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Féodalité : Différence entre versions

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{{quote|Notre état de civilisation tout entier est un système féodal, où la propriété appartient à l'Homme ou à l'humanité et où rien n'appartient au Moi. En dépouillant l'individu de tout pour attribuer tout à l'Homme, on a fondé une énorme féodalité. ([[Max Stirner]]}}
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{{quote|Notre état de civilisation tout entier est un système féodal, où la propriété appartient à l'Homme ou à l'humanité et où rien n'appartient au Moi. En dépouillant l'individu de tout pour attribuer tout à l'Homme, on a fondé une énorme féodalité. ([[Max Stirner]])}}
  
 
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Version du 2 juin 2009 à 07:44

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Le Liberalisme Et La Féodalité, besoin d'arguments chocs (for)

La féodalité ou féodalisme (du latin feudum, fief), est une organisation de la société qui se développa en Europe du Xe au XVe siècle après le démembrement de l'Empire carolingien. Bien que basée sur le régime seigneurial, dont on retrouve des organisations similaires dans le reste du monde en Asie (Chine, Japon), en Afrique, la féodalité est propre à l'Occident européen.

Il est généralement reconnu que la féodalité trouve son origine avec le capitulaire de Quierzy-sur-Oise de 877 qui établit l'hérédité dans les domaines et les titres.

On peut caractériser le féodalisme par l'ensemble des institutions et usages entre suzerains et vassaux : le suzerain ayant l'obligation de faire subsister son vassal par la remise d'un fief (terres ou droits, ou encore rente), le vassal lui devant foi et hommage. Ce type de relations, au départ limité à l'aristocratie guerrière, ou le roi, suzerain des suzerains, attribue des fiefs à ses fidèles pour protéger plus efficacement son domaine, s'est étendu à l'ensemble de la société, les serfs, personnes attachées à la terre du seigneur, ayant un rapport de vassal à suzerain avec leur seigneur. La féodalité désigne alors une société caractérisée par la hiérarchie des terres et des personnes, le morcellement des terres et de l'autorité, la domination de la classe combattante.

Féodalité anglaise et centralisme français

En Angleterre, comme Delolme le montre très tôt (Constitution de l’Angleterre, 1771), la conquête des libertés (au pluriel) vient d’une alliance entre les barons et le peuple contre la royauté. Les grands textes qui consignent « les libertés anglaises » sont arrachés par les comtes et les barons au monarque, et ils font une part explicite aux sujets féodaux, au peuple des campagnes :

  • Magna Carta, concédée en 1215 et confirmée par Henri III en 1225 (sur les emprisonnements, sur le droit des marchands, etc.),
  • « statut » De tallagio non concedendo (1297) : pas de contribution sans « le consentement et la commune volonté » des clercs, des barons, comtes et bourgeois ;
  • Pétition du droit (1628) qui reconnaît la légitimité du Parlement ;
  • Habeas corpus (1679), concernant la justice ;
  • Bill of Rights (1689) consacrant la Glorious Revolution, etc.

Il y a donc des libertés locales coutumières, des « franchises », que la société fait valoir contre l’absolutisme royal grâce à un système de représentation (les Parlements) qui ne supprime pas la diversité sociale, mais, à l’inverse, lui donne droit à la parole.

Un point absolument capital doit être souligné dans ce contexte historique : l’administration locale va être confiée à l’aristocratie, qui l’exerce de façon gratuite : d’où des libertés enracinées, vécues, pétries de particularisme (en corrélation directe avec le pouvoir aristocratique local). Tandis que la France connaît au XVIIe siècle une monarchie absolue, centralisatrice, unificatrice autant qu’elle peut l’obtenir dans une société corporative, sans organe de représentation exprimant les besoins de la société (les États Généraux sont mis en sommeil après 1614), le Royaume Uni est une alliance de deux royaumes (Angleterre et Ecosse) plus un pays conquis (Irlande), où le pouvoir de l’aristocratie tend à séparer fortement la société et l’État, tout en se réalisant comme « classe de service », qui sert de relais politique entre les localités et le centre.

Le libéralisme anglais provient donc très directement de la féodalité, comme le montre Bertrand de Jouvenel dans Du Pouvoir.

La dynamique politique française est très différente parce qu’elle repose sur l’appel fait par la royauté à la bourgeoisie contre la noblesse. La vénalité des charges, la création d’une noblesse du service administratif et judiciaire de l’État en est un exemple. C’est l’État et son administration qui, créant des conditions d’égalité et d’unité, paraît promettre davantage la liberté comme protection, à l’encontre des privilèges seigneuriaux ; en un sens, l’État royal, comme monarchie administrative, est libérateur, émancipateur : à la suite de Delolme, l’historien britannique Henri Thomas Buckle consacre un chapitre de son Histoire de la civilisation en Angleterre à « l’esprit de protection » en France, par opposition aux tendances anglaises. La Révolution française s’inscrit dans cette logique, dans la mesure où elle refuse tout compromis avec la noblesse (devenue une classe improductive, parasite) et où elle crée d’en haut (par l’occupation de l’État par la bourgeoisie) des cadres de la liberté : droits de l’homme et codification achevée par Napoléon, représentation, conditions du vote, redistribution des biens de l’Eglise et de la noblesse, dits « biens nationaux » (terme révélateur).

Citations

Notre état de civilisation tout entier est un système féodal, où la propriété appartient à l'Homme ou à l'humanité et où rien n'appartient au Moi. En dépouillant l'individu de tout pour attribuer tout à l'Homme, on a fondé une énorme féodalité. (Max Stirner)

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