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Entrepreneur : Différence entre versions

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(L'Etat doit-il aider les entrepreneurs ?)
(La perspective autrichienne de l'entrepreneur)
 
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== L'Etat doit-il aider les entrepreneurs ? ==
 
== L'Etat doit-il aider les entrepreneurs ? ==
  
Il est important de souligner que l'[[esprit d'entreprise]] peut être considéré comme un ensemble de compétences transférables à un contexte organisationnel où se produisent la prise de risque<ref> La prise de risque de l'entrepreneur se décline en différents niveaux : risque social, personnel, psychologique, stratégique. Généralement, les études psychologiques du trait de caractère de l'entrepreneur le font varier sur une échelle allant du réticent au risque (risk-averse) au favorable au risque (risk-prone).
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Il est important de souligner que l'[[esprit d'entreprise]] peut être considéré comme un ensemble de compétences transférables à un contexte organisationnel<ref>
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* [[1993]], R. T. Mowday, R. T. Sutton, "Organizational behavior - linking individuals and groups to organizational contexts", Annual Review of Psychology, Vol 44, pp195–229
  
* L. Roth, W. H. Stewart, [[2001]], "Risk Propensity Differences between Entrepreneurs and Managers: A Meta-Analytic Review",Journal of Applied Psychology, 86(1), pp145–153
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* [[2001]], Y. Fried, D. M. Rousseau, "Location, location, location: contextualizing organizational research", Journal of Organizational Behavior, 22(1), pp1–13
* I. Baird, H. Thomas, [[2005]], "Toward a Contingency Model of Strategic Risk Taking", Academy of Management Review, Vol 10, pp320–343</ref>, le sens de l'[[innovation]], la reconnaissance et l'exploitation d'[[opportunités]]<ref>J. Howkins, [[2001]], "The Creative Economy: How People Make Money from Ideas", London: Penguin</ref>, et d'autres impératifs similaires. Dans la phase initiale de la création d'entreprise ou d'un nouveau service au sein d'une organisation existante, l'entrepreneur est voué à une polyvalence bénéfique pour la réussite du projet, ce qui le fait qualifier souvent d'homme à tout faire<ref>Selon Edward Lazear, l'entrepreneur diffère de la plupart des autres personnes de la population. Mais, non pas parce qu'il se singularise dans une tâche particulière. Ce qui le rend spécial, c'est qu'il est un homme à tout faire. Plusieurs études montrent que les entrepreneurs ont un curriculum plus varié lorsqu'ils sont étudiants et qu'ils ont tendance à travailler dans un plus grand nombre d'emplois.
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* [[2006]], G. Johns, "The essential impact of context on organizational behavior", Academy of Management Review, 31(2), pp386–408
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* [[2007]], M. A. Griffin, "Specifying organizational contexts: systematic links between contexts and processes in organizational behavior", Journal of Organizational Behavior, 28(7), pp859–863
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</ref> où se produisent la prise de risque<ref> La prise de risque est souvent utilisée pour décrire l'incertitude résultant du comportement entrepreneurial. Contrairement à un employé, l'entrepreneur prend des risques plus élevés pouvant éventuellement mener à de plus grandes récompenses. La prise de risque de l'entrepreneur se décline en différents niveaux : risque social, personnel, psychologique, stratégique. Généralement, les études psychologiques du trait de caractère de l'entrepreneur le font varier sur une échelle allant du réticent au risque (risk-averse) au favorable au risque (risk-prone). Selon les études menées par Brockhaus (1980) et Brockhaus et Horwitz (1986)(Brockhaus, R.H. & Horwitz, P.S. 1986. The psychology of the entrepreneur. In D.L. Sexton & R.W. Smilor (Eds.) The Art and Science of Entrepreneurship. Cambridge, MA: Ballinger), les entrepreneurs en général, ne sont pas plus susceptibles que les non-entrepreneurs d'être opposés au risque ou de préférer le risque.
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* [[1980]], R. H. Brockhaus, "Risk taking propensity of entrepreneurs", Academy of Management Journal, Vol 23, pp509-520
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* [[2001]], L. Roth, W. H. Stewart, "Risk Propensity Differences between Entrepreneurs and Managers: A Meta-Analytic Review",Journal of Applied Psychology, 86(1), pp145–153
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* [[2003]], B. Antoncic, "Risk Taking in Intrapreneurship: Translating the Individual Level of Risk Aversion into the Organizational Risk Taking", Journal of Enterprising Culture, 11(1), march, pp1-23
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* [[2005]], I. Baird, H. Thomas, "Toward a Contingency Model of Strategic Risk Taking", Academy of Management Review, Vol 10, pp320–343</ref>, le sens de l'[[innovation]], la reconnaissance et l'exploitation d'[[opportunités]]<ref>J. Howkins, [[2001]], "The Creative Economy: How People Make Money from Ideas", London: Penguin</ref>, une prise en compte de l'individualité<ref>
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* [[1992]], I. C. MacMillan, R. G. McGrath, S. Scheinberg, "Elitists, risk-takers and rugged individualists? An exploratory analysis of cultural differences between entrepreneurs and nonentrepreneurs", Journal of Business Venturing, Vol 7, pp115-135</ref> de l'entrepreneur et d'autres impératifs similaires. Dans la phase initiale de la création d'entreprise ou d'un nouveau service au sein d'une organisation existante, ou lors d'une reprise d'entreprise<ref>2010, B. Deschamps, P. Fatien, S. Geindre, "Accompagner le repreneur d’entreprise : conduire, escorter mais aussi guider", Gestion 2000, vol 27, n°3, pp77-88
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</ref>, l'entrepreneur est voué à une polyvalence bénéfique pour la réussite du projet, ce qui le fait qualifier souvent d'homme à tout faire<ref>Selon Edward Lazear, l'entrepreneur diffère de la plupart des autres personnes de la population. Mais, non pas parce qu'il se singularise dans une tâche particulière. Ce qui le rend spécial, c'est qu'il est un homme à tout faire. Plusieurs études montrent que les entrepreneurs ont un curriculum plus varié lorsqu'ils sont étudiants et qu'ils ont tendance à travailler dans un plus grand nombre d'emplois.
  
 
* [[2003]], J. Wagner, "Testing Lazear’s Jack-of-all-trades view of entrepreneurship with German micro data", Applied Economics Letters, Vol 10, pp687–689
 
* [[2003]], J. Wagner, "Testing Lazear’s Jack-of-all-trades view of entrepreneurship with German micro data", Applied Economics Letters, Vol 10, pp687–689
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:Irvin G. Wyllie, [[1954]], "The Self-Made Man in America", New Brunswick, New Jersey: Rutgers University Press</ref>) ou à l'inverse la [[École autrichienne et littérature|littérature romanesque]] et les [[Approche praxéologique de l'entrepreneur au cinéma|oeuvres cinématographiques]], en général, le dépeignent comme un vil et cruel être humain. Les chercheurs en [[histoire du business]] ont joué un rôle important tant sur le plan de la "couleur" donnée aux entrepreneurs mais aussi sur le contexte d'analyse institutionnel influencé bien souvent par des facteurs idéologiques implicites. L'entrepreneur a souvent été observé du point de vue national en mettant en lumière l'aspect bénéfique sur la croissance d'un pays. Cette approche à la fois utilitariste, sociétale et nationaliste est remise en cause par la prise en compte de l'[[entrepreneur migrant]] et de l'[[born global|entrepreneur né mondialisé]]. Faut-il pour autant que l'Etat aide les entrepreneurs ?
 
:Irvin G. Wyllie, [[1954]], "The Self-Made Man in America", New Brunswick, New Jersey: Rutgers University Press</ref>) ou à l'inverse la [[École autrichienne et littérature|littérature romanesque]] et les [[Approche praxéologique de l'entrepreneur au cinéma|oeuvres cinématographiques]], en général, le dépeignent comme un vil et cruel être humain. Les chercheurs en [[histoire du business]] ont joué un rôle important tant sur le plan de la "couleur" donnée aux entrepreneurs mais aussi sur le contexte d'analyse institutionnel influencé bien souvent par des facteurs idéologiques implicites. L'entrepreneur a souvent été observé du point de vue national en mettant en lumière l'aspect bénéfique sur la croissance d'un pays. Cette approche à la fois utilitariste, sociétale et nationaliste est remise en cause par la prise en compte de l'[[entrepreneur migrant]] et de l'[[born global|entrepreneur né mondialisé]]. Faut-il pour autant que l'Etat aide les entrepreneurs ?
  
La tâche des hommes de l'Etat est de na pas perturber le processus du marché. Les règles du jeu fixées par l'Etat, auxquelles tous les participants doivent se soumettre dans le processus du marché, doivent être prévisibles, en éliminant les privilèges ou les aides spéciales accordées par le gouvernement. Un gouvernement libéral n'est pas celui qui aide les chefs d'entreprises, c'est celui  qui évite de leur compliquer la tâche en créant plus d'incertitude qu'il n'existe déjà dans leur [[jugement entrepreneurial|jugement]]. Ce dernier facteur n'est pas un point mineur pour encourager l'émergence d'entrepreneurs productifs. Comme l'a souligné Magnus Henrekson<ref>Magnus Henrekson, 2005, "Entrepreneurship: A Weak Link in the Welfare State?”, Industrial and Corporate Change, Vol 14, n°3, p19</ref>, il ne doit pas y avoir d'aide sociale ou d'assurance qui décourage la recherche de nouvelles opportunités pour générer un profit. Dans les pays où il existe un degré élevé d'intervention de l'Etat soit par des subventions, soit par une assurance chômage, des attentes négatives sont générées en ce qui concerne la possibilité d'émergence d'entrepreneurs, car ce type de mesures décourage la recherche de nouvelles opportunités à générer un moyen de subsistance, puisqu'il est garanti par l'Etat ou par équivalence, les partenaires sociaux.
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La tâche des hommes de l'Etat est de na pas perturber le processus du marché. Les règles du jeu fixées par l'Etat, auxquelles tous les participants doivent se soumettre dans le processus du marché, doivent être prévisibles, en éliminant les privilèges ou les aides spéciales accordées par le gouvernement. Un gouvernement libéral n'est pas celui qui aide les chefs d'entreprises, c'est celui  qui évite de leur compliquer la tâche en créant plus d'incertitude<ref>Le comportement entrepreneurial implique d’investir une proportion importante de ressources dans un projet à forte probabilité d’échec. Ainsi, un trait important que les chefs d’entreprise doivent incarner est une forte capacité à déterminer la bonne stratégie pour leurs entreprises face à l’incertitude.</ref> qu'il n'existe déjà dans leur [[jugement entrepreneurial|jugement]]. Ce dernier facteur n'est pas un point mineur pour encourager l'émergence d'entrepreneurs productifs. Comme l'a souligné Magnus Henrekson<ref>Magnus Henrekson, 2005, "Entrepreneurship: A Weak Link in the Welfare State?”, Industrial and Corporate Change, Vol 14, n°3, p19</ref>, il ne doit pas y avoir d'aide sociale ou d'assurance qui décourage la recherche de nouvelles opportunités pour générer un profit. Dans les pays où il existe un degré élevé d'intervention de l'Etat soit par des subventions, soit par une assurance chômage, des attentes négatives sont générées en ce qui concerne la possibilité d'émergence d'entrepreneurs, car ce type de mesures décourage la recherche de nouvelles opportunités à générer un moyen de subsistance, puisqu'il est garanti par l'Etat ou par équivalence, les partenaires sociaux. Un autre biais de l'intervention de l'Etat est la facilitation involontaire ou l'ascension contrariée de l'entrepreneur évasif<ref>L'entrepreneur évasif est un individu qui développe des moyens innovants pour contourner les lois et les réglementations dans un but lucratif. Les entrepreneurs évasifs cherchent à échapper aux contraintes institutionnelles afin de profiter d'une position relativement moins contrainte dans laquelle les institutions limitantes sont sous-développées ou inexistantes. Lorsque les règles formelles d’une société rendent coûteuse l’échange volontaire entre individus, il n’est pas alors surprenant que des entrepreneurs commencent à investir du temps et des ressources pour déterminer comment contourner ces lois.
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L'entrepreneur évasif nous fournit parfois des produits ou des services agréables qui n'auraient peut-être jamais existé ni trouvé leur marché en l'absence de certaines règles. Par exemple, La bande radio citoyenne (CB) a été largement utilisée comme moyen d’éviter la police au milieu des années 1970 après la mise en place d’une limitation de vitesse nationale. Or, la limite de vitesse réduite a diminué les revenus des personnes travaillant dans l’industrie du camionnage. Les camionneurs ont alors commencé à utiliser les radios CB pour communiquer entre eux et s’informer mutuellement des emplacements de la police le long de la route. Ensuite, même les conducteurs non commerciaux ont rejoint la tendance de la radio CB. La radio CB existait déjà depuis des décennies avant la mise en place de la vitesse maximale nationale, mais les consommateurs n’avaient pas vraiment l’utilité de l’utiliser avant l’apparition de cette loi. Et la popularité des radios CB s’est rapidement estompée après l’apparition de nouvelles technologies liées au GSM.
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Dans une économie dotée d'institutions saines, les activités entrepreneuriales évasives peuvent aider à faciliter les transactions mutuellement avantageuses entre les consommateurs et les producteurs qui sont rendues trop coûteuses par certains aspects du code juridique et réglementaire. Mais si une société a de faibles droits de propriété ou des institutions politiques dysfonctionnelles, les activités entrepreneuriales évasives peuvent se manifester de manière moins agréable. Par exemple, dans un pays où un labyrinthe de formalités administratives pesantes gêne les entrepreneurs qui souhaitent ouvrir une entreprise, la corruption peut devenir courante au point que les bureaucrates attendent des pots-de-vin.
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* [[2016]],
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** N. Elert, M. Henrekson, "Evasive entrepreneurship", Small Bus. Econ., 47 (1), pp95–113
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** N. Elert, M. Henrekson, J. Wernberg, "Two sides to the evasion: the Pirate Bay and the interdependencies of evasive entrepreneurship", J. Entrep. Public Pol., 5 (2), pp176–200
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En dépit de nombreux efforts financiers (corollaire à l'augmentation fiscale pour tous), d'agences et d'association subventionnées largement propagées sur le territoire et du soutien offert par diverses collectivités locales et le gouvernement central, il est constaté que la majorité des jeunes ne sont pas disposés à entreprendre dans une activité entrepreneuriale<ref>[[2011]], D. Ribeiro-Soriano, P. H. Thornton, D. Urbano, "Socio-cultural factors and entrepreneurial activity: an overview", International Small Business Journal, 29(2), pp105–118</ref> comme une option de [[carrière]] en raison des risques associés. La plupart d'entre eux la considèrent comme une dernière option et sont plus enclins à privilégier l'emploi salarié dans les organisations gouvernementales, publiques ou privées.
  
