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Peace and Freedom Party

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Le Peace and Freedom Party (PFP) incarne l'une des tentatives les plus ambitieuses de la gauche radicale américaine pour s'imposer sur la scène politique institutionnelle. Né en 1967 dans le bouillonnement contestataire de la guerre du Vietnam et du mouvement des droits civiques, ce parti californien a su, en quelques mois, s'imposer comme une force électorale crédible, rassemblant des militants socialistes, pacifistes, féministes et écologistes autour d'un projet de société alternative. Son histoire singulière, marquée par des alliances inattendues avec des figures du libertarianisme comme Murray Rothbard, illustre la recomposition des clivages politiques à la fin des années 1960 et témoigne de la volonté de construire un contre-pouvoir populaire, à la fois dans les urnes et dans la rue.

Genèse et identité d'un parti issu des mouvements contestataires

Fondé le 23 juin 1967 en Californie, le Peace and Freedom Party (PFP) naît dans le creuset des grands mouvements de contestation qui secouent les États-Unis à la fin des années 1960. Il est le fruit direct de la convergence entre le mouvement pour les droits civiques et le puissant courant d'opposition à la guerre du Vietnam. Sa création intervient dans un contexte d'effervescence politique : le président Johnson intensifie l'engagement militaire en Asie du Sud-Est, tandis que des manifestations de grande ampleur, comme celle du 23 juin 1967 devant l'hôtel Century Plaza à Los Angeles, rassemblent des dizaines de milliers d'Américains hostiles à la guerre.

Le PFP se distingue immédiatement par sa capacité à mobiliser et à s'imposer sur la scène politique californienne. Dès janvier 1968, à peine quelques mois après sa fondation, le parti franchit une étape décisive en enregistrant plus de 105 000 électeurs, ce qui lui permet de figurer officiellement sur les bulletins de vote[1]. Ce succès électoral précoce, salué par la presse, témoigne de l'aspiration d'une partie de la population à une alternative radicale au système bipartisan. La convention fondatrice du parti se tient en mars 1968 à Richmond, en Californie, et y adopte sa première plate-forme politique.

L'identité du Peace and Freedom Party est fondamentalement ancrée à gauche de l'échiquier politique américain. Son idéologie se revendique du socialisme, de l'écologie, du féminisme, de la démocratie radicale et de l'antiracisme. Le parti se définit comme le représentant de la classe ouvrière et de ceux qui ne détiennent pas de capital dans une société capitaliste. Il aspire à un monde où la coopération remplacerait la compétition, où tous les individus auraient un statut égal et pourraient librement développer leurs talents. La vision du PFP est donc celle d'une transformation profonde de la société, dépassant le simple cadre des réformes électorales. Le parti estime d'ailleurs que ses objectifs ne peuvent être atteints par les seuls moyens électoraux et prône l'action directe, l'organisation de masse et la création d'institutions alternatives.

Cette volonté de rupture avec l'ordre établi se manifeste sur le terrain par des actions concrètes. Le PFP s'engage dans des luttes communautaires, comme la défense des habitants à bas revenus de Venice, à Los Angeles, contre un projet de rénovation qui menaçait de les déloger. Il fonde également des cliniques médicales gratuites pour les populations défavorisées, comme la Long Beach Free Clinic, et soutient la création de journaux communautaires tels que le Free Venice Beachhead. Cette dimension d'organisation populaire et de contre-pouvoir est centrale dans l'approche du PFP.

La période 1968-1972 constitue l'âge d'or du Peace and Freedom Party sur le plan électoral et militant. En 1968, le parti connaît une expansion nationale en parvenant à faire figurer des tickets présidentiels, menés par Eldridge Cleaver[2], figure des Black Panthers, ou Dick Gregory[3], sur les bulletins de vote d'une vingtaine d'États. La même année, le PFP lance avec succès une initiative pour abaisser l'âge du vote à 18 ans, mesure qui sera finalement adoptée au niveau fédéral[4]. Ce combat pour l'extension des droits civiques s'inscrit dans la dynamique des mouvements de l'époque.

