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Ann Coulter
| Ann Coulter | |||||
| Essayiste | |||||
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| Dates | 1961 - | ||||
| Tendance | Conservatrice libérale | ||||
| Nationalité | |||||
| Articles internes | Autres articles sur Ann Coulter | ||||
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| Interwikis sur Ann Coulter | |||||
Ann Coulter, de son nom complet Ann Hart Coulter, est une commentatrice politique, auteure de best-sellers et polémiste américaine, figure emblématique du conservatisme républicain[1]. Née le 8 décembre 1961 à New York, elle a grandi dans le Connecticut dans une famille de classe moyenne aisée. Diplômée d'histoire avec les honneurs de l'université Cornell où elle fut membre de la Young Americans for Freedom (YAF). Elle a ensuite obtenu un doctorat en droit (Juris Doctor) de l'université du Michigan, où elle a été rédactrice en chef de la Michigan Law Review. Après une brève carrière d'avocate, elle est devenue assistante parlementaire d'un sénateur républicain avant de lancer en 1996 sa carrière médiatique sur la chaîne MSNBC. Connue pour ses positions provocatrices et son style agressif — elle se décrit elle-même comme une polémiste qui aime « donner des coups de pied dans la fourmilière » sans prétendre à la neutralité — elle a été comparée à « la Michael Moore du Parti républicain » ou en terme phallocrate à la « Rush Limbaugh en mini-jupe ». Son rejet virulent du Parti démocrate et de la gauche, ainsi que ses critiques acerbes de l'immigration, du multiculturalisme, du féminisme et de l'athéisme, ont fait d'elle une voix influente, mais aussi très controversée, du paysage médiatique américain.
Critique de la cosmologie social-démocrate : l’homme accidentel
Selon Ann Coulter, la social-démocratie américaine ne se contente pas de proposer une certaine organisation de l’économie ou de la protection sociale. Elle porte en elle une vision du monde totale, une cosmologie qui répond aux questions fondamentales : d’où venons-nous ? Quelle est la place de l’homme dans l’univers ? Et c’est précisément sur ce terrain que la social-démocratie entre en conflit irréductible avec le judéo-christianisme.
- Le rejet de l’âme. Pour la social-démocratie, il n’existe rien de sacré dans la conscience humaine. L’homme n’a pas d’âme immortelle, pas de dignité transcendante. Il n’est qu’un agrégat de matière organisée, doté de capacités cognitives certes remarquables, mais dépourvu de toute essence spirituelle. Coulter soutient que cette négation de l’âme est le fondement caché de toutes les politiques progressistes : si l’homme n’est qu’un corps, alors seule importe sa satisfaction matérielle, son bien-être physique, ses « droits reproductifs ». L’idée qu’il puisse exister une vocation morale au-delà du plaisir et de la survie devient absurde pour les tenants de la gauche absolue.
- Le darwinisme radical. La social-démocratie a adopté une version matérialiste et réductrice de la théorie de l’évolution. L’humanité n’y est plus qu’un accident biologique, le fruit d’une loterie cosmique sans dessein ni signification. Nous ne sommes pas plus importants que les bactéries ou les méduses. Cette vision, qui se présente comme « scientifique », détruit selon Coulter toute possibilité de morale objective. Si notre espèce n’est qu’une contingence, alors nos jugements de valeur – sur le bien et le mal, le juste et l’injuste – ne sont que des illusions ou des constructions sociales arbitraires.
- Les conséquences morales selon Coulter. C’est ici que sa démonstration devient la plus polémique. En l’absence de l’idée biblique que l’homme a été créé à l’image de Dieu, rien ne permet plus de fonder une dignité humaine inconditionnelle. Coulter affirme que cette absence de fondement ouvre la voie à toutes les dérives : la bestialité (puisque la différence entre l’homme et l’animal n’est plus que de degré), l’esclavage (si certains hommes peuvent être traités comme de simples moyens), ou encore l’adhésion à des mouvements comme PETA (qui placent les animaux sur le même plan que les humains). La social-démocratie, en rejetant la théologie biblique, glisserait inévitablement vers un utilitarisme froid où la valeur d’une vie se mesure à son utilité sociale plutôt qu’à son caractère sacré.
