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Anthony Giddens

De Wikiberal
Anthony Giddens
Sociologue

Dates Né en 1938
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Tendance Libéral de gauche
Origine Royaume-Uni Royaume-Uni
Articles internes Liste de tous les articles

Citation
inter lib.org sur Anthony Giddens

Anthony Giddens, né le 18 janvier 1938 à Londres, est un sociologue britannique, professeur de sociologie à l'université de Cambridge. Il est connu pour sa théorie sur la structuration. Avec Tony Blair (premier ministre britannique de 1997 à 2007), Anthony Giddens a défendu une révision des social-démocraties qu'il conceptualisa sous le terme de troisième voie (The Third Way).

L'ambition de Giddens est à la fois de revenir sur une théorie sociale et de faire le procès de notre compréhension des développements et trajectoires de la modernité. "Capitalisme et Théorie Sociale Moderne" (1971) et "la structure de classe des sociétés avancées" (1981) sont deux livres utiles qui résument très bien la théorie sociologique classique (Karl Marx, Max Weber, Émile Durkheim, Goffman, Simmel, Parsons). La Constitution de la société (1984) est un livre plus théorique qui présente et développe sa théorie de la structuration.

Sommaire

La théorie de la structuration

La théorie de la Structuration étudie la manière dont les systèmes sociaux sont produits et reproduits dans l'interacton sociale à travers le temps et l'espace des acteurs impliqués. Pour Anthony Giddens, "les acteurs ne sont pas intrinsèquement prédisposés à soutenir une motivation ou une réflexion existentielle sur le sens de leur conduite à chaque instant de leur vie quotidienne"[1]. Au contraire, une "conscience discursive" apparaît à des moments critiques - attendus ou inattendus. Dans ces circonstances, "les acteurs mobilisent leurs efforts et concentrent leurs réflexions sur les réponses aux problèmes qui vont diminuer leur anxiété, et, à terme, ils apportent des changements sociaux"[2]. Aussi, Anthony Giddens ne minimise pas la conscience subjective comme source de sens et d'action, mais il reconnaît l'importance de la praxis en vue d'expliquer une grande partie de l'action et de l'interaction sociale.

L'homme [l'agence humaine] et la structure sociale ne sont pas deux notions ou des constructions séparées. Mais, ce sont deux manières de considérer l'action sociale. Il existe une dualité des structures. D'un côté, il y a des acteurs qui entreprennent une action et une interaction sociale en obtenant des connaissances de leurs activités dans les différentes situations. Dans le même temps, il existe des règles, des ressources et des relations sociales qui sont produites et reproduites dans l'interaction sociale. Anthony Giddens fait du temps et de l'espace deux aspects centraux de la vie sociale. En particulier, il souligne que l'espace, la proximité ou la distance et comment ceux-ci sont médiatisés par la technologie et les structures sociales - ainsi que le temps, la continuité et la discontinuité interfèrent dans l'organisation d'activités. Tout être vivant continue d'exister dans une vie locale, et les contraintes du corps humain veillent à ce que tous les individus, à chaque instant, sont situés contextuellement dans le temps et dans l'espace. Il ajoute que nos concepts et notre compréhension du temps et l'espace, ainsi que leurs implications matérielles, ont changé de façon spectaculaire au cours des dernières années.


L'action sociale est une conduite adoptée (une énaction) constituée de pratiques sociales, de production locale de praxis et de reproduction de pratiques générales. En conséquence, l'action sociale et l'interaction sont des "pratiques adoptées tacitement" qui deviennent des institutions ou des routines et qui «reproduisent des formes familières de la vie sociale» [3]. La base d'études en sciences sociales, n'est donc ni l'étude de l'expérience de chaque acteur, ni l'existence d'une forme sociale en totalité, mais l'étude des pratiques sociales classées dans l'espace et dans le temps. Les activités sociales de l'homme, comme certains actes d'auto-reproduction dans la nature, sont récursives. C'est-à-dire, qu'elles ne sont pas mises en place par les acteurs sociaux, mais elles sont sans cesse recréés par eux lorsqu'ils s'expriment en tant qu'acteurs sociaux. Dans le cadre de leurs activités, les individus reproduisent les conditions qui rendent possibles ces activités. C'est la répétition continuelle de l'action sociale et de l'interaction assez régulière et habituelle qui constituent ce que semblent être les plus grandes formes sociales, les institutions. En particulier, la théorie de la structuration est différente de l'analyse d'Émile Durkheim qui accentuent sur les faits sociaux externes et coercitifs. Pour Anthony Giddzns, les structures ou les institutions ne sont pas situées en dehors de l'action sociale, mais elles existent seulement en raison de l'action sociale.

