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Loi de l'offre et de la demande
De Wikiberal.
La loi de l'offre et de la demande est l'un des éléments essentiels expliquant le fonctionnement d'une économie de marché. Elle indique comment se concilient, par l'arbitrage pacifique du marché, les intérêts apparemment contradictoires des offreurs et des demandeurs.
En particulier la loi de l'offre et de la demande nous montre que, sur n'importe quel marché, il existe toujours un niveau de prix qui supprime la pénurie (ou l'excédent) et qui équilibre la quantité offerte et la quantité demandée (pour ce prix, les producteurs sont prêts à vendre la même quantité de biens que celle que les consommateurs veulent acheter). Un tel niveau de prix est qualifié d'optimal, parce qu'il maximise les avantages et minimise les inconvénients, pour les vendeurs comme pour les acheteurs.
Ce niveau de prix, qui résulte de l'offre et de la demande, détermine un équilibre qui est qualifié de stable, ce qui signifie que si l'on s'éloigne de cet équilibre, des mécanismes automatiques (ceux du marché) ramènent vers l'équilibre ; c'est ainsi, par exemple, que pour un niveau de prix inférieur à l'équilibre, il existera un excès de la demande sur l'offre qui va provoquer une hausse des prix qui perdurera jusqu'au retour à l'équilibre ; cette hausse des prix, en particulier, va pousser les producteurs à augmenter l'offre, résorbant ainsi la pénurie potentielle.
Ce mécanisme de rééquilibrage repose naturellement sur la libre variation des prix. En ce sens, le blocage des prix, leur fixation autoritaire par les pouvoirs publics, constituent toujours une aberration économique. Si le prix est fixé à un niveau trop élevé, la surproduction est inévitable ; c'est par exemple le cas de nombreux produits agricoles, à l'intérieur du marché commun, pour lesquels il existe des prix garantis qui favorisent une surproduction et créent les excédents que l'on connaît. Un raisonnement identique peut être appliqué au marché du travail, où un salaire minimum trop élevé est créateur de chômage. En sens inverse, si le prix est fixé par les pouvoirs publics à un niveau trop bas (prétendument pour empêcher l'inflation), la demande excède l'offre, ce qui entraîne la pénurie : l'exemple du contrôle des loyers explique largement les pénuries de logement que l'on a pu observer. Ce type de déséquilibre est encore plus évident dans les économies planifiées, où tous les prix sont bloqués et où se développent les pénuries, les files d'attente et le marché noir.
Élasticité de la demande
On parle de demande élastique quand la demande varie beaucoup s'il y a variation du prix, de demande inélastique si une baisse ou une hausse de prix a peu de conséquences sur la demande. Les composants de l'élasticité sont :
- l'effet de substitution (si le prix devient prohibitif, par exemple en raison d'une situation de monopole, les acheteurs se tourneront vers des produits de substitution plus abordables ; inversement, si le prix d'un produit devient attractif, les acheteurs auront tendance à délaisser d'autres produits équivalents pour se tourner vers ce produit) ;
- l'effet de revenu (une baisse de prix fournit un « revenu » disponible pour de nouveaux achats du même produit, ou pour d'autres produits davantage convoités) ;
- l'effet de participation (une baisse de prix ciblée en direction de nouveaux entrants sur le marché permet d'augmenter la demande globale).
Regards libéraux
Les économistes libéraux critiquent ou dénoncent les pratiques de contrôle des prix, ne serait-ce que parce qu'elles sont contre-productives.
Des pratiques de contrôle des prix ont toujours existé dans presque tous les pays du monde, notamment en France[1]. Elles consistent en la fixation de prix arbitraires (exemple : les prix des consultations médicales), en l’instauration de prix minimums pour protéger les vendeurs (exemple : le salaire minimum) ou pour protéger les autres clients des vendeurs contre le risque de faillite des vendeurs (exemple : les tarifs de certains contrats d'assurance) ou pour protéger les producteurs actuels contre la concurrence de nouveaux venus (exemple : l'interdiction de la vente à perte), en l’instauration de prix maximums pour protéger les acheteurs (exemple : le taux d’usure), ou encore en l’encadrement de l’évolution des prix (exemple : la limitation de la hausse des loyers).