 
== Les entrepreneurs au {{s|XIX}}==
 
== Les entrepreneurs au {{s|XIX}}==
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Les entreprises dépérissent lorsque leurs dirigeants ne savent plus les adapter aux changements de l'environnement ou n'en ont plus les moyens, techniques, financiers, commerciaux. L'évolution de l'industrie au {{s|XIX}} fut dominée par un rapide renouvellement des techniques, qui devinrent de plus en plus complexes et de plus en plus formalisées scientifiquement. Là où du savoir-faire, un esprit méthodique et du bon sens suffirent longtemps, des connaissances plus précises furent peu à peu nécessaires. Certains secteurs en exigeaient davantage, comme la métallurgie et surtout comme les secteurs nouveaux qui se développèrent à partir des années 1880 autour de l'électricité et de la chimie. Une entreprise de ces branches devait désormais employer des ingénieurs. Comme dans les pays européens, à la différence des États-Unis, les circuits commerciaux étaient depuis longtemps rodés et les marchés, du moins les marchés intérieurs, relativement stables, le changement fut surtout ressenti comme un défi technique. La formation technique tendit à l'emporter sur la formation commerciale pour les dirigeants. Bien que ces exigences nouvelles aient favorisé des formes d'entreprises managériales ou d'entreprises fondées par des ingénieurs, puis revendues à des collègues sans être continuées par des descendants, la forme familiale de l'entreprise parvint souvent à leur faire face par la formation des héritiers et par l'inclusion dans la famille de compétences extérieures. Ce qui assurait la longévité des grandes entreprises familiales, c'était aussi leur capacité à s'intégrer par les mariages les hommes qui leur étaient utiles.
 
Les entreprises dépérissent lorsque leurs dirigeants ne savent plus les adapter aux changements de l'environnement ou n'en ont plus les moyens, techniques, financiers, commerciaux. L'évolution de l'industrie au {{s|XIX}} fut dominée par un rapide renouvellement des techniques, qui devinrent de plus en plus complexes et de plus en plus formalisées scientifiquement. Là où du savoir-faire, un esprit méthodique et du bon sens suffirent longtemps, des connaissances plus précises furent peu à peu nécessaires. Certains secteurs en exigeaient davantage, comme la métallurgie et surtout comme les secteurs nouveaux qui se développèrent à partir des années 1880 autour de l'électricité et de la chimie. Une entreprise de ces branches devait désormais employer des ingénieurs. Comme dans les pays européens, à la différence des États-Unis, les circuits commerciaux étaient depuis longtemps rodés et les marchés, du moins les marchés intérieurs, relativement stables, le changement fut surtout ressenti comme un défi technique. La formation technique tendit à l'emporter sur la formation commerciale pour les dirigeants. Bien que ces exigences nouvelles aient favorisé des formes d'entreprises managériales ou d'entreprises fondées par des ingénieurs, puis revendues à des collègues sans être continuées par des descendants, la forme familiale de l'entreprise parvint souvent à leur faire face par la formation des héritiers et par l'inclusion dans la famille de compétences extérieures. Ce qui assurait la longévité des grandes entreprises familiales, c'était aussi leur capacité à s'intégrer par les mariages les hommes qui leur étaient utiles.
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== Perspectives de l'entrepreneur dans la théorie économique ==
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=== Les thèmes des auteurs de la pensée entrepreneuriale===
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* L'entrepreneur est la personne qui assume le risque associé à l'incertitude ([[Richard Cantillon]], [[Johann Heinrich von Thünen]], [[Hans von Mangoldt]], [[John Stuart Mill]], F. B. Hawley, [[Frank Knight]], [[Ludwig von Mises]], Arthur H. Cole, [[George Shackle]]).
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* L'entrepreneur est la personne qui fournit le capital financier ([[Adam Smith]], [[Turgot]], [[Eugen Böhm-Bawerk]], Francis Edgeworth, [[Arthur Pigou]], [[Ludwig von Mises]]).
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* L'entrepreneur est un innovateur ([[Nicolas Baudeau]], [[Jeremy Bentham]], [[Johann Heinrich von Thünen]], Gustav Schmoller, Werner Sombart, [[Max Weber]], [[Joseph Schumpeter]]).
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* L'entrepreneur est un décideur ([[Richard Cantillon]], [[Carl Menger]], [[Alfred Marshall]], [[Friedrich Wieser]], Amasa Walker, Francis Walker, [[John Maynard Keynes]], [[Ludwig von Mises]], [[George Shackle]], Arthur H. Cole, [[Theodore Schultz]]).
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* L'entrepreneur est un leader industriel ([[Jean-Baptiste Say]], [[Henri de Saint-Simon]], Amasa Walker, Francis Walker, [[Alfred Marshall]], [[Friedrich Wieser]], Werner Sombart, [[Max Weber]], [[Joseph Schumpeter]]).
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* L'entrepreneur est un gestionnaire ou un surintendant ([[Jean-Baptiste Say]], [[John Stuart Mill]], [[Alfred Marshall]], [[Carl Menger]]).
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* L'entrepreneur est un organisateur et coordinateur des ressources économiques ([[Jean-Baptiste Say]], [[Léon Walras]], [[Friedrich Wieser]], Gustav Schmoller, Werner Sombart, [[Max Weber]], [[John Bates Clark]], [[Herbert J. Davenport]], [[Joseph Schumpeter]], [[Ronald Coase]]). L'entrepreneur est un coordinateur car il coordonne les trois éléments de la production, à savoir la terre, le travail et le capital. Par conséquent, l'entrepreneuriat est la coordination entretenue et contrôlée par un entrepreneur.
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* L'entrepreneur est propriétaire d'une entreprise ([[François Quesnay]], [[Friedrich Wieser]], [[Arthur Pigou]], Frederick Hawley).
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* L'entrepreneur est un employeur de facteurs de production (Amasa Walker, Francis Walker, [[Friedrich Wieser]], [[John Maynard Keynes]]).
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* L'entrepreneur est un contracteur ([[Jeremy Bentham]]).
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* L'entrepreneur est un arbitre ([[Richard Cantillon]], [[Léon Walras]], [[Israel Kirzner]]).
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* L'entrepreneur est un répartiteur de ressources parmi d'autres utilisations ([[Richard Cantillon]], [[Israel Kirzner]], [[Theodore Schultz]])
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=== Les auteurs de la pensée entrepreneuriale ===
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{| class= "wikitable alternance sortable"
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|+ Les grands auteurs de la pensée entrereneuriale
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|[[:Catégorie:Économistes|Économiste]]
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|[[Richard Cantillon]]
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|[[1680]] – [[1734]]<br />
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|Le risque associé à l'incertitude<br />
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|[[:Catégorie:Économistes|Économiste]]
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|[[Johann Heinrich von Thünen]]
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|{{allemagne}}
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|[[1783]] – [[1850]]<br />
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|Le risque associé à l'incertitude<br />
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== La perspective autrichienne de l'entrepreneur ==
 
== La perspective autrichienne de l'entrepreneur ==
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Alors que l'[[esprit d'entreprise]] a joué un rôle de premier plan dans la théorie économique dès son émergence, à partir de la Seconde Guerre mondiale, l'entrepreneur disparu des articles scientifiques et dans les manuels scolaires économiques. Au fur et à mesure que le langage de l'économie devenait de plus en plus formel et stylisé, les économistes furent attirés par des concepts très abstraits pour évoquer le marché et la concurrence tels que le modèle de l'équilibre général dans une concurrence pure et parfaite. Il était tout simplement trop difficile d'intégrer un acteur créatif, dynamique, coordonnateur ou perturbateur dans l'analyse. La microéconomie est devenue une description de divers états d'équilibre (existence, stabilité), et il n'y avait aucune place pour un entrepreneur. Pour les Autrichiens, en revanche, l'entrepreneur en tant que spéculateur, coordinateur et innovateur<ref>Des entrepreneurs tels que Andrew Carnegie, fondateur de US Steel; Henry Ford qui développa le concept de chaînes de montage pour la production en série d’automobiles, et Cornelius Vanderbilt, qui s’aventura dans les navires à vapeur et les chemins de fer, ont fini par dominer le marché et l’industrie grâce à leurs innovations.</ref> est la "force motrice du marché" selon les termes employés par [[Ludwig von Mises]].
 
