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Entrepreneur

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De nombreuses études affirment que les entrepreneurs sont différents des non-entrepreneurs. Pourtant, il n'existe aucune description universelle et unifiée ou de singularité qui montrerait en quoi ils diffèrent. Comme il n'y a rien à apprendre des danseurs, affirme S. Ramoglou, "à part qu'ils dansent, il n'y a rien d'unique à découvrir chez les individus autre chose que le fait qu'ils exercent simplement l'action entrepreneuriale"[1]. Par conséquent, les entrepreneurs agissent en fait de la même manière que les autres individus.

Quel est le critère du succès de l'entreprise ? Certains entrepreneurs recherchent le maximum de profits, ce qui favorise la croissance de l'entreprise. Cependant, sont-ce les profits qui guident la croissance ou à l'inverse, est-ce la croissance de l'entreprise qui lui permet d'engranger de plus en plus de profit[2] ? D'autres entrepreneurs ont une motivation autre. Ils tentent d'atteindre ou de maintenir un certain style de vie (L'entrepreneur lifestyle). Certains auteurs contestant que la motivation des entrepreneurs soient mus uniquement par la recherche du profit ont orienté leurs recherches vers l'anthropologie entrepreneuriale[3].

Histoire de l'entrepreneuriat

En un sens tout homme ou toute femme responsable est, de fait, un entrepreneur dès lors qu'il/elle utilise son capital physique, financier ou humain (capital corporel, social, culturel et alloue des ressources rares (son argent, son temps, son stress en vue d'atteindre les fins qu'il s'est imposées. L'idée que certains pays manquent d'esprit d'entreprise, notamment les pays du tiers-monde, est un mythe. Depuis la naissance de l'humanité, l'entrepreneur a toujours existé même si son importance s'est plus manifestée dans les livres d'histoire avec les entrepreneurs du XIXème siècle qui nous font croire que l'entrepreneur est né avec le développement du capitalisme de la révolution indutrielle. Même s'il ne portait pas le nom d'entrepreneur, le marchand existait déjà dans l'antiquité. Et, s'il s'avère qu'il occupait une place prépondérante sur le sol terrestre, il ne faut pas oublier l'omniprésence de l'entrepreneur, marin marchand[4] depuis l'antiquité. Au Moyen-âge, l'entrepreneur était aussi omniprésent même si le cadre institutionnel de l'époque l'a dirigé en direction de ses compétences d'innovations martiales et aux bâtiments architecturaux d'origine religieuse[5]. Durant les temps modernes, l'entrepreneur continue d'être un sous-traitant pour les marchés publics (armement, infrastructure, assainissement des terres) d'ampleurs financières conséquentes. Dans leur ensemble, ce sont des entrepreneurs publics. Parmi eux, quelques personnalités se distinguent comme Humphrey Bradley, Guillaume Boutheroue ou Pierre-Paul Riquet.

La psychologie et l'anthropologie entrepreneuriales

Il y a lieu de distinguer l'organisateur de l'entrepreneur. Collins et Moore (1970) font la différence entre les créateurs organisationnels qui créent des entreprises nouvelles et indépendantes de ceux qui assurent des fonctions entrepreneuriales dans des organisations déjà existantes.

Du point de vue de la psychologie entrepreneuriale, les recherches se sont souvent penchés sur les traits de personnalités de l'entrepreneur[6] afin de répondre à la question : qui est l'entrepreneur ? Malheureusement, les résultats ont abouti à une insuffisante quête de l'être idéal, voire mythique ou imaginaire tel l'entrepreneur heffalump[7]. Dans les critères psychologiques, le créateur d'entreprise est souvent caractérisé par un locus de contrôle[8] élevé. Dans la phase initiale de la création d'entreprise ou d'un nouveau service au sein d'une organisation existante, ou lors d'une reprise d'entreprise[9], l'entrepreneur est voué à une polyvalence bénéfique pour la réussite du projet, ce qui le fait qualifier souvent d'homme à tout faire ou à tors de capitaine d'industrie[10]. Ce principe entrepreneurial est l'essence même de l’homo liberalis que veulent assujettir les collectivistes ou de l'homo œconomicus que les anthropologies romantiques fustigent (en faveur du don de soi, du désintéressement, de la générosité, de la gratuité, etc.).

Le psychologue David McClelland (1963) s'est interrogé pour savoir pourquoi certains pays connaissent une croissance rapide dans la sphère économique à certains moments et d'autres n'y arrivent pas. Il fait l'hypothèse que certaines caractéristiques particulières chez les personnes sont responsables des changements économiques.  Il s'écarte d'une analyse des facteurs externes tels que les conditions économiques favorables à la croissance et il a malheureusement limité son analyse aux facteurs internes, en particulier les valeurs et les motivations qui conduisent les gens à exploiter les opportunités ou les conditions favorables. Or, il s'avère que l'identification des motivations est problématique car ce que les gens peuvent dire de leurs motivations n'est pas une base fiable pour déterminer ce que sont réellement et précisément ces motivations.

L'anthropologue, Fredrik Barth a esquissé un modèle entrepreneurial du changement social. Dans une collection d'essais (1963[11]) sur les activités des entrepreneurs dans le nord de la Norvège, il a souligné certains processus pour comprendre la stabilité ou le changement social. Il a utilisé trois concepts principaux : la niche et les actifs de l'entrepreneur ainsi que les restrictions qu'il subit. La niche correspond à la position qu'il occupe par rapport aux ressources, aux concurrents et aux clients. Il dispose d'actifs qui sont la somme totale du capital, des compétences et des droits sociaux qu'il peut utiliser. Ceci constitue les éléments positifs à son action entrepreneuriale. Cependant, il est confronté aussi à des restrictions qui limitent sa liberté de choix dans sa niche. L'objectif de l'entrepreneur consiste à déplacer ses actifs vers les endroits où il peut avoir un effet d'exploitation optimal dans une niche. Il s'appuie sur la lecture d'une cartographie des coûts sociaux encourus par sa structure lorsqu'il tente de mettre en œuvre les diverses techniques d'exploitation au sein de sa communauté. Il prend en compte la place du produit ou du service de son entreprise qui est valorisé à l'intérieur du système de valeurs lequel qui caractérise l'économie culturelle de la communauté. Le but de l'entrepreneur n'ait pas forcément d'aboutir à un changement social. Pourtant, l'entrepreneur vise à réaliser des profits. Il subit des incertitudes en poursuivant cette fin. Mais, pour y parvenir, il établit certaines innovations, y compris dans la gestion des personnes qui l'accompagnent. Il rassemble autour de lui des partisans dont la composition ne correspond pas de façon homogène à la composition des autres groupes au sein de sa communauté. Mais, comme d'autres entrepreneurs l'imitent, la structure de la communauté peut se modifier et des processus cumulatifs de changement social et économique s'installent alors.

