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Louis Guisan : Différence entre versions

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* L'action des libéraux n'a qu'une raison d'être : la sauvegarde des libertés personnelles.
 
* L'action des libéraux n'a qu'une raison d'être : la sauvegarde des libertés personnelles.
 
* Rien n'est plus antisocial que le prélèvement par l'État de sommes qui ne sont pas indispensables à son office.
 
* Rien n'est plus antisocial que le prélèvement par l'État de sommes qui ne sont pas indispensables à son office.
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* La solution consiste à se libérer d’abord de l’illusion que tout ce qui est organisé à partir du point le plus haut est le meilleur, le plus économique et le plus raisonnable ; à construire ensuite le système de bas en haut, à partir des usagers et des propriétaires, puis des communes et des cantons, jusqu’à la Confédération enfin, en ne confiant aux échelons supérieurs que ce que les inférieurs n’ont pas pour vocation de résoudre. C’est ainsi que la politique de demain remettra les décisions au plus près des hommes.
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* La politique sociale, si elle est laissée à elle-même, ne peut se contenter de demi-mesures ; elle est condamnée à se développer de plus en plus jusqu’à devenir totale. A ce degré de perfection, elle n’a plus de social que le nom : non seulement elle a confisqué toutes les libertés personnelles, mais encore elle a détruit les sociétés naturelles que sont la famille, l’entreprise, la commune, les unes et les autres diluées dans l’État totalitaire.
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* Pour se convaincre de l’universalité du [[socialisme]], il suffit de considérer les députés et sénateurs des démocraties avancées. Installés à leur établi parlementaire, la loupe à l’œil, ils démontent et remontent, rabotent et polissent leurs textes-bijoux. Leur zèle inlassable s’alimente à la conviction que l’État parfait se trouve à portée d’une loi ou d’une motion.
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* En principe, les petites sociétés politiques règlent mieux leurs problèmes que les grandes. C’est pourquoi tout transfert de compétence vers le haut est une perte politique, admissible  uniquement si elle est compensée par un gain plus important. La perte est d’autant plus grave que la compétence ne revient jamais à celui qui l’a transférée. Les Vaudois ne récupéreront pas ce qu’ils remettent à la Confédération, ni les Suisses ce qu’ils donnent à Bruxelles ou à New York. Ils font bien de réfléchir une, deux et trois fois, avant de renoncer à un morceau de souveraineté, perdu pour toujours.
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* Oui, l’[[étatisme]] est une maladie. Elle s’attaque aux sociétés avancées, auxquelles les années de prospérité ont permis d’accumuler des réserves suffisantes pour s’offrir les bienfaits douteux que procurent les retournements. La politicose s’installe et ruine, au nom du Pain et des Jeux, les peuples les plus florissants.
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* Une Suisse qui aurait perdu sa démocratie directe et ses cantons serait bien vite entraînée dans le sillage des grandes puissances et ne servirait à rien.
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* L’homme est libre aussi longtemps qu’il connaît le cadre légal dans lequel il se meut. Il prend ses décisions à ses risques et périls, en fonction de ce qu’il sait du permis et du défendu. Lorsqu’il ne possède plus la connaissance du bien et du mal, ou des lois, parce qu’elles sont trop nombreuses et compliquées, il tombe au pouvoir de l’État qui, seul, sait le droit et décide de tout. L’[[inflation législative]] a rempli le recueil officiel et vidé les libertés personnelles. Il serait déplorable que les progrès des lois conduisent au déclin du droit.
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* Les citoyens s’occupent de leurs affaires privées et n’attendent pas grand-chose de l’État, sinon qu’il fasse preuve de beaucoup de retenue à leur égard. Ils se méfient des initiatives de la puissance publique, à laquelle ils demandent de maintenir l’ordre établi, plutôt que de le transformer, serait-ce à leur prétendu profit. La proportion des abstentions est si forte que l’on peut dire que les innovations sociales les plus séduisantes ne sont jamais voulues que par une faible minorité populaire.
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* C’est faire trop d’honneur à l’argent que d’en avoir honte.
  