L'année 1970 voit le PFP consolider son ancrage californien. Ses candidats aux postes de procureur de district ou de procureur général obtiennent des scores significatifs, dépassant parfois les 400 000 voix. La dynamique s'accélère en 1971 lorsque l'abaissement de l'âge du vote, porté par le mouvement initié par le PFP, fait tripler ses effectifs, passant de 21 500 à plus de 58 000 électeurs inscrits, dont une majorité de jeunes de moins de 21 ans dans certains comtés. Sur le plan national, le PFP participe à la fondation du People's Party, une coalition de partis de gauche, et présente en 1972 le célèbre pédiatre et militant anti-guerre Benjamin Spock[5] comme candidat à la présidence.

Un parcours militant surfant sur des alliances

L'histoire du Peace and Freedom Party présente également une singularité : sa brève et paradoxale association avec l'économiste Murray Rothbard, figure majeure du libertarianisme et de l'anarcho-capitalisme. Membre du PFP avant de rejoindre le Parti Libertarien en 1974[6], Rothbard cherchait dans les années 1960 à établir des ponts avec la "Nouvelle Gauche" anti-guerre, qu'il jugeait plus cohérente que le mouvement conservateur, qu'il considérait comme inféodé à l'establishment étatique. Il fonda avec Karl Hess la revue Left and Right: A Journal of Libertarian Thought (1965-1968), qui tentait de synthétiser les approches libertaire de gauche et libertariennes de droite sur des sujets comme la guerre, l'impérialisme et les libertés civiles.

Le récit de Rothbard dans son chapitre "The Later 1960s: The New Left" de The Betrayal of the American Right confirme que la fondation de Left and Right avait un double objectif : "influencer les libertariens à travers le pays à rompre avec la droite et à s'allier avec la Nouvelle Gauche émergente". Il souligne également que la Nouvelle Gauche, dans son ensemble, était "vague" idéologiquement, ce qui la rendait attractive pour les libertariens, et que des figures comme Paul Goodman partageaient des critiques libertariennes sur l'éducation, comparables à celles d'Albert Jay Nock.

L'opportunité du PFP et la stratégie d'entrisme des Libertariens rothbardiens

Lorsque le PFP décide d'étendre son activité à l'État de New York pendant la campagne présidentielle de 1968, Rothbard y voit une occasion politique exceptionnelle. Le programme initial du parti, ne reposant que sur deux points (retrait immédiat du Vietnam et une déclaration vague en faveur de la paix), ne lui paraît imposer aucun engagement étatiste. C'est pourquoi l'ensemble de son groupe libertarien new-yorkais décide d'adhérer au PFP, espérant y défendre une lecture libertarienne du non-interventionnisme.

Cette stratégie d'entrisme se concrétise par une implantation massive au sein du Faculty Club. Rothbard raconte dans The Betrayal of the American Right que le PFP était structuré autour de clubs, dont un Faculty Club. "Comme il y avait très peu de professeurs d'université à proprement parler dans ce parti très jeune, le PFP a généreusement élargi la définition de 'corps enseignant' pour inclure les étudiants diplômés. Et voilà ! Sur cette base, sur environ 24 membres du Faculty Club, presque exactement la moitié étaient nos gens : des libertariens, dont moi-même, Leonard Liggio, Joe Peden, Walter Block et son épouse Sherryl, et Larry Moss"[7]. Le Faculty Club disposant de deux représentants à l'Assemblée des délégués, Rothbard obtient l'un de ces sièges, se retrouvant ainsi, quelques jours seulement après son adhésion, au cœur des instances dirigeantes du nouveau parti.

L'alliance tactique avec le Progressive Labor

Cette implantation lui permet de nouer une alliance tactique avec la fraction maoïste du Progressive Labor Party (PLP)[8], qui contrôlait la puissante West Side Club[9]. Rothbard décrit lui-même cette coopération comme une alliance « hautement utile » pour les deux camps[10].

