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Corruption

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La corruption est une pratique illicite, visant à obtenir d'un personnage possédant un pouvoir un avantage moyennant un autre avantage, ou une somme d'argent.

La corruption n'est pas associée uniquement aux états en voie de développement, tels ces pays d'Afrique où l'État n'est peut-être pas structuré mais où le moindre fonctionnaire veut son bakchich. Pour les États effondrés ou en voie de l'être, la corruption est décuplée. Un fonctionnaire qui n'est pas sûr de recevoir son traitement va profiter de sa position et des moyens de coercition qui en découle.

La corruption strictement privée existe et existera toujours, elle fait partie du jeu de la concurrence. Les entreprises privées s'en protègent par des mesures de sécurité dont le coût est à la mesure du risque encouru, supposé plus grave que les désagréments ou les pertes qu'engendrent les mesures de sécurité elles-mêmes. Du point de vue du droit naturel, c'est le corrompu, et non le corrupteur, qui est dans l’illégitimité, car il trahit la confiance de son employeur auquel il est lié par contrat (alors que le corrupteur se contente de proposer un contrat, sans doute immoral, mais valide du strict point de vue du droit tant qu'il n'y a pas de vol ni de complicité de vol - cas par exemple du trafic d'influence).

La corruption publique est bien plus répandue, qu'il s'agisse de corruption directe ou de capitalisme de connivence, car il est beaucoup plus facile d'accorder des privilèges avec l'argent du contribuable qu'avec son propre argent. Ainsi l'étatisme multiplie de façon considérable le pouvoir des riches.

Dans son ouvrage 39 leçons d'économie contemporaine Philippe Simonnot consacre un chapitre entier (la 39e et dernière leçon) à la corruption. Il explique qu'en certaines situations la corruption permet à l'économie de fonctionner moins mal. La lutte contre la corruption a un coût qui doit être comparé à celui de la corruption elle-même. Les agents de l'État sont davantage corruptibles que ceux d'une entreprise privée, pour de nombreuses raisons, dont quelques unes sont les suivantes :

  • il est impossible pour l'État d'optimiser la lutte contre la corruption ni d'arbitrer entre les différentes actions anti-corruption, car les actions des administrations d'État sont contradictoires entre elles (comparées à celles d'une entreprise privée, orientées vers le profit) ;
  • la « loyauté » des agents de l'État n'est pas encouragée faute de stimulation monétaire (grille des salaires rigide) ;
  • le citoyen ne peut se défaire facilement d'une administration corrompue, et n'a d'ailleurs aucun intérêt à s'investir personnellement dans une telle lutte ;
  • la rigidité d'une administration publique l'expose davantage à la corruption, moyen de contourner les règles légales qui président à son fonctionnement.

Le philosophe Murray Rothbard distingue la corruption « offensive » et la corruption « défensive », la première devant être assimilée à une agression, la seconde étant au contraire légitime (par exemple pour contourner une prohibition légale illégitime sur le jeu, la drogue, etc).

Bibliographie

  • 2010, Adriana S. Cordis, "Judicial Checks on Corruption", In: Edward J. López, dir., The Pursuit of Justice: Law and Economics of Legal Institutions, Palgrave Macmillan, ISBN 978-0-230-10245-3

Citations

  • « Tout pouvoir amène la corruption, le pouvoir absolu amène une corruption absolue » (Lord Acton, mis en exergue du chap. X de La Route de la servitude de Hayek)
  • « Il y a deux genres de corruption : l'un, lorsque le peuple n'observe point les lois ; l'autre, lorsqu'il est corrompu par les lois ; mal incurable, parce qu'il est dans le remède même. » (Montesquieu, De l'Esprit des Lois, VI, 12)
  • « La corruption peut être analysée comme une revanche de l'économie de marché sur l'étatisme. Elle permet à une économie étouffée par les règlementations et les impôts de fonctionner quand même. Sans marché noir, le régime soviétique se serait écroulé beaucoup plus vite. (...) Ce n'est pas la corruption qu'il faut combattre en premier lieu, mais l'État en ce qu'il est criminogène. » (Philippe Simonnot)
  • « Le poids fiscal de l'État est devenu tellement énorme, ses lois et règlements ont atteint une telle complexité, qu'il faudrait que le pays soit peuplé d'anges ou de saints pour échapper à une corruption généralisée. » (Philippe Simonnot)
  • « Comparée à un "État d’incorruptibles" qui feraient respecter la loi dans toute sa rigueur, ce que l’on appelle la "corruption" permet au moins à une partie des actions et transactions volontaires dans la société de se faire. Dans un cas comme dans l’autre, bien sûr, il n’y a de justification ni pour les contrôles et exactions, ni pour les officiels chargés de les imposer : ni les uns ni les autres ne devraient exister. » (Murray Rothbard, Éthique de la Liberté)
  • « La corruption est fille de la règlementation. » (Pascal Salin, Libéralisme)
  • « Lorsqu’on constate que le commerce se fait non par consentement, mais par compulsion ; lorsqu’on constate que pour produire, il faut auparavant obtenir la permission d’hommes qui ne produisent rien ; lorsqu’on constate que l’argent afflue vers ceux qui dispensent non des biens, mais des faveurs ; lorsqu’on constate que les hommes deviennent plus riches par la subornation et les pressions que par le travail, et que les lois ne vous protègent pas de tels hommes, mais les protègent au contraire de vous ; lorsqu’on constate que la corruption est récompensée et que l’honnêteté devient un sacrifice — on sait alors que la société est condamnée. » (Ayn Rand, La Révolte d'Atlas)

Liens externes

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