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Théorie de la firme : Différence entre versions

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L'apport de l'[[école autrichienne]] à la science du management est relativement récente. Il faut remonter au début des années [[1990]] pour voir apparaître les premiers signes dans des écrits spécifiques et académiques. Peter Dickson, est l'un des premiers à s'y intéresser. Cet auteur développe une théorie de la rationalité concurrentielle qui suppose que le succès de la firme dépend de la rationalité procédurale imparfaite des responsables marketing de l'entreprise. Peter Dickson intègre des éléments de la théorie économique de la psychologie d'[[Herbert A. Simon]] avec la théorie de l'information de l'[[école autrichienne]] afin d'étayer théoriquement la science du management.
 
L'apport de l'[[école autrichienne]] à la science du management est relativement récente. Il faut remonter au début des années [[1990]] pour voir apparaître les premiers signes dans des écrits spécifiques et académiques. Peter Dickson, est l'un des premiers à s'y intéresser. Cet auteur développe une théorie de la rationalité concurrentielle qui suppose que le succès de la firme dépend de la rationalité procédurale imparfaite des responsables marketing de l'entreprise. Peter Dickson intègre des éléments de la théorie économique de la psychologie d'[[Herbert A. Simon]] avec la théorie de l'information de l'[[école autrichienne]] afin d'étayer théoriquement la science du management.
  
La théorie behavioriste de la firme cherche à comprendre comment les organisations agissent efficacement en partant du postulat d'un commandement hierarchique de l'organisation et de l'apprentissage (réactif) de l'organisation. L'école autrichienne prend en compte, à la fois, les contraintes organisationnelles et d'environnement impliquant des adaptations de comportement et d'apprentissage des collaborateurs à l'intérieur de la firme. Mais, elle n'en fait pas une mesure irréductible. L'école autrichienne tient compte également de l'approche cognitive de l'entreprise, et particulièrement des flux d'informations qui transitent à l'intérieur et à l'extérieur par l'intermédiaire des collaborateurs (intégrés ou non). Elle rejoint la théorie des coûts de transaction sur l'importance des coûts de marché pour expliquer la présence des entreprises. Mais, l'[[école autrichienne]] n'a pas une vision analytique dans un monde de décision fermée où les coûs seraient des coûts objectifs. Pour les autrichiens, les coûts sont subjectifs. Cette position les distingue des théoriciens des droits de Propriété de l'école de Chicago qui recherchent comment la richesse est distribuée efficacement. L'école autrichienne prend en compte les Droits de propriété pour comprendre l'émergence de l'organisation. Elle s'attache à la justice et au respect de la dotation (entitlement) et au développement de la richesse, non pas en fonction de l'équité de la répartition de cette richesse, à un moment du temps t. C'est une analyse évolutionniste, donc dynamique. Elle est prête à comprendre les blocages aux changements. Comme la théorie de l'agence, les économistes autrichiens prennent en compte l'asymétrie d'information en renforçant leur analyse sur les concepts de connaissance tacite ([[Michael Polanyi]]) et d'informations action ([[Israel Kirzner]]).
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La théorie behavioriste de la firme cherche à comprendre comment les organisations agissent efficacement en partant du postulat d'un commandement hierarchique de l'organisation et de l'apprentissage (réactif) de l'organisation. L'école autrichienne prend en compte, à la fois, les contraintes organisationnelles et d'environnement impliquant des adaptations de comportement et d'apprentissage des collaborateurs à l'intérieur de la firme. Mais, elle n'en fait pas une mesure irréductible. L'école autrichienne tient compte également de l'approche cognitive de l'entreprise, et particulièrement des flux d'informations qui transitent à l'intérieur et à l'extérieur par l'intermédiaire des collaborateurs (intégrés ou non). Elle rejoint la théorie des coûts de transaction sur l'importance des coûts de marché pour expliquer la présence des entreprises. Mais l'[[école autrichienne]] n'a pas une vision analytique dans un monde de décision fermée où les coûts seraient des coûts objectifs. Pour les autrichiens, les coûts sont subjectifs. Cette position les distingue des théoriciens des droits de Propriété de l'[[école de Chicago]] qui recherchent comment la richesse est distribuée efficacement. L'école autrichienne prend en compte les Droits de propriété pour comprendre l'émergence de l'organisation. Elle s'attache à la justice et au respect de la dotation (entitlement) et au développement de la richesse, non pas en fonction de l'équité de la répartition de cette richesse, à un moment du temps t. C'est une analyse évolutionniste, donc dynamique. Elle est prête à comprendre les blocages aux changements. Comme la [[théorie de l'agence]], les économistes autrichiens prennent en compte l'asymétrie d'information en renforçant leur analyse sur les concepts de connaissance tacite ([[Michael Polanyi]]) et d'informations action ([[Israel Kirzner]]).
  
