Illusion monétaire

Introduction

En économie, l'illusion monétaire consiste à considérer la valeur nominale de la monnaie plutôt que sa valeur réelle. Cette illusion a pour effet la confusion de la monnaie et de son pouvoir d'achat, ou de la monnaie et la richesse ; on croit également que la monnaie a une valeur intrinsèque alors que sa valeur réelle ne dépend que de sa capacité à être échangée contre des marchandises (pouvoir d'achat) ou à payer des impôts. La manifestation extrême de cette illusion conduit les États à l'inflation ou à l'hyperinflation par l'abus de la "planche à billets".

Le terme a été employé par John Maynard Keynes au début du XXe siècle, et probablement inventé par Irving Fisher qui a écrit un livre sur ​​le sujet, The Money Illusion, en 1928. Fisher définit l'illusion monétaire comme le fait de ne pas comprendre que la valeur d'une monnaie varie. Pour Fisher, l'illusion monétaire est une des causes des cycles économiques, du fait que la fluctuation des monnaies n'est pas prise en compte.

Shafir et al. [1] indiquent également que cette illusion influe sur le comportement économique de trois façons :

  • rigidité des prix : l'illusion monétaire a été proposée comme l'une des raisons pour lesquelles les prix nominaux sont lents à changer, même si l'inflation a causé une hausse des prix réels ou des coûts ;
  • contrats et lois ne sont pas indexés à l'inflation aussi souvent que l'on pourrait s'y attendre rationnellement ;
  • le discours social, dans les médias officiels et en général, reflète une certaine confusion entre valeur réelle et valeur nominale.

Illusion monétaire et salaire

L'illusion monétaire peut également influer sur la perception que les gens ont de leur revenu. Des expériences ont montré qu'ils perçoivent généralement comme injuste une diminution d'environ 2 % de leur revenu nominal, sans modification de la valeur monétaire, mais voient comme juste une hausse de 2 % de leur revenu nominal avec une inflation de 4 %, alors que les deux reviennent au même. L'illusion monétaire indique que des changements de prix nominaux peuvent influer sur la demande, même si les prix réels restent constants.

Certains ont suggéré que l'illusion monétaire peut corroborer la relation négative entre inflation et chômage décrite par la courbe de Phillips : si les travailleurs utilisent leur salaire nominal comme point de référence lors de l'évaluation des offres salariales, les entreprises peuvent maintenir les salaires réels relativement moins élevés dans une période de forte inflation car les travailleurs acceptent une moindre augmentation du salaire nominal (qui n'est élevée qu'en apparence). Ces salaires inférieurs réels permettraient aux entreprises d'embaucher davantage de travailleurs durant les périodes de forte inflation.

Quand un salarié est augmenté de 3 % alors que les prix ont monté de 2 %, il est victime de l'illusion monétaire s'il croit que son pouvoir d'achat réel a augmenté de 3 %. En effet, son pouvoir d'achat réel n'a augmenté que de 1 %.

L'illusion monétaire subie par un individu est l'écart entre la valeur apparente de ses revenus et une monnaie qui se déprécie. Une illusion monétaire peut parfois se mesurer.

Voir aussi

Références

  1. Shafir, E.; Diamond, P. A.; Tversky, A. (1997), "On Money Illusion", Quarterly Journal of Economics 112 (2): 341–374, DOI:10.1162/003355397555208


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