Vous pouvez contribuer simplement à Wikibéral. Pour cela, demander un compte à admin@liberaux.org. N'hésitez pas!



Nazisme

De Wikiberal
Révision datée du 14 octobre 2007 à 17:52 par Dilbert (discussion | contributions) (Le nazisme est un socialisme)
Des vikings aux nazis, affiche de propagande allemande

Le nazisme (Nationalsozialismus) est la variante nationaliste et raciste du socialisme, testée en Europe dans la première partie du XXe siècle (Adolf Hitler publie Mein Kampf en 1925).

Comme les autres variantes du collectivisme, le nazisme a constamment bafoué les droits de l'individu et s'est terminé en désastre. Ce "bolchévisme national" (terme employé par Joseph Goebbels, propagandiste nazi) est devenu un totalitarisme essentiellement raciste et anti-sémite, qui est à l'origine de la Seconde guerre mondiale.

Ludwig von Mises observait en 1944 que le nazisme avait appliqué la plupart des mesures préconisées par le Manifeste du Parti Communiste de Karl Marx et Friedrich Engels :

Huit des dix points (du Manifeste du Parti communiste de Marx et Engels) ont été exécutés par les nazis avec un radicalisme qui aurait enchanté Marx. Seuls deux points n'ont pas encore été complètement adoptés par les nazis, à savoir l'expropriation de la propriété foncière et l'affectation de la rente foncière aux dépenses de l'Etat (point n°1 du Manifeste) et l'abolition de l'héritage (point n°3). Cependant, leurs méthodes de taxation, leur planisme agricole et leur politique concernant la limitation des fermages vont chaque jour dans le sens du marxisme. (Ludwig von Mises, Omnipotent Government, The Rise of the Total State and Total War)

Le nazisme est un socialisme

Il est connu que le NSDAP, le parti nazi, fut fondé par des socialistes révolutionnaires, principalement Anton Drexler et Adolph Hitler, qui fréquentaient depuis des années les milieux ouvriers socialistes révolutionnaires. Ce fait est rappelé par l'historien William Shirer (Le Troisième Reich, des origines à la chute).

Le nazisme est souvent considéré, par erreur, comme une dictature davantage "capitaliste" que "socialiste", car la propriété privée des moyens de production ne fut pas abolie par les Nazis. En réalité, les conceptions nazies étaient sur ce plan-là proches de celles des bolcheviks : par exemple, dès le début du IIIe Reich, des commerçants furent déportés à Dachau parce qu'ils avaient augmenté leurs prix. Rien qu'à Munich, 200 personnes furent arrêtées en 1933, tandis que leurs commerces furent scellés et barrés d'un écriteau indiquant : "Magasin fermé sur ordre de la police pour cause d'augmentation des prix, propriétaire en détention provisoire à Dachau." (réf : Der Staat Hitlers, de Martin Broszat).

Hitler déclarait à Hermann Rauschning en 1934 soulignant la parenté entre nazisme et communisme :

Ce n'est pas l'Allemagne qui va devenir bolchevique mais le bolchevisme qui se transformera en une sorte de national-socialisme. En plus il y a plus de liens qui nous unissent au bolchevisme que d'éléments qui nous en séparent. Il y a par-dessus tout, un vrai sentiment révolutionnaire, qui est vivant partout en Russie sauf là où il y a des Juifs marxistes. J'ai toujours fait la part des choses, et toujours enjoint que les anciens communistes soient admis dans le parti sans délai. Le petit-bourgeois socialiste et le chef syndical ne feront jamais un national-socialiste, mais le militant communiste, oui.

La parenté profonde du nazisme et du bolchevisme n'a pas grand chose à voir avec le marxisme théorique : question de l'égalité des hommes ou non, le nazisme étant par essence inégalitaire. C'est le nihilisme qui les rapproche : dans le communisme soviétique il y a camouflage des moyens par les fins, hommage du vice à la vertu tandis que le nazisme montre le plus clairement le type de l'idéologie bolchevique souligne Waldemar Gurian dans Bolshewismus als Weltgefahr (1935). Pour lui l'essence du bolchevisme n'est pas dans le marxisme mais dans la priorité absolue donné à l'ordre politique et au façonnement de la société. C'est dans ce sens qu'il faut comprendre la formule de Hitler qui peut paraître étrange : seul un bon communiste peut faire un bon national-socialiste.

