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Manuel Ayau : Différence entre versions

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== Biographie ==
 
== Biographie ==
  
Né au Guatemala, "Muso", comme l'appelaient ses amis, va au lycée en Californie puis obtient un diplôme en ingénierie mécanique à l'université de Louisiane. A la suite de ses études, il sert comme volontaire dans la ''Royal Canadian Air Force''<ref name="Boudreaux">{{en}}{{pdf}}[http://www.fee.org/pdf/the-freeman/0512Boudreaux.pdf Manuel Ayau: Guatemala’s Liberal Searcher], Donald J. Boudreaux</ref>. Il revient au Guatemala où il dirige quelques temps une entreprise locale. Confronté à l'absurdité de la règlementation locale et à la corruption, il tente de faire entendre sa voix avec d'autres dirigeants locaux, sans succès. De cet échec lui viendra la conviction que le combat pour le libéralisme doit d'abord viser à changer les mentalités avant tout progrès en politique. Comme il le dit lui-même, ''« la liberté doit triompher dans les esprits et dans les cœurs avant de faire la moindre avancée sur le terrain politique »''<ref name="Boudreaux"/>.
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Né au Guatemala, "Muso", comme le surnommaient ses amis, est scolarisé au lycée en Californie puis obtient un diplôme en ingénierie mécanique à l'université de Louisiane. Après ses études, il sert comme volontaire dans la ''Royal Canadian Air Force''<ref name="Boudreaux">{{en}}{{pdf}}[http://www.fee.org/pdf/the-freeman/0512Boudreaux.pdf Manuel Ayau: Guatemala’s Liberal Searcher], Donald J. Boudreaux</ref>. Il revient au Guatemala où il dirige quelques temps une entreprise locale. Confronté à l'absurdité de la règlementation locale et à la corruption, il tente de faire entendre sa voix avec d'autres dirigeants locaux, sans succès. De cet échec lui viendra la conviction que le combat pour le libéralisme doit d'abord viser à changer les mentalités avant tout progrès en politique. Comme il le dit lui-même, ''« la liberté doit triompher dans les esprits et dans les cœurs avant de faire la moindre avancée sur le terrain politique »''<ref name="Boudreaux"/>.
  
Il se lance donc dans cette voie et, à la suite de la lecture d'un livre de [[Ludwig von Mises]], il fonde en [[1958]], avec sept autres membres, un cercle de réflexion sur le [[libéralisme|libéralisme classique]] et l'[[école autrichienne|école autrichienne d'économie]]<ref name="Vargas">[[Mario Vargas Llosa]], ''Les Enjeux de la liberté'', chapitre : Au Guatemala, Gallimard</ref> : le Center for Economic-Social Studies (CEES). Ayau et le CEES traduisent alors des classiques de la pensée libérale non disponibles en espagnol, comme ''Theory and History'' de [[Ludwig von Mises]] et ''[[La Loi]]'' de [[Frédéric Bastiat]]. La [[réputation]] de l'organisation grandit en Amérique du Sud et aux États-Unis et permet à Ayau de rencontrer Mises, [[Henry Hazlitt|Hazlitt]], [[Israel Kirzner|Kirzner]], etc. De nombreux auteurs se rendent à son invitation pour des conférences devant le CEES : [[Milton Friedman]], [[Friedrich Hayek]], [[Henry Hazlitt]], [[Gottfried Haberler]], etc<ref>{{en}}[http://65.203.85.21/Home3/Audio.php?recordID=0517.06 The Intellectual Portrait Series: A conversation with Manuel Ayau]</ref>.
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Il se lance donc dans cette voie et à la suite de la lecture d'un livre de [[Ludwig von Mises]] il fonde en [[1958]], avec sept autres membres, un cercle de réflexion sur le [[libéralisme|libéralisme classique]] et l'[[école autrichienne|école autrichienne d'économie]]<ref name="Vargas">[[Mario Vargas Llosa]], ''Les Enjeux de la liberté'', chapitre : Au Guatemala, Gallimard</ref> : le Center for Economic-Social Studies (CEES). Ayau et le CEES traduisent alors des classiques de la pensée libérale non disponibles en espagnol, comme ''Theory and History'' de [[Ludwig von Mises]] et ''[[La Loi]]'' de [[Frédéric Bastiat]]. La [[réputation]] de l'organisation grandit en Amérique du Sud et aux États-Unis et permet à Ayau de rencontrer Mises, [[Henry Hazlitt|Hazlitt]], [[Israel Kirzner|Kirzner]], etc. De nombreux auteurs se rendent à son invitation pour des conférences devant le CEES : [[Milton Friedman]], [[Friedrich Hayek]], [[Henry Hazlitt]], [[Gottfried Haberler]], etc<ref>{{en}}[http://65.203.85.21/Home3/Audio.php?recordID=0517.06 The Intellectual Portrait Series: A conversation with Manuel Ayau]</ref>.
  
