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Valeur-travail

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La valeur-travail est la théorie économique selon laquelle la valeur des biens provient entièrement du travail employé ou incorporé. Du point de vue de la théorie valeur-travail, la valeur échangeable est déterminée par des quantités de travail nécessaires à la production. Cela implique, d'une certaine façon, que la valeur des biens économiques repose exclusivement sur la quantité relative de travail nécessaire.

La première formulation de la théorie de la valeur-travail se trouve chez Adam Smith. Adam Smith a attribué deux significations à la Valeur : une qui prend le nom de valeur en usage (ou utilité), l'autre, celle de valeur en échange. Pour Adam Smith le travail est la mesure réelle de la valeur échangeable de toute marchandise. Il affirme « Le prix réel de chaque chose, ce que chaque chose coûte réellement à celui qui veut se la procurer, c'est le travail et la peine qu'il doit s'imposer pour l'obtenir. »

David Ricardo, de la même manière, dans son exemple du joaillier laborieux, évoque l'estime des consommateurs : il est payé deux fois plus par heure qu'un travailleur ordinaire pour cette raison. Il se réfère donc aux "valeurs" présentes dans la tête des consommateurs.

Marx reprendra la même idée par sa notion de « travail socialement nécessaire », c'est-à-dire une espèce de moyenne d'heures de travail pour une tâche donnée, moyenne impliquée, à un moment donné dans le temps et dans l'espace, par l'état de la technique, du savoir-faire, des mœurs, des désirs, etc.

Un problème se pose néanmoins : les valeurs des marchandises ne sont pas réglées uniquement par les quantités de travail incorporées, mais aussi par la « longueur du temps qui doit s'écouler avant qu'elles puissent être portées sur le marché », comme dit Ricardo. Ce qui signifie que la valeur d'une pièce de tissu n'a pas la même composition que celle d'un avion supersonique.

Si Ricardo admettait que cette théorie était une approximation, Marx, lui, la transformera en vérité absolue (d'où il tirera sa théorie de la plus-value pour "expliquer" l'aliénation du travailleur). Il s'est demandé comment des marchandises qui paraissent si diverses, si hétérogènes quant à leur valeur d'usage pouvaient être rendues comparables entre elles. La solution, qu'il trouve chez Smith et Ricardo, c'est que les marchandises sont toutes le produit du travail, toutes du « travail cristallisé ». C'est ainsi qu'elles peuvent s'échanger.

L'école autrichienne rejette la théorie de la valeur-travail au nom de la subjectivité de la valeur et formule la théorie marginaliste de la valeur. Eugen von Böhm-Bawerk fut le premier à réfuter la valeur-travail marxiste en montrant qu'elle ne permet pas d'expliquer les prix de production à partir du prix du travail.

Réfutation mathématique de théorie marxiste

Soit V le « capital variable » correspondant aux salaires et C le capital constant correspondant aux machines, outils, bâtiments, terre, etc. Soit encore pl, la plus-value tirée par le patron du travail des salariés. On définit E, le taux d'exploitation par l'équation E = pl/V, et P, le taux de profit par l'équation : P = pl/(C + V)/V. La composition « organique » du capital de l'entreprise considérée est définie par l'équation K = (C + V)/V.

A l'aide de ces différentes équations, on peut exprimer le taux de profit (P) en fonction de la composition organique du capital (K) et du taux d'exploitation (E). En effet, pl = V. E ; P = V.E/ (C + V); donc P = E/K.

Or, dans les conditions de concurrence parfaite qui est le cadre de référence de Marx, le taux d'exploitation (E) et le taux de profit (P) sont les mêmes dans toutes les branches de production quelle que soit la composition organique du capital. Or la dernière équation montre que si la composition organique du capital (K) varie de branche à branche ou d'entreprise à entreprise, le taux d'exploitation étant donné et partout le même, le taux de profit (P) varie de branche à branche ou d'entreprise à entreprise. Ce qui est impossible.

Citations

  • L’ennui avec la théorie de la « valeur travail », c’est qu’elle paraît logique : un bien devrait se vendre à un prix qui couvre son coût de fabrication et permettre à ceux qui l’on produit de vivre décemment. Si la théorie de la « valeur travail » ou du « juste prix » ne tient pas devant la réalité, par où pèche-t-elle ? Les classiques voulaient partir de la valeur pour déterminer les prix. En réalité, il faut partir du prix pour déterminer la valeur. Chacun de nous, en effet, a une échelle des valeurs différentes de celle de son voisin. Chacun de nous, à partir de son revenu, considère qu’il peut vendre ou échanger un certain nombre de produits ou de services, à tout moment. Il y a donc, une infinité de « valeurs » qui se baladent dans le monde à chaque instant. On est devant un univers de possibles. De temps en temps, miraculeusement, deux « valeurs » se rencontrent et un prix est arrêté. C’est alors que l’échange du bien ou du service a lieu. Ce prix fixe la valeur monétaire du bien à ce moment-là seulement. Ce qui n’a rien à voir avec la valeur subjective que chacun d’entre nous pourrait accorder à ce bien. (Charles Gave)
  • Alors que dans le catholicisme le travail est considéré comme un obstacle nécessaire sur le chemin de la consommation, dans le calvinisme il revêt une qualité quasiment sacrée et devient une fin en soi. Ce n'est pas un hasard si la théorie de la valeur-travail a émergé dans le milieu du calvinisme écossais. (Murray Rothbard, Adam Smith Reconsidered, 1987)
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