L’argument, partagé par la majorité des économistes et fondé sur l’observation de la loi de l’offre et de la demande, est le suivant :
- Lorsque les pouvoirs publics veulent protéger les vendeurs, ils instituent un prix minimum (par exemple un salaire minimum) supérieur au prix d’équilibre. Il s’ensuit (voir sur le graphique) que la demande est inférieure à l’offre, et même inférieure à la demande qui correspondrait au prix d’équilibre, si bien que l’offre n’est pas satisfaite (exemple : dans le monde du travail, il y a alors progression du chômage). Cette politique, mise en œuvre pour protéger les vendeurs, a donc pour effet d’empêcher les vendeurs de vendre. Cette politique nuit à ceux qu’elle devait protéger. C'est par exemple l'argument développé par le Prix Nobel d'économie Gary Becker, qui le résume en : « augmenter le salaire minimum, c'est augmenter le chômage »[2].
- De même, lorsque les pouvoirs publics veulent protéger les acheteurs, ils instituent un prix maximum inférieur au prix d’équilibre. Il s’ensuit (voir sur le graphique) que l’offre est inférieure à la demande, et même inférieure à l’offre qui correspondrait au prix d’équilibre, si bien que les producteurs ont intérêt à ne plus produire et que la demande n’est pas satisfaite. Cette politique, mise en œuvre pour protéger les acheteurs, a donc pour effet d’empêcher les acheteurs d’acheter. Cette politique nuit également à ceux qu’elle devait protéger. Le Ludwig von Mises Institute l'illustre par les pénuries alimentaires ou famines nées du contrôle des prix[3].
Politique de la demande et politique de l'offre
En économie politique, on distingue souvent deux types de politiques opposées.
La politique de la demande (Thomas Malthus, John Maynard Keynes, Karl Marx) met l'accent sur la demande, les dépenses, par crainte d'excès d'offre, d'excès d'épargne, de surproduction, de « manque de débouchés » pour les produits, provoquant le chômage et la fermeture des entreprises. Pour Marx, la sous-consommation ouvrière finira par causer la perte du capitalisme. Keynes explique la crise de 1929 par une faiblesse de la demande globale : il faut donc augmenter la demande et les dépenses publiques pour assurer le plein-emploi, la dette publique étant vue comme un « levier ». La crise pétrolière des années 1970 devait montrer l'inefficacité de cette théorie qui entraîne inflation et stagnation économique.
La politique de l'offre, dont la première formulation fut la loi de Say ou loi des débouchés, joue sur les incitations à la production, au travail, à l'épargne, à l'investissement, par la baisse des impôts et la dérégulation. Une croissance économique durable ne peut naître que d'une augmentation du volume de travail ou de la productivité. Le travail et le capital, combinés au sein des entreprises, sont des facteurs premiers, et non une finalité en soi ; c'est l'offre, la prise de risque par les entrepreneurs, qui « tire » la demande.
Pourquoi ces lois économiques sont si peu comprises
L'économiste suisse Bruno S. Frey est l’un des rares économistes à s’être demandé pourquoi les lois de l’offre et de la demande, centrales dans toute réflexion économique, étaient si mal comprises. Il avance cinq arguments pour expliquer cette faible compréhension :
- argument cognitif : les gens souffrent d’un déficit de connaissance sur les lois du marché ;
- argument politique : syndicats et lobbies font pression sur l’État pour fausser le système des prix en leur faveur ;
- argument de justice : les gens sont réfractaires à ce système de fixation des prix, car ils estiment qu’il mène à des situations inéquitables (cf. juste prix);
- argument psychologique : il y a un coût psychologique à entrer dans un processus d’échange, et ce coût joue à l’encontre de l’extension des échanges marchands, et par conséquent génère une méfiance à l’encontre du système des prix ;
- argument moral : l’extension des échanges à certains domaines constituerait une menace pour des valeurs morales intrinsèques, du coup le système des prix serait perçu comme immoral.
Voir la réfutation de ces arguments par Philippe Simonnot[4].
