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Samuel Bailey

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Révision datée du 28 juin 2017 à 11:36 par Ludovic Sesim (discussion | contributions) (Littérature secondaire)

Samuel Bailey (1791-1870), est né, a vécu et il est mort à Sheffield. C'était un économiste anglais qui s'est joint au débat économique de son époque sur la notion de la valeur. La critique de Samuel Bailey à l'égard de nombreux économistes repose sur leur volonté de résoudre toutes les causes de la valeur en un seul lien de causalité. Ils réduisent ainsi la science à une simplicité exagérée. Samuel Bailey ne peut admettre ce point de vue, en d'autres termes, il lance un avertissement contre la présomption du "reductio ad unum" (réduction à l'unité) impliquée dans la notion métaphysique de la valeur.

Théoricien de la valeur subjective

Dans une œuvre datant de 1825, "une dissertation critique sur la nature, la mesure et les causes de la valeur", Samuel Bailey réagît contre les insinuations métaphysiques de la valeur absolue qui se cache dans le discours de David Ricardo. En effet, ce dernier a recours au travail contenu dans la comptabilisation des valeurs d'échange. Cependant, Samuel Bailey, ainsi que de nombreux autres protagonistes, de l'époque, sur le débat de la valeur, ont perçu derrière le choix du travail contenu dans la valeur, en dehors des obstacles analytiques que cela implique, une fausse représentation de la question de la valeur d'échange. Pour Samuel Bailey, c'est uniquement cette valeur subjective qui est pertinente. Les relations entre les différents biens de consommation sur le marché n'ont rien à voir avec la présence d'une valeur "substance" au sein de chaque marchandise.

Pour le problème de la valeur d'échange elle-même, Samuel Bailey a fait référence à la théorie subjective de la valeur, en soutenant que, en général, la valeur d'échange dépend de l'évaluation des agents économiques prenant part à l'acte d'échange. La définition même de la valeur est "l'estime dans laquelle tout objet est détenu". Les causes de la valeur concernent l'attitude de l'esprit humain envers un objet et ne peuvent pas être étudiées en considérant un tel objet isolément. En outre, cette évaluation est relative, en ce sens qu'elle concerne les relations entre les différents objets, dans le sens où nous pouvons parler de valeurs-monnaie, de valeurs-blé, etc., selon la marchandise avec laquelle la comparaison est faite. Cela signifie qu'il est impossible de comparer les commodités appartenant à différents moments dans le temps. Par contre, par substitution d'analyse, nous pouvons comparer les relations de valeur (rapports d'échange) entre les paires de marchandises prises à différents moments dans le temps.

Précurseur de l'analyse marshallienne

Samuel Bailey distingua trois catégories de biens : ceux qui font l'objet d'un monopole, ceux dont l'offre peut être augmentée, mais seulement avec une augmentation des coûts, et enfin ceux dont l'offre peut être augmentée à volonté, les coûts restant constants. Ainsi, il précise que la théorie de David Ricardo (purgée de références de la valeur absolue), n'est valable que pour la troisième catégorie, qui est beaucoup plus limitée que les partisans de Ricardo ne semblaient croire, alors que dans le monde réel, la deuxième catégorie est la plus importante. La troisième catégorie représente la relation entre l'évaluation des acheteurs et la pénurie (relative) de l'approvisionnement. Les travaux de Samuel Bailey ont anticiper un courant de pensée, repris par John Stuart Mill avant de trouver son chemin dans la tripartition d'Alfred Marshall avec sa notion de coûts constante, de coûts croissants et de coûts décroissants.

Publications

  • 1825, "A critical dissertation on the nature, measure and causes of value", London: R. Hunter
    • Nouvelle édition en 1967, London: Frank Cass

Littérature secondaire

  • 1961, R. M. Rauner, "Samuel Bailey and the classical theory of value", London: G. Bell and Sons