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Troisième République

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Fondée le 4 septembre 1870, la Troisième République va s’avérer la plus durable des républiques avant de s’effondrer victime de la défaite de 1940. Désormais la légalité a cessé d’être monarchique pour devenir républicaine. Le consensus républicain va reposer sur le maintien de l’ordre social, la fondation d’un État laïque et la sauvegarde de la grandeur française dans le monde.


La Guerre de 1870-1871 et la Commune

Le gouvernement de Défense nationale et la défaite

Les républicains arrivent au pouvoir dans un pays qui a déjà perdu la guerre mais n’en a pas encore pris conscience. Adolphe Thiers tente en vain une tournée diplomatique en Europe (septembre/octobre 1870). Entre temps, Paris, où était demeuré le gouvernement de Défense nationale, était investi par les troupes allemandes. Un Comité central publie un manifeste associant le « salut de la France » et « le triomphe de la révolution européenne » et appelant à une « commune souveraine » pour assurer le « gouvernement des citoyens par eux-mêmes ». Le mouvement communaliste s’étend dans le Sud-Est de la France mais est finalement réprimé par Léon Gambetta.

Le 28 octobre, Bazaine livre Metz avec son armée et les révolutionnaires tentent en vain de profiter de la situation pour prendre le pouvoir à Paris le 31 octobre. Devant l’échec des négociations entre Thiers et Bismarck à Versailles, le gouvernement de Tours proclame « la Patrie en danger » et décrète la levée en masse le 5 novembre. Mais la majorité de la population souhaite la paix. L’entraînement insuffisant des troupes, l’hésitation des généraux, l’insuffisance de l’armement et du ravitaillement ainsi que l’excessive ingérence de politiques dépourvus de compétences militaires (Gambetta et Freycinet) entrainent l’échec des opération militaires. Les armées françaises se révélaient incapables de délivrer la capitale. Le 26 janvier 1871 Paris doit capituler.

La conduite dictatoriale de Gambetta, ministre de l’Intérieur du 4 septembre, avait inquiété les modérés qui le poussent à la démission le 6 février. Deux jours plus tard, les élections envoyaient à l’Assemblée une majorité favorable à la paix, c’est à dire conservatrice et libérale. Le 17 février Thiers est nommé chef du pouvoir exécutif de la République française. Ce dernier ne choisit pas ses ministres dans la majorité monarchiste mais parmi les républicains modérés et le centre droit. Il est persuadé que la République doit l’emporter.

La Commune

Isolée diplomatiquement, la France doit céder aux exigences de Bismarck : céder l’Alsace et une partie de la Lorraine et payer une indemnité de 5 milliards de francs-or. A Paris la révolution triomphe. Les bataillons de la garde nationale refusent de restituer les canons qu’ils contrôlent. Le 18 mars 1871, les généraux Lecomte et Thomas sont exécutés par les insurgés tandis que Thiers, contre l’avis de Ferry, décide l’évacuation de la ville. Le 29 mars, l’Assemblée municipale prend le nom de Commune. Les différents courants révolutionnaires communient dans l’anticléricalisme et le socialisme. Le 21 mai, les troupes versaillaises envahissent la ville : la reconquête devait durer une semaine et se révéler particulièrement féroce. Personne ne plaignit les communards à l’image de Zola : « Ceux qui brûlent et qui massacrent ne méritent pas d’autre juge que le coup de feu d’un soldat ». Plusieurs milliers de prisonniers sont envoyés en Nouvelle-Calédonie.

La laborieuse mise en place du régime (1871-1879)

Thiers président de la République

La déclaration du comte de Chambord (5 juillet 1871) affirmant son attachement au drapeau blanc et son refus de la souveraineté nationale a rendu impossible toute restauration monarchique. Les orléanistes, derrière Albert de Broglie, songent à instaurer une république conservatrice. Les élections de juillet renforcent les républicains aux dépens des monarchistes qui, venant d’instaurer une république provisoire, sont en porte à faux face aux électeurs. Le sous-préfet de Vienne note le 30 janvier 1872 : « les paysans s’accoutument à la République ».

Thiers obtient enfin le titre de président de la République mais la « loi Rivet » du 31 août 1871 prévoit aussi la responsabilité des ministres devant l’Assemblée. Le 13 novembre 1872 dans un message à l’Assemblée, Thiers prend clairement parti : « La République existe, elle est le gouvernement légal du pays (…) La République sera conservatrice ou ne sera pas ». De plus en plus inquiets et n’ayant plus besoin de Thiers les droites monarchistes se groupèrent derrière Albert de Broglie. Le 24 mai 1873, le duc réunissait une majorité sur son interpellation réclamant « une politique résolument conservatrice ».