« Ce que le PL y gagnait, c'était une couverture pour son recrutement, puisque personne ne pouvait évidemment nous qualifier, nous les antisocialistes virulents, d'hommes de main du Progressive Labor. Ce que nous y gagnions, c'était le ferme soutien du PL à une plateforme idéologique — adoptée par notre caucus commun — qui était probablement la plus libertarienne de tout parti politique depuis l'ère de la démocratie de Cleveland. »[11]

Cette alliance contre-nature était rendue possible par l'existence d'un adversaire commun : la fraction trotskiste des International Socialists (Draperites), qui contrôlait la direction du PFP. Rothbard précise que le PFP était dirigé par les "Draperites"[12] – des trotskistes schachtmanistes[13] – qui s'alliaient à "un ramassis de socialistes, pacifistes, hippies drogués et libertaires de gauche".

L'anecdote de Jake Rosen, responsable de la fraction maoïste, illustre parfaitement cette mécanique. Lorsque ses camarades du PL, qu'il qualifiait lui-même de « robots », s'interrogeaient sur la signification de la « liberté absolue du commerce », Rosen justifiait cette mesure par la nécessité d'une « coalition antimonopole », trouvant ainsi un habillage idéologique acceptable pour des maoïstes[14]. Rothbard ajoute que Rosen "était l'exception" parmi les maoïstes, "brillant, joyeux, spirituel, et décidément non robotique".

Cette expérience, bien que de courte durée, illustre la complexité des reconfigurations politiques de l'époque, où des figures issues de traditions opposées pouvaient se retrouver sur des bases communes de rejet de l'État et de l'impérialisme.

La conquête du PFP en Californie (1974)

La stratégie d'entrisme ne se limite pas à New York. Sur la côte Ouest, elle est menée par Eric Garris, figure majeure du mouvement libertarien. Garris, né en décembre 1953, avait commencé sa carrière politique à gauche, comme organisateur pour le SDS (Students for a Democratic Society) et comme membre actif du PFP. En 1972, il devient Vice-Président du PFP pour la Californie du Sud[15]. Converti au libertarianisme vers 1973, il demeura extrêmement loyal envers Rothbard et son programme[16].

Garris initie alors une faction libertarienne au sein du PFP de Californie, convertissant plusieurs militants à ses idées. Cette faction remporte la primaire PFP pour le poste de gouverneur en juin 1974, avec Elizabeth Keathley comme candidate. La convention d'État qui s'ensuit voit les libertariens prendre le contrôle du comité central du PFP de Californie, que le Secrétaire d'État reconnaît comme l'entité légale du parti.

La nouvelle plateforme du PFP de Californie, co-rédigée par Bill Evers, un proche de Rothbard, est ouvertement libertarienne et rothbardienne[17]. Elle inclut des mesures comme l'abolition de tous les impôts, de la Réserve fédérale, des lois sur le cours légal du dollar et la fin des contrôles des prix et des salaires. La candidate Keathley reçoit 74 000 voix, bénéficiant d'une couverture médiatique importante.

Cette conquête temporaire du PFP de Californie par les libertariens constitue l'aboutissement de la stratégie d'entrisme initiée par Rothbard à New York. Elle démontre la capacité des libertariens à s'emparer des structures d'un parti de gauche pour y promouvoir leurs idées, même si cette conquête fut de courte durée. Garris quitta le PFP après 1975, Rothbard ayant décidé de se lancer dans une nouvelle stratégie en se tournant vers le Parti Libertarien.

Le bilan que Rothbard tire de l'expérience du PFP est nuancé. Il reconnaît que l'alliance avec la Nouvelle Gauche fut "une expérience" qui lui permit de sortir de son isolement politique. Mais il constate aussi que les jeunes libertariens engagés dans cette alliance furent souvent absorbés par la gauche radicale, abandonnant leurs principes. Il en tire la leçon qu'un mouvement libertarien doit d'abord se constituer comme "un cadre conscient" (self-conscious movement) avec un programme d'éducation interne, avant de pouvoir conclure des alliances durables.

