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John Stuart Mill

De Wikiberal
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John Stuart Mill
Philosophe, Économiste

Dates 1806 - 1873
John Stuart Mill.jpg
Tendance Libéral de gauche
Origine Royaume-Uni Royaume-Uni
Articles internes Liste de tous les articles

Citation « La seule liberté digne de ce nom est celle de travailler à notre propre bien de la manière qui nous est propre, pour autant que nous ne cherchions pas à en priver les autres ou à leur faire obstacle dans leurs efforts pour l’obtenir. »
inter lib.org sur John Stuart Mill
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John Stuart Mill, né à Londres le 20 mai 1806 et mort à Lyon le 8 mai 1873, est un philosophe et économiste britannique. Il fut le penseur libéral le plus influent du XIXe siècle. Il était un défenseur de la théorie de l'utilité, une théorie éthique préalablement exposée par son parrain Jeremy Bentham.

Sommaire

Biographie

John Stuart Mill est né dans la maison parentale à Pentonville, Londres, il était le fils ainé de James Mill. Mill a été élevé par son père, avec les conseils et l'assistance de Jeremy Bentham et Francis Place. Il lui a été donné une éducation extrêmement rigoureuse et fut délibérément protégé de relations avec des enfants de son âge. Son père, adepte de Bentham et un membre de l'associationnisme, avait pour but avoué d'en faire un génie qui pourrait poursuivre la cause de l'utilitarisme et de ses applications après sa mort et celle de Bentham.

Ses dons lorsqu'il était enfant étaient exceptionnels ; à l'âge de trois ans son père James Mill lui avait appris l'alphabet grec et une longue liste de mots grecs avec leurs équivalents anglais. À huit ans il avait lu les fables d'Ésope, l'Anabase de Xénophon, tout Hérodote, et était à l'aise avec Lucien, Diogène, Isocrate et les six premiers dialogues de Platon. Il avait aussi lu une grande quantité d'ouvrages sur l'histoire.

Toujours à l'âge de huit ans, il commença le latin, étudia Euclide, l'algèbre et fut chargé de l'éducation des plus jeunes enfants de la famille. Ses principales lectures était l'Histoire, mais il avala tous les auteurs latins et grec communément étudiés dans les collèges et les universités de l'époque. Il n'avait pas à composer en latin ou en grec et ne fut jamais un pur scolaire ; c'était des matières qu'il devait lire et à dix ans il lisait Platon et Démosthène aisément. L'ouvrage de son père Une Histoire de l'Inde fut publié en 1818 ; immédiatement après, vers douze ans, John commença l'étude de la logique scolastique, tout en parcourant les traités de logique d'Aristote dans le texte. Les années suivantes son père l'introduisit à l'économie politique par l'étude d'Adam Smith et de David Ricardo et finalement compléta avec l'étude des facteurs de production sa vision économique.

Cette charge de travail ne semble pas avoir handicapé Mill dans sa vie sentimentale : la famille qu'il forma avec sa femme et sa fille a été considérée par ses contemporains comme exceptionnellement réussie. Lui-même indique dans l'un des ces ouvrages que « ceux-ci ne sont pas le travail d'un esprit, mais de trois ».

