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Intuition entrepreneuriale : Différence entre versions

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L’intuition est fondamentale dans un projet d'entreprise, particulièrement lorsque celui-ci s'effectue dans un environnement incertain. La première ressource dont dispose un entrepreneur est son intuition. Il se pose la question suivante : quel est mon jugement sur la potentialité du succès de mon projet ?
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L’intuition est fondamentale dans un projet d'entreprise, particulièrement lorsque celui-ci s'effectue dans un environnement incertain ou que l'intuition est liée à la créativité<ref>W. H. Agor, [[1991]], "How intuition can be used to enhance creativity in organisations”, Journal of Creative Behavior, Vol 25, n°1, pp11-19</ref>. La première ressource dont dispose un entrepreneur est son intuition. Il se pose la question suivante : quel est mon jugement sur la potentialité du succès de mon projet ?
  
 
Parmi les théories de l'entrepreneuriat, la théorie de l'[[effectuation]] ou la théorie du [[jugement entrepreneurial]] s'appuient également sur la notion de l'intuition entrepreneuriale parce qu'elle précise que les entrepreneurs disposent de ressources internes à la nature humaine, différente de la capacité d'une machine qui stocke et qui redistribue des informations<ref>H. Dreyfus, St Dreyfus, [[1986]], "Mind over machine. The power of human intuition and expertise in the era of the computer", Oxford: Blackwell</ref>. Pour réaliser son projet, l'entrepreneur doit se connaître (qui je suis ?). Il doit évaluer ses compétences par rapport au projet (qu'est-ce que je sais ?) et il doit connaître d'autres individus (qui, dans mon réseau, peut m'aider à construire mon projet ?).
 
Parmi les théories de l'entrepreneuriat, la théorie de l'[[effectuation]] ou la théorie du [[jugement entrepreneurial]] s'appuient également sur la notion de l'intuition entrepreneuriale parce qu'elle précise que les entrepreneurs disposent de ressources internes à la nature humaine, différente de la capacité d'une machine qui stocke et qui redistribue des informations<ref>H. Dreyfus, St Dreyfus, [[1986]], "Mind over machine. The power of human intuition and expertise in the era of the computer", Oxford: Blackwell</ref>. Pour réaliser son projet, l'entrepreneur doit se connaître (qui je suis ?). Il doit évaluer ses compétences par rapport au projet (qu'est-ce que je sais ?) et il doit connaître d'autres individus (qui, dans mon réseau, peut m'aider à construire mon projet ?).

Version du 3 décembre 2019 à 17:14

L’intuition est fondamentale dans un projet d'entreprise, particulièrement lorsque celui-ci s'effectue dans un environnement incertain ou que l'intuition est liée à la créativité[1]. La première ressource dont dispose un entrepreneur est son intuition. Il se pose la question suivante : quel est mon jugement sur la potentialité du succès de mon projet ?

Parmi les théories de l'entrepreneuriat, la théorie de l'effectuation ou la théorie du jugement entrepreneurial s'appuient également sur la notion de l'intuition entrepreneuriale parce qu'elle précise que les entrepreneurs disposent de ressources internes à la nature humaine, différente de la capacité d'une machine qui stocke et qui redistribue des informations[2]. Pour réaliser son projet, l'entrepreneur doit se connaître (qui je suis ?). Il doit évaluer ses compétences par rapport au projet (qu'est-ce que je sais ?) et il doit connaître d'autres individus (qui, dans mon réseau, peut m'aider à construire mon projet ?).

Dans un univers d’incertitude totale où règne une grande part de complexité, il est difficile, pour l'entrepreneur d'appréhender le futur avec une logique prédictive. Celle-ci est encore valable dans un environnement incertain dans la mesure où il existe quelque peu une partie de certitude afin de prévoir. Mais, plus l’incertitude de l'environnement est élevée, plus la posture de l'intuition entrepreneuriale doit évoluer. Alors, l'intuition de l'entrepreneur est sa matière première avec laquelle il doit composer.