L'héritage d'une stratégie et ses questionnements contemporains

Avec le temps, le Peace and Freedom Party a perdu de son influence nationale pour se concentrer sur la Californie, où il demeure une force politique minoritaire mais active. En 2025, il comptait encore plus de 147 000 électeurs inscrits[18]. Son existence témoigne de la persistance, au sein du système politique américain, d'un courant socialiste radical issu des contestations des années 1960, dont les thèmes – justice sociale, écologie, féminisme, opposition à l'impérialisme – continuent de résonner dans les débats contemporains.

L'expérience de Rothbard et de ses disciples au sein du Peace and Freedom Party soulève une question qui traverse encore aujourd'hui les débats stratégiques du mouvement libertarien : l'entrisme dans un parti de gauche partageant quelques idées communes avec le libertarianisme constitue-t-il une stratégie encore pertinente ?

D'un côté, l'histoire du PFP semble offrir des arguments en faveur de cette approche. Rothbard a démontré qu'il était possible de s'implanter dans une organisation de gauche (même anti-capitaliste et anti-marché), d'y gagner une influence institutionnelle et d'y faire adopter une plateforme résolument libertarienne. La conquête temporaire du PFP de Californie en 1974 illustre la capacité des libertariens à tirer parti d'un programme initial suffisamment vague pour y faire pénétrer leurs idées. L'existence de thèmes communs – opposition à la guerre, rejet de l'impérialisme, défiance envers l'État – peut servir de pont pour des alliances tactiques.

D'un autre côté, les limites de cette stratégie sont tout aussi évidentes. Rothbard lui-même reconnut que les libertariens étaient trop peu nombreux et insuffisamment organisés pour influencer durablement une coalition dominée par des militants socialistes expérimentés. La découverte que le PFP était largement contrôlé par des trotskystes, et que plusieurs jeunes libertariens finirent par abandonner le libertarianisme au profit de la gauche radicale, constitua pour lui une leçon amère. L'expérience renforça sa conviction qu'un mouvement libertarien ne peut conclure des alliances durables qu'à partir d'une identité doctrinale autonome et d'institutions propres[19].

Aujourd'hui, le contexte politique a profondément changé. La guerre du Vietnam n'est plus le catalyseur qu'elle fut, et les clivages politiques se sont recomposés. Les mouvements de gauche contemporains, du socialisme démocratique à l'écosocialisme, ne partagent guère avec le libertarianisme autre chose qu'une méfiance commune envers l'État interventionniste. Les thèmes qui unissaient Rothbard et les maoïstes – l'opposition à l'impérialisme – ne suffisent plus à masquer des divergences fondamentales sur la propriété privée, le marché et le rôle de l'État.

Pourtant, des voix s'élèvent encore pour défendre l'idée d'alliances tactiques avec la gauche sur des questions spécifiques, comme la surveillance étatique sur la vie privée, les guerres ou les libertés civiles. L'expérience d'Antiwar.com, co-fondée par Eric Garris en 1995, témoigne de la persistance d'un front commun anti-impérialiste entre libertariens et gauchistes. Mais cette coopération se fait désormais davantage sur le terrain des idées et de l'information que sur celui des partis politiques.

La question reste ouverte : l'entrisme dans un parti de gauche est-il une stratégie toujours viable, ou bien le temps des coalitions tactiques avec des adversaires idéologiques est-il révolu ? L'histoire du Peace and Freedom Party offre des éléments de réponse contradictoires : elle montre à la fois les opportunités offertes par ce type d'alliance et ses limites structurelles. Elle illustre surtout la difficulté, pour un mouvement minoritaire, de préserver son identité doctrinale tout en s'engageant dans des coalitions avec des forces hostiles au marché et à la propriété privée.

Ce que l'expérience du PFP enseigne, c'est que l'efficacité d'une telle stratégie dépend de trois conditions : la présence d'un ennemi commun suffisamment menaçant pour justifier l'alliance, l'existence d'un programme initial suffisamment ouvert pour permettre l'infiltration, et surtout, la capacité à maintenir une identité et des institutions propres qui empêchent l'absorption par des forces idéologiquement plus organisées. Ces conditions sont-elles réunies dans le paysage politique du XXIe siècle ? La question demeure, et l'histoire du Peace and Freedom Party continue d'alimenter les débats stratégiques du mouvement libertarien.

