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Dambisa Moyo

De Wikiberal
Dambisa Moyo
Économiste

Dates
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Tendance
Origine Zambie Zambie
Articles internes Liste de tous les articles

Citation « L'assistance à l'Afrique a toujours échoué »
inter lib.org sur Dambisa Moyo

Dambisa Moyo, né en 1969 à Luzaka, capitale de la Zambie. Dambisa Moyo est une économiste très critique de l'aide publique au développement versée par les pays développés à l'Afrique, en particulier dans son ouvrage L'Aide fatale[1], un best-seller dès sa publication aux États-Unis. Développant des idées proches de celle de Peter Thomas Bauer ou William Easterly dont elle se revendique, elle souligne que l'aide a des conséquences largement négatives et qu'il faut développer des solutions internes à ces pays, comme le microcrédit.

En mai 2009, Time Magazine l'a classé dans les personnalités mondiales les plus influentes, dans la catégorie scientifiques et penseurs[2].

Présentation

Moyo est née et a grandi à Lusaka en Zambie. Elle effectue ses études sur place puis rejoint Oxford ou elle obtient son doctorat en économie, ainsi qu'un master à la Kennedy School of Government de l'université Harvard. Elle a également un MBA en finance et un bachelor en chimie, tous deux obtenus à l'American University de Washington D.C.

Elle a travaillé auprès de la banque mondiale pendant deux ans puis pendant huit ans chez Goldman Sachs entre 2001 et 2008, en particulier comme macro-économiste.

Idées

Dead Aid : Why Aid Is Not Working and How There is Another Way for Africa (L'Aide fatale en français) développe la thèse selon laquelle l'aide au développement, publique ou privée, empêche l'Afrique d'accéder au développement économique et doit être arrêtée. Moyo résume ainsi le constat qu'elle fait dans l'ouvrage[3] :

«La politique d'assistance n'a nulle part au monde réduit la pauvreté ni stimulé la croissance. Pis, ses effets pervers sont patents : elle alimente la corruption, affaiblit l'État de droit, entrave l'investissement privé. [..] En 1970, 11% des Africains vivaient avec moins de 1 dollar par jour. Trente ans plus tard, on était à 66%. »

Pour sortir du sous-développement dans lequel l'aide étrangère enferme les pays africains, il faut avoir recours à des mesures qui permettent aux initiatives d'éclore : micro-finance, financement des projets innovants par du capital-investissement, libre-échange. En outre, elle souligne le rôle important d'une société ouverte, permise par l'état de droit : « une société civile qui fonctionne bien et un corps de citoyens politiquement responsables sont l'assise solide d'un développement viable dans le long terme, [dans un] environnement à l'intérieur duquel le secteur privé pourra s'épanouir »[4].

Comme exemple de pays ayant réussi à se développer en se passant de l'aide, elle cite l'Afrique du Sud et le Botswana.

Moyo se revendique de Peter Thomas Bauer, à qui l'ouvrage est dédié, ou de William Easterly.

Réception de ses idées

Le livre a rencontré un très grand succès à travers le monde entier et a déjà été traduit dans de nombreuses langues, dont le français. Paul Kagame, président rwandais, tient des discours proches de ceux de Moyo et a offert l'ouvrage à l'ensemble de son équipe ministérielle. Le président du Sénégal, Abdoulaye Wade, a repris des idées proches, soulignant également comme les libéraux les bienfaits du libre-échange, en particulier agricole, pour sortir l'Afrique du sous-développement[5]. De même, le Ghanéen Kofi Annan, ancien secrétaire général de l'ONU, a reconnu la force de conviction de ses idées tandis que le Cato Institute écrivit d'elle que : « aucun individu aujourd'hui ne remet en cause plus efficacement l'establishment de l'aide au développement et ne souligne si bien le mal qu'il cause en Afrique »[6].

Cette bonne réception de ses idées n'a pas empêché les partisans d'une aide publique au développement toujours plus importante de s'opposer fortement. Une critique d'autant plus féroce que, comme dans le cas de l'économiste kényan James Shikwati, la critique de leurs théories néfastes provient des Africains eux-mêmes.

Récompenses

Son ouvrage de 2009 lui a valu une notoriété mondiale. Selon Time, c'est l'une des 100 personnes les plus influentes de 2009. La même année, le World Economic Forum en fait l'un de ses Young Global Leaders[7].

Elle est également membre de plusieurs projets de soutien au micro-crédit dans les pays en voie de développement et siège à plusieurs conseils d'administration comme administrateur indépendant.

Notes et références

  1. (Dambisa Moyo, 2009, Dead Aid: Why Aid Is Not Working and How There is Another Way for Africa, Farrar, Straus and Giroux, New York, ISBN 0374139563, [prés. en ligne]
      • traduction française, L'Aide fatale, 2009, JC Lattès)
  2. "The 2009 TIME 100: Dambisa Moyo", Time Magazine, [lire en ligne]
  3. « Trois questions à ... Dambisa Moyo, économiste zambienne », L'Express, 1er octobre 2009, p.82
  4. Le Monde Économie, 28 septembre 2009
  5. The Paradox of Free Trade, Thompson Ayodele, 8 juillet 2003
  6. "Is Aid Killing Africa ?", Ian Vasquez, 5 mai 2009, [lire en ligne]
  7. Dambisa Moyo honoured as Young Global Leader 2009

Publications

  • 2009, Dead Aid: Why Aid Is Not Working and How There is Another Way for Africa, Farrar, Straus and Giroux, New York, ISBN 0374139563, [prés. en ligne]
    • traduction française, L'Aide fatale, 2009, JC Lattès, ISBN 2709633604
  • 2011, How the West Was Lost: Fifty Years of Economic Folly--and the Stark Choices Ahead, Farrar, Straus and Giroux, ISBN 0374173257

Liens externes

Voir aussi

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