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Homo œconomicus

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L'homo œconomicus (homme économique en latin) est une représentation théorique du comportement de l'être humain, qui est à la base du modèle néo-classique en économie. Ce schéma abstrait est pour les économistes qui l'utilisent une approximation du comportement des êtres humains réels, défini de façon à permettre la construction de modèles mathématiques.

Vision négative

Les économistes de l'École autrichienne refusent cette notion. Ce concept est en effet contraire au subjectivisme autrichien : le sujet est le seul à connaître pour lui-même ce qui crée son besoin. C'est un homo agens qui vit dans un monde d'incertitude, et ses décisions ne satisfont pas à l'hypothèse de rationalité parfaite du modèle de l'homo œconomicus :

« L'économie traite des actions réelles d'hommes réels. Ses théorèmes ne se réfèrent ni à des hommes parfaits ou idéaux ni au fantôme mythique de l’homme économique (homo œconomicus) ni à la notion statistique de l’homme moyen. »
    — Ludwig von Mises, L'Action humaine

Vision positive

En revanche, Milton Friedman et l'École de Chicago défendent la validité des modèles fondés sur l'homo œconomicus et de l'économie considérée comme une "science à part entière" :

« L'homo œconomicus est peut-être un être mythique, une invention des économistes : mais il ne l'est ni plus ni moins que bien des lois physiques concernant le comportement des atomes ou des électrons. Comme lui, celles-ci ne sont bien souvent que des lois statistiques portant sur un comportement "moyen" qui ne prétend pas décrire le comportement réel de chaque particule. »
    — Milton Friedman, Discours de réception du prix Nobel, 1976

Alain Wolfelsperger voit dans l'homo œconomicus un concept qui prend le contrepied de celui d'homme nouveau du collectivisme et du totalitarisme :

« L'homo œconomicus peut être compris comme une allégorie de l'homme moderne par excellence qui, grâce aux institutions libérales, a remplacé les passions par les intérêts et, autant que possible, la politique et la violence par l'économie et la concurrence. […] Cette « vulgarité » de l'homo œconomicus n'est-elle pas la meilleure des garanties contre la tendance au fanatisme, les dérives belliqueuses et les risques de tyrannie implicites dans le choix de tels modèles de substitution ? »
    — Dictionnaire du libéralisme, entrée « homo œconomicus »

Bibliographie

  • 1975, J. Persky, The Ethology of Homo Economicus, The Journal of Economic Perspectives, 9 (2), pp221-231
  • 1987, R. H. Frank, If Homo Economicus Could Choose His Own Utility Function, Would He Want One with a Conscience ?, American Economic Review, September, 77 (4), pp593-604
  • 1991, Hamid Hosseini, "From homo-economicus to homo-Islamicus: the universality of economic science reconsidered", In: H. Zangeneh et C. Bina, dir., "Modern Capitalism and Islamic Ideology", Macmillan, New York
  • 1993, S. Bowles et H. Gintis, The Revenge of Homo Economicus: Contested Exchange and the Revival of Political Economy, Journal of Economic Perspective, 7, pp83-102
  • 2004, Barbara M. Tucker, Kenneth H. Tucker Jr., "The Limits of Homo Economicus: An Appraisal of Early American Entrepreneurship", Journal of the Early Republic, 24(2), pp208-218

Citations

  • Aux falsificateurs de la norme politique, l'homo œconomicus fournit une occasion de faire croire que la liberté personnelle ne bénéficierait qu'aux obsédés de l'enrichissement matériel : dans ce cas, les puissants qui exploitent les autres ne feraient qu'incarner une sorte de morale supérieure. C'est le thème rebattu du sale égoïste qui refuse de se laisser voler sans doute par de purs esprits. (François Guillaumat, La secte des adorateurs du marché)
  • Tout ce qu'ont déclaré les défenseurs de l'Homme Économique, «type réaliste» d'homme engagé dans des activités économiques, c'était qu'un certain nombre de gens se laissaient assez souvent tenter par un avantage pécuniaire pour que le résultat des activités du marché corresponde à peu près aux conclusions de la théorie du comportement appelé « maximation ». Plusieurs auteurs ont fait des suppositions plus modestes et quelques-uns ont prétendu qu'il importait peu que l'hypothèse d'un comportement de maximation du profit soit tout à fait irréaliste, pourvu que l'utilisation de ce postulat théorique aboutisse à des déductions utiles pour prédire correctement les conséquences de changements dans les données observables. (Fritz Machlup, L'homo oeconomicus et ses collègues)
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