 
==Liens externes==
 
==Liens externes==

Version actuelle datée du 15 août 2019 à 20:10

Louis Guisan
Homme politique, juriste et journaliste

Dates 1911-1998
LouisGuisan.jpg
Tendance libéral classique
Origine Suisse Suisse
Articles internes Liste de tous les articles

Citation L’État parfait est celui qui n'existe pas.
inter lib.org sur Louis Guisan

Louis Guisan, né le 12 juin 1911 à Lausanne et mort le 13 juillet 1998, est une personnalité politique suisse, membre du Parti libéral. C'est une figure marquante du libéralisme romand.

Biographie

Originaire d'Avenches dans le canton de Vaud, il n'a pas de lien de famille direct avec Henri Guisan (1874-1960), général commandant en chef de l'armée suisse pendant la Seconde Guerre mondiale. Il étudie le droit à Lausanne, Berlin, Kiel et Rome et devient docteur en droit en 1936, puis titulaire du brevet d'avocat en 1938. Dès cette date et jusqu'à son élection au Conseil d'État, il pratique le barreau à Yverdon-les-Bains et à Lausanne où il reprend l'étude du conseiller d'État Antoine Vodoz. Il préside le Conseil communal d'Yverdon en 1945 et fait partie du Parlement communal de cette ville de 1941 à 1952.

Il est ensuite élu au Conseil national de 1955 à 1963, puis au Conseil des États de 1963 à 1975. Membre du Conseil d'État du canton de Vaud de 1954 à 1966, il est chef du Département de Justice et Police et préside le gouvernement en 1959 et 1964, année de l'exposition nationale de Lausanne. Il dirige la Gazette de Lausanne de 1966 à 1969 puis est administrateur-délégué de ce journal. Au militaire, il est colonel EMG (État-major général).

Il est membre de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe en 1974-75, mais prend sa retraite politique en 1975. Il préside le Parti libéral suisse de 1972 à 1976 puis l'organisation des Suisses de l'étranger de 1967 à 1978. Il appartient aux commissions chargées de préparer la révision de la Constitution fédérale (présidées par Friedrich Traugott Wahlen et Kurt Furgler) ainsi qu'au Conseil de la Défense.

Son épouse, Hélène Guisan-Démétriadès (née en 1916 à Constantinople), est écrivaine, poétesse et traductrice.

Œuvres

  • 2001 : La force d'une conviction simple (Slatkine, ISBN 2-05-101866-9) : un choix établi par sa femme de conférences, de discours et de chroniques parues dans la Gazette de Lausanne
  • 1960 : 50 ans de Patrie vaudoise : 1910-1960, (Louis Guisan, André Amiguet, et al.), Patrie Vaudoise (Bern), Lausanne : Impr. réunies.
  • 1980 : Comment peut-on être libéral?, Tiré à part de: NZZ-Jubiläumsband "Liberalismus-nach wie vor" : Grundgedanken und Zukunftsfragen.

