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Organisme génétiquement modifié

De Wikiberal.

(Redirigé depuis OGM)
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Un Organisme génétiquement modifié ou OGM est un organisme vivant dont l'information génétique à été modifiée par l'homme, grâce au génie génétique. En identifiant avec précision le gène correspondant à un caractère recherché (comme la résistance à un insecte ou à une maladie), il est extrait de l'organisme où il a été identifié et introduit à l'intérieur d'un autre organisme ou micro-organisme (plante, ferment, ...).

Le génie génétique remplace donc la technique laborieuse et plus aléatoire du croisement d'espèces proches, sans les inconvénients de cette solution : à chaque croisement, des milliers de gènes non désirés et inconnus étaient nécessairement introduits dans la nouvelle variété de semence. Des années de rétro-croisement (croisement de chaque nouvelle génération d'hybride avec la variété commerciale originale sur plusieurs générations) étaient nécessaires pour réduire le nombre de ces gènes non désirés de sorte que seuls restent les gènes utiles.

Par conséquent, si les OGM ont été développés, c'est qu'ils présentent des atouts considérables pour les agriculteurs, les consommateurs et l'environnement.

Sommaire

Avantages des OGM

En juin 1999, à la demande de la France, l’Union européenne instaure un moratoire sur les OGM, suspendant ainsi toutes les nouvelles autorisations d’OGM jusqu’à l’institution d’un cadre règlementaire. Ce dernier a vu le jour avec la directive européenne 2001/18/CE du 12 mars 2001. Pourtant, les avantages des OGM ne manquent pas.

Une agriculture plus raisonnée

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  • Philippe Gay a travaillé de 1974 à 1997 sur une bactérie du sol, le Bacillus thuringiensis (Bt). L’introduction dans le génome du maïs du gène responsable de la synthèse de la protéine Bt lui permet de mieux résister aux chenilles de la pyrale connues pour dévaster les champs de maïs.
  • D’autres OGM ont été développés pour faciliter le désherbage. Les mauvaises herbes volent en effet l’humidité et les nutriments nécessaires à la croissance des cultures. Elles réduisent le rendement des plantes et hébergent des organismes nuisibles. Avant le développement des OGM, les agriculteurs avaient deux solutions pour réduire l’impact de ces mauvaises herbes : labourer, remuer et biner la terre avant le semis pour tuer les mauvaises herbes (au risque d’exposer le sol au vent, à la pluie et d’accroître son érosion) ; épandre des herbicides (toxiques pour les mauvaises herbes et parfois aussi pour les cultures, ils devaient être utilisés à des doses massives avant le semis). Grâce aux OGM, les agriculteurs échappent à ce dilemme puisque le développement de variétés tolérantes à un herbicide leur permet de désherber pendant la culture et limite le labour et l’épandage massif d’herbicides avant semis.
  • Les OGM ont aussi permis de faire évoluer la nature et la quantité des pesticides ou herbicides utilisés. L’utilisation de semences résistantes aux herbicides favorise le remplacement d’herbicides « sélectifs » par le glyphosate ou le glufosinate, herbicides « totaux ». Alors qu’il fallait traditionnellement épandre un mélange d’herbicides synthétiques pour tuer le maximum de mauvaises herbes, le passage aux OGM a permis de ne plus recourir qu’à un seul herbicide. Persistant deux fois moins longtemps dans l’environnement, il est au moins trois fois moins toxique.
  • La culture d’OGM permet d’augmenter la productivité des superficies cultivées. La culture génétiquement modifiée du soja, du maïs, du coton, de la papaye, de la courge et du colza a produit 1,5 millions de tonnes de denrées et de fibres supplémentaires, sur une superficie identique, et a permis d’augmenter le revenu des agriculteurs de 1,5 milliards de dollars et de réduire le volume des pesticides de 17 170 tonnes.
  • Enfin, les OGM favorisent la productivité des pays pauvres. Les OGM peuvent incorporer des gènes qui les rendent résistantes à la sécheresse ou à des virus (celui de la mosaïque de la papaye, par exemple, à Hawaï). Ils peuvent aussi permettre aux semences de pousser dans des sols acides (l’acidité pouvant réduire la productivité de 80%).

