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Ère de la liberté

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L'Ère de la liberté, en suédois Frihetstiden désigne la période de parlementarisme et de développement des droits civils qui débute après la mort de Charles XII (1718) et s’achève par le coup d’état de Gustave III en 1772. Le passage du pouvoir du roi au Parlement est la conséquence de la désastreuse Grande Guerre du Nord. Charles XII avait vu se former contre lui une coalition rassemblant le Royaume-Uni, Hanovre, la Russie, la Prusse, la Saxe et le Danemark. La Suède, après la mort du roi, s’est trouvée dans l’obligation de céder ses diverses possessions à ses ennemis vainqueurs.

La Constitution de 1720

Searchtool-80%.png Article détaillé : Constitution du 2 mai 1720.

Frédéric 1er, élu roi en 1720, se voit déposséder du pouvoir au profit du Riksdag. La Diète compte quatre États délibérant séparément : nobles, prêtres, bourgeois et paysans. Les conflits d’intérêts et la jalousie mutuelle entre ses quatre assemblées indépendantes rend le travail législatif très difficile. Une loi doit être approuvée par au moins trois des quatre États.

Chaque diète a un président, le talman, élu au début de chaque session. Le lantmarskalk, qui préside la Chambre des Nobles, préside aussi les États réunis en Congrès et le Comité secret. Ce corps fameux se compose de 50 nobles, 25 prêtres, 25 bourgeois et très exceptionnellement, 25 paysans. Il détient, durant la session du Riksdag, non seulement le pouvoir exécutif mais aussi judiciaire et législatif. Il prépare les lois pour le Riksdag, nomme et renvoie les ministres, contrôle la politique étrangère, et prétend jouer le rôle de cour d’appel des cours de justice ordinaire.

Mais pendant les vacances du Parlement, cependant, l’exécutif demeure entre les mains du Sénat ou Conseil Privé (Riksrad), responsable devant le Riksdag seul. Il s’agit en somme d’une constitution républicaine qui ne laisse aucune place au roi, président nominal du Conseil.

Chapeaux et bonnets

Arvid Horn, chancelier, ferme mais prudent, abandonne l’alliance française au profit d’un rapprochement avec le Royaume-Uni dont il admire les institutions. La paix de Vingt Ans succède à la Guerre de Vingt Ans. Cette politique de « bonnets de nuit » est raillée par le « parti des chapeaux », en référence au tricorne des officiers et des gentilhommes. La Guerre de Succession de Pologne (1733-1738) provoque la chute de Horn.

Soucieux de rétablir la grandeur de leur pays, les chapeaux sont les partisans de l’alliance française et de la guerre contre la Russie. Cette guerre se révèle désastreuse mais la nouvelle tsarine, Elisabeth, accepte de restituer la Finlande conquise à son cousin Adolphe Frédéric de Holstein élu prince héritier (1743).

En 1756, l’épouse du roi Adolphe Frédéric, Louise Ulrica, sœur de Frédéric II de Prusse, tente de restaurer le pouvoir monarchique. Cet échec achève d’humilier la personne royale. Les « chapeaux » tout puissants se jettent dans la Guerre de Sept Ans à l’instigation de la France. Mais les Suédois sont battus par les Prussiens même si les Chapeaux réussissent, grâce à leur habileté parlementaire, à se maintenir au pouvoir jusqu’en 1765.

Les Bonnets, de retour au pouvoir, dénoncent une politique financière désastreuse, qui a conduit à l’endettement et à la dépréciation monétaire. Les Bonnets vont rétablir les finances et mener quelques autres réformes, instaurant notamment la liberté de la presse en 1766. En politique étrangère, ils défendent une neutralité vigilante, des alliances défensives et des traités de commerce avec les puissances maritimes. Ils souhaitent naïvement équilibrer l’influence française par un rapprochement avec la Russie. Mais la Russie voit dans la Suède davantage une proie future qu’un allié possible.

L’ambassade de France, où se tient une réunion des Chapeaux, se montre prête à financer toute réforme de la constitution dans un sens plus monarchique. De son côté, l’ambassadeur russe devient le trésorier et le conseiller des Bonnets.

Le Riksdag est convoqué le 19 avril 1769 à Norrköping, plus accessible que Stockholm pour une intervention de la flotte russe. Mais les Bonnets se retrouvent minoritaires et c’est le « chapeau » Axel de Fersen qui est élu Lantmarskalk. Mais le Riksdag de la Réaction allait se séparer sans avoir rien décidé. Le prince héritier Gustave, devenu Gustave III, va donc être amené à organiser un coup d’État pour mettre fin à l’ère des libertés.

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