Littérature secondaire

Citations

  • En général, il est désirable de ne pas faire de lois, car chacune restreint les libertés.
  • Pour freiner la machine infernale, il n'est pas d'autre remède que de limiter la force du moteur, c'est-à-dire le nombre de fonctionnaires.
  • Les libéraux remettent la conduite des affaires aux individus et aux associations qu'ils constituent. Cette méthode fait ses preuves en économie aussi bien qu'en démocratie. Dans la masse des initiatives privées, il y a des bons et des mauvais calculs, des réussites et des échecs, mais pas d'erreurs globales. Du fouillis des destins particuliers se dégage un certain ordre, infiniment plus souple et plus créateur que celui d'un État rigide et centralisé.
  • Dans leur majorité, [les Suisses] préfèrent l'argent gagné à l'argent reçu en cadeau. Leur instinct ne les trompe pas, car le premier est l'instrument de la liberté, le second l'amorce de la servitude.
  • L'action des libéraux n'a qu'une raison d'être : la sauvegarde des libertés personnelles.
  • Rien n'est plus antisocial que le prélèvement par l'État de sommes qui ne sont pas indispensables à son office.
  • La solution consiste à se libérer d’abord de l’illusion que tout ce qui est organisé à partir du point le plus haut est le meilleur, le plus économique et le plus raisonnable ; à construire ensuite le système de bas en haut, à partir des usagers et des propriétaires, puis des communes et des cantons, jusqu’à la Confédération enfin, en ne confiant aux échelons supérieurs que ce que les inférieurs n’ont pas pour vocation de résoudre. C’est ainsi que la politique de demain remettra les décisions au plus près des hommes.
  • La politique sociale, si elle est laissée à elle-même, ne peut se contenter de demi-mesures ; elle est condamnée à se développer de plus en plus jusqu’à devenir totale. A ce degré de perfection, elle n’a plus de social que le nom : non seulement elle a confisqué toutes les libertés personnelles, mais encore elle a détruit les sociétés naturelles que sont la famille, l’entreprise, la commune, les unes et les autres diluées dans l’État totalitaire.
  • Pour se convaincre de l’universalité du socialisme, il suffit de considérer les députés et sénateurs des démocraties avancées. Installés à leur établi parlementaire, la loupe à l’œil, ils démontent et remontent, rabotent et polissent leurs textes-bijoux. Leur zèle inlassable s’alimente à la conviction que l’État parfait se trouve à portée d’une loi ou d’une motion.
  • En principe, les petites sociétés politiques règlent mieux leurs problèmes que les grandes. C’est pourquoi tout transfert de compétence vers le haut est une perte politique, admissible uniquement si elle est compensée par un gain plus important. La perte est d’autant plus grave que la compétence ne revient jamais à celui qui l’a transférée. Les Vaudois ne récupéreront pas ce qu’ils remettent à la Confédération, ni les Suisses ce qu’ils donnent à Bruxelles ou à New York. Ils font bien de réfléchir une, deux et trois fois, avant de renoncer à un morceau de souveraineté, perdu pour toujours.
  • Oui, l’étatisme est une maladie. Elle s’attaque aux sociétés avancées, auxquelles les années de prospérité ont permis d’accumuler des réserves suffisantes pour s’offrir les bienfaits douteux que procurent les retournements. La politicose s’installe et ruine, au nom du Pain et des Jeux, les peuples les plus florissants.
  • Une Suisse qui aurait perdu sa démocratie directe et ses cantons serait bien vite entraînée dans le sillage des grandes puissances et ne servirait à rien.
  • L’homme est libre aussi longtemps qu’il connaît le cadre légal dans lequel il se meut. Il prend ses décisions à ses risques et périls, en fonction de ce qu’il sait du permis et du défendu. Lorsqu’il ne possède plus la connaissance du bien et du mal, ou des lois, parce qu’elles sont trop nombreuses et compliquées, il tombe au pouvoir de l’État qui, seul, sait le droit et décide de tout. L’inflation législative a rempli le recueil officiel et vidé les libertés personnelles. Il serait déplorable que les progrès des lois conduisent au déclin du droit.
  • Les citoyens s’occupent de leurs affaires privées et n’attendent pas grand-chose de l’État, sinon qu’il fasse preuve de beaucoup de retenue à leur égard. Ils se méfient des initiatives de la puissance publique, à laquelle ils demandent de maintenir l’ordre établi, plutôt que de le transformer, serait-ce à leur prétendu profit. La proportion des abstentions est si forte que l’on peut dire que les innovations sociales les plus séduisantes ne sont jamais voulues que par une faible minorité populaire.
  • C’est faire trop d’honneur à l’argent que d’en avoir honte.

Liens externes