Une alimentation plus équilibrée

  • Les OGM permettent d’améliorer la qualité nutritionnelle des aliments. C’est par exemple le cas du riz doré, qui a l’avantage de produire du béta-carotène, précurseur de la vitamine A. Ce riz peut contribuer à résoudre les problèmes de cécité et de malnutrition dans le monde.
  • Avec les gains de productivité que permettent les OGM, les fruits et légumes seront davantage accessibles au commun des mortels. Or ce sont les fruits et légumes qui permettent aux individus de vivre mieux et plus longtemps, en limitant notamment les risques de cancer. C’est le cas par exemple de la fraise, qui a une haute densité minérale, une bonne teneur en vitamine, mais qui a des coûts de production élevés du fait d’une culture essentiellement manuelle. Une fraise génétiquement modifiée a été mise au point, deux fois moins coûteuse à produire.
  • Les OGM réduisent les allergies alimentaires (qui touchent, en moyenne, une personne sur cinq). Le japonais Shiseido a développé un riz hypoallergénique qui élimine ainsi la globuline, source de réactions allergiques.

Moins de déchets

  • Les OGM permettent de limiter les déchets. Ainsi, grâce à un micro-organisme modifié, la société Hoffmann-La-Roche (Suisse) a réussi à ramener à une étape un procédé chimique qui en comprenait autrefois six. Les quantités de matières premières non renouvelables ont diminué de 75%, les émissions de composés organiques volatils dans l’air et l’eau de 50%, et les coûts d’exploitation de 50%.
  • La biotechnologie peut réduire la consommation d’eau et la production de déchets organiques. La société hollandaise Pasfrost a mis au point dans son installation de transformation des légumes un système de traitement biologique de l’eau, qui a permis de réduire la consommation de 50% et de faire sensiblement baisser les coûts. La société Domtar (Canada) a commencé à utiliser un OGM comme brillanteur de pâte à papier. Ce procédé permet de réduire de 10-15% la quantité de dioxyde de chlore nécessaire.

Risques des OGM sur la santé

  • Le biologique écossais Arpad Pusztai a publié en 1999 une étude tendant à montrer la dangerosité des OGM sur des rats. Il n’est toutefois pas possible d’en tirer la moindre conclusion scientifique, d’autant que la légèreté du travail de l’auteur lui a valu son licenciement peu après. L'AFSSA, Agence française de sécurité sanitaire des aliments, a officiellement déclaré dans un avis publié le 6 novembre 2003 l'étude « sans signification biologique ». L'organisme public conclut que «la consommation» du maïs Mon 863, qui a la particularité de sécréter son propre insecticide «ne présente pas de risques nutritionnels »[1]
  • le maïs génétiquement modifié Starlink, commercialisé en 2000 par Aventis, incorporait un gène issu de la bactérie Bt, toxique pour les chenilles, qui ont un intestin acide. Ce maïs était par contre inoffensif pour les intestins alcalins des mammifères, des oiseaux et des poissons. Alors que la Food and Drug Administration (FDA) ne l’avait autorisé, dans un premier temps, que pour les animaux, on retrouva en 2001 de petites quantités de Starlink dans plusieurs centaines de produits destinés aux humains. Le groupe écologiste Les Amis de la Terre annonça la contamination de 34 personnes se disant allergiques. Sur les 17 qui se sont présentées, aucune ne fut diagnostiquée allergique. Les niveaux de Bt étaient si faibles que ces produits étaient 700 fois moins allergiques que le beurre de cacahuète.
  • Les présidents de la Zambie et du Zimbabwe ont déclaré en 2002 préférer mourir de faim plutôt que d’absorber des OGM. Ceci n’est pas sans rappeler les peurs de la pomme de terre au XVIIIe siècle en France. A une époque marquée par les famines, la population préférait courir le risque de mourir de faim plutôt que de manger cet aliment nouveau.
  • A ce jour, aucun effet indésirable n’a pu être identifié du fait de l’utilisation des OGM. Les Américains consomment des produits génétiquement modifiés depuis plus d’une dizaine d’années, sans qu’aucune crise alimentaire ne se soit produite. La FDA écrit en 2003 : « il n’y a pas eu une seule réaction négative à la nourriture biotechnologique ; entre-temps, nous avons eu des dizaines de milliers de réactions à l’alimentation traditionnelle ». L’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) indique qu’ « à ce jour, aucun problème de santé, qu’il s’agisse de toxicité ou d’allergénicité, n’a pu être spécifiquement attribué à un OGM mis sur le marché ».
  • Un reportage diffusé par Canal+ le 15 septembre 2005, « OGM : l'étude qui accuse », prétend démontrer que la consommation de maïs transgénique produit par Monsanto provoque chez des rats, sur une période de 90 jours, des dysfonctionnements des reins et des anomalies dans le sang. Ce "documentaire" a bénéficié d’une seconde vie sur Internet en 2007, grâce à une rumeur insinuant qu’il aurait été censuré. C'est en fait un parfait cas d’étude de l’utilisation des rouages de la désinformation médiatique (voir OGM : Décryptage d’une manipulation médiatique).

