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Déclaration d’indépendance des États-Unis

De Wikiberal
Histoire des États-Unis
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La Déclaration de l'indépendance américaine, prononcée le 4 juillet 1776, marque le point de départ de la «guerre de l'Indépendance américaine», qui a opposé les treize colonies britanniques d'Amérique du Nord à leur métropole, dans le dernier quart du XVIIIe siècle ; la rupture aboutit à la formation des États-Unis d'Amérique et à leur reconnaissance par la Grande-Bretagne, amenée à signer le traité de Versailles, le 3 septembre 1783.

Cette Déclaration de l'indépendance américaine s'inscrit dans le contexte d'un conflit entre la Royaume-Uni et lesdites colonies, qui a pour origine le Boston Tea Party. La Grande-Bretagne avait, en outre, imposé des clauses protectionnistes, dirigistes, voire monopolistiques, dans le domaine du commerce bilatéral du thé, entre elle et les colonies (les provinces qui deviendront les Etats-Unis). Ce fait historique a été, en effet, le point de départ de la Révolution américaine, d'une part, puis de l'Indépendance des Etats-Unis d'Amérique, d'autre part, et d'une nouvelle orientation plus « moderne » du Libéralisme, en troisième lieu.

Texte de la Déclaration

(traduction par Claude Lamirand)

