Vous pouvez contribuer simplement à Wikibéral. Pour cela, demander un compte à admin@liberaux.org. N'hésitez pas!



Naturel et artificiel

De Wikiberal


La distinction entre naturel et artificiel provient des Anciens grecs, introduite par les sophistes du Ve siècle avant J.C., avec les termes physei (« par nature ») qu'ils opposaient soit à nomo (« par convention ») soit à thesei (« par décision délibérée ») et qui leur permettait de jouer sur les sens[1], déclarant successivement qu'un phénomène donné était artificiel parce que résultant d'une action humaine, et naturel parce qu'il n'était pas le résultat du dessein d'un homme. Traduite au IIème siècle en latin par naturalis et positivus, d'où dérivent les deux formes de droits couramment distinguées de droit naturel et droit positif, ce n'est qu'au Moyen-Age que l'idée d'une forme intermédiaire de phénomènes qui étaient le résultat d'actions humaines mais non d'un dessein humain émergea de cette dichotomie, jusqu'à ce que les derniers des scolastiques, les jésuites espagnols de l'École de Salamanque, n'utilisent pleinement naturalis pour désigner les phénomène sociaux qui n'étaient pas délibérément modelés par la volonté humaine. Luis de Molina développera cette idée pour expliquer que le juste prix (ou « prix naturel ») est ainsi appelé parce qu'il résulte de la chose même sans égard aux lois et décrets, mais qu'il dépend de maintes circonstances qui le modifient, de sorte que seul Dieu pourrait en calculer l'équation mathématique prenant en compte tous les facteurs, et qu'il faut pour cela en laisser la définition au marché.

rationalisme constructiviste Lumières écossaises (David Hume et Bernard Mandeville

Ordre naturel ou politique

Principe de l'identité naturelle des intérêts (Halévy)

Identité naturelle des intérêts (morale du sentiment, Shaftesbury) vs utilitarisme (Bentham) et le paradoxe de Mandeville.

Sources : Friedrich Hayek, Droit, législation et liberté, t.I : "La fausse dichtomie du naturel et de l'artificiel", p.23-25 ; Eric Oudin, "Mandeville, la tradition libéral et Hayek"

  1. Cf. Le Gorgias de Platon où Socrate prend les sophistes à leur jeu.