L'historien Thomas Cochran, intéressé par les mouvements de changement économique dans l'histoire (1965, 1971), soutient que les éléments de l'économie culturelle sont apparents physiquement dans la société mais qu'ils sont aussi et principalement présents et influents psychologiquement chez chaque individu. Dans sa théorie psychosociale, Everett Hagen (1962)[12] considère que les variables économiques jouent un rôle relativement mineur dans le développement entrepreneurial alors qu'il met l'accent sur ce qu'il appelle la personnalité[13] innovante de l'entrepreneur rebel[14]. Pour lui, l'innovation implique deux étapes. La première nécessite d'arriver à une nouvelle conception mentale et la deuxième permet de la convertir en action ou en forme matérielle. L'histoire du business illustre souvent des figures entrepreneuriales importantes qui se sont rebellées contre les pratiques monopolistiques et la réglementation étatique en valorisant leurs compétences en affaires afin d'attirer de nouveaux consommateurs. John Arbuckle[15] dans l'industrie du café constitue un tel exemple.

La sociologie entrepreneuriale

Alexander Gerschenkron (1954)[16], à contre-courant du mouvement de la sociologie de l'entrepreneur, dès l'après-guerre, a tenté de dépasser les perceptions sursocialisées de l'entrepreneur qui étaient associées aux travaux des historiens de l'économie. Il a identifié la nécessité d'un nouvel équilibre entre l'agent et son contexte. Influencé en partie par les travaux de Joseph Schumpeter, il s'est intéressé au comportement déviant de l'entrepreneur, au sens d'un comportement différent de ce qui est socialement prescrit. La déviance, soutient-il, est une influence déterminante du comportement entrepreneurial, et elle n'a d'importance que parce qu'elle se produit malgré la résistance de l'environnement. L'entrepreneur héroïque et innovateur de Joseph Schumpeter semblerait quelque peu banal s'il n'avait pas à affronter l'hostilité et la résistance au changement de la part d'une partie de la population. Cependant, Alexander Gerschenkron affirme que s'il peut être logique de tenir pour acquis un système dominant de valeurs sociales dans certaines situations historiques, il est beaucoup moins satisfaisant d'accepter le comportement déviant de l'entrepreneur comme acquis sans analyser le contexte économique, historique et sociologique. Il propose une approche institutionnaliste qui nécessite une compréhension du comportement humain fortement pour l'analyse de l'entrepreneuriat car celui-ci est fortement influencé par les spécificités du contexte institutionnel.

Trop souvent les histoires racontées à propos des entrepreneurs flattent la réussite de ces derniers au point d'en édifier un mythe glorificateur (par exemple le mythe de Horatio Alger qui raconte l'histoire d'un entrepreneur qui réussit en partant de rien[17]). À l'inverse, la littérature romanesque et les oeuvres cinématographiques, en général, le dépeignent comme un vil et cruel être humain. Les chercheurs en histoire du business ont joué un rôle important tant sur le plan de la "couleur" donnée aux entrepreneurs mais aussi sur le contexte d'analyse institutionnel influencé bien souvent par des facteurs idéologiques implicites. Les économistes de l'école autrichienne apportent une orientation plus nuancée. Par exemple, Virgil Storr présente un modèle de l'entrepreneuriat aux Bahamas avec deux idéaux types entrepreneuriaux : l'esclave entrepreneur et le maître pirate. L'entrepreneur a souvent été observé du point de vue national en mettant en lumière l'aspect bénéfique sur la croissance d'un pays. Cette approche à la fois utilitariste, sociétale et nationaliste est remise en cause par la prise en compte de l'entrepreneur ethnique[18], de l'entrepreneur migrant et de l'entrepreneur né mondialisé. D'où les questions qui se posent sur l'aide des entrepreneurs par l'Etat.

L'Etat doit-il aider les entrepreneurs ?

La tâche des hommes de l'Etat est de na pas perturber le processus du marché en minant la capacité entrepreneuriale[19] des individus. Les règles du jeu fixées par l'Etat, auxquelles tous les participants doivent se soumettre dans le processus du marché, doivent être prévisibles, en éliminant les privilèges ou les aides spéciales accordées par le gouvernement. Un gouvernement libéral doit avoir le courage[20] de ne rien faire malgré la pression de la population qui le pousse à intervenir. Il n'est pas celui qui aide les chefs d'entreprises, c'est celui qui évite de leur compliquer la tâche en créant plus d'incertitude[21] qu'il n'existe déjà dans leur jugement. Ce dernier facteur n'est pas un point mineur pour encourager l'émergence d'entrepreneurs productifs. Comme l'a souligné Magnus Henrekson[22], il ne doit pas y avoir d'aide sociale ou d'assurance qui décourage la recherche de nouvelles opportunités pour générer un profit. Dans les pays où il existe un degré élevé d'intervention de l'Etat soit par des subventions, soit par une assurance chômage, des attentes négatives sont générées en ce qui concerne la possibilité d'émergence d'entrepreneurs, car ce type de mesures décourage la recherche de nouvelles opportunités à générer un moyen de subsistance, puisqu'il est garanti par l'Etat ou par équivalence, les partenaires sociaux. Un autre biais de l'intervention de l'État est la facilitation involontaire ou l'ascension contrariée de l'entrepreneur évasif.

Les pouvoirs publiques s'intéressent à l'entreprise car celle-ci est un vecteur influent dans l'opinion publique sur le niveau de l'emploi. Par conséquent, la stimulation de la création d'emploi[23] par tous les moyens est largement adoptée par tous les gouvernements dans le monde. Les politiques publiques entrepreneuriales[24] ont la fâcheuse tendance à s'inviter dans le terreau de la création, de la transmission, de la reprise et du développement des entreprises, ce qui représente concrètement un magma de textes inextricables et incompréhensibles par les acteurs entrepreneuriaux avec un lot d'intervenants divers sur le terrain. Or, cela peut saper la richesse de l'écosystème entrepreneurial potentiel ou existant. En dépit de nombreux efforts financiers (corollaire à l'augmentation fiscale pour tous), d'agences et d'association subventionnées largement propagées sur le territoire et du soutien offert par diverses collectivités locales et le gouvernement central, on constate que la majorité des jeunes sont faiblement disposés à passé au statut d'entrepreneur en adoptant les contraintes administratives qu'impliquent une activité entrepreneuriale[25] comme une option de carrière en raison des risques associés. La plupart d'entre eux la considèrent comme une dernière option et sont plus enclins à privilégier l'emploi salarié dans les organisations gouvernementales, publiques ou privées.

Les commentaires des journalistes et de l'opinion publique, fondée trop hâtivement par la réaction que par la réflexion économique, se plaignent à tors, mais trop souvent, que le dispositif d’aide des politiques publiques entrepreneuriales n’est pas suffisant pour assurer les conditions de pérennisation des entreprises nouvellement créées. Ce qui conduit les autorités publiques de faire encore plus de saupoudrage avec des mesurettes de politiques publiques entrepreneuriales.

