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Libertés anglaises

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La Magna Carta de 1225, fondement des libertés anglaises

Les libertés anglaises (English liberties) désignent les libertés anciennes reconnues par la monarchie anglaise à partir du XIIIe siècle, lorsque les barons arrachent au pouvoir royal la Magna Carta en 1215[1] ou lors du Tallagio non concedendo de 1297 qui encadre le prélèvement de la taille.

Présentation

Elles représentent les prémisses de la reconnaissance de libertés individuelles. D'abord applicables principalement aux barons du royaume, elles s'étendent progressivement à une plus large part de la population. Elles imposent également que tout nouvel impôt doit être approuvé par le Parlement.

Le Parlement anglais se revendiqua de ces libertés anglaises face à Charles 1er en 1628 quand les deux chambres du Parlement adressent une pétition des droits (Petition of Right). Cette pétition rappelle au roi ses manquements aux libertés anglaises et en particulier que tout nouvel impôt doit être soumis au consentement du Parlement. Le roi ne s'y plia qu'un an, avant de régner en monarque absolu à partir de l'année suivante, ce qui entraina la première révolution anglaise. Au cours de cette dernière, les levellers en particulier s'en revendiquèrent pour obtenir l'égalité en droit[2]. Plus généralement, les « têtes rondes » (Roundheads), partisans du Parlement face au roi Charles Ier s'en revendiquent.

Elles furent consolidées par la Glorieuse Révolution d'Angleterre de 1688 et le règne de Guillaume III, avec par exemple la loi de 1693 portant sur la convocation obligatoire d'un nouveau Parlement tous les trois ans au moins[3].

Ces libertés anglaises restèrent un élément important des questions de philosophie politique qui agitèrent l'Angleterre jusqu'au XIXe siècle, en particulier dans une perspective libéral-conservatrice comme celle d'Edmund Burke à la fin du XVIIIe siècle. Burke souligne que ces libertés anglaises se sont construites de façon pacifique et graduelle, pour construire un régime libre et harmonieux. A l'inverse, les révolutionnaires français entendent imposer une « abstraction » rationaliste en faisant table rase du passé. Les libertés anglaises s'inscrivent pour Burke dans l'histoire et la révolution de 1688 n'est qu'une restauration, une restauration de ces libertés anciennes[4].

Histoire du Royaume-Uni

Dans le cadre français, les libertés germaniques ont eu un rôle relativement proche de celui des libertés anglaises, comme l'a souligné récemment Jacques de Saint Victor, lauréat du Prix Wikibéral pour son ouvrage Les Racines de la liberté (Perrin, 2007). De même que les libertés anglaises devinrent sous les Stuart un référent quasi mythique de l'age d'or des libertés avant l'invasion normande, les libertés germaines furent vus par de nombreux penseurs comme Montesquieu comme représentatives d'une période idyllique ou le roi était élu par les nobles et devoir voir sa confiance régulièrement renouvelée.

Citation

Le principe constant de notre constitution a été de faire valoir et d’affirmer nos libertés comme un héritage inaliénable qui nous est venu de nos aïeux et que nous devrons transmettre à notre postérité ; comme un bien appartenant en propre au peuple de notre royaume indépendamment de tout autre droit préalable ou plus large. Par ce moyen, notre constitution conserve son unité malgré la grande diversité de ses parties. Nous avons une couronne héréditaire ; une prairie héréditaire ; et une chambre des communes et une peuple qui tiennent par héritage, d’une longue suite d’ancêtres leurs privilèges, leurs franchises et leurs libertés. Cette politique me paraît être l’effet d’une profonde réflexion, ou plutôt l’heureux effet de cette imitation de la nature qui est une sagesse sans réflexion, et qui se place au-dessus. L’esprit d’innovation est en général le résultat d’un caractère intéressé et de vues bornées. Ceux-là ne se soucieront guère de leur postérité qui jamais ne se reportent à leurs aïeux. En outre, le peuple anglais sait que l’idée d’héritage fournit un principe sûr de conservation et un principe sûr de transmission, sans exclure le moins du monde le principe de l’amélioration. Elle laisse la liberté d’acquérir ; mais elle maintient ce qui est acquis. Un état qui s’inspire de telles maximes bloque en quelque sorte tous les avantages qu’il en tire, comme dans un bien de famille indivis : il en fait pour ainsi dire des biens de mainmorte.
Edmund Burke

Notes et références

  1. La Magna Carta s'apelle ainsi de son nom complet Grande Charte des Libertés d'Angleterre
  2. Puritanism and Liberty, being the Army Debates (1647-9) from the Clarke Manuscripts with Supplementary Documents
  3. Roland Marx, L'Angleterre des révolutions, courants et mouvements, 1971
  4. Philippe Raynaud, "L'État et la contre-révolution", in L'État moderne, Simone Goyard-Fabre (dir.), Vrin, 2000, ISBN 271161428X, p.245 et suivantes

Bibliographie

  • 1790, Edmund Burke, Réflexions sur la Révolution de France
  • 1971, Roland Marx, L'Angleterre des révolutions, courants et mouvements, Armand Colin

Voir aussi

Lien externe

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