'existe pas " : bel exemple de truisme (vérité banale, d'évidence, sans portée). Citons les sages paroles de quelques humbles citoyens que vous ne devez guère côtoyer :
Amara Ben Khédir (modeste acheteur d'agneaux): "ce qui est gratuit ne vaut rien". Yotham Silberstein (épicier à Figuerolles) : "pas cher revient cher". Et pourtant, vous n'avez pas cité un élément essentiel à notre survie et qui est encore gratuit, pour le moment : l'air que nous respirons. Impossible à privatiser pour le moment, ni à nationaliser aussi, j'en conviens. Mais patience, encore un peu de croissance tout azimut, de dérèglementation à tout va, de catastrophes Sevezo, Bhopal et autre Fukushima (rien que de sympathiques entreprises privées), et il n'est pas tout à fait exclu qu'à moyen terme, un marché de l'air respirable voit le jour. Fabrication, acheminement, conditionnement, distribution, voilà une belle source de profits en perspective.
Chapitre "De la gratuité des services publics."
- "...les impôts, eux-mêmes extorqués au contribuable sans que son avis ne lui soit demandé." :
Définition de "extorsion" : obtenir par la menace, voler (syn. : escroquer). Le choix de ce terme est bien révélateur du ressenti et de l'esprit partisan de son auteur, peut-être le signe d'une paranoïa sous jacente : L’État me menace, me vole, m'escroque ! Inutile de se targuer de tel ou tel courant néo-libéral-post classique, c'est du simple Poujadisme. "on ne demande pas l'avis aux contribuables". Rappelons tout d'abord qu'un contribuable n'est pas seulement celui qui est assujetti à l'impôt sur le revenu, ou sur la fortune, mais ce terme recouvre aussi tous les consommateurs qui, par le biais de la TVA, abondent bien plus largement au budget de la collectivité. En France donc, l'ensemble des contribuables aptes à voter est invité régulièrement à élire démocratiquement ses représentants, en établissant leur choix sur la base du programme de chaque candidat. Programme qui expose leurs intentions en matière de politique fiscale et budgétaire : voici le premier moyen utilisé en démocratie représentative pour demander l'avis du contribuable. Ce n'est pas le seul. Il peut se passer beaucoup de choses entre deux élections. Dans cet intervalle, nous disposons donc de la liberté d'association, de la liberté syndicale, et du droit de manifester si l'on est en désaccord avec telle ou telle mesure, éventuellement fiscale : c'est ainsi que les restaurateurs ont obtenus la diminution du taux de TVA appliqué à leur activité. Culturellement, mais aussi de par leurs faibles effectifs, les tenants de la pensée néo-libérale ne recourent pour ainsi dire que rarement à ces moyens d'influer sur les politiques fiscales et budgétaires. Leurs moyens financiers et leurs réseaux leur permettent d'en utiliser un autre bien plus discret : le lobbying, "activité d'influence souvent entourée d'opacité et employant des arguments incontrôlés, voire corrupteurs, dans un contexte d'encadrement encore insuffisant sur le plan législatif, compte tenu des enjeux financiers et économiques." (Source Wikipédia, article lobbying). Un peu plus loin, nous trouvons : "Hewlett-Packard a pratiquement doublé son budget de lobbyisme en 2004 (734 000 dollars) et engagé la célèbre agence Quinn Gillespie & Associates pour faire passer au Congrès une législation spéciale qui lui a permis de rapatrier 14,5 milliards de dollars de profits de ses filiales à l'étranger en économisant des millions de dollars d'impôts." Pour de pauvres contribuables à qui l'on n'a pas demandé leur avis, les actionnaires de HP ont apparemment bien compris comment ne pas se faire escroquer par l’État !
- "...un politicien dévoué aidé d'un fonctionnaire serviable se sont chargé de dépenser, à leur place, l'argent de leurs administrés."
Distorsion hallucinante de la réalité. Depuis quand, en France, un seul homme politique aidé d'un seul fonctionnaire a-t-il les moyens de décider de l'octroi des deniers publics ? Même dans la plus petite commune de France, après concertation de la commission des finances, souvent aidée de la secrétaire de Mairie (agent territoriale dévouée), suivi de délibération, publique et publiée (transparence), le budget doit être voté à la majorité des conseillers municipaux, puis obtenir l'aval de la Sous-Préfecture et du Trésor Public, remplis de fonctionnaires peut-être dévoués (il me semble déceler une pointe d'ironie), mais surtout RESPONSABLES devant la loi : pour être percepteur des impôts, il faut jouir d'un patrimoine privé conséquent, que l'administration peut confisquer en cas de faillite de la municipalité. Si un tel système avait existé dans le privé lors de la crise des subprimes, ce sont les banquiers américains qui se seraient retrouvés à la rue, et non les trois millions de pauvres types auxquels ils ont prêtés à taux élevé, malgré leur connaissance du risque élevé de défaut de paiement, se croyant garantis par les prix de l'immobilier, en constante augmentation alors. Mais, contrairement à votre propre doxa d'autorégulation de la sacro-sainte loi du marché, la bulle a crevé. Là encore, selon votre doxa ultralibérale, celui qui prend des risques en profite s'il réussit, en paie les conséquences s'il échoue. Hélas, ça ne s'est pas appliqué : malgré leur impéritie et leur cupidité, ces banquiers n'ont eu aucun compte à rendre, rien à payer sur leur patrimoine, par contre, ce sont des centaines de milliers de familles modestes qui se sont retrouvées à la rue, et ne sont pas prêtes d'en sortir, soumises au bon vouloir et à l'arbitraire de telle ou telle fondation privée qui, en échange de leur charité (rien n'est gratuit !), leur demandera juste de manifester leur reconnaissance éternelle tout en chantant leurs louanges. Je ne saurais trop leur conseiller de mordre la main de celui qui leur donne à manger, car ce sont ceux-là même qui les ont conduit à cette situation. Voilà la notion de justice selon l'ultralibéralisme.