Principales œuvres

  • Système de logique déductive et inductive, 1843. Traduction française réalisée par Louis Peisse à partir de la 6e édition anglaise de 1865. Paris: Librairie philosophique de Ladrange, 1866.
    • Cet ouvrage n'est pas, malgré son titre, une répétition de la logique d'Aristote, ni un manuel supplémentaire pour une discipline codifiée. En réalité, le système est l'expression d'une philosophie nouvelle, chaînon indispensable qui relie David Hume à Bertrand Russell. Le système de logique nous offre sans doute un récapitulatif de tout ce qu'il faut entendre sous le terme de logique, mais il nous propose aussi une nouvelle théorie des sophismes, des noms propres, de la référence, et surtout de l'induction. C'est chez Mill que l'on trouve l'une des réponses les plus convaincantes au paradoxe de l'induction mis en évidence par Hume, comme l'on y lit la critique, devenue classique, de la déduction comme raisonnement stérile et circulaire. Enfin, et ce n'est pas la moindre contribution de Mill, le système de logique, met en place une théorie générale des sciences humaines et de leurs méthodes propres, nous rappelant ainsi que Mill est aussi l'auteur des Principes d'économie politique, et le contemporain de Karl Marx.
  • Principles of Political Economy, London, 1848, 7th ed. 1871 dans lequel il développe ses idées sur les droits sociaux et des libertés des travailleurs ;
  • De la liberté, 1859 ;
  • Considerations on Representative Government, London 1861 ;
  • Utilitarianism, Londres 1863, Traduction française ;
  • An Examination of Sir Hamilton's Philosophy, London, 1865 ;
  • Auguste Comte et le Positivisme, Londres (1865), Westminster Review, traduction française ;
  • De l'assujettissement des femmes en 1869. Traduction française de M. Émile Cazelles. Paris: Éditions Avatar, 1992, 206 pages. Texte disponible en ligne, ouvrage dans lequel il défend la cause de l'émancipation des femmes ;
  • Autobiographie, Londres 1873, Traduction française ;
  • Three Essays on Religion, (Nature + Utility of Religion + Theism), London 1874.

Citations

  • « La seule liberté digne de ce nom est celle de travailler à notre propre bien de la manière qui nous est propre, pour autant que nous ne cherchions pas à en priver les autres ou à leur faire obstacle dans leurs efforts pour l’obtenir. »
        — John Stuart Mill, De la liberté
  • « Une éducation générale et étatisée n'est qu'un appareil à façonner les gens pour qu'ils soient exactement semblables entre eux ; et le moule utilisé est celui qui plaît aux pouvoirs prépondérants dans le gouvernement, que ce soit un monarque, un clergé, une aristocratie, ou la majorité de la génération en cours, et dans la mesure où l'appareil est efficace et où il est réussi, il établit un despotisme sur les esprits qui, par une pente naturelle, conduit à un despotisme sur les corps. »
        — John Stuart Mill, De la liberté[1]
  • Pourquoi le bonheur général est-il désirable ? On ne peut donner comme raison que le fait que chaque personne, dans la mesure où elle croit pouvoir atteindre son propre bonheur, le désire. John Stuart Mill, L'utilitarisme

Notes et références

  1. « A general State education is a mere contrivance for moulding people to be exactly like one another : and as the mould in which it casts them is that which pleases the predominant power in the government, whether this be a monarch, a priesthood, an aristocracy, or the majority of the existing generation ; in proportion as it is efficient and successful, it establishes a despotism over the mind, leading by natural tendency to one over the body », John Stuart Mill, On Liberty, édition 1863, p.205

Voir aussi

Littérature secondaire

  • 1945,
    • Ney McMinn, dir., "A Bibliography of the Published Writings of John Stuart Mill", Evanston, I11.
    • Friedrich Hayek, commentaire du livre édité par Ney McMinn, dir., "A Bibliography of the Published Writings of John Stuart Mill", Economica, Aôut, Vol 12, n°47, pp183-184
  • 1956, J. C. Rees, "Mill and his early critics", Leicester: University College of Leicester
  • 1964, Pedro Schwartz, “John Stuart Mill y el Laissez Faire”, Moneda y Crédito, nº91, pp59-130
  • 1965, Pedro Schwartz, “Distribución e instituciones en J. S. Mill”, Moneda y Crédito, 2ª época, nº8, pp709-740.
  • 1966, Pedro Schwartz, “John Stuart Mill and Laissez Faire: London Water”, Economica, NS XXXIII, pp71-83
  • 1968, Pedro Schwartz, "La nueva economía política de John Stuart Mill", Tecnos, Madrid
  • 1976, John N. Gray, "John Stuart Mill and the Future of Liberalism", Contemporary Review, 220, September
  • 2001, R. Frantz, "John Stuart Mill as an anti-intuitionist social reformer", Journal of Socio-Economics, 31, pp125–136

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Liens externes

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