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Sénat français

De Wikiberal

Le Sénat est, en France, la chambre haute du Parlement. Il exerce le pouvoir législatif avec l'Assemblée Nationale.

Présentation

Le terme Sénat provient du latin senex, vieillard. Instauré en 1795 cette chambre possède au même titre que l'assemblée nationale le pouvoir législatif, cependant son poids est inférieur à celui de son homologue puisqu’il ne peut au contraire de celui-ci ni destituer le gouvernement ni avoir le dernier mot en cas de désaccord. Vieux bidule inutile donc ? N’allons pas si vite en besogne, le système bicaméral sans jamais avoir prouvé une efficacité supérieur n’est pas pour autant condamnable en soi, en raison du contre-pouvoir éventuel que peut constituer l’une des deux assemblées face à l’autre, et bien qu’il rende la note du contribuable encore un peu plus salée avec les goûts raffinés si connus de nos dirigeants.

Toutefois le problème posé par l’existence du Sénat français est plus de l’ordre idéologique que financier. Entretenir des orateurs de grande qualité et servant notre pays n’est pas si choquant. Le caractère inacceptable de la vénérable institution est dû au mode de désignation de ses membres, élus par des représentants du peuple (députés, conseillers régionaux, conseillers généraux, délégués municipaux). Les sénateurs sont en somme loin de représenter le peuple et ses aspirations, et n’ont d’ailleurs aucun compte à lui rendre. Aberrant dans une démocratie. La nature même du Sénat va à l’encontre des valeurs républicaines sur lesquels notre nation est soi-disant fondée : lorsque seuls quelques-uns délèguent ne serait ce qu’une partie du pouvoir à une autre minorité nous sommes dans une oligarchie.

Ce transfert de souveraineté, principe en soi critiquable, ne pouvant nullement s’effectuer au nom de la nation entière puisque les mandats, locaux notamment, des votants ne sont absolument pas octroyés pour ces élections sénatoriales et n’offrent donc aucune légitimité démocratique, à l’inverse de ceux des grands électeurs américains dans le cadre des présidentiels outre-atlantique. Par conséquent le verdict effectué plus haut est incontestable, il serait donc logique que nos gouvernants ayant si souvent le plaisir de vanter « la nation des Droits de l’Homme » suppriment purement et simplement le Sénat Français sans même ouvrir le débat de son efficacité.

Certains considéreront cette proposition comme une mesure gadget supplémentaire, qui ne soignera en aucun cas les grands maux de notre État. Prendre cette position conservatrice serait oublier que s’ajoutent à cette absence totale de légitimité sénatoriale les relents monarchistes de notre régime présidentiel, dont entre autres, le statut au-dessus des lois du président en exercice et son droit de grâce, l’ensemble de ces vices m’autorisent facilement, mais avec douleur, à conclure au fait que notre république ne peut se réclamer de la démocratie. Tenter de corriger nos graves carences démocratiques devrait être un impératif absolu, la mesure proposée dans cette tribune étant un premier pas hautement symbolique dans cette direction. Sans prôner ici l’anarchie et la démocratie directe je réclame l’application de nos convictions de démocrates jusque dans les moindres lignes de notre Constitution. Si supprimer progressivement quelques 320 mandats illégitimes est une action de trop pour notre classe politique je la laisse défendre à l’unisson notre patrie en limitant la liberté de conscience par l’interdit de signes religieux à l’école et en déléguant une part croissante de notre souveraineté à une Union Européenne bureaucratique, si ce n’est technocratique, aux institutions complexes et des plus floues pour le citoyen lambda. Cachez les réformes institutionnelles plus que nécessaires derrière l’épouvantail fasciste – Le Pen et consorts – et les questions socio-économiques ne pourra plus faire long feu. Impopularité gouvernementale et malaise généralisé à toutes les couches de la société française sont assurément des signes avant-coureurs de la lente mais inébranlable réappropriation du débat politique par le peuple. Combien de gouvernements devront encore apprendre à leurs dépens que l’élitisme et le paternalisme sont des valeurs périmées ?

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