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Démocratie, le dieu qui a échoué

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Démocratie, le dieu qui a échoué
Democracy: The God That Failed
Démocratie, le dieu qui a échoué.jpg
Auteur : Hans-Hermann Hoppe
Genre
philosophie politique
Année de parution
2001
Interwiki
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Démocratie, le dieu qui a échoué (Democracy: The God That Failed), ouvrage de philosophie politique publié en 2001 par l'économiste Hans-Hermann Hoppe, démonte les mythes qui entourent la démocratie en appliquant la théorie économique autrichienne à la politique et à l'histoire.

Pascal Salin a préfacé la traduction française élaborée par Stéphane Geyres et Daivy Merlijs en 2019.

La préférence temporelle, l’État, et le processus de décivilisation

Le premier chapitre pose l’objectif général, les bases théoriques, et la perspective historique et politique qui serviront d’épine dorsale aux chapitres suivants. Le lecteur y trouvera un texte riche et dense, où chaque phrase compte, mûrement pesée mais restant très accessible, sur le lien entre civilisation et la nature privée ou pas du régime politique. Nous n’avons pas affaire à une vague critique simplement polémique, dont il serait facile de balayer les arguments d’un revers de main. Les pages tournent et la démocratie se révèle, face à la civilisation.

La monarchie, la démocratie, et l’idée d’ordre naturel

Hoppe nous propose dans le second volet, l’analyse historique factuelle de la déchéance et de la perte de liberté venues avec et par la démocratie moderne. Ce qu’il appelle la concentration sur le présent des individus, par opposition à leur orientation vers le futur, y est ainsi révélé comme le fait décivilisationnel majeur marquant le XXe siècle. Ceci à la fois à partir d’un exposé théorique limpide, dans la pure tradition a priori des économistes autrichiens, puis à partir d’une foule de données empiriques historiques choisies en cohérence. L’exposé théorique comme historique établit, sans laisser grande place au doute, la hiérarchie nette qu’il dessine ce faisant entre liberté, monarchie et démocratie. Par cette critique rigoureuse et systématique, ce texte est un de ses plus incisifs qui soit envers la démocratie, et il a probablement contribué à la réputation erronée de Hoppe comme monarchiste. Il a contribué également à forger son statut de leader anti-politiquement correct de la pensée libérale et de l’héritage des Lumières occidentales.

Monarchie, démocratie, opinion publique et délégitimation

Le troisième chapitre consolide la critique que Hoppe a engagé de la démocratie sous un angle nouveau, qui nous apporte un regard neuf sur le grand Ludwig von Mises et ouvre la voie au thème majeur de la sécession. L’épine dorsale de l’analyse est constituée d’une analyse critique systématique de la démocratie face aux principes centraux du libéralisme classique, d’abord sous l’angle sociologique, puis économique. Mais ces principes, Hoppe va les chercher dans l’ouvrage de référence de Mises, « Liberalismus », où il nous fait prendre conscience que l’auteur de « L’Action Humaine » était aussi un adepte du droit à la sécession. Par cette habile juxtaposition de l’analyse méthodique et d’un saupoudrage de quelques morceaux choisis, nous voilà pris dans un triple piège. Le premier est limpide, la démocratie n’est pas libérale, elle ne suit pas les principes de liberté, cela sans surprise. Plus neuf, c’est par la sécession que notre liberté pourra venir, et non par la voie démocratique. Enfin, par son net soutien en faveur de la sécession, l’auto-détermination, Mises se révèle comme véritable proto-libertarien qui vient prendre à revers bien des libéraux demeurés démocrates.

Démocratie, redistribution, et destruction de la propriété

Dans un court quatrième chapitre, Hoppe se focalise sur la dynamique sociale de cette forme de régime, désormais plus ou moins universelle. Par une analyse économique simple mais redoutable, il montre que la démocratie est au contraire tout sauf sociale, puisqu’elle promeut et favorise à terme, par essence même, tout ce qui est à l’origine des dysfonctionnements sociaux et, plus largement, de la civilisation. Il est d’usage et de bon ton de considérer que la démocratie serait depuis un siècle au moins la source de notre prospérité, et d’un « progrès social » présumé. La réponse claque : « Reconnaître la démocratie comme une grande machine de redistribution populaire de richesses et de revenus, conjuguée à un des principes les plus fondamentaux de toute l’économie, à savoir qu’on finira par avoir plus de tout ce qui est subventionné, fournit la clé pour comprendre l’époque actuelle. »