Les modifications forcées des paramètres de la loi de l'offre et de la demande, en raison de l'interventionnisme étatique
Le loyer
Les hommes de l'État ont toujours eu la tentation de fixer les niveaux des loyers, ce qui a, à chaque fois entrainé des conséquences néfastes pour les plus fragiles. Moins de logements sont construits puisque la rentabilité en serait faible. En outre la protection excessive des locataires pousse les propriétaires à demander des cautions toujours plus nombreuses pour pallier le risque de ne pas être payé par un locataire qu'on ne peut alors faire quitter le logement. Comme le note l'ALEPS, « si le prix est fixé par les pouvoirs publics à un niveau trop bas (prétendument pour empêcher l'inflation), la demande excède l'offre, ce qui entraîne la pénurie : l'exemple du contrôle des loyers explique largement les pénuries de logement que l'on a pu observer »[5].
La Sécurité sociale
La modification forcée des lois de l'offre et de la demande est aussi présente, en ce qui concerne la santé avec des conséquences autrement plus dramatiques que pour le loyer :
En effet, l'État, dans le domaine financier, fixe arbitrairement, non seulement, le prix de la consultation médicale, mais aussi le prix de remboursement de ces frais médicaux (consultations médicales, médicaments, et autres prestations médicales, comme les radios etc..), mais encore le montant des cotisations (avec la CSG et la CRDS) et, dans le domaine administratif, oblige à souscrire obligatoirement à une caisse de sécurité sociale et de retraite, pré-selectionnées par cet État et donc érigées en monopoles. Ce qui a eu pour effet de détruire la médecine libérale, parce que cela a empêché les médecins d'investir, de moderniser leur matériel médical, et de financer des formations pour les futurs médecins, au risque de causer des erreurs de diagnostics, voire de ne plus offrir à la population un niveau correct de protection médicale (puisque l'on manque, maintenant, de médecins) et de provoquer, de façon plus générale, un cercle vicieux dans le domaine de la protection sociale, c'est-à-dire un accroissement considérable des déficits. En effet, la répartition égalitariste a induit des effets d'assistanat, d'irresponsabilité, de laxisme, un appauvrissement de la population et donc entraîne des pénalités de plus en plus fortes contre les médecins, étant obligés de prescrire de plus en plus d'ordonnances, par suite du manque de médecins. Depuis 1992, trois directives européennes ont ouvert une première brèche dans ce monopole de la Sécurité Sociale (voir abrogation du monopole de la Sécurité Sociale) laissant présager d'une future libre concurrence des systèmes de protection sociale, au sein de l'Union Européenne.
Protectionnisme
- La monnaie
En général, les banques centrales, associées ou liées ou « soumises » au pouvoir politique, quel que soit l'État-Nation, ont le monopole d'émission de la monnaie.
Ce qui implique que la loi de l'offre et de la demande est de toute façon, arbitrairement modifiée en fonction des orientations de la politique économique de ces États-Nations. En effet, pour répondre aux exigences de ces pouvoirs politiques, ces banques centrales sont dans la nécessité de modifier la loi de l'offre et de la demande, de telle sorte que l'adéquation ou l'équivalence entre la quantité de produits, d'une part, et la masse monétaire disponible en circulation, d'autre part est rompue. Ce qui provoque soit de l'inflation, soit de la déflation, d'une part, et une plus ou moins grande facilité d'exportation de ces produits, d'autre part, dans l'intérêt de ces États-Nations .
Mais, de façon plus générale, l'interventionnisme étatique, dans le domaine de la monnaie a été catastrophique, notamment en 1919, lorsque les gouvernements européens ont détaché la Monnaie par rapport à l'or. En effet, en ayant procédé par ce biais à l'instauration d'un processus inflationniste, les paramètres de la loi de l'offre et de la demande en ont été modifiés, de telle sorte que cette adéquation, cette équivalence entre la quantité de produits et la masse monétaire disponible en circulation a été effectivement rompue, aboutissant à cette situation suivante : On a effectivement beaucoup plus de monnaie ou de papier monnaie en quantité, mais comme l'inflation est très forte, autrement dit, que le coût des produits est de plus en plus élevé, alors, en fait la monnaie utilisée est donc sans plus aucune valeur, mais aussi cela a provoqué un processus de déficit chronique lancinant et grandissant de ces États, que les populations devront rembourser, d'ailleurs. C'était une façon pour les États de « corrompre » les populations en leur faisant croire qu'elles étaient « plus riches », mais seulement quantitativement et non qualitativement. Mais encore, cette inflation a atteint un niveau totalement hors de toute raison où un dollar était égal à ... 4200 milliards de Marks, en 1923 (cela a été une des causes principales de la crise de 1929).
