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Groupe de Coppet

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Germaine de Staël, figure du groupe de Coppet

Le Groupe de Coppet désigne le groupe informel d'intellectuels réunis autour de Germaine de Staël, en particulier pendant son exil. Il varia au fil du temps, en fonction de l'évolution de ses affinités politiques et intellectuelles. Il réunit des grands noms comme Benjamin Constant, Sismonde de Sismondi, Talleyrand, Barnave, Jacques Necker, Wilhelm von Humboldt. Il se situait en partie dans le prolongement du Club de Salm qui avait réuni sous le directoire madame de Staël et Benjamin Constant. Compte tenu des dates données, en ce qui concerne Jacques Necker, il est fort possible que la formation, à l'origine de façon informelle, du Groupe de Coppet ait pu avoir lieu vers la fin du XVIIIème siècle, ou au tout début du XIXème siècle, en tout cas, avant la mort de Jacques Necker, autrement dit avant 1804.

Il se réunit principalement à Coppet en Suisse, bourgade dans laquelle Jacques Necker, père de Germaine de Staël, avait acheté un château. A noter que l'expression « groupe de Coppet » est largement postérieure à l'existence du groupe : elle date de 1881 (le philosophe Elme-Marie Caro l'emploie le premier dans la Fin du XVIIIe siècle).

Le Groupe de Coppet s'intéressa à des disciplines extrêmement diverses : littérature, critique, histoire, philosophie, économie, religion, etc. Ce fut l'un des groupes intellectuels les plus brillants de l'époque et, comme le faisait remarquer le bailli de Bonstetten, « à Coppet, il se dépensait plus d'esprit en un jour que dans le reste du monde en un an ! »

Politiquement le groupe de Coppet se retrouve proche du libéralisme classique, d'un « libéralisme d'opposition » pour reprendre la formulation de Pierre Manent[1], d'un libéralisme d'opposition à la société d'ancien régime et à Napoléon. L'opposition à Napoléon (« un véritable arsenal contre moi » selon Le Mémorial de Sainte-Hélène) est l'un des traits caractéristiques du Groupe de Coppet, même si elle se complète d'une opposition aux Bourbons. Le groupe sera pionnier entre autres dans la dénonciation de l'esclavage. Il influencera indirectement la rédaction de la Charte constitutionnelle du 4 juin 1814, dans ses aspects libéraux.

Néanmoins, certains auteurs comme Alain Laurent remettent en cause l'unité idéologique du groupe de Coppet. Pour lui, à l'inverse d'écoles de pensée au corpus idéologique cohérent, le groupe de Coppet était davantage une rencontre d'individualités, sans qu'il ne s'en soit dégagé des idées communes[2].

Le groupe meurt peu ou prou avec la disparition de Germaine de Staël en 1817.

Notes et références

  1. Pierre Manent, Histoire intellectuelle du libéralisme, Hachette Littératures, édition 2006, p.181 et suivantes
  2. Alain Laurent, "Le Groupe de Coppet, un mythe ?", in Histoire du libéralisme en Europe, PUF, 2006

Bibliographie

  • 1980, Kurt Kloocke, Catherine Carpenter, Marie-France Piguet, "Benjamin Constant et le Groupe de Coppet", Annales Benjamin Constant, Editions Champion - Slatkine, Genève, ISSN 0263-7383
  • 2000, Lucien Jaume (dir.), Coppet, creuset de l’esprit libéral, Economica et PUAM, 239 p.
  • 2005, Étienne Hofmann, François Rosset, Le Groupe de Coppet, Une constellation d'intellectuels européens, 144 p, ISBN 2-88074-665-5
  • 2006, Alain Laurent, "Le Groupe de Coppet, un mythe ?", in Histoire du libéralisme en Europe, PUF

Articles connexes

Liens externes


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