Alors que l'[[esprit d'entreprise]] a joué un rôle de premier plan dans la théorie économique dès son émergence, à partir de la Seconde Guerre mondiale, l'entrepreneur disparu des articles scientifiques et dans les manuels scolaires économiques. Au fur et à mesure que le langage de l'économie devenait de plus en plus formel et stylisé, les économistes furent attirés par des concepts très abstraits pour évoquer le marché et la concurrence tels que le modèle de l'équilibre général dans une concurrence pure et parfaite. Il était tout simplement trop difficile d'intégrer un acteur créatif, dynamique, coordonnateur ou perturbateur dans l'analyse. La microéconomie est devenue une description de divers états d'équilibre (existence, stabilité), et il n'y avait aucune place pour un entrepreneur. Pour les Autrichiens, en revanche, l'entrepreneur en tant que spéculateur, coordinateur et innovateur<ref>Des entrepreneurs tels que Andrew Carnegie, fondateur de US Steel; Henry Ford qui développa le concept de chaînes de montage pour la production en série d’automobiles, et Cornelius Vanderbilt, qui s’aventura dans les navires à vapeur et les chemins de fer, ont fini par dominer le marché et l’industrie grâce à leurs innovations.</ref> est la "force motrice du marché" selon les termes employés par [[Ludwig von Mises]].
  
D'un point de vue purement économique, un '''entrepreneur''', est une personne qui engage des [[capital|capitaux]] et utilise une main-d'œuvre [[salaire|salariée]] en vue d'une [[production]] déterminée. De ce point de vue, l'entrepreneur est synonyme de chef d'[[entreprise]]. Les auteurs autrichiens, et dans un sens large, les pré-autrichiens, se sont longuement penchés sur la théorie de l’'''entrepreneur'''<ref>[[Richard Cantillon]], considéré comme un [[proto-autrichien]], est le premier à avoir introduit le terme d'entrepreneur dans la littérature économique dans sa conception moderne. D'autres économistes comme [[Joseph Schumpeter]], [[Carl Menger]], [[Ludwig von Mises]], [[Friedrich Hayek]], [[Israel Kirzner]] et [[Peter Klein]] donnent une portée particulière au [[jugement entrepreneurial|jugement de l'entrepreneur]]</ref>. Et, ils refusent cette vision étriquée de l'entrepreneur.
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D'un point de vue purement économique, un '''entrepreneur''', est une personne qui engage des [[capital|capitaux]] et utilise une main-d'œuvre [[salaire|salariée]] en vue d'une [[production]] déterminée. De ce point de vue, l'entrepreneur est synonyme de chef d'[[entreprise]] produisant des produits ou des services comme l'entrepreneur du savoir<ref>Un entrepreneur du savoir est capable de produire et d'utiliser ses actifs intellectuels pour la création ou la croissance d'une nouvelle start-up. L'entrepreneur du savoir doit avoir suffisamment de capital intellectuel afin de créer de la valeur ajoutée en utilisant ses propres connaissances. L'entrepreneuriat basé sur les connaissances consiste à acquérir des informations et des opportunités liées aux connaissances pour développer, élargir et diffuser une base de connaissances reliée à l'activité du secteur. L'entrepreneur du savoir utilise des propres actifs intellectuels pour le développement de nouvelles entreprises, ce qui mène éventuellement au développement personnel ou de la communauté vers la création de richesse. Les consultants, les journalistes, les universitaires et les experts peuvent être des entrepreneurs potentiels du savoir. Par exemple, l'académicien crée une revue de recherche dans le but de développer et de promouvoir une base de connaissances. Les entrepreneurs du savoir peuvent avoir besoin d'accéder aux réseaux sociaux pour diffuser et accéder à l'information.
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* [[2001]], H. Bouchikhi, J. R.  Kimberly, "It’s difficult to innovate”: The death of the tenured professor and the birth of the knowledge entrepreneur", Human Relations, Vol 54, pp77-84
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* [[2006]],
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** E. G. Carayannis, P. Formica, "Intellectual venture capitalists: An emerging breed of knowledge entrepreneurs", Industry & Higher Education, 20(3), pp151-156
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** S. Skrzeszewski, "The knowledge entrepreneur", Lanham, MD: Scarecrow Press
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* [[2010]], T. Andersson, M. G. Curley, P. Formica, "Knowledge driven entrepreneurship", New York, NY: Springer</ref>. Les auteurs autrichiens, et dans un sens large, les pré-autrichiens, se sont longuement penchés sur la théorie de l’'''entrepreneur'''<ref>[[Richard Cantillon]], considéré comme un [[proto-autrichien]], est le premier à avoir introduit le terme d'entrepreneur dans la littérature économique dans sa conception moderne. D'autres économistes comme [[Joseph Schumpeter]], [[Carl Menger]], [[Ludwig von Mises]], [[Friedrich Hayek]], [[Israel Kirzner]] et [[Peter Klein]] donnent une portée particulière au [[jugement entrepreneurial|jugement de l'entrepreneur]]</ref>. Et, ils refusent cette vision étriquée de l'entrepreneur.
  
 
Dans le paradigme de l'école néoclassique, il n'y a pas de place pour l'entrepreneur. L'économiste néoclassique propose une théorie de l'équilibre qui suggère que les marchés sont composés d'agents maximisants et que l'ensemble des décisions dégagent un prix de marché. Par conséquent, personne n'est capable de découvrir un mauvais alignement sur le marché qui peut être exploité et d'en tirer un profit. Ceci est dû au fait qu'à un moment donné, le marché suppose que tout le monde peut reconnaître les [[opportunité]]s, qu'elles sont immédiatement reconnues et que les transactions ont été coordonnées sans délai. Cette approche suggère donc que l'opportunité est une connaissance commune et qu'elle est évidente pour tous.
 
Dans le paradigme de l'école néoclassique, il n'y a pas de place pour l'entrepreneur. L'économiste néoclassique propose une théorie de l'équilibre qui suggère que les marchés sont composés d'agents maximisants et que l'ensemble des décisions dégagent un prix de marché. Par conséquent, personne n'est capable de découvrir un mauvais alignement sur le marché qui peut être exploité et d'en tirer un profit. Ceci est dû au fait qu'à un moment donné, le marché suppose que tout le monde peut reconnaître les [[opportunité]]s, qu'elles sont immédiatement reconnues et que les transactions ont été coordonnées sans délai. Cette approche suggère donc que l'opportunité est une connaissance commune et qu'elle est évidente pour tous.
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[[Carl Menger]] décrit l'art d'entreprendre comme le processus de conversion des ressources en biens et services qui ont de la valeur pour des acheteurs. L'entrepreneur n'est donc pas un ingénieur qui utilise une fonction de production avec l'intégration dosée de facteurs de production. La vision [[ontologie|ontologique]] de l'entrepreneur est beaucoup plus large.
 
[[Carl Menger]] décrit l'art d'entreprendre comme le processus de conversion des ressources en biens et services qui ont de la valeur pour des acheteurs. L'entrepreneur n'est donc pas un ingénieur qui utilise une fonction de production avec l'intégration dosée de facteurs de production. La vision [[ontologie|ontologique]] de l'entrepreneur est beaucoup plus large.
  
Avec [[Ludwig von Mises]], L'entrepreneur est un homo-agens, c'est à dire un être humain qui agit. Aussi, l'entrepreneur peut être un chef d'entreprise, mais aussi un collaborateur interne ([[intrapreneur]]) ou externe comme un client ([[Auke R. Leen]], [[Anders Liljenberg]]). Des auteurs comme [[Eric Von Hippel]], en dehors, du paradigme autrichien ont effectivement démontré qu'une grande partie de l'innovation provient des utilisateurs et qu'ils agissent donc comme des entrepreneurs. La théorie autrichienne de l'entrepreneur "accorde une place centrale à l’action. Elle peut être rapprochée de la conception de l’[[Théorie de l'enactment|enactment]] proposée par [[Karl Weick]] ([[1979]]) qui conduit à reconnaître une antériorité de l’action sur la cognition."<ref>Karim Messeghem, [http://web.hec.ca/airepme/images/File/2006/105_Lentrepreneuriatenquetedeparadigme.pdf L’entrepreneuriat en quête de paradigme : apport de l’école autrichienne], L’internationalisation des PME et ses conséquences sur les stratégies entrepreneuriales, 25, 26, 27 octobre [[2006]], Haute école de gestion (HEG) Fribourg, Suisse, p5</ref>. L'entrepreneur chez [[Ludwig von Mises]] est nettement distinct de l'entrepreneur de [[Frank Knight]]. Chez ce dernier, l'entrepreneur bénéficie d'une aubaine inexpliquée, un rendement de l'incertitude de se retrouver à la bonne place au bon moment (happenstance) tandis que l'entrepreneur de Mises est récompensé d'une prévision correcte du futur bien qu'agissant dans le présent sur une idée du futur.  
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Avec [[Ludwig von Mises]], L'entrepreneur est un homo-agens, c'est à dire un être humain qui agit. Aussi, l'entrepreneur peut être un chef d'entreprise, mais aussi un collaborateur interne ([[intrapreneur]]) ou externe comme un client ([[Auke R. Leen]], [[Anders Liljenberg]]). Des auteurs comme [[Eric Von Hippel]], en dehors, du paradigme autrichien ont effectivement démontré qu'une grande partie de l'innovation provient des utilisateurs et qu'ils agissent donc comme des entrepreneurs. La théorie autrichienne de l'entrepreneur "accorde une place centrale à l’action. Elle peut être rapprochée de la conception de l’[[Théorie de l'enactment|enactment]] proposée par [[Karl Weick]] ([[1979]]) qui conduit à reconnaître une antériorité de l’action sur la cognition."<ref>Karim Messeghem, [http://web.hec.ca/airepme/images/File/2006/105_Lentrepreneuriatenquetedeparadigme.pdf L’entrepreneuriat en quête de paradigme : apport de l’école autrichienne], L’internationalisation des PME et ses conséquences sur les stratégies entrepreneuriales, 25, 26, 27 octobre [[2006]], Haute école de gestion (HEG) Fribourg, Suisse, p5</ref>. L'entrepreneur chez [[Ludwig von Mises]] est nettement distinct de l'entrepreneur de [[John Maynard Keynes]]. Chez ce dernier, l'entrepreneur bénéficie d'une aubaine inexpliquée, un rendement de l'incertitude de se retrouver à la bonne place au bon moment (happenstance) tandis que l'entrepreneur de Mises est récompensé d'une prévision correcte du futur bien qu'agissant dans le présent sur une idée du futur.  
  
 
La réussite de l'entrepreneur, du point de vue de l'école autrichienne, ne parvient pas suite à un problème de maximisation d'un bien spécifique, qu'un algorithme de recherche pourrait très bien résoudre, mais de l'idée d'une personne vis à vis d'un processus qui ne peut pas être modélisé tel un problème d'optimisation. Il est important également de lutter contre la croyance candide de "l'overnight sensation", c'est à dire du triomphe de l'entrepreneur du jour au lendemain. Combien de chanteurs et d'artistes déclarent avoir galéré avant de trouver le succès ? Des milliers et des millions n'y sont jamais parvenus. Le succès instantané suite à la création ou à la découverte d'une opportunité est une fable<ref>[[Art Carden]], [[2001]], [http://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=1536088 "Economic Progress and Entrepreneurial Innovation: Case Studies from Memphis"], Southern Journal of Entrepreneurship, cite l'exemple de la société FedEx qui a perdu de l'argent durant ses 26 premiers mois d'existence. Le créateur, Smith, s'est trouvé en difficulté juridique pour avoir gaspillé l'argent de ses sœurs. L'entreprise a finalement fini par trouver un créneau d'expédition des marchandises, avec un ratio très élevé valeur-poids, avec l'expédition des produits électroniques et les fournitures médicales.</ref>.
 