Or, il est à constater que les parités du dollar (États-Unis, du Yuang (Chine), du rouble (Russie), et de la Roupie (Inde), depuis plusieurs années, étant si singulièrement basses par rapport à la parité de l'Euro (Union Européenne, en principe la Banque Centrale Européenne est « théoriquement indépendante » des pouvoirs politiques des États-Nations de l'Union Européenne), ces États-Nations ont vu une croissance économique supérieure à celle de l'Union Européenne (l'Allemagne et le Bénélux ont la croissance économique la plus forte au sein de l'Union Européenne, en raison de la politique plus libérale, ou moins collectiviste réalisée dans ces États-Nations que dans les autres). Ces États-Nations qui ont des parités de leur monnaie respective singulièrement basse par rapport à l'Euro, pour éviter une une inflation importante, se mettent à commercer entre eux, de façon plus ou moins libre, avec le problème des barrières douanières, pour que leur monnaie soit stockée dans les banques « étrangères », car la monnaie est non seulement un instrument de la politique économique de ces États-Nations, mais aussi un produit d'échange lui-même par rapport non seulement aux produits, mais aussi par rapport aux monnaies elles-mêmes (d'où la notion de parités entre les monnaies), car on peut acheter et / ou vendre des monnaies étrangères, de la même façon que l'on peut acheter et / ou vendre n'importe quel produit.
- La Politique Agricole Commune
La modification forcée des paramètres de la Loi de l'offre et de la demande, dans ce domaine, a provoqué des résultats plus que négatifs. En effet, les principes protectionnistes de la Politique Agricole Commune, visaient à empêcher l'importation, notamment de riz asiatique (Inde, Chine, Thaïlande) et du maïs américain (États-Unis, Mexique), donc en agissant artificiellement sur la quantité de produits sur le marché, et donc sur les paramètres de la loi de l'offre et de la demande. Ce qui a eu pour effet d'empêcher l'exportation de blé européen, puisque les autres régions du monde ont pris des mesures de rétorsion contre l'Europe. Ce qui n'a pas empêché, malgré tout, l'importation du riz et du maïs, étant moins chers que le blé et cela a produit des faillites de sociétés agricoles européenne, car elles n'avaient que peu de débouchés à l'international, alors que, en fait, la concurrence entre le riz, le maïs et le blé était une fausse concurrence (certes ce sont des céréales, mais chaque céréale joue un rôle particulier dans l'alimentation).
- Le textile
L'exemple du textile chinois est un exemple où la conservation des paramètres de la Loi de l'offre et de la demande n'aurait pas dû se produire. En effet, depuis quelques années, le textile chinois a été importé, au sein de l'Union Européenne, sans aucune contrainte, et conformément à l'équilibre naturel de la Loi de l'offre et de la demande. Or, cette Loi de l'offre et de la Demande peut produire l'effet suivant : Le consommateur voudra, naturellement rechercher, en principe, un excellent rapport qualité / prix, mais, dans la pratique, serait plutôt dans l'inclinaison d'acheter un produit à un prix ou à un coût le plus faible possible ou, du moins, le moins élevé possible, de sorte que ce consommateur ne voudra pas dépenser plus que ce qu'il veut dépenser. De ce fait, de nombreuses entreprises européennes de textile ont dû faire faillite, uniquement en raison de la chèreté de leurs produits, qu'elles ne pouvaient vendre, même si les textiles européens avaient une qualité appréciable.
Notes et références
- ↑ Four Thousand Years of Price Control, Ludwig von Mises Institute
- ↑ « Augmenter le salaire minimum, c'est augmenter le chômage », Gary Becker
- ↑ Four Thousand Years of Price Control, Ludwig von Mises Institute
- ↑ Philippe Simonnot, "Pourquoi les économistes et les gouvernants se trompent-ils si souvent ?", Le Québécois Libre, [lire en ligne]
- ↑ Offre et demande sur libres.org, [lire en ligne]
Voir aussi
- Introduction à l'offre et à la demande
- Échange
- Libre-échange
- Économie de l'offre
- Valeur
- Laissez-faire
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