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Gabriel Giménez-Roche

De Wikiberal
Gabriel Giménez-Roche
Économiste

Dates
Tendance Économie institutionnelle, École autrichienne d'économie
Origine France France
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inter lib.org sur Gabriel A. Giménez Roche

Gabriel Aurélien Giménez Roche est un économiste français d'origine paraguayenne et brésilienne spécialisé dans les théories du malinvestissement, la théorie des processus entrepreneuriaux et l'économie institutionnelle.

Il a obtenu son premier diplôme en économie à l'Université de l'État de Rio de Janeiro en 2001. Par la suite, il a poursuivi ses études universitaires en France, précisément à l'Université de Paris X - Nanterre, où il a obtenu, en 2003, son DEA (Master) en Macroéconomie et en Analyse Quantitative. En 2008, il soutient sa thèse intitulée "Toward a Process Theory of Entrepreneurial Economic Growth" à l'Université Paris Dauphine. Il a été le dernier doctorant de Pascal Salin.

De 2008 à 2009, il rejoint Guido Hülsmann à l'université d'Angers où il enseigne l'économie (poste d'ATER) et donne également des cours d'économie à la Rouen Business School. De 2009 à 2017, il est professeur associé d'économie au sein du Groupe ESC Troyes en Champagne (actuelle South Champagne Business School) où il est également le responsable du Département Finance, Économie et Droit. Il a été aussi Maître de Conférences à l'Institut d'Études Politiques de Paris de 2010 à 2015. Actuellement, Gabriel Giménez Roche est professeur assistant à NEOMA Business School au sein du Département Finance.

Gabriel Giménez Roche a été professeur invité dans un certain nombre d'établissements étrangers dont l'Instituto Tecnológico de Estudios Superiores de Monterrey (ITESM), au campus Cuernavaca (Mexique), l'Université Chulalongkorn à Bangkok (Thaïlande), l'Université Hoa Sen à Ho Chi Minh City (Vietnam), l'Université Kozminski (Akademia Leona Koźmińskiego) à Varsovie (Pologne), et l'Université ESAN (Escuela Superior de Administración de Empresas) à Lima (Pérou).


Théorie économique de l'entrepreneuriat

Gabriel Giménez Roche met en avant la nécessité d'étudier l'action de l'entrepreneur en le localisant au sein d'une entreprise immergée dans un réseau d'interactions sociales. L'action entrepreneuriale est ainsi considéré un phénomène tridimensionnel : la recherche du profit, la prise en charge de l'incertitude et la responsabilité ultime de la prise de décision par un ou plusieurs propriétaires. Selon Gabriel Giménez Roche, cette tridimensionnalité permet non seulement d'isoler le rôle entrepreneurial des autres catégories socioéconomiques comme le salarié ou le capitaliste (l'investisseur), mais aussi de distinguer l'entreprise spécifiquement analysée des entreprises avec laquelle elle interagit lors de l'exploitation d'une opportunité de profit. Par conséquent, l'opportunité de profit et l'entreprise qui l'exploite constitue un "nexus" dans lequel les entreprises ancillaires (par exemple les fournisseurs) ne sont que des moyens disponibles à l'entreprise principale, leur opportunité de profit étant une autre.

Théorie des cycles économiques

Selon Gabriel Giménez Roche, la vision traditionnelle de la théorie autrichienne des cycles économiques, exposée par Roger Garrison et Murray Rothbard est incomplète. Il considère que la théorie est essentiellement correcte, surtout dans une vision large du cycle, mais qu'elle ignore la dynamique et les mécanismes de transmission de la politique monétaire et de l'expansion du crédit bancaire. En se basant sur l'analyse financière de l'évaluation des projets, il démontre qu'une baisse artificielle des taux d'intérêt ne se traduit pas nécessairement par un surinvestissement en projets longs en détriment des projets courts. Tant que le taux de rendement des projets courts restent plus élevé que celui des projets longs, ils continueront à être entrepris voire à souffrir une expansion. Ce qui expliquerait pourquoi la consommation augmente en termes réels pendant les années de "boom". En outre, Gabriel Giménez Roche estime que l'expansion initiale de crédit, loin de financer de "mauvais" projets, finance des projets provenant des entreprises solides capables de fournir un bon collatéral aux banques. C'est seulement quand le cycle, surtout sa phase de "boom", est bien entamé que les banques financent des entreprises moins solides, car celles-ci bénéficient des commandes croissantes d'autres entreprises et d'une demande artificiellement soutenue par le crédit. Le crédit augmente à une cadence beaucoup plus rapide que la production réelle. Une expansion de celle-ci nécessite d'une quantité des ressources productives croissantes qui tardent à se former (par exemple, constructions, infra-structures, transformations de terrains) et qui ne peut pas accompagner le "boom" financier. C'est à ce moment que les projets longs commencent à dépasser les projets courts en volume. Or, les consommateurs profitent de leurs revenus croissants pour demander de plus en plus de biens maintenant. Des bulles spéculatives se forment autour des ressources et des secteurs les plus prisés tandis que les entreprises commencent à voir une réduction de leurs flux de trésorerie nets. Elles payent beaucoup trop des dettes par rapport à leurs entrées d'argent qui s'étalonnent de plus en plus dans le temps. Ce processus se poursuit jusqu'à ce que les pertes s'accumulent en menaçant le remboursement des dettes auprès des banques. Celles-ci alors diminuent leur offre de crédit, ce qui déclenche la crise.

