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Courbe en crosse de hockey

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Courbe en crosse de hockey.jpg

La courbe en crosse de hockey est une représentation graphique de l'évolution des températures mondiales sur le second millénaire, telle que présentée par Michael E. Mann, Raymond S. Bradley et Malcolm K. Hughes dans un article de 1998 (MBH98).

Elle montre une diminution lente et régulière de la température de 1000 à 1900, avant une remontée brutale, donnant un graphique épousant la forme d'une crosse de hockey.

Elle fut en fait obtenu par des manipulations qui furent progressivement découvertes par la communauté scientifique mondiale. Par ses manipulations nombreuses, elle est un emblème du détournement malhonnête de l'écologie en tant que science au profit d'intérêts particuliers.

Une courbe truquée

Présentation générale

Les températures ont toujours évolué à travers les siècles, et le millénaire passé n'y fait pas exception. Ainsi, l'optimum climatique médiéval fut suivi d'un petit age glaciaire. L'Europe prospéra pendant la période chaude, les vikings pouvant aller jusqu'à coloniser le Groenland. Quand la température baisse fortement, l'Europe ralentit fortement le rythme de ses avancées.

Ce phénomène se retrouve un peu partout, par exemple au Japon comme l'ont montré les travaux de Adhikari et Kumon[1]. De même dans l'Antarctique[2].

Courbe de températures GIEC 1990.jpg

Surprise, ces variations, visibles sur l'image de droite (rapport du GIEC de 1990), disparaissent complètement dans la reconstitution de Mann et alii. Par un traitement statistique des données, les auteurs réussissent à transformer cette alternance en une courbe épousant la forme d'une crosse de hockey. Elle se diffuse alors, avec un slogan : « 1990 a été la décennie la plus chaude, et 1998 l'année la plus chaude du millénaire. »

Rares sont ceux qui contestent la contradiction avec la courbe de 1990 mêmes si certains individus isolés commencent à dénoncer une déformation de la réalité pour faire régner la peur et l'alarmisme. Stephen McIntyre et Ross McKitrick sont de ceux qui dénonceront cette courbe les premiers.

La manipulation découverte

En 2003, Stephen McIntyre et l'économiste de l'environnement Ross McKitrick publient dans la revue Energy and Environment un article intitulé "Corrections to the Mann et al (1998) Proxy Data Base and Northern Hemisphere Average Temperature Series"[3].

Ils y attaquent les données sources que Mann et alii disent avoir utilisées pour produire leur courbe. De nombreuses erreurs et incohérences ou manipulations (séries obsolètes, tronquées sans explications ou impossibles à répliquer, etc). Mann avoue alors ne pas avoir utilisé les données qu'il dit avoir utilisées et dévoile les vraies données. La revue Nature dans laquelle la première version de l'article était parue lui impose un Corrigendum, publié en 2004. Cependant, à l'encontre des pratiques courantes de la communauté scientifique, Mann et ses co-auteurs refusent de dévoiler le code source de leur traitement statistique. Approximant malgré tout ce code, McIntyre et McKitrick décèlent de nouveaux bricolages dans les données. Ils se rendent surtout compte que le traitement des données privilégie les données correspondant au XXe siècle, afin de donner à la courbe sa forme particulière. In fine, les données du XXe siècle sont tellement favorisées qu'elles pèsent plus que toutes les autres du millénaire! Il ne s'agit en outre pas d'erreurs involontaires; dans un dossier intitulé "censored", Mann et ses co-auteurs avaient sauvegardé les séries ne répondant pas à ce qu'ils voulaient montrer...

McIntyre et McKitrick détaillent leurs critiques dans un article amené à avoir beaucoup d'écho, "Hockey sticks, principal components, and spurious significance"[4]. Ils y montrent que toute l'analyse statistique en composant principale est erronée. Même avec une série de données totalement aléatoire, les corrections de Mann et alii donnent une courbe en crosse de hockey. Le débat enfle plus encore, au point d'arriver à l'académie des sciences américaine.

McIntyre constata par la suite d'autres « erreurs » du Godard Centre de la NASA dirigé par James Hansen, erreurs qui permettaient de faire passer 1998 pour l'année la plus chaude du siècle alors que c'était en fait... 1934.

Le rapport Wegman

Edward Wegman, directeur du Comité de Statistiques Théoriques et Appliquées de l'Académie des Sciences américaine, est professeur à l'université George Mason. C'est un statisticien reconnu pour la qualité de ses travaux et sa neutralité. Pour l'académie des sciences américaine, il monte un groupe de statisticiens indépendants de premier plan qui étudient le modèle de Mann. Leurs conclusions sont sans appel, le traitement statistique de Mann et alii est orienté. Le rapport Wegman donne clairement raison à McIntyre. Est écrit en particulier :

L'estimation du professeur Mann selon laquelle la décennie 1990 a été la plus chaude du millénaire et que 1998 a été l’année la plus chaude du millénaire ne peut être soutenu par son analyse.

Cependant, le rapport Wegman va au-delà, et tente de comprendre pourquoi un article d'un tel parti pris, multipliant les manipulations et les erreurs, a pu être publié par Nature et pourquoi les correctifs de McIntyre ont été refusés par la revue. Dans une longue étude de ce point précis, les rédacteurs montrent que le système du peer review échoue totalement car l'aveuglement idéologique l'emporte. Le rapport Wegman cite nombre de chercheurs en paléoclimatologie qui s'allient pour soutenir la thèse de l'origine humaine du réchauffement climatique, quitte à laisser publier n'importe quel papier outrageusement truqué. Autrement formulé, un article « sceptique » a bien peu de chances d'être publié, aussi bon soit-il.

D'autres auteurs reviendront très sévèrement sur cette courbe, dont Hans von Storch.

Une falsification qui reste pourtant utilisée

Malgré la dénonciation régulière de très nombreux scientifiques de la falsification que représente cette courbe, elle a été utilisée par de nombreux organismes pour frapper les esprits et imposer des mesures par la tromperie.

Le GIEC s'en est ainsi servi avec une telle insistance jusqu'en 2001 que la courbe est devenue l'équivalent du logo de cet organisme. Cette courbe occupe une part essentielle du résumé du rapport de 2001 de l'organisation. Si devant l'ampleur de la manipulation le GIEC a discrètement retiré toute référence à la courbe en crosse de hockey, des manipulations identiques se poursuivent. Ainsi, la courbe est discrètement reprise dans le rapport du GIEC de 2006, dans un graphe de Keith Briffa présentant huit courbes de températures. Autre série anormale, une série fondée sur des séries anormales. Ces deux courbes retirées, il n'y a aucune tendance...

Notes et références

  1. Adhikari DP, Kumon, F. (2001). "Climatic changes during the past 1300 years as deduced from the sediments of Lake Nakatsuna, central Japan.". Limnology 2 (3): 157–168.
  2. Khim, B-K; Yoon H.; Kang C.Y.; Bahk J.J. (November 2002). "Unstable Climate Oscillations during the Late Holocene in the Eastern Bransfield Basin, Antarctic Peninsula". Quaternary Research 58 (3): 234–245(12)
  3. Stephen McIntyre et Ross McKitrick, "Corrections to the Mann et al (1998) Proxy Data Base and Northern Hemisphere Average Temperature Series", Energy and Environment 14(6) 751-772, [lire en ligne]
  4. Stephen McIntyre et Ross McKitrick, "Hockey sticks, principal components, and spurious significance", Geophysical Research Letters, 12 février 2005

Voir aussi

Liens externes

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