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Paul Ormerod

De Wikiberal

Paul Ormerod est un économiste britannique qui est associé à l'entreprise Volterra Partners[1]. En outre, il est professeur invité au Centre UCL (University College London) pour enseigner l'incertitude décisionnelle. Il est aussi membre du conseil scientifique du Institute of Economic Affairs.

Paul Ormerod a complété ses études économiques de premier cycle au Christ's College, à Cambridge et il a effectué ses études de troisième cycle au St Catherine's College, Oxford, pour lesquelles il a obtenu un Master de philosophie (MPhil) en économie. Après l'obtention de son diplôme, il a travaillé comme prévisionniste à l'Institut national de recherche économique et sociale.

Intellectuellement influencé par Friedrich Hayek, il a fait des recherches sur la complexité, les systèmes complexes, les réseaux, la rétroaction non linéaire, les fluctuations économiques et la concurrence économique. Paul Ormerod utilise une approche multidisciplinaire mêlant la biologie, la physique, les mathématiques, les statistiques et la psychologie comme sources pouvant être appliquées à l'économie.

La critique du modèle dominant de la science économique

En 1994, Paul Ormerod écrit "The Death of Economics". Dans ce livre, il critique la pratique le mouvement dominant de la science économique et il fait des suggestions de modifications. Selon l'auteur, le titre n'implique pas que l'étude de l'économie ne soit pas d'une grande importance, mais il fait valoir que l'économie conventionnelle offre une vision trompeuse de la manière dont le monde fonctionne et il doit donc être remplacé.

Selon les critères de l'économie conventionnelle, les acteurs agissent selon l'hypothèses d'un "comportement rationnel" dans un monde d'équilibre mécanique et linéaire - comme dans une boîte vide. Par conséquent, les prescriptions offertes par les économistes conventionnels concernant les grandes questions comme l'inflation et le chômage sont, selon Paul Ormerod, au mieux trompeuses et au pire dangereusement fausses. Le livre suggère comment la science économique pourrait être développée pour mieux comprendre comment le monde fonctionne réellement. Un point de départ nécessaire est une appréciation plus large de la société humaine en tant que système non linéaire dotée d'une grande complexité. Ici, Paul Ormerod suggère que les approches des sciences biologiques ou des disciplines telles que la paléontologie, l'astronomie et la climatologie sont susceptibles de révéler plus de vérité que les outils analytiques restrictifs de l'orthodoxie économique. Il pose donc la question épistémologique de la construction des théories autour des faits dès le départ plutôt que de poursuivre des théories abstraites sur la manière dont un monde rationnel doit fonctionner.

Dans "L'économie des papillons : une nouvelle théorie générale du comportement social et économique" (1998), Paul Ormerod accentue sa critique du modèle dominant de la science économique. L'auteur utilise une pléthore de métaphores liées aux insectes pour montrer qu'une économie a tendance à fonctionner comme un organisme vivant et qu'elle ainsi capable d'apprendre et de s'adapter. La théorie présentée par le livre s'écarte de la sagesse économique conventionnelle qui présente les individus en tant que décideurs isolés et qui agissent en fonction d'une évaluation rationnelle de l'information suffisante sur le coût et les avantages des choix respectifs. L'économie des papillons ajoute l'interaction à l'équation et fait valoir que les individus interagissent lorsqu'ils poursuivent leurs intérêts, obtenant ainsi de nouvelles informations, ce qui à leur tour influence leur prise de décision.

L'être humain est inscrit dans un monde en perpétuelle évolution complexe

Pour Paul Ormerod, l'échec est la caractéristique la plus fondamentale des systèmes biologiques, sociaux et économiques (2005). Tout comme les espèces échouent et s'éteignent, le même phénomène arrive pour les entreprises, les marques et les politiques publiques. Et bien que l'échec soit difficile à appréhender, il est nécessaire de comprendre la nature omniprésente de l'échec dans le monde des entreprises et des économies humaines pour ceux qui cherchent à réussir.

En reliant les modèles économiques avec les modèles d'évolution biologique, Paul Ormerod expose les failles dans certaines des hypothèses économiques les plus fondamentales d'aujourd'hui et il examine comment les professionnels de l'entreprise et du gouvernement peuvent aider leurs organisations à survivre et à prospérer dans un monde devenu très complexe. Parallèlement, Paul Ormerod discute de la façon dont la loi de l'irrégularité s'applique aux entreprises et au gouvernement et il révèle comment obtenir des résultats sociaux et économiques optimaux en s'adaptant à un monde caractérisé par un changement, une évolution et un déséquilibre constants.

La théorie des réseaux d'échelle invariant pondérés

En prenant le cadre des industries créatives, Paul Ormerod et ses co-auteurs (2008a) proposent une définition de cette industrie basée sur le marché plutôt que celle qui existait auparavant qui reposait sur une classification industrielle avec des intrants (créativité) et des extrants (propriété intellectuelle). Une définition basée sur le marché permet des implications empiriques, analytiques et politiques dans la mesure où la demande et l'offre fonctionnent dans des réseaux sociaux complexes.