Les entrepreneurs fondent leur décision entre différentes options d’affaires qu'ils imaginent. Ils voient les contraintes (contingences) de leur environnement comme des opportunités. Ils recherchent donc à exploiter les opportunités (recherche de partenariats, pré-engagements informels des acteurs internes et externes...). Les entrepreneurs identifient ces opportunités en utilisant leur intuition. Selon les théories des processus d'information, deux approches sont possibles : un traitement algorithmique de l'information et un traitement heuristique de l'information. Selon ces théories, la capacité à rechercher et à intégrer de nouvelles connaissances sont susceptibles d'influer sur les processus de reconnaissance des opportunités d'un individu. Les entrepreneurs transforment l'information et les données en connaissances, pour l'organisation, afin d'accroître leurs atouts stratégiques. Dans un traitement algorithmique, la pensée de l'entrepreneur est orientée par l'intuition, les modèles de comportement et la résolution de problèmes. Ce modèle introduit les erreurs (biais)[3] que les intuitions produisent et qui affectent la cognition entrepreneuriale. Dans le traitement heuristique, la pensée est influencée par une prise de sens ("sensemaking" : Karl Weick), où l'intuition, la discussion et l'interprétation jouent un rôle prépondérant.

L'intuition, par définition, est une partie de la connaissance très personnelle de l'entrepreneur. Elle est donc difficile à appréhender et à intégrer aux cadres de pensées des autres membres de l'organisation. Le modèle 4I (intuition, interprétation, intégration et institutionnalisation)[4] reflète l'apprentissage organisationnel en tant que processus dynamique. Les entrepreneurs développent leur intuition sur la base de leur expérience et ils utilisent leurs connaissances existantes pour interpréter de nouvelles informations. Ce processus dynamique montre que, en raison de différentes interprétations de ce que pensent les entrepreneurs et comment ils le pensent, la phase d'intégration des connaissances et de leurs applications dans l'organisation est difficile car cette partie de connaissance est souvent intransmissible.

Notes et références

  1. W. H. Agor, 1991, "How intuition can be used to enhance creativity in organisations”, Journal of Creative Behavior, Vol 25, n°1, pp11-19
  2. H. Dreyfus, St Dreyfus, 1986, "Mind over machine. The power of human intuition and expertise in the era of the computer", Oxford: Blackwell
  3. A. Tversky, D. Kahneman, 1973, "Avalaibilty: A heuristics for judging frequency and probability", Cognitive Psychology, Vol 5, pp207–232
    D. Kahneman, S. Frederick, 2002, "Representativeness revisited : Attribute substitution in intuitive judgment", In: T. Gilovich, D. Griffin, D. Kahneman, dir., "Heuristics and biases", Cambridge: Cambridge University Press, pp49–82
    D. Kahneman, A. Tversky, 1974, "Judgement under uncertainty: Heuristics and biases", Science, Vol 185, pp1124–1131
    D. Kahneman, A. Tversky, 1979, "Prospect theory: An analysis of decision under risk", Econometrica, 47 (2), pp263–291
    D. Kahneman, P. Slovic, A. Tversky, 2008, "Judgement under uncertainty: Heuristics and biases", New York: Cambridge University Press
  4. M. M. Crossan, H. W. Lane, R. E. White, 1999, "An organizational learning framework: From intuition to institution", Academy of Management Review, 24 (3), pp522–537

Bibliographie

  • 1999,
    • L. A. Burke, M. K. Miller, "Taking the mystery out of intuitive decision making”, Academy of Management Executive, Vol 13, n°4, pp91-99
    • M. M. Crossan, H. W. Lane, R. E. White, "An organizational learning framework: From intuition to institution", Academy of Management Review, 24 (3), pp522–537
  • 2000, C. W. Allinson, E. Chell, J. Hayes, "Intuition and entrepreneurial behavior", European Journal of Work and Organizational Psychology, 9 (1), pp31–43
  • 2005, R. Franz, "Knight on Intuition, Risk, and Uncertainty", In: "Two minds: Intuition and analysis in the history of economic thought", New York: Springer
  • 2007, E. Dane, M. G. Pratt, "Exploring intuition and its role in managerial decision-Making", Academy of Management Review, 32 (10), pp33–54
  • 2016, Eugene Sadler-Smith, "The role of intuition in entrepreneurship and business venturing decisions", European Journal of Work and Organizational Psychology, Vol 25, n°2, pp212-225