Informations complémentaires

Notes et références

  1. "Peace and Freedom Party", Wikipedia En
  2. Eldridge Cleaver (1935-1998) est un écrivain et militant afro-américain, figure marquante du Black Panther Party, dont il fut le Ministre de l'Information. Son recueil d'essais, Soul on Ice (1968), a exercé une influence majeure sur le mouvement Black Power. Bien qu'âgé de seulement 33 ans, donc inéligible à la présidence, il fut le premier candidat virtuel du Peace and Freedom Party à l'élection présidentielle de 1968. Il se présentait sur un programme de soutien à la libération des personnes de couleur et pour un retrait immédiat du Vietnam. Cette candidature, bien que symbolique, a contribué à la notoriété nationale du jeune parti. Après son exil pour échapper à la justice et son retour aux États-Unis, Cleaver a opéré un virage politique et religieux radical, devenant un chrétien né de nouveau et un soutien de Ronald Reagan
  3. Dick Gregory (1932-2017) est un humoriste et militant des droits civiques afro-américain, figure marquante de la contestation des années 1960. Il fut candidat à la présidence en 1968, initialement sous l'étiquette du Peace and Freedom Party. Cependant, il perdit la nomination du parti face à Eldridge Cleaver lors de la convention de nomination. La situation fut d'autant plus loufoque que Cleaver lui-même était inéligible à la présidence car il n'avait pas l'âge requis par la Constitution (35 ans). Refusant cette défaite, Gregory quitta le PFP et fonda son propre parti, en créant la confusion d'inversion des noms, le Freedom and Peace Party, sous lequel il se présenta à l'élection générale, principalement par le biais d'écritures "write-in" sur les bulletins de vote. Il recueillit 47 097 voix. Son livre Write Me In! (1968) raconte sa campagne. Il fut également candidat à la mairie de Chicago en 1967 et a mené de nombreuses actions pour les droits civiques, le pacifisme et la lutte contre la faim.
  4. La majorité électorale désigne l'âge auquel un citoyen acquiert le droit de vote, fixé uniformément à 18 ans aux États-Unis par le XXVIe Amendement de la Constitution (1971). La majorité civile, en revanche, correspond à l'âge auquel une personne est légalement considérée comme un adulte et peut exercer pleinement ses droits civils (signer des contrats, se marier sans consentement parental, ester en justice, etc.). Cette dernière est déterminée par chaque État fédéré et peut varier : elle est généralement fixée à 18 ans, mais certains États l'établissent à 19 ans (Alabama, Nebraska) ou 21 ans (Mississippi). Ainsi, un jeune Américain de 18 ans peut voter dans tout le pays sans être pour autant reconnu comme un adulte à part entière dans son État de résidence. Cette distinction juridique, bien que subtile, reflète la répartition des compétences entre le gouvernement fédéral et les États fédérés.
  5. Benjamin Spock (1903-1998) est un pédiatre et auteur américain, célèbre pour son livre à succès Baby and Child Care (1946), qui a révolutionné les méthodes d'éducation des enfants en vendant plus de 50 millions d'exemplaires. Figure majeure de l'opposition à la guerre du Vietnam, il fut poursuivi en 1968 pour avoir encouragé la résistance à la conscription, avant que sa condamnation ne soit annulée en appel. En 1972, il est le candidat à la présidence du People's Party, une coalition de partis de gauche réunissant notamment le Peace and Freedom Party, et reçoit 78 759 voix. Sa candidature s'inscrit dans la dynamique des mouvements pacifistes et écologistes, bien qu'elle n'ait pas rencontré un grand succès électoral.
  6. LPedia, Murray Rothbard.
  7. Murray Rothbard, The Betrayal of the American Right, chapitre 14, p197