Considérations de l'entrepreneur dans les théories

Les thèmes des auteurs de la pensée entrepreneuriale

  • L'influence de la marginalité sociale sur l'émergence de l'entrepreneuriat (Werner Sombart, Bert F. Hoselitz, F. V. Young)

Les auteurs de la pensée entrepreneuriale

Les grands auteurs de la pensée entrepreneuriale

Catégorie Nom Origine Période Apports
# Économiste Richard Cantillon Irlande Irlande
France France
16801734
Le risque associé à l'incertitude
# Économiste Johann Heinrich von Thünen Allemagne Allemagne 17831850
Le risque associé à l'incertitude
# Économiste Hans von Mangoldt Allemagne Allemagne 18241868
Le risque associé à l'incertitude
# Économiste John Stuart Mill Royaume-Uni Royaume-Uni 18061873
Le risque associé à l'incertitude
# Économiste Frederick Hawley États-Unis États-Unis 18431929
Le risque associé à l'incertitude
# Économiste Frank Knight États-Unis États-Unis 18851972
Le risque associé à l'incertitude
# Économiste Ludwig von Mises Autriche Autriche 18811973
Le risque associé à l'incertitude
# Économiste George Shackle Royaume-Uni Royaume-Uni 19031992
Le risque associé à l'incertitude
# Économiste Mark Casson Royaume-Uni Royaume-Uni 1945
Le risque associé à l'incertitude
# Économiste Adam Smith Écosse Écosse 17231790
Capital financier
# Économiste Turgot France France 17271781
Capital financier
# Économiste David Ricardo Royaume-Uni Royaume-Uni 17721823
Capital financier
# Économiste Eugen von Böhm-Bawerk Autriche Autriche 18511914
Capital financier

La perspective autrichienne de l'entrepreneur

Alors que l'esprit d'entreprise a joué un rôle de premier plan dans la théorie économique dès son émergence, à partir de la Seconde Guerre mondiale, l'entrepreneur a disparu des articles scientifiques et dans les manuels scolaires économiques. Au fur et à mesure que le langage de l'économie devenait de plus en plus formel et stylisé, les économistes furent attirés par des concepts très abstraits pour évoquer le marché et la concurrence tels que le modèle de l'équilibre général dans une concurrence pure et parfaite. Il était tout simplement trop difficile d'intégrer un acteur créatif, dynamique, coordonnateur ou perturbateur dans l'analyse. La microéconomie est devenue une description de divers états d'équilibre (existence, stabilité), et il n'y avait aucune place pour un entrepreneur. Pour les Autrichiens, en revanche, l'entrepreneur en tant que spéculateur, coordinateur et innovateur[34] est la "force motrice du marché" selon les termes employés par Ludwig von Mises. Cependant, il serait faux de confondre systématiquement l'entrepreneur et innovateur. car, la plupart des entrepreneurs sont des réplicateurs[35] plutôt que des innovateurs. Ils tendent à imiter le succès des autres entrepreneurs plutôt que de vouloir créer ex nihilo. L'entrepreneur ne construit pas délibérément ses univers d'entreprise. Selon sa caractéristique ontologique, il est déjà immergé dans ceux-ci avant d'agir avec tous les réseaux potentiels d'intersubjectivités. Ainsi, le problème de la coordination de l'action humaine repose sur la connaissance subjective et la dispersion de l'information.

D'un point de vue purement économique, un entrepreneur, est une personne qui engage des capitaux et utilise une main-d'œuvre salariée en vue d'une production déterminée. De ce point de vue, l'entrepreneur est synonyme de chef d'entreprise produisant des produits ou des services comme l'entrepreneur du savoir[36]. Les auteurs autrichiens, et dans un sens large, les proto-autrichiens, se sont longuement penchés sur la théorie de l’entrepreneur[37]. Et, ils refusent cette vision étriquée de l'entrepreneur.

Dans le paradigme de l'école néoclassique, il n'y a pas de place pour l'entrepreneur. L'économiste néoclassique propose une théorie de l'équilibre qui suggère que les marchés sont composés d'agents maximisants et que l'ensemble des décisions dégagent un prix de marché. Par conséquent, personne n'est capable de découvrir un mauvais alignement sur le marché qui peut être exploité et d'en tirer un profit. Ceci est dû au fait qu'à un moment donné, le marché suppose que tout le monde peut reconnaître les opportunités, qu'elles sont immédiatement reconnues et que les transactions ont été coordonnées sans délai. Cette approche suggère donc que l'opportunité est une connaissance commune et qu'elle est évidente pour tous.

L'essence de l'entrepreneur est d'acheter et/ou de combiner des ressources hétérogènes dans le présent en anticipation de recettes futures (incertaines). Pour Israel Kirzner, l'entrepreneur a un rôle d'arbitrage, il prend note des opportunités jusqu'alors inaperçues. Son élève, Don Lavoie et ses successeurs (Virgil Storr), employant la métaphore[38] herméneutique, indique que l'entrepreneur "lit" le marché comme il pourrait le faire d'un texte. L'entrepreneur thymo-linguistique relève donc des marqueurs phrastiques et paraphrastiques du marché, grâce à l'apprentissage inter-textuel, pour en synthétiser les opportunités et en anticiper les recettes futures. L'entrepreneur est tolérant vis à vis de l’ambiguïté du marché parce qu'il dispose d'une certaine confiance en lui pour surmonter ce flou de signification du marché futur puisqu'il est, en infime partie, son co-créateur. Cette sensation de réussite auto-réalisatrice permet à un individu de devenir entrepreneur même dans des situations peu favorables à son épanouissement comme dans les secteurs publiques[39], par exemple.

Carl Menger décrit l'art d'entreprendre comme le processus de conversion des ressources en biens et services qui ont de la valeur pour des acheteurs. L'entrepreneur n'est donc pas un ingénieur qui utilise une fonction de production avec l'intégration dosée de facteurs de production. La vision ontologique de l'entrepreneur est beaucoup plus large.

Avec Ludwig von Mises, L'entrepreneur est un homo-agens, c'est à dire un être humain qui agit. Aussi, l'entrepreneur peut être un chef d'entreprise, mais aussi un collaborateur interne (intrapreneur) ou externe comme un client (Auke R. Leen, Anders Liljenberg). Des auteurs comme Eric Von Hippel, en dehors, du paradigme autrichien ont effectivement démontré qu'une grande partie de l'innovation provient des utilisateurs et qu'ils agissent donc comme des entrepreneurs. La théorie autrichienne de l'entrepreneur "accorde une place centrale à l’action. Elle peut être rapprochée de la conception de l’enactment proposée par Karl Weick (1979) qui conduit à reconnaître une antériorité de l’action sur la cognition."[40]. L'entrepreneur chez Ludwig von Mises est nettement distinct de l'entrepreneur de John Maynard Keynes. Chez ce dernier, l'entrepreneur bénéficie d'une aubaine inexpliquée, un rendement de l'incertitude de se retrouver à la bonne place au bon moment (happenstance) tandis que l'entrepreneur de Mises est récompensé d'une prévision correcte du futur bien qu'agissant dans le présent sur une idée du futur.

La réussite de l'entrepreneur, du point de vue de l'école autrichienne, ne parvient pas suite à un problème de maximisation d'un bien spécifique, qu'un algorithme de recherche pourrait très bien résoudre, mais de l'idée d'une personne vis à vis d'un processus qui ne peut pas être modélisé tel un problème d'optimisation. Il est important également de lutter contre la croyance candide de "l'overnight sensation", c'est à dire du triomphe de l'entrepreneur du jour au lendemain. Combien de chanteurs et d'artistes déclarent avoir galéré avant de trouver le succès ? Des milliers et des millions n'y sont jamais parvenus. Le succès instantané suite à la création ou à la découverte d'une opportunité est une fable[41]. De surcroît, l'entrepreneur, partout où il est passé dans le monde en plus de ses services et produits, a transmis l'esprit de liberté[42].