La réussite de l'entrepreneur, du point de vue de l'école autrichienne, ne parvient pas suite à un problème de maximisation d'un bien spécifique, qu'un algorithme de recherche pourrait très bien résoudre, mais de l'idée d'une personne vis à vis d'un processus qui ne peut pas être modélisé tel un problème d'optimisation. Il est important également de lutter contre la croyance candide de "l'overnight sensation", c'est à dire du triomphe de l'entrepreneur du jour au lendemain. Combien de chanteurs et d'artistes déclarent avoir galéré avant de trouver le succès ? Des milliers et des millions n'y sont jamais parvenus. Le succès instantané suite à la création ou à la découverte d'une opportunité est une fable<ref>[[Art Carden]], [[2001]], [http://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=1536088 "Economic Progress and Entrepreneurial Innovation: Case Studies from Memphis"], Southern Journal of Entrepreneurship, cite l'exemple de la société FedEx qui a perdu de l'argent durant ses 26 premiers mois d'existence. Le créateur, Smith, s'est trouvé en difficulté juridique pour avoir gaspillé l'argent de ses sœurs. L'entreprise a finalement fini par trouver un créneau d'expédition des marchandises, avec un ratio très élevé valeur-poids, avec l'expédition des produits électroniques et les fournitures médicales.</ref>.
  
Enfin, il faut signaler également que le concept d'entrepreneur n'est pas attaché au genre. Malgré le fait que la majorité des entreprises soient encore majoritairement dirigées par des hommes, il existe une opinion parmi les décideurs politiques et les chercheurs selon laquelle le nombre de femmes entrant dans le monde de l'[[entrepreneuriat]], au cours de ces dernières décennies, a considérablement augmenté. Ainsi, les recherches sur l'esprit d'entreprise des femmes gagnent de plus en plus d'importance<ref>Au niveau de la motivation et de l'[[intention entrepreneuriale]], les résultats des recherches ont identifié plus de similitudes que de différences entre les femmes entrepreneurs et leurs homologues masculins. Cependant, les femmes sont confrontées à de plus grands problèmes lors d'acquisition de ressources dans la phase du démarrage de l'entreprise (seed capital) ainsi que dans les autres phases ultérieures (venture capital, equity capital). Bien que la recherche d'un revenu supplémentaire ne soit pas négligeable dans la motivation, ce n'est pas le critère principal de motivation des femmes entrepreneurs soit sur le plan individuel ou dans le cadre des revenus du ménage. Par conséquent, l'activité entrepreneuriale axée sur la nécessité n'est pas le moteur suffisant pour pousser les femmes à démarrer une entreprise. Et, si l'activité entrepreneuriale génère des revenus supplémentaires, cela ne différencie par significativement les femmes entrepreneurs des femmes non-entrepreneurs. Le fil conducteur le plus important qui conduit les femmes à s'engager dans des efforts entreprenants, indépendamment de la motivation de cette décision, repose davantage sur la confiance en soi de disposer les compétences, les connaissances et l'expérience nécessaires pour démarrer une entreprise (Marian Holienka, Zuzana Jančovičová, Zuzana Kovačičová, [[2016]]).  
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Enfin, il faut signaler également que le concept d'entrepreneur n'est pas attaché au genre. Malgré le fait que la majorité des entreprises soient encore majoritairement dirigées par des hommes, il existe une opinion parmi les décideurs politiques et les chercheurs selon laquelle le nombre de femmes entrant dans le monde de l'[[entrepreneuriat]], au cours de ces dernières décennies, a considérablement augmenté. Ainsi, les recherches sur l'esprit d'entreprise des femmes gagnent de plus en plus d'importance<ref>La performance d'une entreprise gérée par une femme est étroitement liée à la façon dont celle-ci équilibre son travail et sa vie familiale. Les entreprises détenues par des femmes entrepreneures sont plus enclines à rester petites en raison du fait que les femmes continuent à assumer l'entière responsabilité de l'entretien de leur ménage en plus des soins accordés aux enfants et des adultes à charge.
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Au niveau de la motivation et de l'[[intention entrepreneuriale]], les résultats des recherches ont identifié plus de similitudes que de différences entre les femmes entrepreneurs et leurs homologues masculins. Cependant, les femmes sont confrontées à de plus grands problèmes lors d'acquisition de ressources dans la phase du démarrage de l'entreprise (seed capital) ainsi que dans les autres phases ultérieures (venture capital, equity capital). Bien que la recherche d'un revenu supplémentaire ne soit pas négligeable dans la motivation, ce n'est pas le critère principal de motivation des femmes entrepreneurs soit sur le plan individuel ou dans le cadre des revenus du ménage. Chez les femmes entrepreneures (Olson et Currie, 1992), il existe une forte relation entre certaines valeurs personnelles et la stratégie de l'entreprise. Bien avant la recherche du profit comme critère unique de la marque de leur succès, les femmes entrepreneurs quantifient souvent leur succès en fonction de leur degré d'accomplissement et d'épanouissement personnel.
  
La plupart du temps, les problèmes des femmes entrepreneurs sont attribuables au manque d'expérience en management, à une quantité plus limitée de ressources financières propres, ainsi qu'à des normes sociales particulières fortes ou latentes établies depuis de longues années dans la culture sociétale.
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Par conséquent, l'activité entrepreneuriale axée sur la nécessité n'est pas le moteur suffisant pour pousser les femmes à démarrer une entreprise. Et, si l'activité entrepreneuriale génère des revenus supplémentaires, cela ne différencie par significativement les femmes entrepreneurs des femmes non-entrepreneurs. Le fil conducteur le plus important qui conduit les femmes à s'engager dans des efforts entreprenants, indépendamment de la motivation de cette décision, repose davantage sur la confiance en soi de disposer les compétences, les connaissances et l'expérience nécessaires pour démarrer une entreprise (Marian Holienka, Zuzana Jančovičová, Zuzana Kovačičová, [[2016]]).  
  
* [[1986]], C. Brush, R. Hisrich, "The Woman Entrepreneur: Starting, Financing and Managing a Successful New Business", Lexington, MA: Lexington Book
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La plupart du temps, les problèmes des femmes entrepreneures sont attribuables au manque d'expérience en management, à une quantité plus limitée de ressources financières propres, ainsi qu'à des normes sociales particulières, fortes ou latentes, établies depuis de longues années dans la culture sociétale. Parfois, les femmes ne sont pas suffisamment confiantes dans les premières étapes de la création de leur entreprise, comme tout entrepreneur novice. Le manque de confiance et de compétences commerciales des femmes entrepreneures se reflète dans leur manque d’assurance en ce qui concerne le recouvrement des dettes auprès des clients, leur largesse dans l'attribution du crédit, dans leur système de tarification déficient avec une sous-facturation de leurs produits et services comme stratégie d’entrée sur le marché.
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* [[1985]], R. Goffee, R. Scase, "Women in charge: the Experience of Female Entrepreneurs", London: Allen and Unwin
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* [[1986]],  
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** C. Brush, R. Hisrich, "The Woman Entrepreneur: Starting, Financing and Managing a Successful New Business", Lexington, MA: Lexington Book
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** S. Cromie, J. Hayes, "Towards a typology of female Entrepreneurs”, Sociological Review, 36(1), pp97-113
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* [[1988]], J. Corman, B. Perles, P. Vancini, "Motivational factors influencing high-technology Entrepreneurship", Journal of Small Business Management, Vol 26, pp36–42
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* [[1998]], S. Nina Dhar, Ratna Ghosh, Meenakshi Gupta, "Women and Entrepreneurship in India", In: Rabindra N. Kanungo, dir., "Entrepreneurship and Innovation: Models for Development", New Delhi: Sage, pp156-175
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* [[2005]], K. V. Nagarajan, Elaine G. Porter, "Successful Women Entrepreneurs as Pioneers: Results from a Study Conducted in Karaikudi, Tamil Nadu, India", Journal of Small Business and Entrepreneurship, 18 (1), Winter, pp39-52
  
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** Andrea E. Smith-Hunter, "Women Entrepreneurs Across Racial Lines: Issues of Human Capital, Financial Capital and Network Structures", Cheltenham, United Kingdom: Edward Elgar
  
 
* [[2007]], N. M. Carter et al., dir., "Female Entrepreneurship. Implications for education, training and policy", Abingdon: Routledge
 
* [[2007]], N. M. Carter et al., dir., "Female Entrepreneurship. Implications for education, training and policy", Abingdon: Routledge
  
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** J. E. Jennings, C. G. Brush, "Research on Women Entrepreneurs: Challenges to (and from) the Broader Entrepreneurship Literature?", The Academy of Management Annals, 7(1), pp663–715
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** C. G. Brush, J. E. Jennings, "Research on Women Entrepreneurs: Challenges to (and from) the Broader Entrepreneurship Literature?", The Academy of Management Annals, 7(1), pp663–715
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** E. M. Msoka, "Do entrepreneurship skills have an influence on the performance of women owned enterprises in africa? Case of Micro and Small Enterprises in Dar es Salaam", Tanzania. International Journal of Business, Humanities and Technology, 3(3).  
 
** E. M. Msoka, "Do entrepreneurship skills have an influence on the performance of women owned enterprises in africa? Case of Micro and Small Enterprises in Dar es Salaam", Tanzania. International Journal of Business, Humanities and Technology, 3(3).  
  
 
* [[2015]], Typhaine Lebègue, "Candida Brush. L’entrepreneur-e au féminin", In: Karim Messeghem, Olivier Torrès, dir., "Les grands auteurs en entrepreneuriat", Ems Management Et Societes, pp227-248
 
* [[2015]], Typhaine Lebègue, "Candida Brush. L’entrepreneur-e au féminin", In: Karim Messeghem, Olivier Torrès, dir., "Les grands auteurs en entrepreneuriat", Ems Management Et Societes, pp227-248
  
* [[2016]], Marian Holienka, Zuzana Jančovičová, Zuzana Kovačičová, [https://acta.mendelu.cz/media/pdf/actaun_2016064061899.pdf "Women entrepreneurship in Visegrad Region and its drivers"], Acta Universatis Agriculturae et Silviculturae Mendenianae Brunensis, Vol 64, n°6, pp1899-1910
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* [[2016]],  
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** Aude d’Andria, Inès Gabarret, "Femmes et entrepreneurs : trente ans de recherches en motivation entrepreneuriale féminine", Revue de l’Entrepreneuriat, n°3-4, Vol 15, pp87-107
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*** Marian Holienka, Zuzana Jančovičová, Zuzana Kovačičová, [https://acta.mendelu.cz/media/pdf/actaun_2016064061899.pdf "Women entrepreneurship in Visegrad Region and its drivers"], Acta Universatis Agriculturae et Silviculturae Mendenianae Brunensis, Vol 64, n°6, pp1899-1910
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* [[2017]], Katia Richomme-Huet, Virginie Vial, "Le mouvement des mampreneurs en France : phénomène féministe libéral ou radical ?", Revue de l’Entrepreneuriat, n°2, Vol 16, pp123-149
  