L'échec de la Restauration et les lois constitutionnelles

Thiers démissionne et Mac Mahon lui succède le soir même. Le Maréchal Président se déclare prêt à défendre « l’ordre moral » menacé. Mais les droites restaient irrémédiablement divisées en dépit des apparences tandis que les républicains formaient un milieu structuré. Le comte de Chambord refuse de nouveau et clairement la monarchie tricolore. Albert de Broglie résolu à attendre la mort du dernier des Bourbons fait voter la loi du septennat le 20 novembre 1873. La grogne des légitimistes fait tomber le gouvernement dès le 16 mai 1874.

Dans le même temps, le réveil du bonapartisme inquiète le centre droit qui se rapproche du centre gauche et glisse vers l’adhésion à la République. Côté républicain, Gambetta développe une stratégie de compromis : l’opportunisme. Le mot « république » est voté à une voix de majorité par l’amendement Wallon (30 janvier 1875). Trois lois constitutionnelles sont finalement adoptées en février et juillet 1875. Elles instaurent un système à deux chambres qui ont les mêmes pouvoirs.

La victoire républicaine

Les élections législatives de 1876 ne sont pas favorables à la droite. La question de la laïcité déchaine les passions. Gambetta lance le 4 mai 1877 : « le cléricalisme, voilà l’ennemi. »

Le 16 mai 1877, Mac Mahon déclare à Jules Simon : « j’ai une responsabilité envers la France ». Il décide de constituer un ministère qui ne dispose d’aucune majorité à l’Assemblée confié au duc de Broglie. Les républicains votent contre le cabinet et le président de la république décide de dissoudre la Chambre. Jules Ferry affirme : « Ce conflit c’est la lutte du gouvernement personnel (…) contre le gouvernement parlementaire ». Gambetta dénonce le « ministère des curés ». Réduits à s’appuyer sur les bonapartistes et à reprendre les méthodes de l’Empire autoritaire, les conservateurs incarnaient désormais l’aventure. Unis face au péril, les républicains reviennent majoritaires même si la droite a progressé. Après avoir envisagé un coup d’état, Mac Mahon se soumet avant de démissionner au début de l’année 1879. Jules Grévy lui succède. La République était désormais bien installée.

Instabilité parlementaire et laïcisation (1879-1885)

L'instabilité gouvernementale

Entre le mois de janvier 1879 et le mois d’août 1881, trois gouvernements vont se succéder instaurant une pratique d’instabilité ministérielle tempérée par la stabilité des ministres. Le président Jules Grevy ne pouvant gouverner fit tout ce qu’il put pour empêcher les autres de gouverner. Gambetta, devenu président de l’Assemblée s’efforce d’exercer un pouvoir occulte. Ainsi dès le début, le président du conseil se trouve-t-il affaibli. L’échec du grand ministère Gambetta affermit la république des députés.

Le gouvernement de Jules Ferry

Le long gouvernement Jules Ferry (25 mois en 1883-1885) loin d’annoncer une ère de stabilité devait se révéler exceptionnel. Par son œuvre scolaire, il fonde la société laïque et républicaine dans le but d’organiser une « humanité sans Dieu et sans roi ». Il s’agit bien d’une œuvre de conquête des âmes et des esprits. Un culte républicain s’installe avec notamment la célébration du 14 juillet (1880) devenu date initiale de l ‘ère de la liberté. Le patriotisme est un des autres aspects de l’idéal laïque. L’expansion coloniale, encouragé par Bismarck, est une pièce maîtresse du programme républicain : il s’agit de rendre à la France son « rang de grande puissance » par une politique prudente mais déterminée.

L'accroissement des libertés

Néanmoins, les républicains ont aussi fondé une société libre et démocratique. La loi du 30 juin 1881 établit la liberté de réunion et celle du 29 juillet 1881 libéralise la presse. La loi de 1884 sur la liberté syndicale est cependant mal accueillie par les milieux ouvriers qui se méfient d’une intervention de l’état. La démocratie locale est renforcée par la loi du 4 mars 1882 qui rend, aux conseils municipaux, l’élection du maire.

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