- L’adoration païenne de la nature. Dernier trait de cette cosmologie, l’écologisme social-démocrate. Coulter le décrit comme un paganisme déguisé. Au lieu d’adorer le Créateur, la social-démocratie vénère la création – « Mère Terre », Gaïa, la nature conçue comme une déesse mystérieuse et puissante. Cette attitude est à ses yeux non seulement irrationnelle, mais aussi profondément antichrétienne. La Bible, rappelle-t-elle, donne à l’homme la « domination » (dominion) sur la nature : il doit la cultiver, la transformer, la maîtriser pour le progrès de l’humanité. La social-démocratie écologiste inverse cet ordre : elle fait de l’homme un parasite, un prédateur qu’il faut brider, et de la nature une idole qu’il faut adorer. Ce faisant, elle nie l’idée même de progrès humain, qui est pour Coulter la grande œuvre de l’Amérique chrétienne.
En résumé, la cosmologie social-démocrate réduit l’homme à un accident matériel, lui retire son âme, dissout la morale objective, et le prosterne devant une nature divinisée. C’est, pour Ann Coulter, une guerre contre l’image de Dieu dans l’homme.
Les sacrements de la social-démocratie : l'avortement comme rituel central
Si la social-démocratie est une religion, alors elle doit avoir des rites, des cérémonies sacrées, des actes qui lient le fidèle à sa foi et manifestent son appartenance à la communauté des croyants. Pour Ann Coulter, il ne fait aucun doute que le sacrement fondamental de ce culte est l'avortement. Non pas une simple procédure médicale, non pas un triste recours dans des situations difficiles, mais un acte rituel chargé de sens théologique, célébré et défendu avec la ferveur que d'autres réservent à l'eucharistie.
- L'avortement comme rite sacré. Dans la religion social-démocrate, l'avortement n'est pas discutable. Il ne relève pas du débat politique ordinaire, où l'on pèserait des arguments et des contre-arguments. Il est un dogme, un article de foi intangible. On ne négocie pas un sacrement ; on le vénère. Coulter observe avec ironie et indignation la façon dont les sociaux-démocrates parlent du « droit à l'avortement » – ou, dans leur langue rituelle, des « droits reproductifs » – comme d'une vérité sacrée, évidente par elle-même, qui dispense de toute justification. Quiconque ose remettre en cause ce dogme est immédiatement excommunié de la sphère du débat respectable : on le traite d'ennemi des femmes, d'obscurantiste, de fanatique religieux. Remarquable inversion, souligne Coulter : les vrais fanatiques sont ceux qui élèvent une pratique médicale au rang de sacrement obligé.
- L'écriture sainte : Roe v. Wade. Toute religion possède ses textes fondateurs, ses écritures que l'on ne saurait contester sans blasphème. Pour la social-démocratie américaine, cet évangile est l'arrêt Roe v. Wade rendu par la Cour suprême en 1973. Ce texte, qui a imposé l'avortement comme droit constitutionnel dans tout le pays, tient lieu de Bible. On le cite avec déférence, on l'enseigne dans les écoles de droit comme une vérité intangible, et l'on récite sa chronologie comme on réciterait les versets d'un psaume. Mais surtout, Roe v. Wade partage avec les écritures religieuses une propriété essentielle : on ne peut pas le réviser. Toute tentative de le modifier, de le restreindre ou de l'annuler est traitée comme un sacrilège. Les juges conservateurs qui envisagent de revenir sur cet arrêt ne sont pas simplement en désaccord avec une jurisprudence : ce sont des hérétiques, des blasphémateurs qui touchent au tabernacle. Coulter voit là la preuve la plus claire que la social-démocratie fonctionne comme une religion : elle a ses textes infaillibles et ses interdits de pensée.