Les théoriciens autrichiens de la firme veulent montrer la capacité de coordination du [[marché]] par le biais des [[entrepreneur]]s ([[Tyler Cowen]], [[Jerry Ellig]], [[Peter Lewin]]) à la fois dans le management interne de l'entreprise que dans ses effets sur le marché global. Ils rejoignent l'approche de [[Friedrich Hayek]] et d'[[Israel Kirzner]] sur la tendance à l'équilibre du marché ou équilibration. Une variante de la théorie de la firme autrichienne, appelée également [[Market Based Management]] (MBM), se rapproche de celle de la [[Théorie du management par les ressources|théorie des ressources]] et de la [[théorie du management par la connaissance|théorie de l'information]] (Knowledge based View). Bien que ces dernières théories fournissent une compréhension importante de l'organisation et du développement de la connaissance de l'entreprise, les apports de l'[[école autrichienne]] d'économie présente une troisième voie malheureusement négligée. Selon cette école, le problème clef de la connaissance est de comprendre comment l'entreprise s'adapte à des changements non anticipés quand la connaissance est dispersée dans le marché. La découverte de ressources complémentaires explique l'adaptation en terme de coordination de diverses connaissances issues des expériences inter-temporelles. Ces auteurs mettent en valeur, le potentiel des organisations, y compris les entreprises (corporate), de gérer leur connaissance et de contrôler l'information, via les acteurs en place. Ces phases de croissance de l'information ou d'inhibition ont des effets sur l'évolution des organisations (Sylvia Maxfield), tel que le présente [[Chris Argyris]] et la théorie évolutionniste autrichienne. L'approche autrichienne, dans cette nouvelle orientation, s'attache plus à l'aspect stratégique de l'entreprise, thème, qui est plutôt discuté dans les départements de sciences du management (Greg Young, Robert Jacobson) que de ceux des sciences économiques et de sciences politiques.
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Les théoriciens autrichiens de la firme veulent montrer la capacité de coordination du [[marché]] par le biais des [[entrepreneur]]s ([[Tyler Cowen]], [[Jerry Ellig]], [[Peter Lewin]]) à la fois dans le management interne de l'entreprise que dans ses effets sur le marché global. Ils rejoignent l'approche de [[Friedrich Hayek]] et d'[[Israel Kirzner]] sur la tendance à l'équilibre du marché ou équilibration. Une variante de la théorie de la firme autrichienne, appelée également [[Market Based Management]] (MBM), se rapproche de celle de la [[Théorie du management par les ressources|théorie des ressources]] et de la [[théorie du management par la connaissance|théorie de l'information]] (Knowledge based View). Bien que ces dernières théories fournissent une compréhension importante de l'organisation et du développement de la connaissance de l'entreprise, les apports de l'[[école autrichienne]] d'économie présente une troisième voie malheureusement négligée. Selon cette école, le problème clef de la connaissance est de comprendre comment l'entreprise s'adapte à des changements non anticipés quand la connaissance est dispersée dans le marché. La découverte de ressources complémentaires explique l'adaptation en terme de coordination de diverses connaissances issues des expériences inter-temporelles. Ces auteurs mettent en valeur, le potentiel des organisations, y compris les entreprises (corporate), de gérer leur connaissance et de contrôler l'information, via les acteurs en place. Ces phases de croissance de l'information ou d'inhibition ont des effets sur l'évolution des organisations (Sylvia Maxfield), tel que le présente [[Chris Argyris]] et la théorie évolutionniste autrichienne. L'approche autrichienne, dans cette nouvelle orientation, s'attache plus à l'aspect stratégique de l'entreprise, thème qui est plutôt discuté dans les départements de sciences du management (Greg Young, Robert Jacobson) que de ceux des sciences économiques et de sciences politiques.
  
 
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Version du 6 décembre 2009 à 15:07

Fondée sur la connaissance et sur l'idée d'évolution de l'entreprise, certains auteurs (Nicolai J. Foss, Pierre Garrouste, Stavros Ioannides, Richard Langlois, Brian Loasby, Desmond Ng, Frédéric Sautet, Ulrich Witt) ont mis en avant la théorie autrichienne de la firme. Avant cette approche, il existait plusieurs grandes tendances d'organisation [1] industrielle :

L'apport de l'école autrichienne à la science du management est relativement récente. Il faut remonter au début des années 1990 pour voir apparaître les premiers signes dans des écrits spécifiques et académiques. Peter Dickson, est l'un des premiers à s'y intéresser. Cet auteur développe une théorie de la rationalité concurrentielle qui suppose que le succès de la firme dépend de la rationalité procédurale imparfaite des responsables marketing de l'entreprise. Peter Dickson intègre des éléments de la théorie économique de la psychologie d'Herbert A. Simon avec la théorie de l'information de l'école autrichienne afin d'étayer théoriquement la science du management.