Il faut aussi signaler que la distinction entre la notion de l'entrepreneur technique et l'entrepreneur commercial tend à se flouter avec l'apparition du technopreneur. L'idée chez les auteurs autrichiens est que la propriété privée est d'une importance colossale non seulement parce qu'elle se trouve à la base de l'économie de marché. Mais, devenir un jour le propriétaire de son propre business marque à vie tout individu[43]. À mesure que les ressources se raréfient et que leur valeur augmente, ou que les technologies évoluent, les gens sont plus susceptibles de consacrer du temps et des efforts précieux pour définir et pour faire respecter leurs droits. Les entrepreneurs de droits de propriété sont ces personnes qui créent, qui consolident ou qui font évoluer les institutions de droits de propriété[44].

Informations complémentaires

Citations

Notes et références

  1. S. Ramoglou, 2013, "Who is a ‘non-entrepreneur’? Taking the ‘others’ of entrepreneurship seriously", International Small Business Journal, Vol 31, p433
  2. Per Davidsson, P. Steffens, J. Fitzsimmons, 2009, "Growing profitable or growing from profits: Putting the horse in front of the cart?", Journal of Business Venturing, vol 24, n°4, pp388-406
  3. Le positionnement central de l'anthropologie entrepreneuriale est de s'opposer à ce que les auteurs de cette recherche pensent être un impérialisme de la pensée entrepreneuriale vue par les anglo-saxons. En fait, ces auteurs admettent que le profit a eu un rôle moteur dans la configuration des sociétés occidentales autour des valeurs entrepreneuriales de liberté, d’autonomie et d’innovation. Mais, ils considèrent que les auteurs anglo-saxons, autrement dit de façon métonymique, les économistes néo-classiques américains de l'école de Chicago, participent au rayonnement mondial d’une idéologie libérale. Les anthropologues entrepreneuriaux invitent à penser que la culture entrepreneuriale ne peut pas être redevable et soumise au discours déifié de la liberté, de la responsabilité et d'autonomie. Ils évoquent d'autres valeurs qui ont permis l'éclosion de l'entrepreneuriat dans certaines régions du monde qu'elles soient isolées de la société occidentale ou qu'elles soient incluses dans celle-ci. Ils reprochent aux économistes de voir l’entrepreneur comme étant un être isolé, autonome et porté par le seul intérêt économique en occultant parfois le caractère essentiellement social du processus entrepreneurial.
    • Louis-Paul Dana, 1995, "Entrepreneurship in a remote sub-arctic community”, Entrepreneurship: Theory and Practice, Vol 20, n°1, pp57-72
  4. Depuis l'antiquité, le marin marchand est un expert dans l'utilisation de l'outil technologique, le bateau, dans la gestion difficile des ressources humaines, les marins, dans l'évaluation des marchandises transportées et dans la négociation avec les autorités fiscales locales et les partenaires commerciaux, les concessionnaires. Des preuves écrites confirment des échanges commerciaux à cette époque par voie maritime dans la mer Rouge, le golfe Persique et l'océan Indien, et l'archéologie seule suffit à le démontrer dans toute la zone de mer Méditerranée et dans le nord-est de l'océan Atlantique. Les navires qu'utilisaient les marins marchands, il y a quatre mille ans, ressemblaient, pour la plupart à des galères, avec un fond large et mâtées à la proue et à la poupe. Ils longeaient la côte durant la journée. Ils dormaient à la belle étoile sur une plage ou sous les hauts remparts d'une ville côtière. L'équipage dormait emmitouflé dans leur cape de mer, à côté des barques à rames ou à proximité d'une petite dune. Certains navires lâchaient l'ancre dans des criques abritées. Pour ceux qui partaient vers une étendue maritime sans port ou qui étaient commandés par un capitaine insouciant, ils combattaient durant leur sommeil le courant contraire en retournant leurs rames. La levée du soleil leur donnait la montre de leur époque pour se repérer dans la période de la journée. À l'aide de la voile triangulaire, le capitaine essayait d'attraper un vent favorable pour que son navire puisse atteindre un objectif lointain. Lorsque les navires s'échouaient, les équipages attendaient la marée qui les aidaient à se remettre à flot, ou chargeaient et déchargeaient des balles de laine et des lingots de métaux, des outres d'eau et des sacs d'orge sous la direction de leur commandant, tandis que les officiers marchands étaient à terre, en ville, en train de compléter la documentation finale avec leurs agents ou de négocier des échanges commerciaux avec des concessionnaires et des autorités locaux.
  5. L'environnement institutionnel au cours du Moyen-âge a eu une influence sur la direction vers laquelle le talent entrepreneurial se dirigeait. De nombreux entrepreneurs médiévaux étaient des chefs militaires ou des ingénieurs innovants engagés pour développer des technologies et des tactiques afin d'accorder un avantage concurrentiel à leurs seigneurs politiques. Les arrangements institutionnels en vigueur encourageaient donc plus les capacités martiales des individus plutôt que leurs capacités commerciales. En conclusion, le type d'entrepreneuriat qui émerge dans la société est largement déterminé par les comportements que le gouvernement récompense et punit. Lorsque la société récompense le service à l'État plutôt que le service aux consommateurs sur le marché, alors la guerre devient une valeur sociale primordiale, et son ampleur et sa portée augmentent considérablement au détriment du bien-être de chaque individu qui composent dans leur ensemble la société mais ce sont ces derniers qui doivent finalement supporter le coût physique et humain des conflits. Le terme entrepreneur fut d'abord appliqué aux aventuriers militaires et aux sous-traitants de l'État plutôt qu'aux fabricants et marchands ordinaires. Ce n'est qu'ensuite que la fonction entrepreneuriale s'est enrichie de la rationalisation économique de la production. L'entrepreneuriat fut ensuite associé aux concepts plus spécifiques de la planification créative, de la supervision de la production et de la prise en charge de l'incertitude. L'entrepreneur du milieu et de la fin du Moyen Âge dirigeait les grands travaux architecturaux : châteaux et fortifications, édifices publics, abbayes et cathédrales. Les édifices à vocation religieuse étaient les plus nombreux, les plus importants et les plus étendus. Jusqu'à la fin du XIIe siècle, les ecclésiastiques étaient des entrepreneurs chargés de la planification et de l'exécution de ces travaux. Ils étaient les inventeurs et les planificateurs de l'ouvrage, remplissaient les fonctions d'architecte, de constructeur et de gestionnaire et, en outre, ils engageaient et supervisaient généralement les ouvriers. Pour cela, ils se procuraient les matériaux nécessaires à l'exécution des travaux depuis le début du projet de la construction. Ils ne contractaient pas pour autant l'entièreté de l'exécution d'un ouvrage fini, mais ils prolongeaient la construction jusqu'à l'épuisement des ressources disponibles. A partir du XIIIe siècle, le moine ou l'abbé bâtisseur tend peu à peu à être remplacé par des maîtres bâtisseurs laïcs. Ces maitres d'œuvre étaient considérés soit comme des entrepreneurs de la complète exécution du projet, soit comme des experts expérimentés. Avec l'accroissement du pouvoir politique séculier, l'importance des clercs en tant qu'entrepreneurs créateurs et bâtisseurs a diminué, pour finalement disparaître presque entièrement. Les principaux ouvrages de construction n'étaient plus des cathédrales et des abbayes, mais des fortifications, des routes, des ponts, des canaux, des ports, des palais et d'autres édifices publics laïcs.
