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Catégorisation

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Catégoriser est un mécanisme mental fondamental dans le processus de la cognition et donc de la liberté individuelle. En pédagogie, la catégorisation répond à une problématique de la liberté individuelle. Comment rendre une autre personne en situation d'agir en tant qu'apprenant tout en l’affranchissant de l'aide de l’enseignant ? Autrement dit, comment un individu peut donner le chemin de la liberté à un autre individu en l'aidant à catégoriser le monde qui l'entoure sans l'enfermer dans ses propres catégories ou en évitant de le rendre dépendant auprès de celui (de celle) qui lui fournit les catégories de sa pensée ?

La catégorisation sert à effectuer des conjectures sur le monde. Elle donne du sens à la vie. Dans une démarche pseudo-scientifique, et à partir de plusieurs informations, on peut en conclure une prédiction. Quelquefois, ce mode de pensée est appelée heuristique, car l'agent qui effectue cette démarche est conscient qu'il ne s'agit pas d'une prévision totalement fiable mais cela lui permet d'économiser du temps s'il devait évaluer toutes les hypothèses possibles.

L'apprentissage de la catégorisation commence par la compétence à trier des données. Cela implique de savoir différencier les points de vue objectifs et subjectifs. Un ensemble d’objets peuvent être considérés comme équivalents d’un certain point de vue et dissemblables d'un autre point de vue. Par exemple, certains fruits peuvent être rassemblés par leur couleur alors qu'ils n'appartiennent pas à la même catégorie pour l'appréciation de leur goût pour un individu particulier.

Généralement, l'enseignant aide l'enfant à réaliser une catégorie en déposant des étiquettes d'ensemble d’objets. L'élève arrive à remplir les catégories à l'aide de deux processus mentaux différents : la perception et la taxonomie.

Dans les catégories perceptives, les objets sont regroupés selon leur apparence, leur forme, leur couleur ou une autre partie de l'objet. Pour former une telle catégorie, le pédagogue donne une consigne aux élèves : « mettre ensemble ce qui va bien ensemble ». Les objets qui sont perceptivement proches sont alors rassemblés dans la même catégorie. Généralement, l'être humain est habitué à utiliser sa vue comme sens prioritaire. Le visuel suffit à catégoriser (par exemple, des images de la même couleur). Or, ce travail sensoriel est relativement de faible niveau. Et, un enfant qui aurait pris cette facilité de catégoriser risque d'avoir beaucoup de difficultés pour passer à des catégorisations de plus haut niveau, ce qui risque de l'handicaper dans sa progression intellectuelle plus tard à l'âge adulte. Pour sortir de cette ornière, le pédagogue qui promeut la liberté individuelle doit aussi mettre en place une stratégie comme par exemple un débat au sein du groupe d’élèves afin de les pousser à justifier ou d'argumenter sur leurs choix. L'enseignant doit les faire sortir du contexte de la classe en proposant d’autres objets à catégoriser.

Outre la compétence de savoir catégoriser par la perception, l'enseignant doit apprendre à catégoriser par la taxonomie pour les plus petits enfants ou par l'ontologie pour les plus grands.

Selon la conception théorique d’Eléanor Rosch, la catégorisation doit commencer par un prototype, c'est à dire un référent de base. Le prototype est l’exemplaire qui ressemble le plus aux autres membres de la catégorie (chien, poisson, oiseau…). Au cours de son apprentissage à la vie, un individu accumule de plus en plus de prototypes. Si, bien souvent, l'idée d'un prototype est partagée et commune à un groupe d'individus, la construction du prototype, par contre, est personnelle.

Afin de faciliter l'enfant à catégoriser grâce à la taxonomie, il est important de valider qu'il dispose des compétences préalables de catégoriser par la perception à un niveau supérieur. Par exemple, il voit voler un moineau. Un moineau est un oiseau. Et l’autruche ? Vole-t-elle ? Est-elle un oiseau ? Il s'agit donc de faire passer l'enfant d'une compétence de catégorisation perceptive à une catégorisation non perceptive.