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Pierre-Louis Roederer

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Pierre-Louis Roederer ou Rœderer (Metz, 15 février 1754 - Bois-Roussel, Orne, 17 décembre 1835), acteur mineur de la Révolution française puis éminence grise sous le Consulat, il appartient au groupe des Idéologues.

L'homme

Avocat à 17 ans, il achète en 1780 une charge de conseiller au Parlement de Metz. Lecteur et admirateur de l'oeuvre des Lumières, notamment de Rousseauil anime l'académie de Metz et est élu député du Tiers du bailliage de sa ville natale aux États Généraux en 1789. Il s'y affirme comme un de ses membres les plus avancés, abordant à la tribune les questions économiques et financières, réclamant la liberté de presse et l'égalité des droits politiques. Cela lui vaut d'être élu procureur général-syndic du département de la Seine, le 10 novembre 1791. Bien que membre du club des Jacobins, il devient plus modéré, désaprouve la journée du 20 juin 1792. Le 10 août, il incite le roi à se réfugier à l'Assemblée, sauvant la vie de Louis XVI mais contribuant aussi à le perdre. La Commune de Paris lance un mandat d'arrêt contre lui mais l'Assemblée refuse sa mise en jugement. Il se montre discret sous la terreur et après Thermidor, il se consacre à la rédaction d'articles dans le Journal de Paris dont il possède la moitié du capital.

Appelé à l'Institut en 1796, il fonde le Journal d'économie publique, de morale et de politique. Suspect de modérantisme, il échappe de peu à la proscription le 18 fructidor. Avec le groupe des Idéologues, il participe activement au coup d'État du 18 Brumaire puis à la rédaction de la Constitution de l'an VIII et il préside la section de l'intérieur du Conseil d'État. Il est alors très influent auprès du Premier Consul mais la disgrâce tombe en 1802. Jugé trop métaphysicien, il entre au Sénat, tranquille et opulente sinécure. En 1806, il est ministre des Finances de Joseph roi de Naples puis ministre-secrétaire d'État du grand-duché de Berg (1810). Il est écarté par Louis XVIII et compromis pendant les Cent-Jours, il est chassé de l'Institut (1815), se retirant dans sa demeure de Bois-Roussel. Sous la Monarchie de Juillet, il entre à la Chambre des Pairs et retrouve sa place à l'Institut.

Les idées

S'il croit un temps à la démocratie, la Terreur lui ouvre les yeux. Il va souhaiter désormais un régime modéré et d'ordre. La Harpe sous l'Empire lui reproche d'être le « chef des philosophes », de demeurer un disciple des Lumières. Il voue un véritable culte à Voltaire et se montre plus nuancé à l'égard de Rousseau. Pour lui, le XVIIIe siècle a été marqué par le combat contre les privilèges et l'église. La seule chose de sacré à ses yeux est la propriété. Elle tire sa justification des origines mêmes du monde. Les peuples sont d'autant mieux civilisés qu'ils connaissent mieux la propriété.

Voir aussi

Sources

  • André Cabanis, article « Roederer » in Dictionnaire Napoléon, Arthème Fayard 1999, vol. 2, p. 656-657
  • Histoire et Dictionnaire de la Révolution française, Robert Laffont, Bouquins 1987, p. 1073-1074