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La maison des Rothschild

De Wikiberal
Rothschild
The House of Rothschild
Réalisé par : Alfred Werker
Acteurs
George Arliss (Mayer et Nathan Rothschild)
Boris Karloff (Comte Ledrantz)
Loretta Young (Julie Rothschild)
Genre
drame
Année de sortie
1934
Synopsis
Avant de mourir, le père Rothschild demande à ses fils de partir fonder de puissantes compagnies financières en Europe. Peu à peu ils édifient de puissants groupes financiers, dont les banques prêtent secrètement de l'argent aux puissances combattants l'Empereur Napoléon.
Index des films d'inspiration libérale
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The House of Rothschild (La Maison des Rothschild en français) est un film américain réalisé par Alfred Werker et sorti en 1934.

Fiche technique

  • Scénario : Nunnally Johnson d’après la pièce de George Hembert Westley
  • Photographie : Peverell Marley
  • Musique : Alfred Newman
  • Production : 20th Century Pictures
  • Distribution : George Arliss (Mayer et Nathan Rothschild) Boris Karloff (Comte Ledrantz) Loretta Young (Julie Rothschild) Robert Young (capitaine Fitzroy) C. Aubrey Smith (Wellington) Arthur Byron (Baring)
  • Sortie : 15 mars 1934
  • Nomination aux oscars : Meilleur film 1935

Les Rothschild sauveurs de la Paix en Europe

Un film à la gloire des Rothschild, famille détestée par tous les antilibéraux de la Terre, délivre par cela même un message libéral. Dans une Allemagne en proie à l’antisémitisme à la fin du XVIIIe s., antisémitisme incarné par un sinistre aristocrate prussien joué par Boris Karloff, et la date de réalisation du film n'est pas innocente, les fils Rothschild vont chercher et trouver fortune aux quatre coins de l'Europe. Le film est centré sur le Rothschild de Londres et exalte l'importance de sa contribution à la lutte contre la tyrannie qu’incarne Napoléon, autre préfiguration d'Hitler aux yeux des auteurs.

Le film débute à Francfort en 1780 dans le ghetto juif, au domicile de Mayer Armschel Rothschild. Je vis honnêtement. Je commerce honnêtement. Je veux être honnête mais on m'en empêche. Une scène nous présente le collecteur d'impôts qui vient perquisitionner pour fixer le montant de la taxe mettant en lumière l'arbitraire, l'antijudaïsme et la corruption de ce représentant de l'État. Comme le souligne le père Rothschild : l'argent est la seule arme que le juif ait pour se défendre. Sur son lit de mort, il demande à ses 5 fils de fonder des banques dans divers pays d’Europe : à Paris, Vienne, Naples et Londres et bien sûr Francfort. Par lettre de change, les frères pourront régler les mouvements d'argent par simple jeu d'écriture. Trente-deux ans plus tard, les cinq banques vont financer le combat contre les ambitions de Napoléon. Nathan, le banquier de Londres, est l'âme de la famille. Bien qu'ayant financé les campagnes de la coalition il n'est pas invité au dîner en l'honneur de Wellington : On ne nous respecte pas, on nous jalouse. Le film souligne un des aspects de la supériorité de la famille sur ses concurrents : son système d'information par pigeons voyageurs qui leur permet d'avoir un coup d'avance.

Napoléon exilé à l'Ile d'Elbe, la France lance un grand Emprunt mais Rothschild est écarté au profit de Baring en raison d'un détail technique, le fait qu'il soit juif. Au Stock Exchange, il provoque l'échec du lancement de l'Emprunt en jouant la baisse, faisant vendre massivement les obligations d'État qu'il possède, ce qui lui permet d'imposer ses conditions à ceux qui ont voulu l'écarter, les hommes politiques corrompus (dont Talleyrand) qui espéraient s'enrichir sans débourser un sou en souscrivant fictivement une partie de l'Emprunt. Le ministre prussien pour se venger provoque des manifestations antisémites en Allemagne. Au retour de Napoléon pour les Cent Jours, les frères Rothschild sont tentés de le soutenir : Napoléon nous rendra libre déclare James, le Rothschild de Paris. Mais Nathan convainc ses frères que l'émancipation des Juifs passe par le rétablissement de la paix en Europe. Ledrantz, Metternich et Talleyrand sont contraints d'accorder la liberté pour les Juifs comme prix du soutien financier des cinq banquiers. Sans nouvelles de Wellington en Belgique, la Bourse de Londres s'affole. Tout le monde vend, seul Nathan s'obstine à acheter. Une victoire de Napoléon entraînerait sa ruine complète. Waterloo fait de lui l'homme le plus riche d'Angleterre et le roi lui accorde le titre de baron.

Eloge du banquier

Médiocrement réalisé par un tâcheron, le film comporte quelques scènes savoureuses. Les deux séquences à la Bourse de Londres montrent Nathan Rothschild, mains dans les poches, fleur à la boutonnière, chapeau rejeté à l'arrière, imperturbable, même quand il risque sa fortune : un vrai poisson froid note un courtier. Soucieux de leurs affaires (Nous ne sommes pas des philanthropes), les Rothschild apparaissent néanmoins comme animés par un idéal : l'émancipation du peuple Juif. Historiquement fantaisiste, comme la plupart des films, cette oeuvre offre l'image positive d'un banquier spéculateur en Bourse ce qui n'est pas si fréquent.

Citons enfin deux bons mots de Nathan. Un échange entre le banquier et un cocher :

- Monsieur Rothschild, votre fille me paie mieux.

- Elle a un père riche. Moi pas.

Un autre dialogue entre une aristocrate et le banquier :

- Il faut être malin pour faire fortune aujourd'hui.

- Il faut l'être davantage pour la garder.

Le plan final révèle le blason de Nathan avec la devise : Concordia - Integritas - Industria.

Le cinéma nazi a produit en 1940 un film consacré aux Rothschild (Die Rothschilds réalisé par Erich Waschneck) dont un carton résume l'esprit : Pendant que les peuples versent leur sang sur les champs de bataille, le Juif spécule à la Bourse et qui paraît répondre au film américain.

Liens externes

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