</ref>. Il faut aussi signaler que la distinction entre la notion de l'entrepreneur technique et l'entrepreneur commercial tend à se flouter avec l'apparition du technopreneur<ref>L'entrepreneur technique ou technopreneur est une personne qui lance et développe une entreprise commerciale basée sur la technique qui produit des produits ou des services technologiques. Il s'agit d'une personne directement impliquée dans la création et le développement d’une entreprise liée à la technologie produisant des biens technologiques ou fournissant des services technologiques. On rencontre les technopreneurs dans de nombreux secteurs d'activités comme l'électronique de pointe, les équipements flexibles, les instruments de mesure, la biotechnologie, l'automatisation et les systèmes de fabrication agiles, l'optoélectronique, l'électro-optique et l'optique non linéaire, les matériaux de pointe, le génie logiciel, la production et le traitement des aliments, l'aérospatiale et les technologies de sources d'énergie alternatives.  
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</ref>. Il faut aussi signaler que la distinction entre la notion de l'entrepreneur technique et l'entrepreneur commercial tend à se flouter avec l'apparition du technopreneur<ref>Le mot technopreneur est d'origine moderne. Il a d'abord été utilisé pour mettre en évidence la nécessité de produire plus d'entrepreneurs dans le secteur des technologies. Un entrepreneur en technologie est une personne qui utilise avec succès des talents et du capital-risque, des idées innovantes et des compétences en gestion pour la production commerciale d'innovations technologiques efficaces et viables ou un levier efficace d'innovations utilisant la technologie. L'entrepreneur technique ou technopreneur est une personne qui lance et développe une entreprise commerciale basée sur la technique qui produit des produits ou des services technologiques. Il s'agit d'une personne directement impliquée dans la création et le développement d’une entreprise liée à la technologie produisant des biens technologiques ou fournissant des services technologiques.  
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On rencontre les technopreneurs dans de nombreux secteurs d'activités comme l'électronique de pointe, les équipements flexibles, les instruments de mesure, la biotechnologie, l'automatisation et les systèmes de fabrication agiles, l'optoélectronique, l'électro-optique et l'optique non linéaire, les matériaux de pointe, le génie logiciel, la production et le traitement des aliments, l'aérospatiale et les technologies de sources d'énergie alternatives.  
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Les technopreneurs doivent acquérir des compétences managériales pour la survie des entreprises technologiques. Ils s'occupent de tous les aspects de l'intégration technologique dans la prise de décision commerciale et dans le processus de développement de nouveaux produits. Ce qui différencie un technopreneur d'un entrepreneur conventionnel, c'est la façon de faire des affaires. Une entreprise technopreneurale est généralement caractérisée par un fort potentiel de croissance et un fort levier de connaissances et un niveau élevé de propriété intellectuelle. Les technopreneurs sont techniquement familiers et capables de repérer les opportunités dans les produits et les procédés de haute technologie ou à forte valeur ajoutée. Comme une entreprise de haute technologie typique, les technopreneurs ont tendance à mettre l'accent sur l'invention et l'[[innovation]] dans leur stratégie commerciale, à déployer un pourcentage important de leurs ressources financières en R&D, à utiliser un pourcentage relativement élevé de scientifiques et d'ingénieurs dans leur main-d'œuvre et à rivaliser dans le monde entier. La connaissance technique est un pré-requis pour un technopreneur pour repérer l'opportunité d'innover dans une entreprise ou dans un processus.
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* [[1972]], J. L. Komives, "A preliminary study of the personal values of high technology entrepreneurs", In: A. Cooper, J. Komives, dir., "Technical entrepreneurship: A symposium", Milwaukee, WI: Center for Venture Management
  
 
* [[1973]], A. C. Cooper, "Technical entrepreneurship: what do. we. know?", R. &. D Management, Vol 3, n°2, février
 
* [[1973]], A. C. Cooper, "Technical entrepreneurship: what do. we. know?", R. &. D Management, Vol 3, n°2, février
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* [[1999]], M. W. Cardullo, "Technology Entrepreneuries", Baldock, Herts: Research Studies Press Ltd.
 
* [[1999]], M. W. Cardullo, "Technology Entrepreneuries", Baldock, Herts: Research Studies Press Ltd.
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* [[2000]], Check-teck Foo, Check-tong Foo, "Socialization of technopreneurism: Towards symbiosis in corporate innovation and technology strategy", Technovation, Vol 20, pp551-562
  
 
* [[2003]], R. P. Oakey, "Technical entrepreneurship in high technology small firms: some observations on the implication for management”. International Journal of Innovation Management, vol 5, pp15-27
 
* [[2003]], R. P. Oakey, "Technical entrepreneurship in high technology small firms: some observations on the implication for management”. International Journal of Innovation Management, vol 5, pp15-27
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* [[2007]], G. T. Lumpkin, M. R. Marvel, "Technology entrepreneurs’ human capital and its effects on innovation radicalness", Entrepreneurship Theory and Practice, Vol 31, pp807-828
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* [[2011]], J. Matthews, K. Mohannak, "Managing specialised knowledge in technopreneurial firms: Evidence from Australian SMEs", Journal of Knowledge Management Practice, 12(4), pp1-10
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</ref>. L'idée chez les auteurs autrichiens est que la propriété privée est d'une importance colossale non seulement parce qu'elle se trouve à la base de l'économie de marché. Mais, devenir un jour le propriétaire de son propre business marque ç vie tout individu<ref>
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* Sara Carter, [[2017]], "The effects of business ownership on people’s lives", In: [[David Audretsch]], E. E. Lehmann, dir., "The Routledge Companion to the Makers of Modern Entrepreneurship", New York: Routledge, pp42-52
  
 
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=== Bibliographie ===
 
=== Bibliographie ===
  
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* [[1960]], E. Hagen, "The entrepreneurs as rebel against traditional society", Human Organization, 19 (4), pp185-187
  
 
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* [[1967]], N. Smith, "The Entrepreneur and His Firm : The Relationship between Type of Man and Type of Company", East Lansing, Michigan State University Press
  
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* [[1974]], J. C. Laufer, "Comment on devient entrepreneur", Revue française de gestion, vol 2, pp18-29
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* [[1977]], F. A. Webster, "Entrepreneurs and ventures: An attempt at classification and clarification", Academy of Management Review, 2 (1), pp54-61
  
 
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* [[1978]], W. G. Broehl, "The Village Entrepreneur : Change Agents in India's Rural Development", Cambridge, Harvard University Press
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** Yvon Gasse, "Elaborations on the Psychology of the Entrepreneur", In: Calvin A. Kent, Donald L. Sexton, Karl H. Vesper, dir., "Encyclopedia of Entrepreneurship", Englewood Cliffs, New Jersey: Prentice Hall, pp57-66
 
** Yvon Gasse, "Elaborations on the Psychology of the Entrepreneur", In: Calvin A. Kent, Donald L. Sexton, Karl H. Vesper, dir., "Encyclopedia of Entrepreneurship", Englewood Cliffs, New Jersey: Prentice Hall, pp57-66
 
** E. Hagen, "Les entrepreneurs", In: "Économie du développement", Paris: Économica, pp263-283
 
** E. Hagen, "Les entrepreneurs", In: "Économie du développement", Paris: Économica, pp263-283
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** J. Schere, "Tolerance of ambiguity as a discriminating variable between entrepreneurs and managers", New York: Academy of Management, pp404-408
 
** H. Verin, "Entrepreneurs, entreprises : histoire d’une idée", PUF, Paris
 
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** Felix Livingston, [http://fee.org/freeman/detail/the-entrepreneur-as-a-defender-of-liberty "The Entrepreneur as a Defender of Liberty"], [[The Freeman]], septembre, Vol 46, n°9  
 
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** Michel Marchesnay, "L'entrepreneuriat : une vue kaléidoscopique", Revue Internationale PME, Vol 13, n° 1, pp105-116
 
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** Milo Bianchi, Magnus Henrekson, "Is Neoclassical Economics still Entrepreneurless?", Kyklos 58(3), pp353–377
 
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** Jörg Freiling, [http://www.iwim.uni-bremen.de/publikationen/pdf/w035.pdf Research on Entrepreneurship Development in Germany: What are the Lessons for Developing Countries?], IWIM - Institute for World Economics and International Management, working paper n°35
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** Deniz Ucbasaran, P. Westhead, M. Wright, "Habitual entrepreneurs", Aldershot: Edward Elgar
 
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** David E. Pozen, [http://wakeforestlawreview.com/wp-content/uploads/2014/10/Pozen_LawReview_1.08.pdf "We Are All Entrepreneurs Now"], Wake Forest Law Review, 43 (1), pp283–340
  
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** Jeffrey S. McMullen, "Perspective taking and the heterogeneity of the entrepreneurial imagination", In: [[Roger Koppl]], [[Steven Horwitz]], [[Pierre Desrochers]], dir., "Advances in Austrian Economics" - Volume 14 - "What is so Austrian about Austrian Economics?", ISBN: 978-0-85724-261-7, pp113-143
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** Jean S. Clarke, Joep P. Cornelissen, "How language shapes thought: new vistas for entrepreneurship research", In: J. Robert Mitchell, Ronald K. Mitchell, Brandon Randolph-Seng, dir., "Handbook of Entrepreneurial Cognition", Edward Elgar, Cheltenham, UK • Northampton, MA, USA, pp383-397
 
** Jean S. Clarke, Joep P. Cornelissen, "How language shapes thought: new vistas for entrepreneurship research", In: J. Robert Mitchell, Ronald K. Mitchell, Brandon Randolph-Seng, dir., "Handbook of Entrepreneurial Cognition", Edward Elgar, Cheltenham, UK • Northampton, MA, USA, pp383-397
  
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** W. Forster, A. Ramesh, [[Saras Sarasvathy]], "The ordinary entrepreneur", In: Ted Baker, Friederike Welter, dir., "The Routledge Companion to Entrepreneurship, London and New York: Routledge, pp227-244
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** Melissa S. Cardon, "Passion and entrepreneurs", In: [[Ted Baker]], Friederike Welter, dir., "The Routledge Companion to Entrepreneurship", London and New York: Routledge, pp77-88
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** W. Forster, A. Ramesh, [[Saras Sarasvathy]], "The ordinary entrepreneur", In: [[Ted Baker]], Friederike Welter, dir., "The Routledge Companion to Entrepreneurship, London and New York: Routledge, pp227-244
 
** Pierre-André Julien, "Olivier de Serres. Ménageur et entrepreneur", In: Karim Messeghem, Olivier Torrès, dir., "Les grands auteurs en entrepreneuriat", Ems Management Et Societes, pp29-48
 
** Pierre-André Julien, "Olivier de Serres. Ménageur et entrepreneur", In: Karim Messeghem, Olivier Torrès, dir., "Les grands auteurs en entrepreneuriat", Ems Management Et Societes, pp29-48
 
** Karim Messeghem, Olivier Torrès, dir., "Les grands auteurs en entrepreneuriat", Ems Management Et Societes
 
** Karim Messeghem, Olivier Torrès, dir., "Les grands auteurs en entrepreneuriat", Ems Management Et Societes
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=== Articles connexes ===
 
=== Articles connexes ===
  
* [[Intrapreneur]]
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* [[Action entrepreneuriale]]
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* [[Approche dramaturgique de l'entrepreneur]]
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* [[Born global]]
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* [[Bricolage entrepreneurial]]
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* [[Carrière entrepreneuriale]]
 +
* [[Cognition entrepreneuriale]]
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* [[Éducation entrepreneuriale]]
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* [[Effectuation]]
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* [[Entrepreneur]]
 
* [[Entrepreneur institutionnel]]
 
* [[Entrepreneur institutionnel]]
 
* [[Entrepreneur migrant]]
 
* [[Entrepreneur migrant]]
 +
* [[Entrepreneuriat]]
 
* [[Entrepreneuriat naissant]]
 
* [[Entrepreneuriat naissant]]
* [[Entrepreneuriat]]
 
 
* [[Esprit d'entreprise]]
 
* [[Esprit d'entreprise]]
 +
* [[Esprit d'entreprise et entrepreneuriat (bibliographie)]]
 +
* [[Esprit d'entreprise]]
 +
* [[Intention entrepreneuriale]]
 +
* [[intuition entrepreneuriale]]
 +
* [[Intrapreneur]]
 +
* [[jugement entrepreneurial]]
 
* [[Leadership entrepreneurial]]
 
* [[Leadership entrepreneurial]]
 +
* [[opportunité]]
 +
* [[Orientation client]]
 
* [[Orientation entrepreneuriale]]
 
* [[Orientation entrepreneuriale]]
 +
* [[Orientation marché]]
 
* [[Théorie du job crafting]]
 
* [[Théorie du job crafting]]
* [[Esprit d'entreprise et entrepreneuriat (bibliographie)]]
+
* [[Vision entrepreneuriale]]
* [[:Catégorie:Entrepreneurs|Liste des entrepreneurs]]
+
* [[Vigilance entrepreneuriale]]
 
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{{Portail économie}}
 
[[Catégorie:Lexique]]
 
[[Catégorie:Lexique]]
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Version actuelle datée du 1 février 2020 à 20:34

En un sens tout homme ou toute femme responsable est, de fait, un entrepreneur dès lors qu'il/elle utilise son capital physique, financier ou humain (capital corporel, social, culturel et alloue des ressources rares (son argent, son temps, son stress[1]) en vue d'atteindre les fins qu'il s'est imposées.

