Vous pouvez contribuer simplement à Wikibéral. Pour cela, demander un compte à admin@liberaux.org. N'hésitez pas!



Modèle:Histoire:Lumière/07

De Wikiberal

Antoine-Louis Destutt de Tracy (Paris, 20 juillet 1754 - id., 9 mars 1836) est un philosophe français, connu pour avoir fondé le groupe des Idéologues.

Issu d'une famille aristocratique, il devient officier peu avant la Révolution. Participant aux États généraux, il renonce à son titre de noblesse. Pendant la Révolution, il devient député à l'Assemblée constituante avant de servir en 1792 sous les ordres de Lafayette. Sous la Terreur, il est incarcéré. Pour occuper ses journées, il dévore les écrits de plusieurs philosophes, parmi lesquels Condillac et John Locke. C'est ainsi qu'il découvre la théorie sensualiste du premier et qu'il commence à s'en inspirer pour forger sa propre philosophie.

Membre de l'Institut en 1795, il en profite pour mettre au point sa théorie de l'Idéologie, qu'il présente comme la science des Idées. Sous le Consulat et l'Empire, il siège comme sénateur avant d'être nommé pair de France. Livrant une opposition résolue à Napoléon, il se voit privé de sa chaire en 1803. Il arrive cependant à publier sa volumineuse oeuvre Éléments d'idéologie entre 1801 et 1815, que parachève le dernier volume intitulé: Traité de la volonté et de ses effets. Bonaparte ne goûte évidemment guère qu'on lui résiste et ne tarde pas à railler Destutt et ses amis, parmi lesquels le médecin Cabanis ou Germaine de Staël, en usant du terme d' "idéologues" pour les dépeindre comme des penseurs éloignés de la réalité politique. L'acception péjorative de ce mot restera, faisant bien plus tard florès sous la plume de Karl Marx.

Néanmoins, les honneurs continueront à pleuvoir sur lui, puisqu'il sera élu à l'Académie française en 1808 avant que, sous la Restauration, Louis XVIII ne lui restitue son titre. Pourtant, Destutt de Tracy conservera son indépendance politique en menant une opposition libérale aux gouvernements "ultras", de la même manière qu'il avait défié le pouvoir napoléonien.

D'abord séduit par la Monarchie de Juillet, dont il espère une orientation plus libérale que les régimes précédents, il déchantera vite et s'éteindra en 1836.