  6. Bibliographie sur la théorie des traits de personnalité de l'entrepreneur
    • 1982, B. P. Welsch, E. C. Young, "The information source selection decision: the role of entrepreneurial personality characteristics", Journal of Small Business Management, Vol 20, pp49-57
    • 1997, Hermann Brandstätter, "Becoming an entrepreneur — A question of personality structure?", Journal of Economic Psychology, Vol 18, n°2–3, April, pp157-177
  7. Tiré de l'histoire de la série de livres pour enfants "Winnie l'Ourson", de l'auteur A. A. Milne, le heffalump est un personnage mystique qui a été "aperçu" mais qui n'a jamais réellement été rencontré et certainement jamais capturé. Peter Kilby, en 1971 (Kilby, P. (1971), Hunting the Heffalump, Entrepreneurship and Economic Development, New York Free Press, New York, NY.), utilise l'analogie du heffalump en utilisant le nom donné à cet éléphant imaginaire pour décrire la recherche de la source de la performance entrepreneuriale dynamique, quelque chose qui défie toute spécification. Il débat plus précisément du problème en essayant d'identifier un groupe utile de comportements afin de délimiter les frontières de l'entrepreneuriat. En s'appuyant sur ses propres études sur l'entrepreneuriat en Afrique de l'Ouest, il précise que les visions néoclassiques de l'entrepreneuriat sont limitées puisqu'elles mettent surtout l'accent sur les nouvelles opportunités et sur l'assemblage des ressources afin de saisir la réalité comportementale des entrepreneurs. Il souligna que, dans les économies occidentales, des processus politico-juridiques stables et un marché pour les bons talents managériaux sont ressourcés à partir du marché. Par conséquent, la pensée néoclassique qui se concentre exclusivement sur les aspects d'identification des opportunités et d'assemblage des ressources du travail créatif et unique des entrepreneurs écarte de leur champ d'analyse les mécanismes externes du marché. Ainsi, le point de vue de Peter Kilby met en évidence les limites des abstractions théoriques générales intemporelles et illimitées sur l'entrepreneuriat lorsqu'elles excluent les variations contextuelles importantes du comportement entrepreneurial. D'où la nécessité d'avoir une vision institutionnelle de l'entrepreneuriat et non pas une recherche psychologique des traits de personnalité de l'entrepreneur. Les entrepreneurs ont généralement besoin de lancer des processus politico-juridique et de contrôle de gestion solide afin de lancer une nouvelle entreprise productive, ce qui n'existe pas dans tous les environnements économiques particulièrement dans les pays en voie de développement. Le sociologue Paul H Wilken (Paul H. Wilken, 1979, "Entrepreneurship: A Comparative and Historical Study", Norwood, NJ: Ablex Publishing Corporation) a également fait référence au Heffalump. Il a déclaré: «L'entrepreneur Heffalump est une sorte d'animal panaché, qui apparaît dans différents habitats et sous différentes formes. Il semble également avoir subi des changements évolutifs ou des mutations…
    • 2008, Eva Cools, Herman Van den Broeck, "The hunt for the heffalump continues: Can trait and cognitive characteristics predict entrepreneurial orientation?", Journal of Small Business Strategy, Vol 18, n°2, fall, pp23-41
    • 2015, Colette Henry, "Entrepreneurship education evaluation: revisiting Storey to hunt for the heffalump", Education + Training, Vol 57, n°8/9, pp816-833
  8. Le locus de contrôle ou lieu de contrôle fait référence à la perception qu'ont les individus des causes de leurs conditions de vie. Le lieu de contrôle externe décrit un individu qui croit que la plupart de ses conditions de vie sont déterminées par des forces indépendantes de sa volonté, telles que des divinités, des réglementations, des gouvernements, des structures de pouvoir, des institutions, ainsi que le destin ou la chance. Le lieu de contrôle interne décrit une personne qui croit être son propre maître et peut agir pour changer ses propres conditions de vie. Le locus interne et externe peuvent être représentés sur une ligne en continuum où la plupart des individus sont situés entre les deux extrêmes du contrôle externe complet et une orientation totale du contrôle interne. Aussi, pour comprendre pourquoi certaines personnes sont plus susceptibles de devenir des entrepreneurs, la recherche exploratoire sur les caractéristiques individuelles telles que le locus de contrôle peuvent permettre de comprendre le comportement entrepreneurial. Dans la mesure où les individus croient que leurs actions peuvent influencer les résultats, leur comportement entrepreneurial ne sera pas identique. Les individus avec un locus de contrôle interne croient que leurs actions peuvent influencer directement les résultats avec une activité psychologique de renforcement (L'école behavioriste en explique les circonstances. J. B. Rotter, 1966, "Generalized expectancies for internal versus external control of reinforcement", Psychological Monographs: General and Applied, Vol 80), tandis que les individus avec un locus de contrôle externe croient qu'ils ne peuvent pas contrôler les résultats des événements. Mais, l'activité de locus de contrôle n'agit pas mécaniquement comme pourrait le faire croire les études de laboratoire psychologiques des chercheurs béhavioristes. Le locus de contrôle s'inscrit dans le cadre fins-moyens, ce qui est observable dans la réalité entrepreneuriale où les fondateurs d'entreprises manifestent un plus grand locus de contrôle interne que les individus qui exercent dans d'autres professions. En effet, la nature même de l'entrepreneuriat exige dans certains cas, comme l'entrepreneur institutionnel, que des hommes et des femmes croient en leurs capacités d'influencer leurs environnements institutionnels sur un espace élargi et souvent discontinu.
    • 2017, Olivier Brunel, Eric Michael Laviolette, Miruna Radu-Lefebvre, "Role Models and Entrepreneurial Intention: The Moderating Effects of Experience, Locus of Control and Self-Esteem", Journal of Enterprising Culture, Vol 25, n°2, June, pp149–177
  9. 2010, B. Deschamps, P. Fatien, S. Geindre, "Accompagner le repreneur d’entreprise : conduire, escorter mais aussi guider", Gestion 2000, vol 27, n°3, pp77-88
  10. Bibliographie sur le capitaine d'industrie
    • 2002, R. Dixon, "Retrospectives: Captains of Industry", Journal of Economic Perspectives, 16 (2), pp297-306
    • 2014, Florent Le Bot, "Capitaine d’industrie", In: P. M. Chauvin, M. Grossetti, P. P. Zalio, "dictionnaire sociologique de l’entrepreneuriat", Presses de Sciences Po, pp85-101
