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École de Bloomington

De Wikiberal

L'École de Bloomington s'intéresse à l’économie publique (public economy). Or, cette terminologie pourrait être trompeuse en français. Selon Elinor Ostrom, la notion de public, qu'elle utilise, ne renvoie pas au statut des agents, pas plus qu'à une forme particulière de droits de propriété.

Le champ d’action de l’École de Bloomington incorpore toutes les organisations pertinentes, qu'elles soient publiques, privées, volontaires ou sur une base communautaire. Les chercheurs de cette école s'intéressent aux actions entreprises dans un domaine donné de politique publique (public policy). Ceci inclut l'action de l'entrepreneur qui est considéré dans son sens large. L’entreprenariat ne se limite pas à l’entreprise à but personnel. Les entrepreneurs qui proposent une vision nouvelle et attrayante ou des solutions pratiques innovantes face aux problèmes de gouvernance font partie de l'entrepreneuriat public (public entrepreneurship) dans la mesure où les processus institutionnels requièrent l’action concertée de nombreux individus.

Les actions polycentriques des entrepreneurs

Le contexte de la pensée de l’École de Bloomington se situe dans une tradition fédéraliste et associationniste. C'est pourquoi elle s'écarte d'une capacité de régulation concentrée sur l’État central. Les chercheurs de cette école mettent en lumière les capacités d’actions collectives qui ne sont pas monocentriques mais polycentriques.

Dans le débat sur le changement climatique, par exemple, Elinor Ostrom déplore la pensée dominante (quasi unique) qui préconise que les problèmes de changement climatique ne puissent être résolus que par une autorité externe qui déterminerait d'autorité les mesures appropriées à prendre, qui surveillerait le comportement des acteurs impliqués et qui imposerait des sanctions. Or, aucun traité mondial ne sera efficace pour traiter les problèmes climatiques si l'on s'obstine dans cette voie monocentrique. Les discussions sur les efforts mondiaux à effectuer sont multiples et n'ont toujours pas abouti.

Heureusement, de nombreuses activités peuvent être entreprises par plusieurs unités, à des échelles diverses, qui font une différence cumulative au niveau de la résolution des problèmes climatiques. "Au lieu de se concentrer uniquement sur les efforts mondiaux (qui constituent effectivement une partie nécessaire de la solution à long terme), il vaut mieux encourager les efforts polycentrés pour réduire les risques associés à l'émission de gaz à effet de serre"[1]. Les approches polycentriques facilitent la réalisation des solutions, à plusieurs échelles, ainsi qu'elles accélèrent les expérimentations et l'apprentissage des expériences par multiples politiques publiques, au sens de l'École de Bloomington, c'est-à-dire menées par des entrepreneurs qui ont une vision collective des problèmes, ce qui ne veut pas dire qu'elles soient menées par des entreprises publiques, comme on le comprend généralement.

Notes et références

  1. Elinor Ostrom, 2010, "Polycentric Systems for Coping with Collective Action and Global Environmental Change", Global Environmental Change, 20(4), pp550-557)

Bibliographie

  • 2011, J. Groenewegen, "The Bloomington School and American Institutionalism", The Good Society, vol 20, n°1, pp15-36