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Hiérarchie des besoins

De Wikiberal


L'évocation de la hiérarchie des besoins dans l'esprit populaire est étroitement reliée à la pyramide des besoins du psychologue américain Abraham Maslow. Toutefois, Carl Menger, fondateur de l'école autrichienne d'économie, s'était distingué par la mise en avant de l'ordre hiérarchique des besoins et des biens. Cependant, une différence très nette existe entre ces deux auteurs.

Abraham Maslow ne fait aucun état des travaux économiques de Carl Menger. Et, quoique son analyse ait des reflets de réalisme, son approche ontologique et épistémologique a provoqué la critique d'un autre psychologue, Clayton P. Alderfer, approuvant l'intuition de la hiérarchie des besoins mais dans des conditions autres que celles qu'avance Abraham Maslow.

Même si Clayton P. Alderfer[1] ne se réfère également pas à Carl Menger, ses critiques sur les travaux d'Abraham Maslow rejoignent la pensée de l'économiste autrichien. Toutefois, il reste à rétablir complètement l'approche de Carl Menger sur la hiérarchie des besoins à la lumière des psychologues humanistes en comparant leurs points de convergence et de divergence.

L'influence d'Aristote

Carl Menger et Abraham Maslow ont tous les deux reçu l'héritage intellectuel d'Aristote. Le premier a adopté l'essentialisme dans une perspective économique, le second fut influencé par le concept d'entéléchie. Pour les psychologues humanistes, l'être humain doit se diriger vers son plein épanouissement (l'actualisation). L'individu est un être conscient de ses choix et de son développement. Carl Menger s'est écarté d'une conception réifié de l'être humain et du modèle micro-économique qui va naître après lui qui a réduit l'être humain à un homo-oeconomicus. Pour Carl Menger, il ne faut pas oublier que l'individu qui agit est un être humain qui ressent des besoins[2] qui ne lui ne lui sont pas donnés de l'extérieur mais dont il a, lui seul, la capacité (subjectif) de ressentir.

La motivation humaine

Selon Abraham Maslow, les besoins humains sont organisés selon une hiérarchie en forme de pyramide. A la base, les besoins physiologiques élémentaires occupent une place prépondérante. Au sommet, les besoins psychologiques et affectifs sont qualifiés d'ordre supérieur.

  • Les besoins physiologiques (se nourrir, se vêtir, se loger ...)
  • Les besoins de sécurité et de protection (se mettre à l'abri de toutes les agressions extérieures)
  • Les besoins sociaux (se sentir accepté, reconnu et compris des autres)
  • Les besoins d'autosatisfaction ou égocentriques (se comprendre et se respecter soi-même)
  • Les besoins d'accomplissement (création artistique, littérature, altruisme ...)

L'auteur autrichien, pour sa part, construit son analyse économique en réfutation de la théorie classique de l'objectivité des besoins. Il base une théorie alternative en comparant les degrés divers pour lesquels des besoins sont satisfaits grâce à des biens dont les effets tendent progressivement à diminuer avec la réalisation de ces besoins. Par conséquent, la motivation humaine est intrinsèquement liée à la consommation de biens en fonction du temps et du lieu où s'expriment ces besoins.

L'atteinte de sa liberté

Abraham Maslow conçoit la réalisation de soi, le niveau le plus élevé de sa pyramide, comme une recherche individuelle de sa propre liberté. Chaque individu est conduit à réussir et à atteindre le niveau de satisfaction où il est le seul à parvenir. Il identifie des caractéristiques principales de la réalisation de soi :

  • L'acceptation des faits plutôt que la dénégation
  • L'autonomie et la nécessité de la vie privée
  • Un grand intérêt dans la richesse de la vie, et l'appréciation de la beauté
  • Un système interne de la morale qui ne repose pas sur des clichés et des préjugés
  • Un goût pour la créativité
  • L'acceptation de soi
  • Des valeurs démocratiques, libres de préjugés et un intérêt vers les autres
  • La possibilité de voir et de concilier les deux aspects d'une question
  • Un esprit réaliste avec le sens de l'humour

Par conséquent, Abraham Maslow conçoit le but de chaque individu comme un détachement des contraintes en s'affranchissant peu à peu des besoins inférieurs.

Notes et références

  1. Clayton P. Alderfer, 1969, "An Empirical Test of a New Theory of Human Needs", Organization Behabor and Human Performance, Vol.4, pp142-175
  2. Gerhard Jandl, 2011, "Human Needs, the Market and the Crisis–Some Thoughts from an ‘Austrian’ Perspective", Bulletin of political Economy, Vol 5, n°1, pp65-84

Bibliographie

  • 1999, M. R. Hagerty, "Testing Maslow’s hierarchy of needs: National quality of life across time", Social Indicators Research, 46(3), pp249–271