- Le culte de la jeunesse. La religion social-démocrate est étrangement fixée sur la jeunesse – non pas sur l'enfance, d'ailleurs, qu'elle sacrifie allègrement sur l'autel des « droits reproductifs », mais sur le corps jeune, sexuellement actif, « reproductif ». Ce culte a deux faces. D'un côté, l'adoration du corps féminin fertile, célébré dans son pouvoir de procréer ou de ne pas procréer – un pouvoir dont l'avortement est le geste ultime. De l'autre côté, la dévalorisation systématique de la vieillesse. Là où le christianisme honore les anciens, leur sagesse et leur dignité jusqu'au dernier souffle, la social-démocratie réclame un « droit à mourir » ou une « mort dans la dignité » – euphémismes, selon Coulter, pour une euthanasie déguisée. Pourquoi prendre soin des vieux, demandent les sociaux-démocrates, quand ils ne produisent plus, quand ils ne sont plus « reproductifs » ? Le même matérialisme utilitaire qui justifie l'avortement parce que le fœtus « n'est pas une personne » justifie l'euthanasie parce que le vieillard « n'a plus de qualité de vie ». Dans les deux cas, la valeur d'une existence humaine se mesure à son utilité présente. Dans les deux cas, l'image de Dieu est absente.
- L'opposition à Dieu comme fil conducteur. Coulter refuse de croire au hasard. L'insistance obsessionnelle de la social-démocratie sur l'avortement, son hostilité systématique à toute protection de la vie naissante, sa volonté de légaliser l'euthanasie, son culte de la jeunesse païenne – tout cela ne saurait être accidentel. Il y a un dessein. Et ce dessein, c'est l'inversion méthodique de chaque précepte biblique. La Bible dit : « Tu ne tueras point. » La social-démocratie répond : « Droit à l'avortement ». La Bible dit : « Honore ton père et ta mère ». La social-démocratie répond : « Droit à mourir dans la dignité ». La Bible dit : « L'homme a été créé à l'image de Dieu ». La social-démocratie répond : « Le fœtus n'est qu'un amas de cellules ». Chaque commandement est retourné, inversé, ridiculisé. Et cette inversion se présente toujours sous le masque de la raison : « C'est la science », « C'est la Constitution », « C'est la liberté ». Mais Coulter dénonce ce masque. Derrière la science, il y a une métaphysique matérialiste. Derrière la Constitution, une interprétation militante. Derrière la liberté, un mépris pour la loi de Dieu. La social-démocratie n'est pas simplement une politique différente : elle est une guerre théologique contre le judéo-christianisme. Chaque sacrement qu'elle célèbre est un blasphème. Chaque rite qu'elle impose est une profanation. Et c'est pourquoi, conclut Coulter, on ne peut pas négocier avec elle – on ne négocie pas avec une religion qui vous déclare hérétique.
L'école publique comme catéchisme obligatoire
Toute religion a besoin d'un clergé pour enseigner le dogme, et d'églises pour rassembler les fidèles. La social-démocratie américaine ne fait pas exception. Mais là où les religions traditionnelles doivent se contenter de leurs édifices et de leurs prêtres volontaires, la social-démocratie dispose d'un avantage inouï : elle a confisqué l'école publique. Pendant douze années au minium, six heures par jour, aux frais du contribuable, elle endoctrine les enfants dans sa foi. Et elle ose encore parler de « neutralité » et de « laïcité ».
- Les enseignants comme prêtres. Ann Coulter est impitoyable sur ce point. L'enseignant de l'école publique, nous dit-elle, n'est pas un transmetteur neutre de connaissances. Il est un clerc, un prêtre du culte social-démocrate. Il ne se contente pas d'apprendre à lire, écrire et compter. Il forme les âmes républicaines socialistes. Il inculque une vision du monde. Il enseigne comme des vérités axiomatiques ce qui n'est en réalité que les dogmes du progressisme : l'égalité radicale des sexes, la naturalité de son orientation sexuelle, la relativité de toutes les valeurs morales, la supériorité de l'État sur la famille, le caractère oppressif de la religion traditionnelle. Et il le fait avec l'autorité que lui confère son statut – exactement comme un prêtre parle ex cathedra. L'enfant, qui ne distingue pas encore ce qui relève du savoir établi de ce qui relève de l'opinion militante, reçoit ce catéchisme comme la vérité même. Le pédagogue est devenu pasteur. L'instituteur, curé d'une paroisse sans Dieu.
