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Melvin D. Barger

De Wikiberal

Melvin D. Barger a été associé à la compagnie Libbey-Owens-Ford et à l'une de ses filiales durant plus de 30 ans. Il était le représentant des relations publiques au moment de sa retraite. Il a été rédacteur en chef de la revue, The Flying A, un magazine publié par la société "Aeroquip Corporation", à Jack­son, dans le Michigan. A la retraite, il est devenu écrivain-consultant, installé dans sa ville de Toledo, dans l'Etat de l'Ohio, aux Etats-Unis. Il a été un contributeur fidèle de la revue, The Freeman, publiée par la Foundation for Economic Education à partir de 1961. Dans son premier article, il fait une comparaison entre la consommation abusive d'alcool et les effets de l'inflation dans l'économie.

Un marché libre de l'éducation qui aille au-delà des chèques d'éducation

Melvin Barger précise en 1980, qu'il n'y a pas meilleur moyen de donner le pouvoir éducatif aux parents que par l'installation d'un marché libre de l'éducation.

L'auteur défie l'argument de certaines personnes qui font valoir qu'un système de "bons d'éducation" (voucher) aiderait à créer un marché libre de l'éducation. Dans ce système, les familles reçoivent de la part de l'Etat ou des collectivités publiques des bons pour des services éducatifs qui sont utilisés pour le paiement de n'importe quelle école accréditée. Milton Friedman, un fervent partisan des programmes des chèques d'éducation, estimait que ce système contribuerait à améliorer l'éducation publique. Les parents et les élèves éviteraient ainsi les écoles de faible qualité éducative ou celles qui ne peuvent pas maintenir l'ordre publique et la sécurité au sein de leur établissement ou aux alentours.

En 1980, Melvin Barger remet en cause la méthode des coupons éducatifs par rapport au système actuel principalement parce qu'il ne s'agit pas d'une approche d'un marché libre de l'éducation. Avec le système des chèques éducation, rien de fondamental ne changerait dans la forme de l'éducation publique. Le gouvernement et les factions politiques continueraient à user de leurs influences pour contrôler les écoles et pour imposer leurs propres normes aux institutions "accréditées". Le système de bons est un paiement tiers. L'étudiant reçoit la subvention plutôt que l'argent de l'impôt soit envoyé directement à l'école. C'est à dire que l'étudiant ou sa famille n'ont d'autres choix que de dépenser le bon pour un service éducatif. Or, cela ne valorise pas nécessairement le service éducatif en lui-même par rapport à d'autres dépenses alternatives. Lorsque une famille dépense directement ses propres revenus pour de l'éducation, elle montre une préférence de valeur considérable à l'ensemble de la société. Le système des chèques d'éducation perturbe le marché en occultant les coûts subjectifs.

L'idée de donner du pouvoir aux parents dans l'école attire l'attention. Cela signifie que les parents devraient avoir une voix dans les décisions de la politique scolaire et pourraient donner leurs avis sur les programmes, le choix des manuels et l'embauche d'enseignants et des administrateurs. Or, certains parents n'ont pas plus de compétence pour gérer une école que dans n'importe quelle autre entreprise. De plus, les professionnels du système scolaire, principalement les dirigeants, veulent que les parents soient uniquement des alliés conformistes, mais sûrement pas des décideurs et des substituts directeurs. Il s'agit d'une illusion du pouvoir.

Melvin Barger présente deux groupes de parents : les conciliateurs et les agressifs. Les conciliateurs aident les écoles avec des campagnes privées de collecte de fonds, des programmes sportifs et des projets de développement spéciaux. Sans s'en rendre compte, ils subventionnent le système scolaire public avec du travail et des services qui, autrement, devraient être fournis par tous les contribuables. Il existe une autre catégorie de parents qui utilise des tactiques agressives pour changer les écoles publiques. Ce groupe est composé de personnes critiques qui croient que ceux qui n'appartiennent pas à leur groupe ont constamment besoin d'intimidation et de harcèlement pour exécuter leurs exigences. Ils utilisent la tactique des organisateurs syndicaux et des manifestants radicaux et violents. En règle générale, leurs tactiques abrasives réussissent à forcer certains changements dans les politiques scolaires, alors ils croient à tort qu'ils ont réussi à exercer un pouvoir parental. Tout ce qu'ils ont fait, cependant, c'est d'imposer, par la violence, leurs propres opinions et valeurs, souvent sans le consentement des autres personnes. Ce groupe n'utilise pas seulement la force physique mais aussi la mauvaise foi et la malhonnêteté intellectuelle en faisant de l'école publique un temple laïc et sacré. Leur manipulation est si efficace qu'elle occupe désormais une niche inamovible dans la conscience collective avec l'argument fallacieux que seule l'école publique assure à chacun un niveau d'alphabétisation de base, qu'elle seule enseigne la démocratie et permet l'égalité dans notre société. Pour ce groupe de parents agressifs, l'école privée ne saurait pas apporter le Droit à l'éducation à chaque enfant. Leur sempiternel slogan est : "Plus d'argent public et plus de recrutements publics !".

Alors, que se passe-t-il dans un système de libre marché ? demande Melvin Barger. Les parents, en tant que clients d'un magasin, ne s'intéressent pas à la direction du magasin tant que les biens et les services correspondent à leurs besoins à des prix raisonnables. Si le magasin ne parvient pas à le faire, les clients n'exigent pas un rôle dans la gestion du magasin. Ils transfèrent simplement leurs achats dans un autre magasin qu'ils jugent plus satisfaisant. Pendant ce temps, la direction qui n'a pas réussi à leur plaire est finalement remplacée par des personnes qui peuvent faire plus d'efforts pour les récupérer.

La croissance des écoles privées est étonnante compte tenu du fait que les élèves ont la possibilité de fréquenter les écoles publiques sans payer de frais de scolarité. Pourquoi un tel choix économiquement illogique ? Melvin Barger fait la comparaison avec le secteur automobile. C'est comme si le gouvernement construisait des voitures gratuites pour tout le monde, nous dit l'auteur libéral. Mais, ce constructeur continue à perdre de l'argent avec des moyens de transport qui n'attirent pas tout le monde et les acheteurs potentiels se détournent vers des producteurs privés qui pratiquent les prix véritables du marché. Cette croissance de l'enseignement privé est gênante pour le système éducatif public, et elle soulève de futures suggestions sur la faisabilité d'un système privé de l'éducation pour tout le monde.

Publications

  • 1996, “From Leonard Read: A Legacy of Principles”, The Freeman, May, pp355–359