« Dans le cours de l’histoire humaine, il arrive le moment où un peuple doit dissoudre les liens politiques de ceux qui le lient aux autres, et d’assumer au-dessus des pouvoirs terrestres, un positionnement séparé et respectueux avec les Lois de la Nature et de la nature de Dieu qui les soutiens, un respect profond envers les opinions que le genre humain requière et qui devrait le conduire à soutenir les raisons justifiant la séparation.
« Nous tenons ces vérités pour évidentes que tous les hommes sont créés égaux, qu’ils sont investis par leur Créateur d’un certain nombre de droits inaliénables, et que ces droits sont la Vie, la Liberté, et le poursuite du Bonheur. Que pour assurer ces droits, les Gouvernements sont institués parmi les Hommes, dont ils tirent de justes pouvoirs du consentement des gouvernés. Et que lorsque le Gouvernement devient destructeur dans ses fins, il est du Droit du Peuple de le combattre ou de l’abolir et d’instituer un nouveau Gouvernement, posant ses fondations sur ces principes et organisant ses pouvoir de telles sortes, qu’il ne puisse porter atteinte à la sécurité et au bonheur du peuple.
« La prudence commande que les Gouvernements établis pour longtemps ne devraient pas être modifiés pour des raisons légères et de circonstances, et selon toutes les expérience observées, l’humanité est plus disposée à souffrir, si l’enfer est souffrable, de se gouverner elle-même en abolissant les méthodes auxquelles elle est habituée.
« Mais lorsque une longue série d’abus et d’usurpations poursuivant invariablement le même objectif pour la réduire à subir le despotisme absolu, il est de son devoir de renverser un tel Gouvernement, et de créer une nouvelle garde lui assurant sa future sécurité.
« Patience fut la souffrance de ces Colonies, et aujourdhui vient la nécessité qui les contraint de dresser leur propre système de gouvernement. L’histoire de l’actuel roi de Grande-Bretagne est une histoire d’injures et d’usurpations répétées, toutes ayant pour seul objet l’établissement d’une tyrannie absolue sur les États. Pour le prouver, présentons les faits à la face du monde.
« Il a refusé son consentement aux Lois, celles les plus générales et utiles au bien public.
« Il a interdit à ses gouverneurs de passer des lois d'importance immédiate et pressante et a suspendu leur promulgation à son consentement en ayant tout fait pour négliger de s’en occuper.
« Il a refusé de prendre d’autres lois intéressant une grande partie du peuple, et sans que ces peuples puissent faire valoir leur droit à être représentés dans une législature, un droit inestimable pour eux et redoutable uniquement pour les tyrans.
« Il a convoqué les corps législatifs à des endroits inhabituels, inconfortables, et loin du siège de leur circonscription dans le seul but de les fatiguer pour les rendre plus compliants à ses décisions.
« Il a dissout la Chambre des Représentants à plusieurs reprises pour s’opposer fermement à la progression des droits du peuple.
« Il a refusé pendant longtemps, après plusieurs dissolutions, de discuter avec les élus pourvus d’un mandat législatif, incapable de l’empêcher, et les a renvoyés vers le Peuple : l’État restant pendant ce temps exposé à tous les dangers d’invasion extérieure, et d’émeutes intérieures.
« Il a menacé la population de ces États : dans le but de faire obstruction aux Lois sur la naturalisation des étrangers, refusant d’en prendre d’autres pour favoriser leur migration, et renforçant les conditions d’achat des terres.
Thomas Jefferson, auteur principal de la Déclaration
« Il a fait obstruction à l’Administration de la Justice en refusant de promulguer les lois établissant le pouvoir judiciaire.
« Il a rendu les juges dépendants de sa volonté par l’attribution des charges et le paiement de leur salaire.
« Il a créé une multitude de nouvelles administrations et envoyé les fonctionnaires harasser le peuple et le voler.
« Il a garder parmi nous, en temps de paix, une armée d’occupation, sans le consentement de nos législatures.
« Il a fait en sorte de rendre le pouvoir militaire indépendant et plus fort que le pouvoir civil.
« Il a cherché le moyen avec d’autres pour nous soumettre à une juridiction étrangère à notre constitution et inconnue de nos lois, donnant son accord a des actes prétendument législatifs :
« - afin de les protéger des procès les punissant des crimes commis contre les habitants de nos États,
« - afin d’empêcher notre commerce avec le reste du monde,
« - afin de nous imposer des impôts sans notre consentement,
« - afin de nous priver des bénéfices de procès équitables,
« - afin de nous déporter au motif d’avoir essayé de comploter,
« - afin d’abolir le système libre des lois anglaises dans la province voisine, d’y établir son gouvernement arbitraire et d’élargir ses frontières pour parvenir à introduire les mêmes règles absolues dans ses colonies,
« - afin de s’emparer de nos Chartes, d’abolir nos lois les plus utiles et d’altérer la forme de nos gouvernements,
« - afin de suspendre nos propres législatures et de déclarer eux-mêmes qu’elles sont investies du pouvoir de légiférer pour nous dans tous les cas.
« Il a abdiqué son Gouvernement en nous déclarant en dehors de sa protection et en préparant la guerre contre nous.
« Il a rempli nos mers, ravagé nos côtes, brûlé nos villes et détruit des vies dans notre peuple.
« Il est en ce moment en train de déplacer de grandes armées de mercenaires étrangers pour achever son travail de mort, de désolation et de tyrannie, déjà commencé par la cruauté et la perfidie dignes des époques les plus barbares, et totalement rejeté par les chefs de pays civilisés.
« Il a contraint nos propres citoyens capturés en mer à porter les armes contre leur propre pays et à devenir les auxiliaires de leurs amis ou à mourir de leur propre main.
« Il a encouragé les insurrections locales parmi nous, et a menacé les habitants de nos frontières avec de sauvages Indiens bien connus pour ne faire aucune distinction en tuant tous les sexes, tous les âges et conditions.
« À chaque étape de cette oppression nous avons fait des pétitions pour protester dans les termes les plus humbles. On ne nous a répondu que par l’injure. Un prince dont le caractère est marqué par les traits de la tyrannie est dans l’incapacité de diriger notre peuple libre.
« Aussi nous avons fait part de nos intentions à notre représentant britannique
« - Nous les avons mis en garde contre les atteintes de leur législation pour étendre une juridiction non désirée sur nous,
« - Nous leur avons rappelé les circonstances de notre émigration et de notre établissement ici,
« - Nous avons fait appel à leur sens de la justice et de la magnanimité, et nous les avons priés en vertu de nos valeurs communes à désavouer ces usurpations qui interrompraient inévitablement nos relations et notre correspondance.
« Ils sont restés sourds au langage de la justice et du sang commun. Nous devons donc plier devant les faits et prononcer la séparation, et les tenir, à la face du monde, pour des ennemis en temps de guerre, et des amis en temps de paix.
« Nous, ici présents, les représentants des États-Unis d’Amérique, en Congrès général, assemblés, faisons appel au Juge Suprême du monde pour constater la droiture de nos intentions, et faire, au nom, et par l’autorité du bon peuple de ces colonies, une déclaration publique.
« Ces Colonies Unies sont, en vertu du droit de la liberté et des États Indépendants, émancipées de toute allégeance à la Couronne britannique, et de tous liens politiques entre elles et l’État de Grande-Bretagne ; sont et devront être totalement dissoutes, et ont en tant qu'États Indépendants, les pleins pouvoirs pour décider la guerre, faire la paix, contracter des alliances, établir le commerce et pour faire tous les actes et choses que les États indépendants ont le droit de faire.
« Et afin de soutenir cette Déclaration, placée sous la protection de la Divine Providence, nous engageons mutuellement nos vies, nos fortunes et notre honneur.  »

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