Gabriel Giménez Roche conclut alors que les cycles ne sont pas automatiquement déclenchés lors des baisses artificielles des taux d'intérêt. Les banques ne procèdent pas à une expansion du crédit sans une disponibilité adéquate et collatérale de la part des entreprises. Ainsi, ce sont les entreprises solides qui profitent de leur santé financière pour canaliser le capital financier et initier de nouveaux projets en vue d'augmenter leur pouvoir de marché et donc leur rentabilité. Ce capital financier peut être levé directement auprès des banques, ou indirectement auprès des fonds mutuels d'investissements comme les fonds de pension, les equity et les hedge funds, entre autres. Or, ces fonds mutuels sont souvent financés par des banques. Une fois le "boom" des projets déclenché, celui-ci intègre des entreprises initialement en état financier plus douteux car les flux de trésorerie de celles-ci augmentent ce qui améliore leur capacité d'endettement. Néanmoins, comme vu ci-dessus, le processus n'est pas financé par une épargne des ressources réelles mais par du crédit scriptural bancaire. Les projets des entreprises sont en grande partie économiquement insoutenables. Le cycle se caractérise alors par une transformation des caractéristiques financières des entreprises selon leur niveau d'endettement et le nombre de mauvais projets initiés. Par conséquent, une entreprise solide peut finir le cycle en faillite, tandis qu'une entreprise peu solide peut finir ce même cycle en meilleures conditions qu'à ses débuts.

Notes et références


Publications

  • 2011,
    • a. Giménez Roche, Gabriel A. (2011). "A socially situated praxeological approach to entrepreneurship," The Journal of Entrepreneurship, Vol 20, n°2, pp. 159–187. [1]
    • b. Giménez Roche, Gabriel A. (2011). "Entrepreneurial profit-seeking: Socially-situating opportunity exploitation," Industry and Innovation, Vol 18, n°8, pp. 729-745. [2]
    • c. Giménez Roche, Gabriel A. (2011). "Financial entrepreneurship in the European Stated debt scheme: Institutional illusion and falsified information." Dans David Howden (éd.), Institutions in Crisis: European Perspectives on the Recession, pp. 1-21. Cheltenham, UK: Edward Elgar. [3]
  • 2015,
    • a. Giménez Roche, Gabriel A.; Lwango, Albert; Vuillemey, Guillaume (2015). "Entrepreneurial miscalculation and business cycles: How interest rate targeting distorts capital budgeting." Review of Political Economy, Vol 27, no. 4, pp. 624-644. [4]
  • 2016,
    • a. Giménez Roche, Gabriel A.; Lermyte, Jason (2016). "Securitization and regulatory arbitrage within the ABCT framework," The Review of Austrian Economics, Vol 29, no. 1, pp. 67-84. [5]
    • b. Giménez Roche, Gabriel A. (2016). "The impossibility of entrepreneurship under the neoclassical framework: Open- versus closed-ended processes," Journal of Economic Issues, Vol 50, no. 3, pp. 695-715. [6]
    • c. Giménez Roche, Gabriel A. (2016). "Entrepreneurial ignition of the business cycle: The corporate finance of malinvestment," The Review of Austrian Economics, Vol 29, no. 3, pp. 253-276. [7]
  • 2017,
    • a. Lwango, Albert; Coeurderoy, Régis; Giménez Roche, Gabriel A. (2017). "Family influence and SME performance under conditions of firm size and age," Journal of Small Business and Enterprise Development, Vol 24, no. 3, pp. 629-648. [8]
  • 2019,
    • a. Giménez Roche, Gabriel A.; Janson, Nathalie (2019). "From conventional to unconventional monetary policies: The failure of the market-maker of last resort," World Economy, Vol 42, no. 1, pp. 296-317. [9]
    • b. Giménez Roche, Gabriel A.; Calcei, Didier (2019). "The role of demand routines in entrepreneurial judgment," Small Business Economics, (Forthcoming). [10]