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Tyrannicide

De Wikiberal

Un tyrannicide est, littéralement, l'action de tuer un tyran. C'est un concept que l'on retrouve chez certains précurseurs ou tenants des idées libérales, comme composante du droit de résistance à l'oppression.

Les premiers à l'évoquer sont certains penseurs de l'Antiquité ; ainsi, Démosthène en faisait le modèle du parfait dévouement démocratique tandis qu'Aristote y voyait une loi de la nature. À Athènes, Hippias et Hipparque, qui tentèrent de mettre fin à la tyrannie des Pisistratides, furent héroïsés par la cité et devinrent le modèle de ce genre de dévouement civique. À Rome, Cicéron s'en servit pour justifier l'assassinat de César.

Le débat sur le tyrannicide fit l'objet de débat entre les théologiens scolastiques ; Jean de Salisbury légitima le tyrannicide, sous certaines conditions, dans son Policraticus de 1159. Thomas d'Aquin proposa de distinguer l'usurpateur, qui pouvait toujours être tué, du prince légitime, mais exerçant son pouvoir de façon néfaste. Celui-ci ne pouvait pas être tué. Cependant, s'il était établi que le droit de choisir un prince appartenait au peuple, celui-ci pouvait se révolter et renverser le prince, sauf si cela risquait d'entraîner des maux plus graves encore. Il écrivit ainsi : « L’élimination physique de la Bête est bien vue par Dieu si grâce à elle on libère un peuple ».

On retrouve l'analyse de ce concept chez les monarchomaques au cours de la deuxième moitié du XVIe siècle et du début du XVIIe siècle. Principalement protestants, ces penseurs écrivaient dans le contexte des guerres de religion en France. Les monarchomaques soutenaient l'idée selon laquelle, si le roi persécutait la vraie religion, il violait le contrat conclu entre Dieu et le peuple et celui-ci pouvait donc se révolter. Juan de Mariana développa ces idées en 1598 dans son ouvrage De rege et regis institutione.

L'écrivain anglais John Milton proposa une histoire du tyrannicide dans son The Tenure of Kings and Magistrates de 1649, ouvrage dans lequel il défendait le tyrannicide sous certaines conditions.

On retrouve l'idée du tyrannicide dans les doctrines révolutionnaires, pour justifier la condamnation et l'exécution d'un roi, mais aussi pour faire de l'insurrection contre le tyran, quel qu'il soit, le droit et même le devoir de tout citoyen (Déclaration des droits de l'homme de 1789 et de 1793).

C'est un thème que l'on retrouve également dans des œuvres de fiction comme Le Seigneur des Anneaux, V pour Vendetta ou dans certaines pièces de Shakespeare.

Citations

  • « L’élimination physique de la Bête est bien vue par Dieu si grâce à elle on libère un peuple. » (Thomas d'Aquin)

Voir aussi

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