L'Etat doit-il aider les entrepreneurs ?

Il est important de souligner que l'esprit d'entreprise peut être considéré comme un ensemble de compétences transférables à un contexte organisationnel[2] où se produisent la prise de risque[3], le sens de l'innovation, la reconnaissance et l'exploitation d'opportunités[4], une prise en compte de l'individualité[5] de l'entrepreneur et d'autres impératifs similaires. Dans la phase initiale de la création d'entreprise ou d'un nouveau service au sein d'une organisation existante, ou lors d'une reprise d'entreprise[6], l'entrepreneur est voué à une polyvalence bénéfique pour la réussite du projet, ce qui le fait qualifier souvent d'homme à tout faire[7]. Ce principe entrepreneurial est l'essence même de l’homo liberalis que veulent assujettir les collectivistes ou de l'homo œconomicus que les anthropologies romantiques fustigent (en faveur du don de soi, du désintéressement, de la générosité, de la gratuité, etc.).

Trop souvent les histoires racontées à propos des entrepreneurs flattent la réussite de ces derniers au point d'en édifier un mythe glorificateur (par exemple le mythe de Horatio Alger qui raconte l'histoire d'un entrepreneur qui réussit en partant de rien[8]) ou à l'inverse la littérature romanesque et les oeuvres cinématographiques, en général, le dépeignent comme un vil et cruel être humain. Les chercheurs en histoire du business ont joué un rôle important tant sur le plan de la "couleur" donnée aux entrepreneurs mais aussi sur le contexte d'analyse institutionnel influencé bien souvent par des facteurs idéologiques implicites. L'entrepreneur a souvent été observé du point de vue national en mettant en lumière l'aspect bénéfique sur la croissance d'un pays. Cette approche à la fois utilitariste, sociétale et nationaliste est remise en cause par la prise en compte de l'entrepreneur migrant et de l'entrepreneur né mondialisé. Faut-il pour autant que l'Etat aide les entrepreneurs ?

La tâche des hommes de l'Etat est de na pas perturber le processus du marché. Les règles du jeu fixées par l'Etat, auxquelles tous les participants doivent se soumettre dans le processus du marché, doivent être prévisibles, en éliminant les privilèges ou les aides spéciales accordées par le gouvernement. Un gouvernement libéral n'est pas celui qui aide les chefs d'entreprises, c'est celui qui évite de leur compliquer la tâche en créant plus d'incertitude[9] qu'il n'existe déjà dans leur jugement. Ce dernier facteur n'est pas un point mineur pour encourager l'émergence d'entrepreneurs productifs. Comme l'a souligné Magnus Henrekson[10], il ne doit pas y avoir d'aide sociale ou d'assurance qui décourage la recherche de nouvelles opportunités pour générer un profit. Dans les pays où il existe un degré élevé d'intervention de l'Etat soit par des subventions, soit par une assurance chômage, des attentes négatives sont générées en ce qui concerne la possibilité d'émergence d'entrepreneurs, car ce type de mesures décourage la recherche de nouvelles opportunités à générer un moyen de subsistance, puisqu'il est garanti par l'Etat ou par équivalence, les partenaires sociaux. Un autre biais de l'intervention de l'Etat est la facilitation involontaire ou l'ascension contrariée de l'entrepreneur évasif[11].

En dépit de nombreux efforts financiers (corollaire à l'augmentation fiscale pour tous), d'agences et d'association subventionnées largement propagées sur le territoire et du soutien offert par diverses collectivités locales et le gouvernement central, il est constaté que la majorité des jeunes ne sont pas disposés à entreprendre dans une activité entrepreneuriale[12] comme une option de carrière en raison des risques associés. La plupart d'entre eux la considèrent comme une dernière option et sont plus enclins à privilégier l'emploi salarié dans les organisations gouvernementales, publiques ou privées.

Les entrepreneurs au XIXe siècle

Pour les hommes du XIXe siècle, l'entreprise était avant tout l'entrepreneur et même la famille de l'entrepreneur qui lui conférait une durée sur plusieurs générations. Seules quelques grandes sociétés anonymes, mais peu nombreuses, dans la sidérurgie, les mines, les chemins de fer, la banque, les assurances présentaient un caractère dépersonnalisé. Les entreprises du XIXe siècle étaient essentiellement familiales, quelle que fût leur forme juridique, car les formes de sociétés de capitaux n'excluaient en aucune façon ce caractère. En matière de financement, la forme familiale remplissait une fonction majeure, dans la mesure où le crédit reposait sur la confiance entre les personnes. L'incarnation de l'entreprise dans l'entrepreneur fut favorisée dans les débuts de l'industrialisation par le fait que n'étaient décisives ni l'unité spatiale de la production dans la mesure où le travail pouvait être dispersé, ni l'unité du personnel, car la main-d'œuvre était instable, le personnel d'encadrement très peu nombreux et la direction en général assumée par un membre de la (ou d'une) famille propriétaire. Le réseau familial permettait de résoudre la plupart des problèmes que posait l'entreprise. Il était à la base de la réunion des capitaux qui était indispensable au démarrage d'une entreprise. Par son influence, il déterminait les possibilités de crédit dont elle pouvait disposer, en un temps où, avant la naissance des grands établissements de crédit, ce dernier reposait sur la connaissance personnelle et l'estime que le banquier accordait à son client.

La simple hérédité n'étant pas une garantie de compétence dans les affaires, la continuité de l'entreprise passait par une attentive formation des fils d'entrepreneurs ou, à défaut, de leurs neveux, jusqu'à ce qu'ils soient capables d'assumer des fonctions de responsabilités, puis d'être associés à la gestion. La formation qui leur était donnée reflétait l'idée que leurs pères ou leurs oncles avaient des qualités indispensables à leur métier. Hommes d'affaires pragmatiques, peu portés aux spéculations intellectuelles, ces derniers appréciaient une éducation pratique faite en s'exerçant à connaître tous les travaux effectués dans l'entreprise, plutôt que des études dans des universités ou des grandes écoles, dont elle n'était par ailleurs pas exclusive. Les mariages étaient une stratégie d'acquisition de ressources extérieures. A l'origine de nombreuses entreprises, on trouvait des capitaux apportés par l'épouse. Les mariages des fils, judicieusement arrangés, pouvaient ensuite apporter les fonds nécessaires à l'extension de l'échelle des affaires. La famille, qui donnait des dots, s'appauvrissait. Les transferts financiers étaient souvent compensés par des opérations contraires, c'est-à-dire par des mariages multiples entre deux familles, qui étaient toutes deux bénéficiaires puisqu'elles formaient désormais un groupe plus puissant.

Les historiens britanniques sont ceux qui ont le plus insisté sur la « loi des trois générations » en arguant que les valeurs aristocratiques et terriennes encore dominantes dans la société victorienne incitaient les entrepreneurs qui avaient acquis la fortune à chercher ensuite un statut social. Les industriels britanniques acquéraient en effet des domaines, des châteaux, s'efforçaient d'entrer dans la gentry et d'obtenir des fonctions municipales. Leurs enfants étaient élevés en gentlemen, de préférence à Eton et Oxford, étaient encouragés à un genre de vie plus oisif et mondain, s'orientaient volontiers vers les carrières administratives ou politiques. Mais pour quelques défections d'industriels amateurs célèbres combien y avait-il de familles où la transmission de l'entreprise à la génération suivante était l'essentiel objectif ? Ensuite, l'achat de domaines fonciers n'était pas la preuve d'un désintérêt pour l'activité industrielle. Il représentait, certes surtout dans la première moitié du XIXe siècle, une forme de diversification des revenus, qui évitait de les faire, dépendre exclusivement de la conjoncture d'un seul secteur et il permettait de trouver du crédit en ouvrant la possibilité d'hypothéquer.

Les entreprises dépérissent lorsque leurs dirigeants ne savent plus les adapter aux changements de l'environnement ou n'en ont plus les moyens, techniques, financiers, commerciaux. L'évolution de l'industrie au XIXe siècle fut dominée par un rapide renouvellement des techniques, qui devinrent de plus en plus complexes et de plus en plus formalisées scientifiquement. Là où du savoir-faire, un esprit méthodique et du bon sens suffirent longtemps, des connaissances plus précises furent peu à peu nécessaires. Certains secteurs en exigeaient davantage, comme la métallurgie et surtout comme les secteurs nouveaux qui se développèrent à partir des années 1880 autour de l'électricité et de la chimie. Une entreprise de ces branches devait désormais employer des ingénieurs. Comme dans les pays européens, à la différence des États-Unis, les circuits commerciaux étaient depuis longtemps rodés et les marchés, du moins les marchés intérieurs, relativement stables, le changement fut surtout ressenti comme un défi technique. La formation technique tendit à l'emporter sur la formation commerciale pour les dirigeants. Bien que ces exigences nouvelles aient favorisé des formes d'entreprises managériales ou d'entreprises fondées par des ingénieurs, puis revendues à des collègues sans être continuées par des descendants, la forme familiale de l'entreprise parvint souvent à leur faire face par la formation des héritiers et par l'inclusion dans la famille de compétences extérieures. Ce qui assurait la longévité des grandes entreprises familiales, c'était aussi leur capacité à s'intégrer par les mariages les hommes qui leur étaient utiles.

Perspectives de l'entrepreneur dans la théorie économique

Les thèmes des auteurs de la pensée entrepreneuriale

Les auteurs de la pensée entrepreneuriale

Les grands auteurs de la pensée entrereneuriale

Catégorie Nom Origine Période Apports
# Économiste Richard Cantillon Irlande Irlande
France France
16801734
Le risque associé à l'incertitude
# Économiste Johann Heinrich von Thünen Allemagne Allemagne 17831850
Le risque associé à l'incertitude

La perspective autrichienne de l'entrepreneur

Alors que l'esprit d'entreprise a joué un rôle de premier plan dans la théorie économique dès son émergence, à partir de la Seconde Guerre mondiale, l'entrepreneur disparu des articles scientifiques et dans les manuels scolaires économiques. Au fur et à mesure que le langage de l'économie devenait de plus en plus formel et stylisé, les économistes furent attirés par des concepts très abstraits pour évoquer le marché et la concurrence tels que le modèle de l'équilibre général dans une concurrence pure et parfaite. Il était tout simplement trop difficile d'intégrer un acteur créatif, dynamique, coordonnateur ou perturbateur dans l'analyse. La microéconomie est devenue une description de divers états d'équilibre (existence, stabilité), et il n'y avait aucune place pour un entrepreneur. Pour les Autrichiens, en revanche, l'entrepreneur en tant que spéculateur, coordinateur et innovateur[13] est la "force motrice du marché" selon les termes employés par Ludwig von Mises.

D'un point de vue purement économique, un entrepreneur, est une personne qui engage des capitaux et utilise une main-d'œuvre salariée en vue d'une production déterminée. De ce point de vue, l'entrepreneur est synonyme de chef d'entreprise produisant des produits ou des services comme l'entrepreneur du savoir[14]. Les auteurs autrichiens, et dans un sens large, les pré-autrichiens, se sont longuement penchés sur la théorie de l’entrepreneur[15]. Et, ils refusent cette vision étriquée de l'entrepreneur.

