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Servage

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Le servage, du latin servus, « esclave », est l'héritier médiéval du lien de clientèle antique. Sa différence avec l'esclavage provient du statut juridique du serf, qui jouit d'une personnalité juridique. De ce fait, le serf n'est juridiquement pas considéré comme une « chose », un « bien meuble », mais comme une « personne », liée par un contrat (obligation) à une autre personne. C'est donc un statut intermédiaire entre l'esclavage et la condition libre caractéristique de la féodalité.

Ainsi, le serf n'appartient pas à son seigneur, mais est généralement attaché à la terre (souvent un fief, dont le propriétaire ultime est plus haut dans la chaîne de vassalité), la contrepartie étant qu'il ne peut être chassé de cette terre, puisqu'il ne fait qu'un avec elle ; en outre, il possède des biens, peut exercer une action et témoigner en justice, peut contracter (mariages, contrats de vente) plus ou moins librement (le plus souvent entre eux). Sa condition de servage pouvait elle-même faire l'objet d'un contrat.

Le servage en Europe occidentale

Le servage s'est répandu dans toute l'Europe du Moyen-Âge. Il disparaît assez rapidement en France entre le XIe siècle et le XIIIe siècle. Il n'est plus qu'une survivance sous l'Ancien Régime et par l'édit d'août 1779, Louis XVI affranchit les derniers serfs du domaine royal et invite les seigneurs à suivre son exemple. Dans la plus grande partie de l'Italie, il n'y a plus de serfs dès le XVe siècle. Il faut cependant attendre 1762 pour que le roi de Sardaigne abolisse le servage dans ses États.

Il disparaît d'Angleterre au début du XVIIe siècle mais se maintient en Écosse sous une forme atténuée jusqu'à la fin du XVIIIe siècle. Au Danemark, l'abolition est réalisée en 1699 et l'empereur Joseph II émancipe les serfs des États des Habsbourg en 1781-1782.

Le servage en Europe orientale

En Prusse, inversement, le servage s'est développé à partir du XVe siècle. En Prusse-Orientale, en Poméranie et dans les régions situées au-delà de l'Oder, la quasi-totalité de la paysannerie se trouve réduite en servitude. On distingue le servage (Leibeigenschaft) et la « sujétion héréditaire » (Erbuntertänigkeit) des tenanciers attachés à une terre qu'ils ne pouvaient ni vendre ni hypothéquer. Le servage est aboli en 1719 dans les terres de la couronne de Prusse et le sort des tenanciers héréditaires adouci. Frédéric II interdit aux seigneurs d'usurper les tenures paysannes libres (1749) et transforme en tenanciers libres les serfs des territoires polonais annexés en 1772. Le mouvement est achevé et poursuivi en 1807 et 1811.

En Pologne et en Russie, les paysans étaient restés libres au Moyen-Age et ils ne tombent dans le servage qu'à la fin du XVe siècle en Pologne et au début du XVIIe siècle en Russie.

Le servage en Russie

Le servage en Russie a été la conséquence de la politique menée par le tsar Ivan le terrible. Vers 1580, il interdit aux paysans de quitter leurs communes ou leurs maitres. En 1597, il décrète que les paysans serfs seront obligés de rester dans la condition serve jusqu'à la mort de leur maître. De nouvelles mesures légalisant le servage sont prises en 1607 et en 1649. Les paysans perdent la propriété de leurs biens, jusqu'à celle de leurs vêtements. A partir de 1682, on peut même vendre les paysans sans les terres. Le knout, réservé jusqu'alors aux esclaves, put leur être appliqué. La situation ne devait cesser d'empirer au XVIIIe siècle. C'est le pays où le servage a été le plus proche de l'esclavage. Il ne devait être aboli que sous le règne d'Alexandre II (1861).

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