    • 2017, Didier Chabaud, "Entrepreneur et capitaine d’industrie", In: André Tiran, Dimitri Uzunidis, dir., "Dictionnaire économique de l’entrepreneur", Classiques Garnier
  11. Fredrik Barth, 1963, "The role of the entrepreneur in social change in Northern Norway", Bergen: Norwegian University Press
    • Fredrik Barth, 1966, "Models of Social organization", Glasgow: The University Press
    • Fredrik Barth, 1969, "Ethnic groups and Boundaries", Boston: Little, Brown
  12. Dans son livre "Sur la théorie du changement social" (1962), Everett Hagen a analysé l'émergence historique de l'innovation et de la créativité technologique en Angleterre, au Japon, en Colombie et en Birmanie.
    • Everett E. Hagen, 1962, "On the Theory of Social Change: How Economic Growth Begins", Homewood, IL: The Dorsey Press, Inc.
  13. Everett Hagen, 1967, "British personality and the industrial revolution: the historical evidence", In: T. Burns, S. B. Saul, dir., "Social Theory and Economic Change", London: Tavistock
  14. 1960, Everett Hagen, "The entrepreneurs as rebel against traditional society", Human Organization, 19 (4), pp185-187
  15. John Arbuckle est un entrepreneur américain qui a lutté contre les pratiques monopolistiques issues du capitalisme de connivence et a affronté la réglementation gouvernementale. Il a fondé avec son frère, Charles, une entreprise dans l'industrie du café après la guerre civile des États-Unis. Il travaillait dans son épicerie lorsqu'il a perçu une nouvelle opportunité de vendre le café. Jusqu'alors, les grains de café étaient vendus vert et les gens devaient les faire rôtir dans une poêle au-dessus d'un feu. John et Charles Arbuckle ont révolutionné l'industrie du café en vendant du café torréfié dans des emballages d'une contenance d'une livre. Leur entreprise devint très populaire très rapidement. En 1871, ils s'installèrent à New York où ils fondèrent la "Arbuckle Brothers Company". Ensuite, le café Arbuckles a été expédié partout aux États-Unis depuis le centre de production installé à New York.
  16. Alexander Gerschenkron, 1954, "Social Attitudes, Entrepreneurship and Economic Development", Explorations in Entrepreneurial History, Vol VI, pp1-19
  17. Irvin G. Wyllie s'est intéressé aux mythes qui accompagnent la saga de l'histoire du business américain centré autour du self-made man. Le thème du passage de l'entrepreneur entre les stades extrêmes du chiffonnier à la richesse fut répété par de nombreux groupes différents pour devenir une partie de la culture populaire de la littérature américaine. Irvin G. Wyllie a tenté de découvrir les origines du mythe du héros légendaire, d'analyser l'homme d'affaires américain et d'apprendre par qui il était le plus utilisé, à quelles fins et avec quels effets. Il convient toutefois de souligner que ce n'est pas une étude des origines professionnelles et des conditions environnementales des hommes d'affaires américains, ni d'une tentative de vérifier de quelles classes sociales les chefs d'entreprise ont été recrutés. Le sujet traité par Irvin Wyllie est la culture intellectuelle intégrée à l'histoire du business. Il puise ses recherches précisément dans les idées qui ont favorisés le self-made man dans les larges conditions de découvertes d'opportunité aux Etats-Unis.
    Irvin G. Wyllie, 1954, "The Self-Made Man in America", New Brunswick, New Jersey: Rutgers University Press
  18. L'entrepreneuriat ethnique fait référence aux liens réguliers d'interactions commerciales entre des personnes qui partagent des origines nationales (ethniques) communes. Les économistes et les sociologues l'analyse comme un processus par lequel des minorités ethniques créent leur propre secteur économique privé en réponse à une exclusion implicite du système économique formel. Les entrepreneurs ethniques appartiennent à des minorités qui s'identifient à une population appartenant généralement à la même communauté. Ils comptent sur le soutien et les ressources de leur communauté pour accomplir leurs activités commerciales. Ils sont souvent installés dans des enclaves citadines ou rurales et forment dans leur ensemble une pluralité d'économies ethniques. Par conséquent, l'ethnicité apparaît comme une forme de capital social fondée sur des valeurs fortes et partagées culturellement telles que la solidarité et la confiance réciproque. En plus de proposer un marché d'échange de biens et de services, la communauté ethnique offre un environnement favorable d'émergence et de développement grâce à un accès plus tolérant et favorable au capital humain et financier.
    • 1972, Ivan Light, "Ethnic Enterprise in America: Business and Welfare among Chinese, Japanese and Blacksé, Berkeley: University of California Press
    • 1990, Howard Aldrich, Roger Waldinger, "Ethnicity and Entrepreneurship", Annual Review of Sociology, Vol 16, pp111–135
  19. La capacité d'entreprendre découle en partie de l'utilisation des connaissances. Les gens d'action qui perçoivent et réagissent à la connaissance le font de diverses manières ; chacun intériorise les connaissances d'une manière potentiellement différente. L'entrepreneur se distancie du manager par ses propres pratiques à l'intérieur et à l'extérieur de l'entreprise. Des capacités différentes pour le travail de routine de la gestion se traduisent simplement par un succès différentiel dans ce que font tous les gestionnaires, tandis que des capacités entrepreneuriales différentes signifient que certaines personnes sont capables d'entreprendre des incertitudes liées à ce qui n'a pas été fait auparavant. Surmonter ces difficultés liées au changement de pratique est la fonction principale, voire unique, de l'entrepreneur.
    Bibliographie sur la capacité entrepreneuriale
    • 1954, Yale Brozen, "Determinants of Entrepreneurial Ability", Social Research, Vol 21, n°1, pp339-
    • 1981, J. H. Atkinson, D. J. Brown, "Cash and share renting: An empirical test of the link between entrepreneurial ability and contractual choice", Bell Journal of Economics, Vol 12, pp296–299
    • 1990, Raphael Amit, Lawrence Glosten, Eitan Muller, "Entrepreneurial Ability, Venture Investments, and Risk Sharing", Management Science, Vol 36, n°10, Oct., pp1232-1245
    • 2016, Minghu Gao, Hao Jiao, Dan Yang, Peihong Xi, Yibing Wu, "Entrepreneurial ability and technological innovation: Evidence from publicly listed companies in an emerging economy", Technological Forecasting and Social Change, Vol 112, November, pp164-170
  20. Bill Flax, 2010, "The Courage to Do Nothing. A Moral Defense of Markets and Freedom", Tate Publishing, Mustang (Oklahoma)
  21. Le comportement entrepreneurial implique d’investir une proportion importante de ressources dans un projet à forte probabilité d’échec. Ainsi, un trait important que les chefs d’entreprise doivent incarner est une forte capacité à déterminer la bonne stratégie pour leurs entreprises face à l’incertitude.
  22. Magnus Henrekson, 2005, "Entrepreneurship: A Weak Link in the Welfare State?”, Industrial and Corporate Change, Vol 14, n°3, p19