Risques des OGM sur la biodiversité

  • On cite souvent l’exemple du papillon Monarque, soi-disant exposé au maïs Bt (mais ce n’a jamais été prouvé).
  • Des tests ont montré que les cultures d'OGM ne rendaient pas les abeilles malades, alors que les pesticides augmentaient leur stress.
  • On cite aussi le risque de contamination des espèces traditionnelles, et ce risque existe bel et bien. Mais des solutions existent pour l’éviter. Il est par exemple possible d’analyser le déplacement des pollens et substances modifiées pour protéger les plantations traditionnelles, en instaurant des zones tampon entre les cultures. On peut aussi rendre les OGM stériles, de sorte qu’ils ne produisent plus ni pollen ni fleur ni graine. Pourtant, loin de s’en réjouir, les anti-OGM s’opposent à l’utilisation de cette semence ; ils la considèrent comme un moyen pour les multinationales d’asseoir leur pouvoir. En effet, les semences stériles obligeraient les agriculteurs à acheter chaque année aux multinationales de nouvelles semences alors qu’ils pourraient replanter les anciennes. Il semble cependant, OGM ou pas, que la pratique consistant à replanter les semences soit progressivement abandonnée pour des raisons économiques.

Absurdité des faucheurs

Les faucheurs et autres amis de José Bové détruisent systématiquement les champs, même s’ils sont destinés à l’expérimentation. Or, la science naturelle avance par l’expérience et l’observation, et l’on ne pourra connaître tous les effets des OGM qu’en acceptant ces expérimentations. Les essais en champ ont pour but de développer les connaissances afin d’améliorer la sécurité environnementale, et réduire l’incertitude. Toutes les destructions de cultures transgéniques au nom du principe de précaution empêchent d’acquérir plus de connaissances sur les OGM.

Or les OGM offrent de formidables progrès dans des domaines très variés : médecine, agriculture, gestion des déchets, etc. Et de nombreuses études ont conclu que les organismes génétiquement modifiés ou plus généralement les biotechnologies ne présentent pas de risques significatifs.

Citation

  • « La folle campagne contre les OGM, mélange d'anti-américanisme primaire, de calculs protectionnistes à courte vue et de nostalgie des terroirs disparus, conduit nos chercheurs à l'exil et déplace hors de France les entreprises et les capitaux. Qui serait tenté d'investir en France où de faux paysans grimés en Astérix détruisent des laboratoires d'expérimentation de plants transgéniques, une innovation majeure qui pourrait assurer la sécurité alimentaire des générations à venir?... Claude Bernard, réveille-toi, ils sont devenus fous! » (Guy Sorman, Le Progrès et ses ennemis[2])

Notes et références

  1. « OGM : Remise en cause de l'étude qui avait révélé des lésions rénales chez des rats. », Le Figaro, 26 novembre 2004
  2. Guy Sorman, Le Progrès et ses ennemis, Fayard, 2001, p.13

Bibliographie

Voir aussi

Lien externe

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