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Victimologie

De Wikiberal


Dans le domaine des sciences criminelles, la victimologie est l'étude des victimes.

Murray Rothbard et d'autres libertariens emploient ce terme dans un sens un peu différent, celui de victimisation, qui est le fait de déclarer arbitrairement tel ou tel groupe d'individus comme victimes, ou de se proclamer arbitrairement comme victime :

Selon une idéologie que l’écrivain Joseph Sobran qualifie de "victimologie officielle", certains groupes d’individus sont désignés comme Victimes d’État, on pourrait dire "Victimes en carte". Ces groupes, toujours plus nombreux, sont censés être, ou avoir été, les victimes d’autres groupes appelés Oppresseurs officiels. Le devoir de l’État est alors de déverser richesses, emplois, postes et privilèges innombrables sur la tête des Victimes aux dépens, bien entendu, des prétendus Oppresseurs. C’est une forme particulièrement grotesque de réparation ou de compensation puisque les "Oppresseurs" n’ont personnellement fait aucun tort à quiconque et que les "Victimes" n’ont jamais souffert de leur fait. Privilèges et pénalités sont distribués sous le seul prétexte que de groupes similaires pourraient avoir été des victimes ou des oppresseurs dans le passé – un passé parfois fort lointain.
Par-dessus le marché, on n’a jamais fait mention d’une date à laquelle cesseraient ces "réparations", apparemment destinées à se perpétuer à jamais, ou du moins jusqu’à ce que la communauté des Victimes soit déclarée en tous points "égale" à celle des Oppresseurs. Comme c’est la "nouvelle classe dirigeante" qui devrait faire cette déclaration, alors qu’elle est installée dans un système de redistributions massives, tout en prélevant au passage de coquets pourcentages en "frais de dossier", on peut être sûr que le bulletin de victoire finale ne sera jamais publié.
A ce jour, l’ensemble des Victimes officielles inclut (je tiens à rappeler qu’étant moi-même Juif je suis une Victime Officielle, et donc officiellement autorisé à dire ces choses) : les Noirs, les Juifs, les Asiatiques, les femmes, les jeunes, les vieillards, les "sans-abri", les homosexuels et – dernière catégorie – les "handicapés". Ce qui permet d’identifier les Oppresseurs comme étant des Blancs mâles, d’âge moyen, hétérosexuels, chrétiens, non handicapés et ayant un logement.
Murray Rothbard, postface à l’édition française de L’éthique de la liberté

Voir aussi

Citations

  • La folie victimaire fait de tels ravages que l’habit du concentrationnaire est devenu pour certains un habit de lumière. Banalisation du génocide ? C'est exactement l’inverse. Tout le monde est fasciné par ce mal absolu, vit sous son ombre redoutable : en ce sens le révisionniste n’est pas celui qui ne croit pas à la Shoah, il ne croit pas aux Juifs (ou dans d’autres cas aux Cambodgiens, aux Arméniens, aux Bosniaques, aux Tutsis) et voudrait y mettre d’autres groupes plus « méritants » : les Palestiniens, les Hutus, les Serbes, etc. C'est une interversion des morts, pas de l’événement. Ce qu’on souhaite dérober à la victime pour s’en revêtir à son tour, c’est l’éminence morale, la splendeur tragique dont elle semble jouir. La souffrance donne des droits, elle est même l’unique source du droit, voilà ce que nous avons appris depuis un siècle. Jadis génératrice de rédemption dans le christianisme, elle est désormais génératrice de réparations, lesquelles impliquent trois éléments : l’élargissement du cercle de l’intolérable (des offenses naguère admises sont désormais condamnées), la fin de l’impunité pour les criminels ; enfin la sacralité de la victime. En nos temps de jouissance bruyamment affichée, l’affliction reste le principal maître du jeu. Quiconque s’empare d’elle s’empare aussi du pouvoir. La grande supériorité du malheur sur le bonheur, c’est qu’il procure un destin. Lui seul nous distingue, nous intronise dans la nouvelle aristocratie des réprouvés. (Pascal Bruckner, La tyrannie de la pénitence)
  • Se sentir ou ne pas se sentir coupable. Je pense que tout est là. La vie est une lutte de tous contre tous. C'est connu. Mais comment cette lutte se déroule-t-elle dans une société plus ou moins civilisée ? Les gens ne peuvent pas se ruer les uns sur les autres dès qu'ils s'aperçoivent. Au lieu de cela, ils essaient de jeter sur autrui l'opprobre de la culpabilité. Gagnera qui réussira à rendre l'autre coupable. Perdra qui avouera sa faute. (Milan Kundera, La fête de l'insignifiance)
  • Au terme de cette longue insurrection au nom de l'innocence humaine surgit, par une perversion essentielle, l'affirmation de la culpabilité générale. Tout homme est un criminel qui s'ignore. Le criminel objectif est celui qui, justement, croyait être innocent. Son action, il la jugeait subjectivement inoffensive, ou même favorable à l'avenir de la justice. (Albert Camus, L'Homme révolté)
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