  23. J-C Ettinger, 1989, "Stimuler la création d'emploi par la création d'entreprise", Revue Française de Gestion, n°73, pp56-61
  24. La volonté des politiques publiques entrepreneuriales fait partie des actions qui consistent à dynamiser le territoire local et de l'aménager.
  25. Bibliographie sur l'activité entrepreneuriale
    • 2009, N. Bosma, V. Schutjens, "Mapping entrepreneurial activity and entrepreneurial attitudes in European regions”, International Journal of Entrepreneurship and Small Business, Vol 7, n°2, pp191-213
    • 2011,
      • N. Bosma, V. Schutjens, "Understanding regional variation in entrepreneurial activity and entrepreneurial attitude in Europe", Ann. Reg. Sci., Vol 47, pp711–742
      • D. Ribeiro-Soriano, P. H. Thornton, D. Urbano, "Socio-cultural factors and entrepreneurial activity: an overview", International Small Business Journal, 29(2), pp105–118
    • 2014, L. Chang, "The difference of social cultural traits influence rural entrepreneurial activity", Stud. Sci. Sci., Vol 32, pp1888–1896
  26. Adolph Riedel a étendu la conception de Richard Cantillon de l'entrepreneur en tant qu'agent économique qui assume l'incertitude afin que d'autres puissent échapper à la même incertitude, par exemple, grâce à l'établissement de contrats à prix fixe. L'entrepreneur de Riedel est conscient que l'incertitude est un phénomène inévitable lors de la recherche d'un revenu pour tout individu. Par conséquent, il fournit un service utile aux travailleurs qui préfèrent devenir salarié car ils ont une aversion pour le risque. Aussi, ils échangent avec satisfaction leur incertitude d'obtenir un revenu futur contre la sécurité d'une revenu certain. L'entrepreneur est en quelque sorte un fournisseur d'allégement d'incertitudes pour ceux qui ont des difficultés à la supporter. Il est récompensé pour sa prévoyance ou pénalisé pour son absence. S'il vend des biens à un prix supérieur à ses coûts d'intrants fixes qu'il a préalablement contractés, il gagne de l'argent sinon il en perd. En justifiant la raison d'être de l'entreprise grâce à la présence de l'entrepreneur qui est un réducteur d'incertitude des revenus pour certains intrants, Adolph Riedel, tout comme un autre disciple de l'école historique allemande (Hans von Mangoldt), est un précurseur de la nature de la firme expliquée par les coûts de transaction, théorie exposée en 1937 par Ronald Coase.
    • 1838, Adolph F. J. Riedel, "Nationalokonomie oder Volkswirthschaft Dargestellt", Vol 3. Berlin: F. H. Morin
  27. Charles Tuttle a été nommé professeur d'économie et de sciences sociales à l'université Wesleyan en 1913. Auparavant, il enseignait à l'Amherst College. Il a obtenu son diplôme LLD en juin 1913 du Wabash college. Contrairement à d'autres théoriciens de l'entrepreneuriat, Charles Tuttle a utilisé une description très stricte de l'entrepreneuriat. Il considérait l'entrepreneur comme un propriétaire responsable de l'incertitude. En se différenciant des économistes classiques comme Adam Smith ou de Turgot, Charles Tuttle affirmait que les pratiques commerciales dominantes de l'époque expliquent l'incapacité de ces auteurs de différencier la fonction du capitaliste de celle de l'entrepreneur. En Angleterre et en France, à cette époque, en effet, la possession de capitaux était la condition préalable pour devenir chef d'entreprise indépendant. Ce fait se reflète dans les écrits de Turgot et de Smith, qui considéraient chacun la propriété du capital comme allant de soi pour devenir entrepreneur.
    • 1891, "The Wealth Concept. A Study in Economic Theory", The Annals of the American Academy of Political and Social Science, Vol 1, Apr., pp615-634
    • 1914, commentaire du livre d'Achille Loria, "The Economic Synthesis", The American Economic Review, Vol 4, n°4, Dec., pp871-874
    • 1927,
      • Charles A. Tuttle, "The Entrepreneur Function in Economic Literature", Journal of Political Economy, Vol 35, n°4, Aug., pp501-521
      • Charles A. Tuttle, "The Function of the Entrepreneur", The American Economic Review, Vol 17, n°1, Mar., pp13-25
  28. Francis Edgeworth a fait valoir que l'entrepreneur est un coordinateur (fusion des facteurs de production) et un intermédiaire ou arbitragiste (équilibreur des marchés de facteurs et des marchés de produits). Même s'il n'a pas complètement développé sa théorie de l'entrepreneuriat, il reconnaît le rôle crucial joué par les entrepreneurs. Contrairement à ses collègues économistes néoclassiques, il n'a pas supprimé les considérations entrepreneuriales de son schéma descriptif de l'économie.
  29. Gustav Schmöller appartenait à la deuxième génération de l'école historiciste allemande qui s'opposa à la méthodologie de l'école autrichienne. Le mouvement de l'école historique soutenait qu'une analyse approfondie et une compréhension complète des données historiques sont une condition préalable au développement approprié de la théorie économique. Gustav Schmöller étudia donc empiriquement le comportement des entrepreneurs et confirma que ceux-ci constituent le facteur clé de l'activité économique lorsqu'ils sont doués de l'esprit d'entreprise. Il voit donc l'entrepreneur (unternehmer) comme un organisateur créatif, audacieux et un gestionnaire dont le rôle repose sur l'innovation et l'initiative imaginative.
  30. Werner Sombart (1863–1941) développe une analyse historique et sociologique sur l’entrepreneur capitaliste à la même époque que Carl Menger. Mais il n'adoptait pas la même approche que celle de l'école autrichienne. Il appartient à ce qu'on a appelé l'école historique allemande de l'économie, qui mettait l'accent sur la relativité des systèmes économiques et des époques, et sur la nécessité d'analyser chacun selon ses propres mérites en vue d'élaborer ses propres caractéristiques particulières. Werner Sombart pensait que l'invention de la comptabilité en partie double à la fin du Moyen âge fut essentielle à la naissance du capitalisme européen. Dans son ouvrage majeur, "Der moderne Kapitalismus", paru en 1902 (La première édition date de 1902. En 1916, il publie une deuxième version entièrement remaniée en deux volumes et un troisième volume est ajouté en 1928), il affirme que le capitalisme et la comptabilité en partie double sont indissociablement liés. Cette affirmation fut déniée par de nombreux économistes historiens de la comptabilité. Selon Werner Sombart (1911: "The Jews and Modern Capitalism"), la créativité et la capacité à briser les valeurs sociales associées à l'entrepreneuriat sont plus fréquentes chez les groupes marginaux et minoritaires. Par conséquent, leur rejet relatif dans les sociétés au sein desquelles ils vivent permet aux individus d'éviter les valeurs traditionnelles et d'adopter des normes marginales qui régissent leur comportement économique.
    • 1902, Werner Sombart, "Der moderne Kapitalismus" ("Le capitalisme moderne"), Tome 1, Leipzig: Duncker und Humblot
    • 1909, Werner Sombart, "Der kapitalistische Unternehmer", ("L'entrepreneur capitaliste"), Archiv für Sozialwissenschaft und Sozialpolitik, Vol 29, pp689-758