La théorie behavioriste de la firme cherche à comprendre comment les organisations agissent efficacement en partant du postulat d'un commandement hierarchique de l'organisation et de l'apprentissage (réactif) de l'organisation. L'école autrichienne prend en compte, à la fois, les contraintes organisationnelles et d'environnement impliquant des adaptations de comportement et d'apprentissage des collaborateurs à l'intérieur de la firme. Mais, elle n'en fait pas une mesure irréductible. L'école autrichienne tient compte également de l'approche cognitive de l'entreprise, et particulièrement des flux d'informations qui transitent à l'intérieur et à l'extérieur par l'intermédiaire des collaborateurs (intégrés ou non). Elle rejoint la théorie des coûts de transaction sur l'importance des coûts de marché pour expliquer la présence des entreprises. Mais l'école autrichienne n'a pas une vision analytique dans un monde de décision fermée où les coûts seraient des coûts objectifs. Pour les autrichiens, les coûts sont subjectifs. Cette position les distingue des théoriciens des droits de Propriété de l'école de Chicago qui recherchent comment la richesse est distribuée efficacement. L'école autrichienne prend en compte les Droits de propriété pour comprendre l'émergence de l'organisation. Elle s'attache à la justice et au respect de la dotation (entitlement) et au développement de la richesse, non pas en fonction de l'équité de la répartition de cette richesse, à un moment du temps t. C'est une analyse évolutionniste, donc dynamique. Elle est prête à comprendre les blocages aux changements. Comme la théorie de l'agence, les économistes autrichiens prennent en compte l'asymétrie d'information en renforçant leur analyse sur les concepts de connaissance tacite (Michael Polanyi) et d'informations action (Israel Kirzner).

Les théoriciens autrichiens de la firme veulent montrer la capacité de coordination du marché par le biais des entrepreneurs (Tyler Cowen, Jerry Ellig, Peter Lewin) à la fois dans le management interne de l'entreprise que dans ses effets sur le marché global. Ils rejoignent l'approche de Friedrich Hayek et d'Israel Kirzner sur la tendance à l'équilibre du marché ou équilibration. Une variante de la théorie de la firme autrichienne, appelée également Market Based Management (MBM), se rapproche de celle de la théorie des ressources et de la théorie de l'information (Knowledge based View). Bien que ces dernières théories fournissent une compréhension importante de l'organisation et du développement de la connaissance de l'entreprise, les apports de l'école autrichienne d'économie présente une troisième voie malheureusement négligée. Selon cette école, le problème clef de la connaissance est de comprendre comment l'entreprise s'adapte à des changements non anticipés quand la connaissance est dispersée dans le marché. La découverte de ressources complémentaires explique l'adaptation en terme de coordination de diverses connaissances issues des expériences inter-temporelles. Ces auteurs mettent en valeur, le potentiel des organisations, y compris les entreprises (corporate), de gérer leur connaissance et de contrôler l'information, via les acteurs en place. Ces phases de croissance de l'information ou d'inhibition ont des effets sur l'évolution des organisations (Sylvia Maxfield), tel que le présente Chris Argyris et la théorie évolutionniste autrichienne. L'approche autrichienne, dans cette nouvelle orientation, s'attache plus à l'aspect stratégique de l'entreprise, thème qui est plutôt discuté dans les départements de sciences du management (Greg Young, Robert Jacobson) que de ceux des sciences économiques et de sciences politiques.

Notes et références

  1. On associe souvent au mot « organisation » le dessin d’un organigramme dans le cadre d'une entreprise. Lorsque le mot organisation est associé à l'industrie, on fait référence à l'ensemble du marché ou à une partie de celui-ci.
  2. La théorie comportementale de la firme est centrée sur la résolution des problèmes par le traitement de l’information.
    • 1963, R. M. Cyert et James G. March, A Behavioral Theory of the Firm, Englewood cliffs, NJ: Prentice Hall, Inc.
    • 1981, James G. March, Footnotes to organizational change, Administrative Science Quarterly, vol. 26, pp563-577
  3. La théorie du marché contestable montre que la concentration, c'est à dire le nombre d'entreprises sur le marché, ne nous informe pas beaucoup sur la structure de l'industrie. Cette théorie se concentre sur les conditions d'entrée et de sortie dans le secteur d'activité.
    • 1982, William J. Baumol, Contestable Markets: An Uprising in the Theory of Industry Structure, American Economic Review 72: 1–15
    • 1983, W. A. Brock, Contestable Markets and the Theory of Industry Structure: A Review Article, Journal of Political Economy, 91, pp1055–1066
    • 1983, M. Spence, Contestable Markets and the Theory of Industry Structure: A Review Article, Journal of Economic Literature, 21, pp981–990
    • 1988, William J. Baumol, J. C. Panzar et R. D. Willig, dir., Contestable Markets and the Theory of Industry Structure. San Diego, Calif.: Harcourt Brace Jovanovich/Academic Press