Lorsqu'il y a rupture de la pratique durable, des routines ou de l'habitude, que ce soit en raison de l'évolution des conditions extérieures, de la pensée ou de la réflexion de l'acteur, alors il existe des possibilités d'évolution au-delà du cadre individuel. Lorsque celles-ci sont associées à plus d'un seul acteur, sur une échelle plus large, en nombre, sur l'espace et dans le temps, alors de tels changements individuels peuvent être connectés au changement social.

L'apport à la théorie de l'organisation

Systèmes et structures, sont des concepts étroitement liés dans la théorie de la structuration. Les systèmes sont des modes de relations dans les groupements de toutes sortes, comme les petits groupes intimes, les réseaux de solidarité, la famille, les groupes de pairs, les communautés, les grandes organisations ou les villes. Ils sont constitués par de multiples formes d'action sociale et d'interaction. Allant beaucoup plus loin que le sociologue Erving Goffman qui fait référence à des "médiations" comme formes de rencontres et d'interaction en face-à-face, Anthony Giddens met en avant le développement et l'expansion des moyens de communication et de transport pour faciliter les rencontres. Les réseaux liés à la communication électronique ou imprimée, ou parfois les réunions liées aux conventions ou aux conférences sont des exemples de systèmes qui sont devenus fréquents dans nos entreprises.

A partir de cette analyse de la dualité dans la structuration, un certain nombre de chercheurs ont commencé à analyser l'impact des TIC (technologies de l'Information et de la Communication) comme systèmes de coordination dans les organisations ainsi que sur les effets organisationnels de ces évolutions technologiques(D. Autissier, G. De Sanctis, Cécile Godé-Sanchez, W. Orlikowski, M. Poole, J. Rojot). Les structures chez Anthony Giddens apportent trois types de qualité :

  1. La signification. Les structures reposent sur des règles qui donnent aux acteurs la possibilité de construire du sens. Ces règles constituent des schémas partagés par les acteurs leur facilitant l'interprétation et la communication dans leur situation d'espace, de temps, d'action et d'interaction.
  2. La domination. Les acteurs exercent un pouvoir sur les objets (ressources d’allocation) et sur les personnes (ressources d’autorité). Par l'intermédiaire des structures, les acteurs organisent leurs relations de pouvoir
  3. La légitimation. L'existence des structures est soutenue par des normes, des règles, des codes moraux et de conventions. Elles permettent aux acteurs de se situer soit en les habilitant dans le respect de l'ordre établi soit en les contraignant par des sanctions.

Les propriétés des structures s’institutionnalisent avec la récursivité des actions, c'est-à-dire qu’elles entrent dans un processus de structuration qui deviennent durables. La technologie est considérée comme une construction sociale. D’un côté, elle est modelée par les usages et, de l’autre, les propriétés structurelles qu’elle intègre affectent directement ces usages, contribuant à produire et reproduire certaines des propriétés structurelles du système. [4]. Les énactions ou conduites adoptées par les acteurs sont identifiées par W. Orlikowski en trois formes sucessives d'évolution : l’inertie, l’application et le changement.

Y. Giordano, en 1998, fait appel à la théorie de la structuration d'Anthony Giddens, en plaçant les pratiques discursives et communicationnelles au coeur de l'étude des organisations. Grâce à la notion de dualité des structures, il montre l'articulation dynamique qui existe entre les situations de simple co-présence et les institutions plus étendues pour produire et reproduire la continuité sociale. De ce point de vue, les micro-processus que constituent les conversations les plus ordinaires contribuent de manière routinière à la reproduction des systèmes sociaux plus larges dans lesquelles elles sont intégrées.