Centralisation et sécession

Au chapitre 5, il ne traite pas de démocratie, justement, du moins pas directement. Il s’intéresse à l’appétit glouton, sans fin et sans faim, de l’État, largement caractéristique des démocraties modernes, qui aspire à et nous aspire vers un État mondial unique. À l’inverse de bien des fausses « élites » actuelles, Hoppe voit dans une telle perspective le spectre de la tyrannie absolue, celle que l’URSS n’avait pas réussi à réaliser, mais que d’autres forces depuis s’activent à mettre en place. Il étudie ainsi le rôle, l’influence politique et économique comparées de la centralisation étatique face à la décentralisation que le phénomène de sécession matérialise. L’exercice n’est pas que théorique, car l’histoire de la fin du XXe siècle est riche d’exemples de pays ayant implosé qui chacun à sa manière illustre sa thèse : les gens n’aspirent pas toujours à un État unique, les pays de grande taille ne sont pas autant de garanties de prospérité, encore moins de liberté. Et tout porte à croire que la vague de sécessions post-URSS pourrait bien inspirer et séduire les nouvelles générations, en proie au doute face aux problématiques de notre temps...

Socialisme et désocialisation

Comment désocialiser un pays ? Dans ce sixième chapitre, Hoppe fait de nouveau une excursion hors de la critique pure de la démocratie, pour aborder la question de la sortie, de la « dédémocratisation ». À travers l’analyse très concrète des enjeux des pays de l’Europe de l’Est, qui au moment où le texte est écrit viennent de sortir du joug de l’URSS, en trois temps nous passons de celle-ci à l’Europe de demain. Il commence par régler une fois pour toutes son compte au mythe du socialisme qui prétend nous enrichir. Puis, et c’est probablement l’apport essentiel de ce chapitre, Hoppe prend les syndicalistes à contre-pied en retournant leur stratégie de destruction du capitalisme pour en faire celle du découpage de la propriété collective, redevenue ainsi propriété privée. Enfin, il applique cette stratégie dans son principe pour expliquer comment l’Europe de l’Est aurait pu mieux se libérer. Certes, il constate que les choses se sont passées autrement. Mais nous n’avons pas tout perdu pour autant, car il nous laisse un outil majeur, qui demain pourra servir à toute sécession libérale.

Libre immigration et intégration forcée

Le sujet du chapitre 7 est sans nul doute un de ceux qui, politiquement incorrects, ont contribué à la célébrité, pour ceux qui ont su le lire, et à la réputation de H-H. Hoppe comme « faux libertarien », « d’extrême droite », voire « fasciste » pour tant d’autres. Le sujet de l’immigration hante l’actualité, en Europe comme ailleurs, depuis une bonne dizaine d’années au moins, et fait toutes les unes au moment où nous publions cette traduction. Le texte pourtant fut écrit il y a environ vingt ans (en 2001) et ne peut être accusé d’être de circonstance. En réalité, l’analyse qu’il développe est tout ce qu’il y a de rationnelle, comme toujours chez cet auteur. La logique y est sans appel. Par nature, la démocratie impose à tous la décision des démagogues mis au pouvoir, qui ont intérêt à attirer des populations de dépendants. En supprimant le droit de propriété privée et le droit d’exclusion qui s’y rattache, elle affaiblit les autochtones et favorise ainsi ce qu’il appelle l’immigration forcée, que nous subissons de plein fouet. Hoppe ne critique pas les immigrés, mettant ainsi ses critiques en défaut. Il sait voir que la situation actuelle est en réalité la faute de nos États et de la démocratie. Et nous montrer la voie pour un retour à une société libre et apaisée, où chacun est bien chez soi.

Libre-échange et immigration limitée

Coopération, tribu, ville et État

Conservatisme et libertarianisme

Les erreurs du libéralisme classique et le futur de la liberté

L’État et la production privée de la sécurité

L’impossibilité d’un État limité et la perspective d’une révolution

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