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Marché

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En économie, le « marché » est l'ensemble des règles (juridiques ou informelles) qui permet la réalisation d'un échange libre entre individus, en permettant l'interaction entre acheteurs et vendeurs confrontant leurs offres et demandes, réelles ou potentielles, aboutissant à déterminer la valeur d'un produit, service ou actif, ou d'un ensemble de produits, services ou actifs.

Le marché est un concept central en économie. Le marché porte tout aussi bien sur les échanges de biens que de services et d'actifs financiers et immobiliers, tant au niveau local que mondial. On parle aussi par extension du marché du travail.

Les libéraux, tenants du libre-échange, estiment que lorsque des contraintes étatiques portent sur les échanges, au niveau des quantités pouvant être offertes ou achetées, ou du niveau des prix, on s'éloigne en partie ou totalement du concept de marché. Dans cette vision, on considère que le marché est dit efficace s'il concourt à approcher le juste prix et une allocation des ressources optimum.

Erreurs fréquentes

Les libéraux ramènent tout au marché

Le libéralisme n'a aucune dévotion irraisonnée envers le marché, et n'affirme pas que le libre marché soit la solution magique à tous les maux de la société ; il affirme que c'est la solution la plus juste, celle qui respecte le mieux le droit de l'individu. Comme le dit Pascal Salin: les libéraux ne sont pas concernés par le marché, ils sont concernés par les droits, ce qui n'est pas du tout la même chose.

Par ailleurs, tout n'est pas "marchandise" : le don, le bénévolat, la solidarité non contrainte, la mise en commun volontaire de biens, constituent autant de façons d'échapper au marché, toutes respectables tant qu'elles ne sont pas coercitives. Elles illustrent en fait la thèse libérale de la subjectivité de la valeur : une personne peut accorder plus de valeur à telle forme d'échange (peut-être non marchand, non monnayé ou non monnayable) qu'à telle autre.

Autre élément important : pour un libéral, l'homme n'est pas une marchandise, car il ne peut faire l'objet d'un droit de propriété. Comme philosophie politique opposée à l'esclavage et à la servitude, le libéralisme ne cautionne donc pas l'idée selon laquelle un individu pourrait être cédé ou vendu comme le serait un produit commercialisé. A ceux qui assimilent le salariat à l'esclavage, il convient de répondre qu'en tant que salarié un individu est payé pour le service qu'il rend à son employeur, et non pas parce qu'il aurait loué ou, a fortiori, vendu son corps. Ensuite, le contrat de travail a été signé librement par celui qui a accepté de devenir employé.

Les adversaires du libéralisme, qui prétendent souvent que les libéraux "déifient" le marché, cherchent en fait des justifications à l'interventionnisme et au constructivisme étatiques, censés remédier aux "défaillances" du marché. De telles interventions n'aboutissent qu'à perturber l'économie, au bénéfice des uns et au détriment des autres, ce qui justifie de nouvelles interventions toujours plus liberticides, dans un processus de cercle vicieux dont se nourrit l'étatisme. "Optimiser", "planifier", "corriger", tels sont les mots d'ordre de tous ceux qui veulent régenter la vie des autres.

Voir aussi : dérives du marché.

Le marché est immoral (ou amoral), c'est pour cela qu'il doit être régulé

Il n'est pas dans la nature du marché d'être ou de ne pas être moral. Le marché existe parce que c'est le lieu naturel où peuvent s'effectuer les échanges des acteurs en toute liberté. Cela gêne beaucoup de monde parce que ça fonctionne tout seul (la fameuse main invisible) et beaucoup se sont essayés à moraliser ce processus : il lèserait celui-ci, avantagerait celui-là, etc. Mais au nom de quelle chimérique échelle de valeur neutre et non-idéologique pourrait-on apporter un jugement moral sur le fonctionnement du marché ? Au nom de quel criterium une poignée d'hommes, même sous prétexte qu'ils sont élus, peuvent-ils intervenir sur ce marché en décrétant qu'il fonctionne mal ? Au nom de quoi apporter un correctif, si ce n'est par orgueil, par suffisance ? Et pour apporter quoi ? Des bons sentiments plus que de la morale (ils constituent la morale de celui qui n'en a pas).

Pourquoi les libéraux exigent-ils le libre échange ? Par respect du droit de propriété, de chaque personne comme de chaque entreprise. Les mêmes qui demandent la mise en place de toutes sortes d'entraves fiscales ou réglementaires sont les premiers qui s'insurgeraient si on prétendait les empêcher de jouir de leur propriété individuelle. En bons égoïstes, ils réclament pour les autres ce qu'ils n'accepteraient pas pour eux.

Le marché est coercitif

Il y a souvent dans le public, même chez les personnes supposées bien informées (journalistes, commentateurs) un "fantasme du marché coercitif", avec l'idée non exprimée que l'acheteur (appelé "prédateur" s'il s'agit d'une OPA "inamicale") peut faire ce qu'il veut à coups de millions ou de milliards. Comme si en face d'un acheteur, il n'y avait pas un vendeur, ou des vendeurs (les actionnaires), qui sont libres de vendre ou de ne pas vendre.

Ce fantasme antilibéral voit le marché comme une bête immonde, comme la "loi de la jungle", alors que ce n'est qu'un lieu d'échanges volontaires. Le marché est vu aussi comme une machine, comme un distributeur automatique : on met l'argent d'un côté, et de l'autre on récupère ce qu'on voulait acheter. Comme si la vie économique revenait à faire ses courses au supermarché, où l'on a ce qu'on veut du moment qu'on peut payer.

Le marché ne permet pas forcément à l'acheteur d'acheter au prix qu'il souhaite ni au vendeur de vendre au prix qu'il désire. C'est pour cela que le marché est l'objet de toutes les critiques (la "loi du marché", s'aligner sur les "prix du marché", etc.). On oublie que le marché n'est pas un être en soi, mais résulte de décisions d'une multitude d'individus. Fausser le marché par une décision étatique (au nom d'une fiction telle que le juste prix) revient toujours à léser certaines personnes au profit d'autres.

Le marché ne se soucie que du court terme

En réalité, les prix du marché intègrent toutes les informations pertinentes sur les produits, y compris leur rareté actuelle et leur rareté à venir.

Citations

  • Le marché ne désigne que l’ensemble des relations à la fois volontaires et potentielles entre les personnes. Volontaires, cela veut dire que tout le monde y entre exprès en relation, et c’est une preuve suffisante qu’elles y trouvent toutes leur intérêt. Potentielles, cela veut dire qu’il y a marché tant qu’il y a choix. Si l’échange est à long terme, on entre alors dans un contrat, et quand les contrats sont multiples, dans une organisation.
(François Guillaumat)
  • Le marché est le mode d’organisation et de coopération « co-essentiel » à l’état de droit libéral.
(Henri Lepage)
(Ludwig von Mises)
  • Les tentatives pour "corriger" l'ordre de marché conduisent à sa destruction.
(Friedrich von Hayek, Droit, législation et liberté)
  • Comme nous le savons, la justification fondamentale du marché, ou plus précisément d’un système de droits de propriété privés et de choix individuels, n’est pas l’efficacité d’un tel système - pourtant indéniable - ou sa capacité à assurer le « bien commun ». Sa justification est d’ordre moral : le marché fondé sur des droits de propriété légitimes est « juste » parce qu’il est conforme à la nature humaine et qu’il permet donc l’exercice de la responsabilité individuelle.
(Pascal Salin)

Liens

Voir aussi

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