Notes et références

  1. 1984, The Constitution of Society: Outline of the Theory of Structuration. Berkeley, University of California Press, p134
  2. 1984, The Constitution of Society: Outline of the Theory of Structuration. Berkeley, University of California Press, p134-135
  3. 1984, The Constitution of Society: Outline of the Theory of Structuration. Berkeley, University of California Press, p131
  4. 2007, Cécile Godé-Sanchez, TIC et évolution des mécanismes de coordination dans les organisations : une analyse du cas des Armées américaines à partir de l’approche structurationniste, XVIème Conférence Internationale de Management Stratégique, p7

Œuvres

  • 1971, Capitalism and Modern Social Theory - (titre original)
  • 1976, New Rules of Sociological Method, Hutchinson of London
  • 1979,
    • a. Central Problems in Social Theory: Action, structure and contradiction in social analysis. London: Macmillan
    • b. Schütz and Parsons: Problems of Meaning and Subjectivity, Contemporary Sociology, 8(5), pp682-685
      • Traduit en espagnol en 1999, “Schutz y Parsons: Problemas del Sentido y la Subjetividad”, In: Perla Aronson et Horacio Conrado, dir., La teoría social de Anthony Giddens, Eudeba, Buenos Aires
  • 1980, The Constitution of Society, Berkeley: University of California Press
    • Nouvelle édition en 1984, The Constitution of Society: Outline of the Theory of Structuration. Berkeley, University of California Press
      • Traduit en français en 1987
  • 1981, Contemporary Critique of Historical Materialism, Berkeley: University of California Press
  • 1984, The constitution of society: Outline of the theory of structuration. Los Angeles & Berkeley: University of California Press
  • 1985, Marx’s correct views on everything, Theory and Society, 2, pp167–174
  • 1986, Action, subjectivity, and the constitution of meaning, Social Research, 53, pp529-45
  • 1990, The consequences of modernity. Cambridge: Polity Press
    • Nouvelle édition en 1991, Oxford: Polity press
    • Traduit en français en 1994, Les conséquences de la modernité, Paris: L’Harmattan
      • Nouvelle édition en 2002
  • 1991, Modernity and self-identity: self and society in the late modern age, Cambridge: Polity Press
  • 1992,
    • a. The Transformation of intimacy : sexuality, Love and eroticism in modern societies
      • Traduction en français en 2004, La Transformation de l'intimité
    • b. Modenity and Self-Identity, Cambridge: Polity Press
  • 1994, avec U. Beck et S. Lash, Reflexive modernisation: politics, tradition and aesthetics in the modern social order, Cambridge: Polity Press
  • 1998, avec Tony Blair, The Third Way
    • Traduction en français en 2002, La troisième voie : le renouveau de la social-démocratie,
  • 1999, “Schutz y Parsons: problemas del 2. sentido y la subjetividad”, In: Perla Aronson et Horacio Conrado, dir., La teoría social de Anthony Giddens, Buenos Aires: Eudeba
  • 2002, Runaway World – How Globalisation is Reshaping our Lives, Profile Books, London

