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Capitalisme de connivence : Différence entre versions

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(Citations)
(Le capitalisme de connivence est-il un "ultralibéralisme" ? : Farage)
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Albert Camus disait : "A mal nommer les choses, on ajoute à la misère du monde". On ne voit pas de lien entre le capitalisme de connivence et le [[libéralisme]], au contraire. Par exemple, lors de la [[crise financière de 2007-2008]] :
 
Albert Camus disait : "A mal nommer les choses, on ajoute à la misère du monde". On ne voit pas de lien entre le capitalisme de connivence et le [[libéralisme]], au contraire. Par exemple, lors de la [[crise financière de 2007-2008]] :
 
:Le secteur financier a capturé le système politique, ce que l’on a fort bien vu dans la dernière grave crise économique et tout cela a été légalement autorisé par des hommes politiques qui avaient été achetés. Les banquiers et financiers n’ont pas gagné d’argent en mettant leur capital en risque (la base du libéralisme) mais en achetant la complicité des gens au pouvoir, ce qui n’a rien à voir avec le libéralisme et tout avec le social-clientélisme, cette horrible maladie de la démocratie. ([[Charles Gave]])
 
:Le secteur financier a capturé le système politique, ce que l’on a fort bien vu dans la dernière grave crise économique et tout cela a été légalement autorisé par des hommes politiques qui avaient été achetés. Les banquiers et financiers n’ont pas gagné d’argent en mettant leur capital en risque (la base du libéralisme) mais en achetant la complicité des gens au pouvoir, ce qui n’a rien à voir avec le libéralisme et tout avec le social-clientélisme, cette horrible maladie de la démocratie. ([[Charles Gave]])
 
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:L'Europe n'a plus rien de libéral : c'est une prise de pouvoir massive par les grandes entreprises et le "grand gouvernement". ([[Nigel Farage]])
 
Voir aussi à ce sujet les articles [[ultralibéralisme]], [[loi du plus fort]], [[corruption]], [[cleptocratie]].
 
Voir aussi à ce sujet les articles [[ultralibéralisme]], [[loi du plus fort]], [[corruption]], [[cleptocratie]].
  

Version du 15 janvier 2014 à 12:22

Alors que dans le capitalisme libéral l'Etat n'interfère pas avec l'économie (sauf pour ce qui relève de ses fonctions régaliennes), dans le capitalisme de connivence (crony capitalism ou corporatism en anglais) l'Etat soutient certaines entreprises, soit qu'il cède à leur pression par corruption, soit que ce soit de sa part une volonté délibérée à des fins politiques. Certains contestent l'emploi du terme de "capitalisme" pour désigner ce cas de figure, puisque le droit de propriété individuelle, sur lequel repose le capitalisme, est violé par l'interventionnisme étatique. Charles Gave préfère employer le terme de "social-clientélisme", qui pour lui est une "maladie de la démocratie". On parle également de "capitalisme de copinage" (crony = copain).

Capitalisme de connivence et banque centrale

Capitalisme de connivence et corruption

Le « capitalisme de connivence », ou le « capitalisme politique » comme l'appelle l'historien Gabriel Kolko, est résultat de l'étatisme et d'une forme de corruption des élites : les grandes entreprises, de plus en plus inefficaces et bureaucratisées, réagissent au libre marché et à la concurrence en se tournant vers le gouvernement pour réclamer davantage de règlementations, de protection, ce que Bastiat appelait la "recherche de rentes". De même, les grandes banques brandissent la menace du "risque systémique" pour exiger un renflouement par l’État ou par la banque centrale suite à leurs erreurs.

En France, cet état de fait est ancien et découle des participations croisées et surtout de l'endogamie des élites administratives (via l'École Nationale d'Administration) qui aboutit à mettre d'anciens hauts fonctionnaires à la tête des grandes entreprises, c'est-à-dire des gestionnaires et non pas des entrepreneurs. Les intérêts de l'État et de ces entreprises (qui sont très semblables en fait à des administrations publiques) sont alors inextricablement mêlés :

Ces « entrepreneurs » vont chercher à obtenir par la force ce qu’ils réussissaient auparavant à avoir grâce à leurs compétences entrepreneuriales. Les concurrents seront ainsi évincés du marché, non parce qu’ils sont moins bons mais parce qu’ils n’ont pas su obtenir les faveurs de l’État. Les consommateurs n’auront plus d’autre choix que de se fournir auprès des entreprises sélectionnées par l’État.
La symbiose entre l’État et les entreprises privilégiées peut parfois atteindre un tel niveau que les deux se confondent. L’État obtient de nouveaux marchés pour ces entreprises de façon politique et les soutient financièrement en cas de mauvaise passe (au détriment des contribuables). De leur côté, les entreprises privilégiées n’hésitent pas à employer d’anciens hauts fonctionnaires et autres technocrates, en guise de remerciement pour les privilèges reçus ou dans l’espoir de futurs privilèges. Les entreprises privilégiées n’oublieront pas non plus d’investir dans les projets gouvernementaux qui servent aussi bien les intérêts de leurs partenaires politiques que les leurs. (Gabriel Gimenez-Roche)

