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Néo-institutionnalisme
De Wikiberal.
En rupture avec l'analyse néo-classique, qui met l'accent sur le système des prix au sein du marché, l'approche néo-institutionnelle s'intéresse à la justification de l'existence des organisations, compte tenu des relations contractuelles au sein de l'organisation et celles qui les relient à l'extérieur. Ronald Coase montre l'existence des "coûts de transaction", car les échanges sur le marché engendrent des coûts, ce que les économistes avant lui, omettaient de spécifier.
Le néo-institutionnalisme doit son préfixe "néo" en raison de sa différence avec l'institutionalisme américain, quelquefois dénommé "old Institutionalism", représenté par les écrits de Thorstein Veblen, de John R. Commons, de Wesley C. Mitchell, de Clarence Ayres. Une confusion peut venir de leurs successeurs qui utilisent également le label de néo-institutionnaliste.
Le néo-institutionnalisme se fonde sur les travaux initiaux de Ronald Coase avec sa théorie de l'entreprise [1] et le problème des coûts sociaux [2]. Cette approche fut complétée par Douglass North sur les conditions institutionnelles de la croissance[3], et par Oliver Williamson sur les modes d'organisation structurant une économie de marché[4]. D'autres auteurs ont accentué leurs recherches du succès économique des marchands et des commerçants dans certaines certaines ethnies culturelles (Janet T. Landa, Avner Greif, Avinash K. Dixit).
Une organisation est considérée comme un réseau de contrats, plus ou moins complexes, qui lie ses membres. C'est le rôle de l'entrepreneur de choisir les conditions d'affectation des ressources, soit par l'intermédiaire du marché (système des prix), soit par l'organisation (rôle de la hiérarchie). Dans les ressources humaines au sein de l'entreprise, les relations reposent sur des contrats réalisés en interne où le salaire est une rémunération compensant une prestation avec une liaison de subordination. Dans les cas où la relation est externalisée, la prestation donne lieu à une facturation commerciale où la relation est fondée sur le partenariat et le contrat est commercial.
Les contrats sont quelquefois considérés comme incomplets car tous les détails de prestations ne sont pas exposés. Au sein de l'entreprise, cela explique l'existence d'une hiérarchie de middle management afin de surveiller et de contrôler les prestations. A l'extérieur, en cas de sous-traitance, des entreprises s'intercalent entre l'exécutant de la prestation (maître d'ouvrage) et le donneur d'oeuvre (maître d'oeuvre). Ces assistants en maîtrise d'ouvrage ont la même fonction que les cadres intégrés dans l'entreprise.
La diversification de la production influe sur la capacité de communiquer les ordres de la hiérarchie. Les décisions stratégiques adaptées en découlent. La forme d'organisation en U ("U- form") est préconisé dans les petites entreprises avec une mono-production. Une seule personne prend les décisions importantes concernant les grandes fonctions de la firme (production, commerciale, finances-comptabilité, recherche-développement). Dans le cadre des productions diversifiées, Il est préférable d'intègrer différentes activités distinctes, plutôt que de créer de nouvelles entreprises déconnectées. La forme multidivisionnelle ("M-form") est alors préconisée. L'entreprise est décomposée en plusieurs unités avec une structuration en divisions opérationnelles. La direction générale garde la main sur les grandes décisions stratégiques, quelquefois épaulée par un "staff" d'experts. L'entreprise s'adapte aux évolutions du marché en achetant ou en vendant les sociétés. Car, certaines divisions opérationnelles peuvent être constituées en sociétés juridiquement indépendantes. Une société "holding" ou "maison mère", assume le rôle de direction générale et elle contrôle l'ensemble.
Notes et références
- ↑ (The Nature of the Firm, 1937)
- ↑ (The Problem of Social Cost, 1960)
- ↑ (Structure and Change in Economic History, 1981)
- ↑ (Market and Hierarchies, 1975)
Bibliographie
- 1972, Allan G. Gruchy, Contemporary Economic Thought: The Contribution of Neo-Institutional Economics, Clifton, NJ, Augustus M. Kelley
- 1987, Allan G. Gruchy, The Reconstruction of Economics: An Analysis of the Fundamentals of Institutional Economics, Westport, CT, Greenwood Press
- 1989, Avner Greif, Reputation and Coalitions in Medieval Trade: Evidence on the Maghribi Traders, Journal of Economic History, 49(4), December, pp857-882
- 1990, Thrainn Eggertsson, Economic Behavior and Institutions, Cambridge, Cambridge University Press
- 2000, H. Hasselbladh et J. Kallinikos, The project of rationalization: A critique and reappraisal of neo-institutionalism in organization studies, Organization Studies, 21(4): 697-720
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