  8. Le Progressive Labor Party (PLP) est un parti politique communiste américain, fondé en janvier 1962 sous le nom de Progressive Labor Movement avant d'adopter son nom actuel en 1965. Il naît d'une scission avec le Parti communiste des États-Unis (CPUSA), dont les dissidents reprochaient à la direction d'avoir trahi le communisme en adoptant des positions jugées "révisionnistes" et en renonçant à la révolution. Le PLP est souvent décrit comme un parti maoïste car il suivait alors la ligne idéologique du Parti communiste chinois, en opposition à l'Union soviétique considérée comme "étatiste et révisionniste". Il s'est illustré durant les années 1960 et 1970 par son rôle actif dans le mouvement anti-guerre du Vietnam, notamment à travers sa faction Worker Student Alliance, qui était en compétition au sein de l'organisation étudiante SDS (Students for a Democratic Society). L'alliance tactique que Rothbard noua avec le PL au sein du Peace and Freedom Party était un mariage de raison, de courte durée, fondé sur des intérêts mutuels et un ennemi commun : la direction trotskiste du PFP. Rothbard y voyait un moyen d'obtenir une plateforme libertarienne et de peser dans les instances du parti, tandis que le PL y trouvait une "couverture" pour ses opérations de recrutement.
  9. Le West Side Club est une section locale du Peace and Freedom Party à New York, située dans le quartier de l'Upper West Side de Manhattan. Elle était contrôlée par le Progressive Labor Party (PL), qui en faisait un outil de recrutement pour ses propres rangs. Rothbard y noua son alliance tactique avec les maoïstes du PL. Le PFP était structuré autour de clubs locaux, comme ce West Side Club, ou professionnels comme le Faculty Club
  10. Murray Rothbard, The Betrayal of the American Right, chapitre 14
  11. Murray Rothbard, The Betrayal of the American Right, p. 198.
  12. Ce courant trotskiste était dirigé par Hal Draper (1914-1990), un socialiste américain bien connu. Il était le fondateur et l'éditeur du Labor Action et du New International, et il a développé une tendance appelée le « Trotskisme du Troisième Camp », qui rejetait à la fois le capitalisme américain et le stalinisme soviétique
  13. Les « trotskistes schachtmanistes » désignent les partisans de Max Shachtman (1904-1972), un dirigeant trotskiste américain qui rompit avec le Socialist Workers Party (SWP) en 1940 pour fonder le Workers Party (WP). Shachtman et ses partisans rejetaient l'idée que l'URSS stalinienne fût un « État ouvrier dégénéré » (position de Trotsky) et la considéraient comme une nouvelle forme de société de classe, un « collectivisme bureaucratique ». Ils prônaient un « troisième camp » opposé à la fois au capitalisme américain et au stalinisme soviétique, avec le slogan « Ni Washington ni Moscou ». Contrairement à Trotsky, qui appelait à défendre l'Union soviétique contre l'impérialisme, les shachtmanistes estimaient que la politique stalinienne était impérialiste et que sa défaite servirait les intérêts de la classe ouvrière internationale. Ce courant évolua dans les années 1950-1960. En 1958, le Workers Party fusionna avec le Socialist Party of America. En 1964, des anciens membres du Workers Party, menés par Hal Draper, fondèrent l'Independent Socialist Club à Berkeley, qui donna naissance en 1968 aux International Socialists (IS). Ce groupe fut l'une des forces majeures du Peace and Freedom Party, contrôlant notamment sa direction à la fois en Californie et à New York, où ils s'opposèrent à la fois aux maoïstes du Progressive Labor et aux libertariens de Rothbard.
  14. Murray Rothbard, The Betrayal of the American Right
  15. LPedia, Eric Garris
  16. Eric Garris, article sur wikipedia en.
  17. Antiwar.com, The Triumphant Return from Iraq of The Once-Great Libertarian, 2004
  18. "Peace and Freedom Party", Wikipedia En
  19. Murray Rothbard, The Betrayal of the American Right, cité par EconomicPolicyJournal.com, 2011.