Aux Etats-Unis, le capitalisme de connivence est également très développé, qu'il s'agisse de corruption, de lobbying à Washington, de recherche de subventions, de renflouement par l’État ou la FED :

Il y a beaucoup de capitalisme de connivence dans ce pays, des gens qui bénéficient de contrats avec le gouvernement, ou qui sont renfloués par la FED. Ils ne méritent pas de compassion, ils méritent de se voir supprimer tous leurs bénéfices. Il ne faut pas confondre ça avec le vrai capitalisme, quand quelqu'un gagne de l'argent, produit quelque chose. (Ron Paul, novembre 2011, Michigan GOP Oakland University Debate)
Les manifestants d'Occupy Wall Street accusent le capitalisme de quelque chose qui pour moi est incontestablement le résultat du capitalisme de connivence. (Donald J. Boudreaux)

Le capitalisme de connivence est d'ailleurs un thème récurrent dans le roman La Grève d'Ayn Rand :

Rand explique que dans un système de capitalisme de connivence vous n'avez pas une règle objective de droit, vous avez des lois subjectives qui sont votées lorsque certaines personnes sont plus connectées avec le gouvernement et sont capables d'utiliser le gouvernement pour obtenir un avantage concurrentiel sur les autres sur le marché. C'est ce que les économistes appellent la prise de contrôle de la réglementation. C'est une idée qui est vraiment fondamentale dans la Grève. (Jennifer Burns)

Le soutien des États aux entreprises ou banques "too big to fail" relève également du capitalisme de connivence. La manipulation de la monnaie par la banque centrale est le stade ultime du capitalisme de connivence :

Hélas pour nous, la "monnaie-marchandise" ne convient pas à un système capitaliste dévoyé, un capitalisme de copinage, de connivence, de manipulation ou d’État. La "monnaie-marchandise" pourrait appartenir à tout le monde, serait trop démocratique, pas facilement manipulable pour le plus grand profit des politiques qui promettent la lune, des gouvernements dispendieux et de leurs banquiers affairistes. Le capitalisme de connivence, des lobbyistes ou le capitalisme d’État ne peut fonctionner qu'avec de la "monnaie-dette". (Simone Wapler)

Capitalisme de connivence et fascisme

Le fascisme promeut, par idéologie, une sorte de capitalisme de connivence, proche du capitalisme d’État des états socialistes :

Le fascisme devrait être appelé plutôt "corporatisme", car il résulte de la fusion de l'État et du pouvoir des entreprises. (Mussolini en 1932)

Le fascisme et le nazisme mettront ainsi en œuvre un corporatisme destiné à contrôler les entreprises en leur imposant la ligne politique du pouvoir. A la différence du capitalisme de connivence où se mêlent de façon informelle les intérêts du pouvoir et des entreprises, chacun y cherchant son propre intérêt, ce corporatisme est dirigiste, les entreprises étant sous la coupe du pouvoir : celui-ci leur impose ses directives qui prévalent sur la recherche du profit. L'état ultime de ce système est le capitalisme d’État socialiste, qui supprime complètement la propriété privée des moyens de production.

Le capitalisme de connivence est-il un "ultralibéralisme" ?

Albert Camus disait : "A mal nommer les choses, on ajoute à la misère du monde". On ne voit pas de lien entre le capitalisme de connivence et le libéralisme, au contraire. Par exemple, lors de la crise financière de 2007-2008 :

Le secteur financier a capturé le système politique, ce que l’on a fort bien vu dans la dernière grave crise économique et tout cela a été légalement autorisé par des hommes politiques qui avaient été achetés. Les banquiers et financiers n’ont pas gagné d’argent en mettant leur capital en risque (la base du libéralisme) mais en achetant la complicité des gens au pouvoir, ce qui n’a rien à voir avec le libéralisme et tout avec le social-clientélisme, cette horrible maladie de la démocratie. (Charles Gave)
L'Europe n'a plus rien de libéral : c'est une prise de pouvoir massive par les grandes entreprises et le "grand gouvernement". (Nigel Farage)

Voir aussi à ce sujet les articles ultralibéralisme, loi du plus fort, corruption, cleptocratie.