Littérature secondaire

  • 1980, D. Ranson, B. Hinings et R. Greenwood, The structuring of organization structures, Administrative Science Quarterly, 25, pp1-17
  • 1982, Margaret Archer, Morphogenesis versus structuration: on combining structure and action, British Journal of Sociology, Vol 33, n°4, pp455-483
  • 1985, A. Callinicos, "A. Giddens: A contemporary critique", Theory and Society, 14, pp133-166
  • 1989,
    • N. Mouzelis, Restructuring structuration theory, Sociological Review, Vol. 37, pp613-635
    • J. Thompson, The theory of structuration, In: D. Held et J. Thompson, dir., Social Theory of Modern Societies: Anthony Giddens and His Critics, Cambridge University Press, Cambridge
  • 1990, N. Macintosh et R. Scapens, Structuration theory in management accounting, Accounting Organisations and Society, Vol. 21, pp455-477
  • 1991,
    • C. Bryant et D. Jary, dir., Giddens' Theory of Structuration: A Critical Appraisal, Routledge, London
    • J. Urry, Time and space in Giddens’ theory of structuration, In: C. G. A Bryant et D. Jary, dir., Giddens’ theory of structuration, London, pp160-175
  • 1992,
    • Christopher G. A. Bryant, Sociology without Philosophy? The Case of Giddens's Structuration Theory, Sociological Theory, Vol. 10, n°2, Autumn, pp137-149
    • I. Craib, "Anthony Giddens", Routledge, London
    • W. Orlikowski, The duality of technology: Rethinking the concept of technology in organizations, Organization Science, 3: 3, pp398-427
    • W. Sewell, “A theory of structure: duality, agency and transformation”, American Journal of Sociology, Vol 98, pp1-29
    • Richard Whittington, "Putting Giddens into Action: Social Systems and Managerial Agency", Journal of Management Studies,Vol 29, pp693-712
  • 1994, G. De Sanctis et M. Poole, Capturing complexity in advanced technology use: Adaptative Structuration Theory, Organization Science, 5: 2, pp121-146
  • 1998,
    • David Autissier, La structuration : apports et controverses en sciences de gestion ; les trois fonctions du contrôle dans la théorie de la structuration, Revue de Gestion des Ressources Humaines, N°26-27, mai-juin, pp51-61
    • Y. Giordano, La théorie de la structuration d'Anthony Giddens. Quels apports pour les sciences de gestion ?, Revue de gestion des ressources humaines, n°26-27, pp3-4
    • Y. Giordano, Communication et organisations : Une reconsidération par la théorie de la structuration, Revue de gestion des ressources humaines, n°26-27, pp20-35
    • Jörg Sydow et A. Windeler, Organizing and Evaluating Interfirm Networks: A Structurationist Perspective on Network Processes and Network Effectiveness, Organization Science, 9 (3), pp265-284
  • 1999, Perla Aronson et Horacio Conrado, dir., La teoría social de Anthony Giddens, Eudeba, Buenos Aires
  • 2000,
    • David Autissier et Frédéric Wacheux, dir., Structuration et management des organisations. Gestion de l'action et du changement dans les entreprises, Paris, L'Harmattan
    • Catherine Chevalier-Kuszla, Théorie de la structuration et Activity-Based-Management (ABM) : clarification du rôle du contrôle de gestion dans l'adaptation stratégique, In: David Autissier et Frédéric Wacheux, dir., Structuration et management des organisations. Gestion de l'action et du changement dans les entreprises, Paris, L'Harmattan
    • François Cocula et Agnès Frédy-Planchot, Freins et motivations liés au télétravail chez Électricité de France et Gaz de France : l'apport de la théorie de la structuration, In: David Autissier et Frédéric Wacheux, dir., Structuration et management des organisations. Gestion de l'action et du changement dans les entreprises, Paris, L'Harmattan
    • Carole Groleau, La théorie de la structuration appliquée aux organisations : le cas des études sur la technologie, In: David Autissier et Frédéric Wacheux, dir., Structuration et management des organisations, Paris : L’Harmattan, pp264-309
    • W. Orlikowski, Using technology and constituting structures: A practice lens for studying technology in organizations, Organization Science, 11: 4, pp404-428
    • Jacques Rojot, La théorie de la structuration chez Anthony Giddens, In: David Autissier et Frédéric Wacheux, dir., Structuration et management des organisations, Paris : L’Harmattan, pp69-89
    • Frédéric Wacheux, Le paradigme de la structuration sur l'analyse des situations de travail : effets en retour dans les processus de routinisation, In: David Autissier et Frédéric Wacheux, dir., Structuration et management des organisations. Gestion de l'action et du changement dans les entreprises, Paris, L'Harmattan
    • Gérard Wainotte, Théorie de la structuration sociale, mondialisation et processus émergents de contrôle des ressources humaines dans les entreprises, In: David Autissier et Frédéric Wacheux, dir., Structuration et management des organisations. Gestion de l'action et du changement dans les entreprises, Paris, L'Harmattan
  • 2001, S. Hall, Foucault: Power, Knowledge and Discourse, M. Wetherell, S. Taylor et S. J. Yates, dir., Discourse Theory and Practice: A Reader, London, Sage, pp72-81
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