Même si la propriété privée ne fut pas abolie par les Nazis, Ludwig von Mises a montré que la propriété effective des moyens de production était aux mains du gouvernement allemand :

Il n'est pas nécessaire de s'attarder sur ce que les nazis avaient réalisé en ce domaine. Ils avaient réussi à éliminer entièrement de la conduite des entreprises la recherche du profit. L'entreprise libre avait disparu dans l'Allemagne nazie. Il n'y avait plus d'entrepreneurs. Ceux qui avaient été entrepreneurs étaient réduits au rôle de Betriebsführer (directeur d'établissement). Ils ne pouvaient diriger comme ils l'entendaient ; ils étaient tenus d'obéir sans réserve aux ordres venus du Bureau Central d'Organisation de la Production, le Reichswirtschaffsministerium, et des organismes qui lui étaient rattachés pour chaque branche et pour chaque région. L’État ne se contentait pas de fixer les prix et les taux d'intérêt à verser et à réclamer, le niveau de la production et les méthodes à utiliser pour la production ; il attribuait un revenu défini à tout directeur d'établissement, le transformant ainsi pratiquement en un fonctionnaire salarié. Pareil système n'avait, à part l'emploi de quelques termes, rien de commun avec le capitalisme et l'économie de marché. C'était simplement le socialisme de type allemand, la Zwangwirtschaff. Il ne différait du modèle russe, système de nationalisation intégrale, étendue à toutes les usines, que dans le domaine technique. Et c'était, évidemment, au même titre que le système russe, un type d'organisation sociale purement autoritaire. (La bureaucratie (en))

Certes, cela n'enlève rien à la responsabilité des grandes entreprises qui presque toutes ont collaboré avec enthousiasme avec les Nazis dès leur prise de pouvoir, sinon avant : Krupp, Thyssen, IG Farben, Messerschmidt, Porsche, etc, tandis que les entreprises aux mains des Juifs subissaient l'"aryanisation" (nom de la spoliation raciste d'alors).

En dehors du domaine économique, le nazisme présente tous les traits du collectivisme de type nationaliste, et ceci dès le début : lois sur la famille, embrigadement dans les organisations de masse, espionnage et surveillance mutuels, réglementation des relations sexuelles, etc.

En conclusion, il n'y a rien d'étonnant à ce qu'il y ait eu la signature du Pacte Germano-Soviétique, le 23 août 1939, prélude à la Deuxième Guerre Mondiale.

Nazisme et fascisme

Au-delà de leur ressemblance formelle (nationalisme, militarisme, une certaine forme de collectivisme), fascisme et nazisme diffèrent sur un certain nombre de points. Le fascisme est avant tout une doctrine de l'Etat (l'Etat prime sur l'individu et même sur le parti), tandis que le nazisme est un pangermanisme doublé d'une théorie raciale, avec des influences darwiniennes et scientistes : l'Etat n'est qu'un instrument au service de l'idéologie.

Le peuple allemand, qui soutint Hitler jusqu'au bout, ignorait dans sa majorité les spécificités de l'idéologie nazie, et voyait Hitler d'abord comme celui qui l'avait délivré de l'humiliation du traité de Versailles (1919).

Certains historiens (tels Dominique Venner) présentent fascisme, nazisme et bolchevisme comme l'aboutissement d'un travail de sape du "virus" nationaliste et jacobin inoculé par la Révolution française, qui devait finir par anéantir au XXe siècle un ordre européen traditionnel fondé sur le droit (jus publicum europaeum), instauré par les traités de Westphalie (1648).

Citations

  • Peu de gens sont prêts à reconnaître que l'ascension du fascisme et du nazisme a été non pas une réaction contre les tendances socialistes de la période antérieure, mais un résultat inévitable de ces tendances. C'est une chose que la plupart des gens ont refusé de voir, même au moment où l'on s'est rendu compte de la ressemblance qu'offraient certains traits négatifs des régimes intérieurs de la Russie communiste et de l'Allemagne nazie. Le résultat en est que bien des gens qui se considèrent très au-dessus des aberrations du nazisme et qui en haïssent très sincèrement toutes les manifestations, travaillent en même temps pour les idéaux dont la réalisation mènerait tout droit à cette tyrannie abhorrée. Il y a aujourd'hui encore une raison plus pressante pour que nous essayions sérieusement de comprendre les forces qui ont créé le national-socialisme ; c'est que cela nous permettra de comprendre notre ennemi et l'enjeu de notre lutte. (Hayek, La Route de la servitude, 1943)
  • Voici bientôt quarante ans qu'un socialisme, qui s'affublait du préfixe décoratif de «national», a mis un terme à la libre circulation en Europe. (Friedrich August von Hayek, prix Nobel 1974)
  • Ces mêmes socialistes qui, aujourd'hui, lancent si facilement leurs reproches de fascisme feraient bien d'être conscients qu'avec leur adoration de l'État universel, la référence permanente au collectif et le mépris de la liberté individuelle, ils sont bien plus proches d'une vision fasciste du monde que nous. Ce n'est pas un hasard si les hordes brunes se sont appelées les "nationaux-socialistes". (Christoph Blocher)
  • Les deux partis adverses, le parti socialiste et le parti national - ou quels que soient les noms qu'ils portent dans les divers pays d'Europe, - sont dignes l'un de l'autre : l'envie et la paresse sont, chez l'un comme chez l'autre, les puissances motrices. (Friedrich Nietzsche, Humain, trop humain, 480)

Liens externes

3835-22604.png Accédez d'un seul coup d’œil au portail consacré au libéralisme politique.