Dans le paradigme de l'école néoclassique, il n'y a pas de place pour l'entrepreneur. L'économiste néoclassique propose une théorie de l'équilibre qui suggère que les marchés sont composés d'agents maximisants et que l'ensemble des décisions dégagent un prix de marché. Par conséquent, personne n'est capable de découvrir un mauvais alignement sur le marché qui peut être exploité et d'en tirer un profit. Ceci est dû au fait qu'à un moment donné, le marché suppose que tout le monde peut reconnaître les opportunités, qu'elles sont immédiatement reconnues et que les transactions ont été coordonnées sans délai. Cette approche suggère donc que l'opportunité est une connaissance commune et qu'elle est évidente pour tous.

L'essence de l'entrepreneur est d'acheter et/ou de combiner des ressources hétérogènes dans le présent en anticipation de recettes futures (incertaines). Pour Israel Kirzner, l'entrepreneur a un rôle d'arbitrage, il prend note des opportunités jusqu'alors inaperçues. Son élève, Don Lavoie et ses successeurs (Virgil Storr), employant la métaphore herméneutique, indique que l'entrepreneur "lit" le marché comme il pourrait le faire d'un texte. L'entrepreneur thymo-linguistique[16] relève donc des marqueurs phrastiques et paraphrastiques du marché, grâce à l'apprentissage inter-textuel, pour en synthétiser les opportunités et en anticiper les recettes futures. L'entrepreneur est tolérant vis à vis de l’ambiguïté[17] du marché parce qu'il dispose d'une certain confiance en lui pour surmonter ce flou de signification du marché futur puisqu'il est, en infime partie, son co-créateur.

Carl Menger décrit l'art d'entreprendre comme le processus de conversion des ressources en biens et services qui ont de la valeur pour des acheteurs. L'entrepreneur n'est donc pas un ingénieur qui utilise une fonction de production avec l'intégration dosée de facteurs de production. La vision ontologique de l'entrepreneur est beaucoup plus large.

Avec Ludwig von Mises, L'entrepreneur est un homo-agens, c'est à dire un être humain qui agit. Aussi, l'entrepreneur peut être un chef d'entreprise, mais aussi un collaborateur interne (intrapreneur) ou externe comme un client (Auke R. Leen, Anders Liljenberg). Des auteurs comme Eric Von Hippel, en dehors, du paradigme autrichien ont effectivement démontré qu'une grande partie de l'innovation provient des utilisateurs et qu'ils agissent donc comme des entrepreneurs. La théorie autrichienne de l'entrepreneur "accorde une place centrale à l’action. Elle peut être rapprochée de la conception de l’enactment proposée par Karl Weick (1979) qui conduit à reconnaître une antériorité de l’action sur la cognition."[18]. L'entrepreneur chez Ludwig von Mises est nettement distinct de l'entrepreneur de John Maynard Keynes. Chez ce dernier, l'entrepreneur bénéficie d'une aubaine inexpliquée, un rendement de l'incertitude de se retrouver à la bonne place au bon moment (happenstance) tandis que l'entrepreneur de Mises est récompensé d'une prévision correcte du futur bien qu'agissant dans le présent sur une idée du futur.

La réussite de l'entrepreneur, du point de vue de l'école autrichienne, ne parvient pas suite à un problème de maximisation d'un bien spécifique, qu'un algorithme de recherche pourrait très bien résoudre, mais de l'idée d'une personne vis à vis d'un processus qui ne peut pas être modélisé tel un problème d'optimisation. Il est important également de lutter contre la croyance candide de "l'overnight sensation", c'est à dire du triomphe de l'entrepreneur du jour au lendemain. Combien de chanteurs et d'artistes déclarent avoir galéré avant de trouver le succès ? Des milliers et des millions n'y sont jamais parvenus. Le succès instantané suite à la création ou à la découverte d'une opportunité est une fable[19].

Enfin, il faut signaler également que le concept d'entrepreneur n'est pas attaché au genre. Malgré le fait que la majorité des entreprises soient encore majoritairement dirigées par des hommes, il existe une opinion parmi les décideurs politiques et les chercheurs selon laquelle le nombre de femmes entrant dans le monde de l'entrepreneuriat, au cours de ces dernières décennies, a considérablement augmenté. Ainsi, les recherches sur l'esprit d'entreprise des femmes gagnent de plus en plus d'importance[20]. Il faut aussi signaler que la distinction entre la notion de l'entrepreneur technique et l'entrepreneur commercial tend à se flouter avec l'apparition du technopreneur[21]. L'idée chez les auteurs autrichiens est que la propriété privée est d'une importance colossale non seulement parce qu'elle se trouve à la base de l'économie de marché. Mais, devenir un jour le propriétaire de son propre business marque ç vie tout individu[22].

Annexes

Citations

  • Un entrepreneur, un vrai entrepreneur, n’est pas une simple machine enregistreuse de coûts qui seraient déterminés par ailleurs à partir de données purement techniques (comme s’il existait une seule manière de produire un bien donné). C’est quelqu’un qui regarde un marché, essaie d’en prévoir l’évolution, détermine la nature et le prix de ce qu’il veut vendre et cherche ensuite les moyens de produire de la manière la plus économique, c’est-à-dire évitant de gaspiller des ressources qui sont nécessairement rares, afin d’obtenir une probabilité de profit aussi élevée que possible. (Pascal Salin)
  • L'entreprise, c'est l'organisme économique ; l'entrepreneur, c'est le centre nerveux qui lui donne la vie, la conscience, la direction, c'est le point capital, la force motrice de la structure sociale. (Paul Leroy-Beaulieu)
  • On considère le chef d'entreprise comme un homme à abattre, ou une vache à traire. Peu voient en lui le cheval qui tire le char. (Winston Churchill)
  • Ceux qui œuvrent à transformer leurs rêves en réalité sont des entrepreneurs. Ceux qui veulent à tout prix prendre le chemin inverse sont des politiciens. (Vincent Bénard)
  • La question n’est pas « comment créer des emplois ? » mais QUI crée ces fameux emplois et comment peut-on l’aider ? A cette question, une réponse et une seule : un type curieux que nos fonctionnaires n’ont jamais croisé sur leur route et dont on ne parle jamais à l’ENA et qui s’appelle un ENTREPRENEUR. (Charles Gave)
  • Contrairement aux anciens rois et seigneurs féodaux, aux modernes dictateurs, et même aux représentants de nos gouvernements, le chef d'entreprise n'obtient rien par la force : il sert autrui. Il doit satisfaire ses clients, et il perd tout pouvoir dès qu'il n'est plus en mesure d'assurer de meilleurs services que ses concurrents. La plus grosse entreprise perd sa puissance et son influence dès qu'elle perd ses clients. Le profit va seulement à celui qui a compris ce que veulent les autres. Il n'en est pas de même pour les activités de l'État, qui ne connaissent aucune sanction. (Jacques de Guénin)
  • Mais encore faut-il préciser ce que l'on entend par la propriété de l'entreprise. Cette expression courante est en fait erronée puisque personne ne peut être propriétaire d'un ensemble de contrats, mais, bien au contraire, on contracte à propos de ce que l'on possède. Quelle est alors la nature exacte du droit de propriété de celui qu'on appelle le propriétaire de l'entreprise ? Il est en fait propriétaire non pas d'un ensemble de biens existants, mais de l'ensemble des revenus futurs qui lui reviendront en propre du fait de l'activité de l'entreprise. (Pascal Salin)
  • Un entrepreneur n’est pas un riche comme les autres puisque toute sa richesse est à risque concurrentiel, qu’elle est liquide et qu’elle procure du travail à nos compatriotes. (Xavier Fontanet)
  • Il n'y a qu'un seul patron dans l'entreprise : c'est le client. Il est capable de mettre à la porte tout le monde, depuis le président et jusqu'en bas, simplement en allant dépenser son argent ailleurs. (Sam Walton, créateur de Wal-Mart Stores)
  • Il est du devoir du chef d’entreprise d’être objectif et impartial. Il doit absolument être tolérant et ne pas prêter attention à la manière dont un homme fait son travail une fois qu’il se retrouve seul, qu’il apprécie l’homme ou qu’il ne l’apprécie pas. Il doit se préoccuper seulement des performances et du caractère. Cela est incompatible avec l’amitié et les relations sociales. La solitude, la distance et la formalité sont les devoirs du chef d’entreprise. (Alfred P. Sloan)
  • Je vois l'entrepreneur non pas comme une source d'idées innovantes ex nihilo, mais comme quelqu'un d'alerte aux opportunités qui existent déjà et qui attendent d'être remarquées. (Israel Kirzner)
  • Un entrepreneur c’est quelqu’un qui se jette d’une falaise et construit un avion sur le chemin de la descente. (Reid Hoffman, co-fondateur de LinkedIn)
  • Le courage est la seule vertu que l'on ne peut pas feindre. (...) Le courage (la prise de risques) est la vertu suprême. Nous avons besoin d'entrepreneurs. (Nassim Nicholas Taleb, Jouer sa peau: Asymétries cachées dans la vie quotidienne, 2017)
  • Ce n'est pas la peur d'entreprendre, c'est la peur de réussir, qui explique plus d'un échec. (Emil Michel Cioran)