Néanmoins, si l'action du CEES est déjà très importante en elle-même, Manuel Ayau voulut aller plus loin et, en 1971, il lance une université privée, l’[[Université Francisco Marroquin]], dans la ville de Guatemala City. Elle porte le nom du premier évêque du pays, célèbre pour ses qualités d'éducateur. C'est afin de s'opposer aux idées étatistes enseignées dans les autres universités et de promouvoir les valeurs de la liberté que fut créé cet établissement. En janvier 1972, elle ouvrit ses portes, avec Manuel Ayau à la présidence. Il restera à ce poste jusqu'en 1989 et est actuellement le recteur honoraire de l'université, dans laquelle il a longtemps enseigné l'économie.  
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Néanmoins, si l'action du CEES est déjà très importante, Manuel Ayau a souhaité aller plus loin et en 1971 il lance une université privée, l’[[Université Francisco Marroquin]], dans la ville de Guatemala City. Elle porte le nom du premier évêque du pays, célèbre pour ses qualités d'éducateur. C'est afin de s'opposer aux idées étatistes enseignées dans les autres universités et de promouvoir les valeurs de la liberté que fut créé cet établissement. Elle ouvre ses portes en janvier 1972, avec Manuel Ayau à sa présidence. Il y restera jusqu'en 1989 et est actuellement le recteur honoraire de l'université, dans laquelle il a longtemps enseigné l'économie.  
  
Malgré la difficulté de lancer une nouvelle université à partir de rien et face à la concurrence de quatre autres universités dans le pays, l'UFM est devenue l'un des meilleurs établissements du pays et probablement l'une des plus libérales au monde dans son enseignement. Elle accueille 3.000 étudiants chaque année<ref>{{fr}}[http://www.libres.org/francais/universite_d_ete/tocqueville_2005/retranscriptions/ayau_4805.htm Entretien avec Manuel Ayau sur libres.org]</ref>. De nombreux penseurs libéraux invités par Manuel Ayau sont venu s'y exprimer.
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Malgré la difficulté de lancer une nouvelle université à partir de rien et face à la concurrence de quatre autres universités dans le pays, l'UFM est devenue l'un des meilleurs établissements du pays et probablement l'une des plus libérales au monde dans son enseignement. Elle accueille 3000 étudiants chaque année<ref>{{fr}}[http://www.libres.org/francais/universite_d_ete/tocqueville_2005/retranscriptions/ayau_4805.htm Entretien avec Manuel Ayau sur libres.org]</ref>. De nombreux penseurs libéraux invités par Manuel Ayau sont venus s'y exprimer.
  
 
Manuel Ayau a également été président du ''Guatemala Stock Exchange'' et a siégé à la chambre des représentants entre 1970 et 1974. Il a été candidat malheureux à la présidence en 1990.
 
Manuel Ayau a également été président du ''Guatemala Stock Exchange'' et a siégé à la chambre des représentants entre 1970 et 1974. Il a été candidat malheureux à la présidence en 1990.