- Le programme scolaire comme liturgie. Que trouve-t-on dans cette liturgie obligatoire ? Un mélange soigneusement dosé – Coulter dit un « amalgame » – de féminisme, de darwinisme matérialiste, d'éducation sexuelle débridée et de relativisme moral. Le féminisme y enseigne que les différences entre les sexes sont de pures constructions sociales, que la famille traditionnelle est un lieu d'oppression, que la carrière et l'indépendance sont les seuls idéaux dignes d'une femme. Le darwinisme radical y réduit l'homme à un animal parmi d'autres, ses comportements moraux à des adaptations évolutives sans portée transcendante. L'éducation sexuelle – que Coulter qualifie, dans un raccourci provocateur, de « philosophie Playboy » – y présente la sexualité comme un simple divertissement, déconnecté de l'amour, du mariage et de la procréation. Quant au relativisme moral, il constitue le credo implicite de tout l'édifice : rien n'est vraiment bien ou mal, rien n'est vrai ou faux, tout est « construit », tout est « culturel ». Coulter observe amèrement que ce catéchisme est imposé sans que les parents aient leur mot à dire.
- Les écoles comme sanctuaires sans Dieu. L'ironie suprême, pour Coulter, est que ces temples du catéchisme social-démocrate se présentent comme des espaces « neutres » sur le plan religieux. La prière y est interdite. On ne peut plus y réciter le Notre Père. On ne peut plus y afficher les Dix Commandements. On ne peut plus y parler de la création du monde par Dieu. Tout cela, dit-on, violerait la séparation de l'Église et de l'État. Mais dans le même temps, ces mêmes écoles distribuent gratuitement des préservatifs, enseignent l'usage du préservatif comme une vertu civique, normalisent l'avortement comme un droit fondamental, et célèbrent la diversité des orientations sexuelles comme un dogme intouchable. La leçon est claire : la « neutralité » religieuse n'est qu'un leurre. Ce qui est interdit, c'est la religion judéo-chrétienne. Ce qui est imposé, c'est la religion social-démocrate. L'école publique n'est pas un espace laïque. C'est une église – l'église du socialisme progressiste – avec ses rites, ses interdits, ses orthodoxies et ses hérésies. Seule différence : dans une vraie église, les fidèles viennent volontairement. Dans l'école publique, les enfants sont assignés d'office.
- La proposition choc : expulser la social-démocratie de l'école. Coulter tire la conclusion logique de sa propre démonstration. Puisque la social-démocratie est une religion, elle ne devrait pas avoir le droit de propager sa foi dans les écoles publiques. C'est une question de simple cohérence avec la séparation de l'Église et de l'État. On n'imposerait pas à des enfants juifs ou musulmans un catéchisme catholique obligatoire. On ne devrait pas non plus imposer à des enfants chrétiens un catéchisme social-démocrate obligatoire. Que les sociaux-démocrates ouvrent leurs propres écoles, comme le font les catholiques, les juifs et les protestants. Qu'ils y enseignent leur foi – l'avortement sacré, le matérialisme darwinien, la philosophie Playboy – à leurs frais, à leurs enfants, en toute liberté. Mais qu'ils cessent d'utiliser l'argent public et l'obligation scolaire pour endoctriner toute une génération dans leur culte antichrétien. La proposition est volontairement provocatrice, et Coulter le sait. Mais c'est précisément par ce choc qu'elle espère réveiller les consciences : ou bien la social-démocratie n'est pas une religion, et alors on peut discuter ses thèses comme des opinions politiques ordinaires ; ou bien c'en est une, et alors elle doit être exclue de l'école publique comme le seraient les témoins de Jéhovah ou les scientologues. Les sociaux-démocrates ne peuvent pas avoir les deux : le privilège de l'endoctrinement obligatoire et l'immunité de la « neutralité » laïque.
Informations complémentaires
Notes et références
Publications
- 2006, "Godless: The Church of Liberalism" (en français : "Sans Dieu : L'Église de la social-démocratie"), Crown Forum (le sixième livre de la polémiste conservatrice. L'argument principal du livre est que la social-démocratie américaine (nommée libéralisme aux USA) n'est pas une simple idéologie politique, mais une véritable religion, bien qu'athée, qui se serait imposée comme la religion d'État officieuse des États-Unis, au détriment des traditions judéo-chrétiennes)
- 2012, "Mugged: Racial Demagoguery from the Seventies to Obama", Sentinel (Penguin Publishing Group)
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