Notes et références

  1. A un certain niveau, le stress sape la capacité d'un entrepreneur à prendre ses responsabilités et de faire face à l'échec. Pour y remédier, l'entrepreneur doit disposer de capacités de leadership eustressant. Le stress contribue fortement à nuire à la satisfaction des demandes des clients et aux anticipations du marché et, en définitive, à saper la capacité d’un entrepreneur à assumer la responsabilité de son échec.
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  2. La prise de risque est souvent utilisée pour décrire l'incertitude résultant du comportement entrepreneurial. Contrairement à un employé, l'entrepreneur prend des risques plus élevés pouvant éventuellement mener à de plus grandes récompenses. La prise de risque de l'entrepreneur se décline en différents niveaux : risque social, personnel, psychologique, stratégique. Généralement, les études psychologiques du trait de caractère de l'entrepreneur le font varier sur une échelle allant du réticent au risque (risk-averse) au favorable au risque (risk-prone). Selon les études menées par Brockhaus (1980) et Brockhaus et Horwitz (1986)(Brockhaus, R.H. & Horwitz, P.S. 1986. The psychology of the entrepreneur. In D.L. Sexton & R.W. Smilor (Eds.) The Art and Science of Entrepreneurship. Cambridge, MA: Ballinger), les entrepreneurs en général, ne sont pas plus susceptibles que les non-entrepreneurs d'être opposés au risque ou de préférer le risque.
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  5. Selon Edward Lazear, l'entrepreneur diffère de la plupart des autres personnes de la population. Mais, non pas parce qu'il se singularise dans une tâche particulière. Ce qui le rend spécial, c'est qu'il est un homme à tout faire. Plusieurs études montrent que les entrepreneurs ont un curriculum plus varié lorsqu'ils sont étudiants et qu'ils ont tendance à travailler dans un plus grand nombre d'emplois.
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  6. Irvin G. Wyllie s'est intéressé aux mythes qui accompagnent la saga de l'histoire du business américain cenré autour du self-made man. Le thème du passage de l'entrepreneur entre les stades extrêmes du chiffonnier à la richesse fut répété par de nombreux groupes différents pour devenir une partie de la culture populaire de la littérature américaine. Irvin G. Wyllie a tenté de découvrir les origines du mythe du héros légendaire, d'analyser l'homme d'affaires américain et d'apprendre par qui il était le plus utilisé, à quelles fins et avec quels effets. Il convient toutefois de souligner que ce n'est pas une étude des origines professionnelles et des conditions environnementales des hommes d'affaires américains, ni d'une tentative de vérifier de quelles classes sociales les chefs d'entreprise ont été recrutés. Le sujet traité par Irvin Wyllie est la culture intellectuelle intégrée à l'histoire du business. Il puise ses recherches précisément dans les idées qui ont favorisés leself-made man dans les larges conditions de découvertes d'opportunité aux Etats-Unis.
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  7. Le comportement entrepreneurial implique d’investir une proportion importante de ressources dans un projet à forte probabilité d’échec. Ainsi, un trait important que les chefs d’entreprise doivent incarner est une forte capacité à déterminer la bonne stratégie pour leurs entreprises face à l’incertitude.
  8. Magnus Henrekson, 2005, "Entrepreneurship: A Weak Link in the Welfare State?”, Industrial and Corporate Change, Vol 14, n°3, p19
  9. L'entrepreneur évasif est un individu qui développe des moyens innovants pour contourner les lois et les réglementations dans un but lucratif. Les entrepreneurs évasifs cherchent à échapper aux contraintes institutionnelles afin de profiter d'une position relativement moins contrainte dans laquelle les institutions limitantes sont sous-développées ou inexistantes. Lorsque les règles formelles d’une société rendent coûteuse l’échange volontaire entre individus, il n’est pas alors surprenant que des entrepreneurs commencent à investir du temps et des ressources pour déterminer comment contourner ces lois. L'entrepreneur évasif nous fournit parfois des produits ou des services agréables qui n'auraient peut-être jamais existé ni trouvé leur marché en l'absence de certaines règles. Par exemple, La bande radio citoyenne (CB) a été largement utilisée comme moyen d’éviter la police au milieu des années 1970 après la mise en place d’une limitation de vitesse nationale. Or, la limite de vitesse réduite a diminué les revenus des personnes travaillant dans l’industrie du camionnage. Les camionneurs ont alors commencé à utiliser les radios CB pour communiquer entre eux et s’informer mutuellement des emplacements de la police le long de la route. Ensuite, même les conducteurs non commerciaux ont rejoint la tendance de la radio CB. La radio CB existait déjà depuis des décennies avant la mise en place de la vitesse maximale nationale, mais les consommateurs n’avaient pas vraiment l’utilité de l’utiliser avant l’apparition de cette loi. Et la popularité des radios CB s’est rapidement estompée après l’apparition de nouvelles technologies liées au GSM. Dans une économie dotée d'institutions saines, les activités entrepreneuriales évasives peuvent aider à faciliter les transactions mutuellement avantageuses entre les consommateurs et les producteurs qui sont rendues trop coûteuses par certains aspects du code juridique et réglementaire. Mais si une société a de faibles droits de propriété ou des institutions politiques dysfonctionnelles, les activités entrepreneuriales évasives peuvent se manifester de manière moins agréable. Par exemple, dans un pays où un labyrinthe de formalités administratives pesantes gêne les entrepreneurs qui souhaitent ouvrir une entreprise, la corruption peut devenir courante au point que les bureaucrates attendent des pots-de-vin.
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  11. Des entrepreneurs tels que Andrew Carnegie, fondateur de US Steel; Henry Ford qui développa le concept de chaînes de montage pour la production en série d’automobiles, et Cornelius Vanderbilt, qui s’aventura dans les navires à vapeur et les chemins de fer, ont fini par dominer le marché et l’industrie grâce à leurs innovations.
  12. Un entrepreneur du savoir est capable de produire et d'utiliser ses actifs intellectuels pour la création ou la croissance d'une nouvelle start-up. L'entrepreneur du savoir doit avoir suffisamment de capital intellectuel afin de créer de la valeur ajoutée en utilisant ses propres connaissances. L'entrepreneuriat basé sur les connaissances consiste à acquérir des informations et des opportunités liées aux connaissances pour développer, élargir et diffuser une base de connaissances reliée à l'activité du secteur. L'entrepreneur du savoir utilise des propres actifs intellectuels pour le développement de nouvelles entreprises, ce qui mène éventuellement au développement personnel ou de la communauté vers la création de richesse. Les consultants, les journalistes, les universitaires et les experts peuvent être des entrepreneurs potentiels du savoir. Par exemple, l'académicien crée une revue de recherche dans le but de développer et de promouvoir une base de connaissances. Les entrepreneurs du savoir peuvent avoir besoin d'accéder aux réseaux sociaux pour diffuser et accéder à l'information.
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  13. Richard Cantillon, considéré comme un proto-autrichien, est le premier à avoir introduit le terme d'entrepreneur dans la littérature économique dans sa conception moderne. D'autres économistes comme Joseph Schumpeter, Carl Menger, Ludwig von Mises, Friedrich Hayek, Israel Kirzner et Peter Klein donnent une portée particulière au jugement de l'entrepreneur
  14. Contraction des concepts de la thymologie de Ludwig von Mises et de la linguistique, en comparaison de l'approche psycho-linguistique en littérature et utilisée par les informaticiens dans leurs programmes de langage naturel. L'entrepreneur thymo-linguistique agit pour comprendre le contexte générale du marché et du contexte (riche ou pauvre) particulier dans lequel il se trouve ou dans celui où il désire se diriger
  15. S. Budner, 1962, "Intolerance of ambiguity as a personality variable", Journal of Personality, Vol 30, pp29–50
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  16. Karim Messeghem, L’entrepreneuriat en quête de paradigme : apport de l’école autrichienne, L’internationalisation des PME et ses conséquences sur les stratégies entrepreneuriales, 25, 26, 27 octobre 2006, Haute école de gestion (HEG) Fribourg, Suisse, p5
  17. Art Carden, 2001, "Economic Progress and Entrepreneurial Innovation: Case Studies from Memphis", Southern Journal of Entrepreneurship, cite l'exemple de la société FedEx qui a perdu de l'argent durant ses 26 premiers mois d'existence. Le créateur, Smith, s'est trouvé en difficulté juridique pour avoir gaspillé l'argent de ses sœurs. L'entreprise a finalement fini par trouver un créneau d'expédition des marchandises, avec un ratio très élevé valeur-poids, avec l'expédition des produits électroniques et les fournitures médicales.
  18. La performance d'une entreprise gérée par une femme est étroitement liée à la façon dont celle-ci équilibre son travail et sa vie familiale. Les entreprises détenues par des femmes entrepreneures sont plus enclines à rester petites en raison du fait que les femmes continuent à assumer l'entière responsabilité de l'entretien de leur ménage en plus des soins accordés aux enfants et des adultes à charge. Au niveau de la motivation et de l'intention entrepreneuriale, les résultats des recherches ont identifié plus de similitudes que de différences entre les femmes entrepreneurs et leurs homologues masculins. Cependant, les femmes sont confrontées à de plus grands problèmes lors d'acquisition de ressources dans la phase du démarrage de l'entreprise (seed capital) ainsi que dans les autres phases ultérieures (venture capital, equity capital). Bien que la recherche d'un revenu supplémentaire ne soit pas négligeable dans la motivation, ce n'est pas le critère principal de motivation des femmes entrepreneurs soit sur le plan individuel ou dans le cadre des revenus du ménage. Chez les femmes entrepreneures (Olson et Currie, 1992), il existe une forte relation entre certaines valeurs personnelles et la stratégie de l'entreprise. Bien avant la recherche du profit comme critère unique de la marque de leur succès, les femmes entrepreneurs quantifient souvent leur succès en fonction de leur degré d'accomplissement et d'épanouissement personnel. Par conséquent, l'activité entrepreneuriale axée sur la nécessité n'est pas le moteur suffisant pour pousser les femmes à démarrer une entreprise. Et, si l'activité entrepreneuriale génère des revenus supplémentaires, cela ne différencie par significativement les femmes entrepreneurs des femmes non-entrepreneurs. Le fil conducteur le plus important qui conduit les femmes à s'engager dans des efforts entreprenants, indépendamment de la motivation de cette décision, repose davantage sur la confiance en soi de disposer les compétences, les connaissances et l'expérience nécessaires pour démarrer une entreprise (Marian Holienka, Zuzana Jančovičová, Zuzana Kovačičová, 2016). La plupart du temps, les problèmes des femmes entrepreneures sont attribuables au manque d'expérience en management, à une quantité plus limitée de ressources financières propres, ainsi qu'à des normes sociales particulières, fortes ou latentes, établies depuis de longues années dans la culture sociétale. Parfois, les femmes ne sont pas suffisamment confiantes dans les premières étapes de la création de leur entreprise, comme tout entrepreneur novice. Le manque de confiance et de compétences commerciales des femmes entrepreneures se reflète dans leur manque d’assurance en ce qui concerne le recouvrement des dettes auprès des clients, leur largesse dans l'attribution du crédit, dans leur système de tarification déficient avec une sous-facturation de leurs produits et services comme stratégie d’entrée sur le marché.
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  19. Le mot technopreneur est d'origine moderne. Il a d'abord été utilisé pour mettre en évidence la nécessité de produire plus d'entrepreneurs dans le secteur des technologies. Un entrepreneur en technologie est une personne qui utilise avec succès des talents et du capital-risque, des idées innovantes et des compétences en gestion pour la production commerciale d'innovations technologiques efficaces et viables ou un levier efficace d'innovations utilisant la technologie. L'entrepreneur technique ou technopreneur est une personne qui lance et développe une entreprise commerciale basée sur la technique qui produit des produits ou des services technologiques. Il s'agit d'une personne directement impliquée dans la création et le développement d’une entreprise liée à la technologie produisant des biens technologiques ou fournissant des services technologiques. On rencontre les technopreneurs dans de nombreux secteurs d'activités comme l'électronique de pointe, les équipements flexibles, les instruments de mesure, la biotechnologie, l'automatisation et les systèmes de fabrication agiles, l'optoélectronique, l'électro-optique et l'optique non linéaire, les matériaux de pointe, le génie logiciel, la production et le traitement des aliments, l'aérospatiale et les technologies de sources d'énergie alternatives. Les technopreneurs doivent acquérir des compétences managériales pour la survie des entreprises technologiques. Ils s'occupent de tous les aspects de l'intégration technologique dans la prise de décision commerciale et dans le processus de développement de nouveaux produits. Ce qui différencie un technopreneur d'un entrepreneur conventionnel, c'est la façon de faire des affaires. Une entreprise technopreneurale est généralement caractérisée par un fort potentiel de croissance et un fort levier de connaissances et un niveau élevé de propriété intellectuelle. Les technopreneurs sont techniquement familiers et capables de repérer les opportunités dans les produits et les procédés de haute technologie ou à forte valeur ajoutée. Comme une entreprise de haute technologie typique, les technopreneurs ont tendance à mettre l'accent sur l'invention et l'innovation dans leur stratégie commerciale, à déployer un pourcentage important de leurs ressources financières en R&D, à utiliser un pourcentage relativement élevé de scientifiques et d'ingénieurs dans leur main-d'œuvre et à rivaliser dans le monde entier. La connaissance technique est un pré-requis pour un technopreneur pour repérer l'opportunité d'innover dans une entreprise ou dans un processus.
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Liens externes

  • Richard CB Johnson, Acrobat-7 acidtux software.png [pdf]Entrepreneurship and Self-Finance — theoretical explanations for the empirical importance of the capitalist entrepreneur, document de travail en anglais au Ludwig von Mises Institute et sur le site suédois, The Ratio Institute. l'article montre le bien fondé de la séparation théorique entre l'entrepreneur et le capitaliste. Cependant, il faut prendre en compte que tout entrepreneur a besoin de capital (seed capital) pour commencer son affaire, et que bien souvent il s'agit de son propre capital comme pour des avances en documentation ou pour la réalisation d'un business plan.

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