Paul Ormerod a discuté (2008b) du contexte culturel et historique spécifique qui fait émerger un réseau en tant que facteur d'influence sur l'ensemble des membres d'un groupe. En d'autres termes, comment un leadership d'opinion émerge dans l'ensemble d'une population ? Un réseau existe à un moment précis dans lequel beaucoup de gens sont conscients de l'existence qu'un petit nombre d'individus particuliers possédant des informations importantes pour eux. Mais, dans ce réseau, la plupart des gens ne connaissent qu'un petit nombre d'autres personnes. Il existe dans ce même groupe des individus bien connus, qui, en général, tiennent des opinions distinctes de celles de la majorité. Pendant quelques temps, ces personnes exercent peu ou pas d'influence sur l'opinion générale. Toutefois, des événements spécifiques conduisent ce réseau de sensibilisation à évoluer vers un réseau dans lequel les points de vue des personnes connues deviennent décisives et modifient l'opinion générale de l'ensemble du réseau. Pour démontrer sa théorie, Paul Ormerod prend l'exemple historique de l'évolution des croyances religieuses en Angleterre dans les années 1550 et au début des années 1560.

Il existe donc un seuil critique, à partir duquel tout bascule. En reprenant la pensée de Friedrich Hayek, Paul Ormerod (2017) donne une illustration de ce phénomène. Dans son essai de 1949, "Les intellectuels et le socialisme", Friedrich Hayek avance l'idée que ce sont les intellectuels professionnels qui redistribuent les idées des autres[2] qui ont permis la diffusion des idées de la planification et du socialisme dans les économies orientées vers le marché pour les placer en position dominante dans toute la société. L'intellectuel n'est donc pas, dans ce sens, un penseur original, mais un diffuseur d'idées comme peuvent l'être des journalistes, des commentateurs, des enseignants, des conférenciers, des artistes ou des dessinateurs[3]. Paul Ormerod indique ici que Friedrich Hayek présente en termes modernes, le réseau d'échelle invariant (scale-free network). Une fois que la partie la plus active des intellectuels est convertie à un ensemble de croyances, le processus par lequel ces idées sont acceptées est presque automatique et irréversible. L'influence des leaders d'opinions n'est pas réservée au seul critère du nombre de leur connections comme le présente le simple modèle du scale-free network. Mais, il est pondéré dans le sens où Hayek le conçoit car leur influence potentielle sur ces agents porte une force relativement élevée.

Annexes

Notes et références

  1. Volterra est un cabinet spécialisé dans l'économie du transport et du développement immobilier, fondé par Bridget Rosewell et Paul Ormerod.
  2. "professional second-hand dealers in ideas"
  3. Certainement qu'aujourd'hui Friedrich Hayek ajouterait les encyclopédistes et les blogueurs sur internet

Publications

  • 1994, "The Death of Economics", St. Martin's Press
  • 1998, "Butterfly Economics: A New General Theory of Social and Economic Behavior", London: Faber and Faber
  • 2000, avec C. Mounfield, "Random Matrix Theory and the Failure of Macroeconomic Forecasting", Physica A, Vol 280, pp497–504
  • 2001, avec R. E. Rowthorn, "For Marriage", Prospect, April, pp34–38
  • 2002, avec C. Mounfield, "The Convergence of European Business Cycles, 1978–2000", Physica A, Vol 307, pp494–504
  • 2004,
    • a. avec A. Roach, "The medieval inquisition: Scale-free networks and the suppression of heresy", Physica A, Vol 339, pp645–652
    • b. avec P. Meadows, W. Cook, "Social Networks: Their Role in Access to Financial Services in Britain", National Institute Economic Review, Vol 189, pp99-109
  • 2005, "Why Most Things Fail: Evolution, Extinction and Economics", Wiley
  • 2006, "Hayek, 'The Intellectuals and Socialism', and Weighted Scale Free Networks”, Economic Affairs, 26 (1), pp41-47
  • 2007, "Extracting deep knowledge from limited information on evolved social networks", Physica A, 378(1), pp48–52
  • 2008,
    • a. avec J. Hartley, S. Cunningham, J. Potts, "Social network markets: A new definition of the creative industries", Journal of Cultural Economics, 32(3), pp167–185
    • b. avec Andrew P. Roach, "Emergent Scale-free Social Networks in History: Burning and the Rise of English Protestantism", Journal of Cultural Science, 1(1)
    • c. "Random matrix theory and the evolution of business cycle synchronization 1886-2006", Economic E-Journal, Vol 2 (2008-26, 27 August 2008)
    • d. avec Alexander Bentley, Mark E. Madsen, "Shelf space strategy in long-tail markets", Physica A, Vol 388, pp691-696
  • 2009, "Keynes, Hayek and Complexity", In: Marisa Faggini, Thomas Lux, dir., "Coping with the Complexity of Economics", Springer, pp19-32
  • 2010, "Resilience after local economic shocks", Applied Economics Letters, 17(5), pp503-507
  • 2012, "Positive Linking: How Networks Can Revolutionise the World", London: Faber and Faber
  • 2017,
    • a. avec J. H. Johnson, A. Nowak, B. Rosewell, Y. C. Zhang, dir., "Non-Equilibrium Social Science and Policy", Springer, New York
    • b. "Economics", In: J. H. Johnson, A. Nowak, Paul Ormerod, B. Rosewell, Y. C. Zhang, dir., "Non-Equilibrium Social Science and Policy", Springer, New York

Liens externes