Esprit monopoleur

De Wikiberal

Turgot, dans son « Éloge de Vincent de Gournay » (1759), désigne par esprit monopoleur les obstacles qui proviennent de la manière perverse avec laquelle les individus peuvent chercher à servir leurs intérêts au détriment de ceux d'autrui : en se constituant en corps, et tout spécialement en corporations et autres communautés ou compagnonnages dont l'objet principal est d'exclure les autres citoyens de la possibilité de librement travailler, entreprendre et échanger en interdisant la concurrence : « La source du mal est dans la faculté même accordée aux artisans d'un même métier de s'assembler et de se réunir en un corps » (1776), car ceci se fait « au préjudice de la société générale ».

La perversion foncière de ces coalitions d'intérêts particuliers se traduit dans leur prétention à vouloir détenir des monopoles et obtenir des « privilèges exclusifs » assortis de statuts. Et à tenter d'y parvenir en exigeant de bénéficier d'une protection spéciale et discriminatoire de la part du gouvernement. C'est là que les deux maux se coagulent en un seul : « l'esprit monopoleur », où se conjuguent les intérêts des gouvernants et ceux des prédateurs qu'ils soient publics ou privés.

Une traduction moderne de cet esprit monopoleur est fournie par le capitalisme de connivence.

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