Voir aussi

Notes et références

Liens externes

Citations

  • Dans l’État interventionniste le succès d’une entreprise ne dépend plus d’une manière cruciale du fait qu’elle soit dirigée de façon à satisfaire au mieux et au meilleur prix les besoins des consommateurs ; il est bien plus important d’entretenir de « bonnes relations » avec les factions politiques exerçant le contrôle, et que les interventions s’exercent dans un sens favorable et non défavorable à l’entreprise. (Ludwig von Mises)
  • Le mot qui convient le mieux pour désigner un système qui gomme les frontières entre le Gouvernement avec un G majuscule et l'Entreprise avec un E majuscule n'est ni "libéral", ni "conservateur", ni "capitaliste". Ce serait plutôt "corporatiste". (Naomi Klein,La Stratégie du choc, 2007)
  • Le but caché du capitalisme de connivence français : la réglementation de la finance. On "donne du grain à moudre" à tous ceux qui ne comprennent rien à l'évolution de la finance dans ces dernières années, à la finance actuelle, ou qui voudraient réglementer la finance tant à l'échelle nationale qu'à l'échelle du monde, au nom de l'intérêt général, de leur ignorance interventionniste et malgré les désastres qu'elle a produite au XXe siècle. Bref, on tend à conforter le capitalisme de connivence à partir des méfaits qu'il commet et qu'il nous fait solder. (Georges Lane)
  • Au fur et à mesure que le domaine de l’État s'étend, il devient plus profitable pour les entrepreneurs d'« acheter » le personnel politique plutôt que d'« acheter » leurs clients en leur offrant ce qu'ils demandent. (...) en intervenant dans la vie économique, de façon toujours de plus en plus étendue, l’État crée lui-même les conditions nécessaires à une manipulation croissante des lois du marché au profit de groupes d'intérêts particuliers. (Henri Lepage, Demain le capitalisme, 1978)
  • Le souci de connivence pose la question du dirigisme : comment éviter la domination de l'économie par les puissants quand l'économie est entre les mains d'un petit groupe ? Le capitalisme répond à cette inquiétude en restreignant le pouvoir d'ingérence. On peut être pour, on peut être contre. Mais il y a là une conscience du danger. Par contre, les dirigistes accusent un capitalisme réel inexistant de ces problèmes de connivence, alors que ce danger est inhérent au dirigisme, qui ne l'envisage pourtant pas. (Vladimir Vodarevski)
  • Pour diminuer le lobbying, il faut limiter le pouvoir de l'État : on n'influence pas quelqu'un qui n'a aucun pouvoir. Pour le réformateur, l'intensité du lobbying est un excellent indicateur de la localisation du pouvoir à limiter. Pour l'élu, sa compréhension offre une opportunité de rendre populaires nos idées en soulignant de façon intelligente le capitalisme de connivence et le parasitisme réglementaire. (Alex Korbel, Le Lobbying, Libres ! 100 idées, 100 auteurs)
  • Récompenser l’échec, c’est tout sauf du capitalisme libéral. C’est de l’économie planifiée. Sauf qu’ici, l’État ne planifie pas pour le plus grand nombre, comme le faisait l’URSS ; il planifie pour le plus petit nombre. C’est le pire des deux mondes : du socialisme inversé, du capitalisme assisté par l’État, de la spéculation subventionnée, de l’individualisme entretenu, de l’irresponsabilité financée à crédit. Un système perverti où l’État, au lieu de jouer l’unique rôle qui justifie son existence – à savoir veiller au maintien de conditions de vie décentes pour la majorité des habitants de son territoire – n’est plus là que pour redistribuer le bien collectif en faveur de firmes puissantes. (Myret Zaki)
  • Le capitalisme d’État, ou capitalisme de copinage, est une perversion du capitalisme de libre marché par la politique. Or c’est ce phénomène qui gangrène aujourd’hui nos sociétés prétendument « libérales » et qui produit les crises que nous connaissons. (Damien Theillier, Libres ! 100 idées, 100 auteurs)
  • Le but des politiciens dans la vie c'est le pouvoir, et ils distribuent des avantages aux groupes de pression pour le garder. (Ron Paul)
  • Quand l’achat et la vente sont contrôlés par la législation, les premières choses qui s’achètent et se vendent sont les législateurs. (P.J. O’Rourke)
  • Le capitalisme actuel est parfois décrit comme une "économie casino". Mais je ne connais aucun casino où le président de la Banque Centrale et le Ministre des Finances accompagnent le joueur devant la roulette en lui garantissant gentiment de couvrir toutes ses pertes. (Johan Norberg)
  • Le capitalisme n’est légitime éthiquement que si le surplus dégagé par l’entrepreneur est le résultat d’un risque pris et assumé et la contrepartie d’un échec toujours possible. Si l’entrepreneur essaie de transformer son profit en rente, alors non seulement le capitalisme cesse de fonctionner, mais en plus son remplaçant, l’étatisme de copinage, est insupportable moralement. (...) le capitalisme n’est ni moral ni immoral. Ce qui est immoral, c’est la recherche de la rente, c’est-à-dire le refus du risque, de l’échec et de son pendant la réussite. (Charles Gave, 23/10/2013)
  • "Capitalisme de connivence" signifie que les succès d'un entrepreneur sont moins liés à la satisfaction des besoins des consommateurs qu'à sa capacité de recevoir des faveurs de l’État. Et c'est un problème, puisque cela signifie que des ressources utiles, y compris les meilleurs esprits, ne sont pas utilisées productivement mais improductivement pour obtenir les faveurs de l’État. (Susan Dudley)

Voir aussi Citations sur le capitalisme.

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