Bibliographie

  • 1961, H. B. Malmgren, “Information, Expectations, and the Theory of the Firm,” Quarterly Journal of Economics 75: 399-421
  • 1984, K. Imai et H. Itami, Interpenetration of Organization and Market: Japan's Firm and Market in Comparison with the U. S., International Journal o f Industrial Organization, 2, pp285-310
  • 1992, Peter Reid Dickson, Toward a General Theory of Competitive Rationality, Journal of Marketing, Vol. 56, No. 1 (Jan.), pp. 69-83
  • 1992, Robert Jacobson, The Austrian School of Strategy, Academy of Management Review, vol 17, n°4, pp782-807
  • 1993, Ward Hanson, commentaire du livre d'Esteban F. Thomsen, Prices and Knowledge: A Market-Process Perspective, Journal of Marketing Research, Vol. 30, No. 3 (Aug.), pp399-400
  • 1993, J. Hennart, Explaining the Swollen Middle: Why Most Transactions Are a Mix of “Market” and “Hierarchy”. Organization Science 4:529-544
  • 1995, Westgren, Randall E., "Firm Resources, Industrial Organization, and Austrian Economics: The Bases for a New Strategic Management Approach to Competitiveness." In G.H.. Peters and Douglas D. Hedley, eds. Agricultural Competitiveness: Market Forces and Policy Choice: Proceedings of the Twenty-Second International Conference of Agricultural Economists. Aldershot, U.K.: Dartmouth
  • 1995, Greg Young, Comment: The Resource-Based View of the Firm and "Austrian" Economics / Integration to Go Beyond the S-C-P Paradigm of Industrial Organization Economics Journal of Management Inquiry, Vol. 4, No. 4, 333-340
  • 1996,
    • Greg Young, Ken G Smith et Curtis M Grimm, "'Austrian' and Industrial Organization Perspectives on Firm-level Competitive Activity and Performance." Organization Science 7: 243-54
    • Charles W. Hill et David L. Deeds, "The importance of industry structure for the determination of firm profitabil-ity: A neo-Austrian perspective." Journal of Management Studies. 33 (July): 429-451
  • 2002, Shelby D. Hunt, Resource-advantage theory and Austrian Economics: Toward an Austrian theory of competition?, In: Nicolai J. Foss et Peter G. Klein, Dir., Entrepreneurship and the firm: Austrian perspectives on economic organization, Cheltenham UK and Northampton MA, USA: Edward Elgar
  • 2002, Bruno Lecoq, "On clusters of entrepreneurs - an austrian approach to innovative milieu," ERSA conference papers ersa02p379, European Regional Science Association
  • 2003,
    • John A. Mathews, Strategizing in Disequilibrium, Macquarie Graduate School of Management: MGSM WP 2003-2, January
    • P. W. Roberts et K. M. Eisenhardt, Austrian Insights on Strategic Organization: From Market Insights to Implications for Firms Strategic Organization, August, 1(3): 345 - 352
  • 2004, Judit Kapás, Mutant-Firms in the New Economy. Economie et institutions 5.2:77-96
  • 2004, Thomas W. Malone, Bringing the Market Inside, Harvard Business Review, 82, April, pp106–114
  • 2005,
    • Richard Adelstein, Knowledge and Power in the Mechanical Firm: Planning for Profit in Austrian Perpsective, Review of Austrian Economics, 18(1): 55-82
    • Jean-Gabriel Bliek, Le marché contre la firme, In: Blandine Laperche, dir., L’entreprise innovante et le marché. Lire Galbraith, série Economie et Innovation, coll. L’esprit économique, Innoval-L’Harmattan, Paris, pp79-96
    • Luc Tardieu, La fonction entrepreneuriale dans la firme, Revue d'Economie Industrielle, n°109
  • 2008, Sylvia Maxfield, Reconciling Corporate Citizenship and Competitive Strategy: Insights from Economic Theory, Journal of Business Ethics, Vol 80, pp367–377

Voir aussi

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