Version actuelle datée du 29 septembre 2019 à 11:10

Manuel Ayau
Économiste

Dates 1925 - 2010
Manuel Ayau.jpg
Tendance Libéral classique
Origine Guatemala Guatemala
Articles internes Liste de tous les articles

Citation
inter lib.org sur Manuel Ayau

Manuel F. Ayau Cordón, né le 27 décembre 1925 et mort le 4 août 2010, est un entrepreneur et économiste guatémaltèque, fondateur de l'Université Francisco Marroquin, principale université du pays. Il a également été président de la Société du Mont-Pèlerin.

Biographie

Né au Guatemala, "Muso", comme le surnommaient ses amis, est scolarisé au lycée en Californie puis obtient un diplôme en ingénierie mécanique à l'université de Louisiane. Après ses études, il sert comme volontaire dans la Royal Canadian Air Force[1]. Il revient au Guatemala où il dirige quelques temps une entreprise locale. Confronté à l'absurdité de la règlementation locale et à la corruption, il tente de faire entendre sa voix avec d'autres dirigeants locaux, sans succès. De cet échec lui viendra la conviction que le combat pour le libéralisme doit d'abord viser à changer les mentalités avant tout progrès en politique. Comme il le dit lui-même, « la liberté doit triompher dans les esprits et dans les cœurs avant de faire la moindre avancée sur le terrain politique »[1].

Il se lance donc dans cette voie et à la suite de la lecture d'un livre de Ludwig von Mises il fonde en 1958, avec sept autres membres, un cercle de réflexion sur le libéralisme classique et l'école autrichienne d'économie[2] : le Center for Economic-Social Studies (CEES). Ayau et le CEES traduisent alors des classiques de la pensée libérale non disponibles en espagnol, comme Theory and History de Ludwig von Mises et La Loi de Frédéric Bastiat. La réputation de l'organisation grandit en Amérique du Sud et aux États-Unis et permet à Ayau de rencontrer Mises, Hazlitt, Kirzner, etc. De nombreux auteurs se rendent à son invitation pour des conférences devant le CEES : Milton Friedman, Friedrich Hayek, Henry Hazlitt, Gottfried Haberler, etc[3].

Néanmoins, si l'action du CEES est déjà très importante, Manuel Ayau a souhaité aller plus loin et en 1971 il lance une université privée, l’Université Francisco Marroquin, dans la ville de Guatemala City. Elle porte le nom du premier évêque du pays, célèbre pour ses qualités d'éducateur. C'est afin de s'opposer aux idées étatistes enseignées dans les autres universités et de promouvoir les valeurs de la liberté que fut créé cet établissement. Elle ouvre ses portes en janvier 1972, avec Manuel Ayau à sa présidence. Il y restera jusqu'en 1989 et est actuellement le recteur honoraire de l'université, dans laquelle il a longtemps enseigné l'économie.

Malgré la difficulté de lancer une nouvelle université à partir de rien et face à la concurrence de quatre autres universités dans le pays, l'UFM est devenue l'un des meilleurs établissements du pays et probablement l'une des plus libérales au monde dans son enseignement. Elle accueille 3000 étudiants chaque année[4]. De nombreux penseurs libéraux invités par Manuel Ayau sont venus s'y exprimer.

Manuel Ayau a également été président du Guatemala Stock Exchange et a siégé à la chambre des représentants entre 1970 et 1974. Il a été candidat malheureux à la présidence en 1990.

Engagé dans le mouvement libéral international, il a rejoint la société du Mont-Pèlerin en 1964. Il l'a présidée de 1978 à 1980, succédant à George Stigler et laissant sa place à Chiaki Nishiyama. Il a également siégé au board de la Foundation for Economic Education et comme trustee du Liberty Fund.

Il a reçu à titre honorifique des diplômes de Hillsdale College en 1973 et de Northwood University en 1994.

Bibliographie

  • 1967, “La legislación laboral, y la productividad de recursos en relación al costo de vida”, Tópicos de Actualidad. Guatemala: CEES, Año: 9, Marzo, n°146
  • 1983, Land Reform Often Reaps a Crop of Troubles, Wall Street Journal, 23 September 1983, p31
  • 1993, "La Década Perdida", Guatemala

Littérature secondaire

Notes et références

Liens externes

Textes

Archives Video

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