    • 2005, Makoto Okuyama, "Werner Sombart's Theories of the Entrepreneur", The History of Economic Thought, Vol 47, n°1, pp35-48
  31. Francis Walker fut le premier président de l'American Economics Association. Il a décrit l'entrepreneur comme étant un décideur et un leader. Il a séparé la propriété du capital des responsabilités de l'entrepreneur. Les entrepreneurs choisissent et désinvestissent la production pour organiser et contrôler la machine industrielle. Chez cet auteur, le profit est traité comme une rente. En effet, le travail de l'entrepreneur est de type supérieur car il est capable d'extraire une rente supplémentaire des travailleurs et d'autres facteurs de production. Francis A. Walker considère l'entrepreneur comme celui qui est doté de capacités supérieures à la moyenne dans la tâche d'organiser et de coordonner les facteurs de production. Parmi les différents facteurs de production, la terre, le travail et le capital, il ajoute celui de l'esprit entrepreneurial. L'entrepreneur est donc un pionnier, un leader et un capitaine d'industrie. Par conséquent, le profit que l'entrepreneur obtient dépend de son efficacité et de son talent supérieur.
  32. Selon l'historien Frederick Harbison, un entrepreneur n’est pas un "innovateur" mais un "constructeur d’organisation" ou une personne qui a les compétences nécessaires pour créer une organisation. Il doit être en mesure d’exploiter les nouvelles idées de différents innovateurs au mieux au sein d'une organisation.
    • 1956, Frederick Harbison, "Entrepreneurial Organization as a Factor in Economic Development", The Quarterly Journal of Economics, Vol 70, n°3, August, pp364–379
  33. La théorie fonctionnelle de l'entrepreneuriat met l'accent non pas sur l'entrepreneur individuel en soi, mais sur les fonctions que les entrepreneurs exercent dans une économie de marché, par exemple, l'action de l'entrepreneur sur l'équilibre des marchés, le jugement entrepreneurial, l'innovation, l'adaptation ou la vigilance.
  34. Les innovations de l'entrepreneur doivent répondre aux désirs des consommateurs, sinon, il ne risque pas de prospérer. Le marché encourage l'innovation, mais il récompense uniquement ceux qui répondent aux demandes des consommateurs. Lorsque l'entrepreneur perd l'étincelle créative ou lorsqu'il ignore les souhaits de ses clients, il met en danger la vie de son entreprise. Des entrepreneurs tels que Andrew Carnegie, fondateur de US Steel; Henry Ford qui développa le concept de chaînes de montage pour la production en série d’automobiles, Cornelius Vanderbilt, qui s’aventura dans les navires à vapeur et les chemins de fer, et Alexander Turney Stewart dans le domaine du commerce, ont fini par dominer le marché et l’industrie grâce à leurs innovations.
  35. Charles A. Ziegler, 1985, "Innovation and the imitative entrepreneur", Journal of Economic Behavior & Organization, Vol 6, n°2, June, pp103-121
  36. Un entrepreneur du savoir est capable de produire et d'utiliser ses actifs intellectuels pour la création ou la croissance d'une nouvelle start-up. L'entrepreneur du savoir doit avoir suffisamment de capital intellectuel afin de créer de la valeur ajoutée en utilisant ses propres connaissances. L'entrepreneuriat basé sur les connaissances consiste à acquérir des informations et des opportunités liées aux connaissances pour développer, élargir et diffuser une base de connaissances reliée à l'activité du secteur. L'entrepreneur du savoir utilise des propres actifs intellectuels pour le développement de nouvelles entreprises, ce qui mène éventuellement au développement personnel ou de la communauté vers la création de richesse. Les consultants, les journalistes, les universitaires et les experts peuvent être des entrepreneurs potentiels du savoir. Par exemple, l'académicien crée une revue de recherche dans le but de développer et de promouvoir une base de connaissances. OU alors l'entrepreneur universitaire engage son établissement d'enseignement supérieur à commercialiser les recherches de son laboratoire. Les entrepreneurs du savoir peuvent avoir besoin d'accéder aux réseaux sociaux pour diffuser et accéder à l'information.
    • 2001, H. Bouchikhi, J. R. Kimberly, "It’s difficult to innovate”: The death of the tenured professor and the birth of the knowledge entrepreneur", Human Relations, Vol 54, pp77-84
    • 2006,
      • E. G. Carayannis, P. Formica, "Intellectual venture capitalists: An emerging breed of knowledge entrepreneurs", Industry & Higher Education, 20(3), pp151-156
      • S. Skrzeszewski, "The knowledge entrepreneur", Lanham, MD: Scarecrow Press
    • 2010, T. Andersson, M. G. Curley, P. Formica, "Knowledge driven entrepreneurship", New York, NY: Springer
  37. Richard Cantillon, considéré comme un proto-autrichien, est le premier à avoir introduit le terme d'entrepreneur dans la littérature économique dans sa conception moderne. D'autres économistes comme Joseph Schumpeter, Carl Menger, Ludwig von Mises, Friedrich Hayek, Israel Kirzner et Peter Klein donnent une portée particulière au jugement de l'entrepreneur
  38. La métaphore est un procédé en littérature efficace pour mieux faire comprendre un concept. Dans le domaine entrepreneurial, la métaphore a été souvent abusivement utilisée dans le cadre de la mécanique. Par exemple, "l'entrepreneur est le moteur du système".
    • 2005, M. S. Cardon, C. Zietsma, P. Saparito, B. P. Matherne, C. Davis, "A tale of passion: New insights into entrepreneurship from a parenthood metaphor", Journal of Business Venturing, Vol 20, pp23-45
    • 2007, Johan Gaddefors, "Metaphor use in the entrepreneurial process", International Journal of Entrepreneurial Behaviour and Research, 13(3), pp173-193
  39. Claudine Kearney, Robert Hisrich, Frank Roche, "Facilitating public secteur corporate entrepreneurship process: a conceptual model", Journal of Enterprising Culture, Vol 15, n°3, september, pp275–299
  40. Karim Messeghem, L’entrepreneuriat en quête de paradigme : apport de l’école autrichienne, L’internationalisation des PME et ses conséquences sur les stratégies entrepreneuriales, 25, 26, 27 octobre 2006, Haute école de gestion (HEG) Fribourg, Suisse, p5
  41. Art Carden, 2001, "Economic Progress and Entrepreneurial Innovation: Case Studies from Memphis", Southern Journal of Entrepreneurship, cite l'exemple de la société FedEx qui a perdu de l'argent durant ses 26 premiers mois d'existence. Le créateur, Smith, s'est trouvé en difficulté juridique pour avoir gaspillé l'argent de ses sœurs. L'entreprise a finalement fini par trouver un créneau d'expédition des marchandises, avec un ratio très élevé valeur-poids, avec l'expédition des produits électroniques et les fournitures médicales.
  42. Felix R. Livingston, 1996, "The Entrepreneur as a Defender of Liberty. Pursuit of private interests in a competitive environment can further the cause of freedom", The Freeman: Ideas on Liberty, September, Vol 46, n°9, pp627-630
    • Sara Carter, 2017, "The effects of business ownership on people’s lives", In: David Audretsch, E. E. Lehmann, dir., "The Routledge Companion to the Makers of Modern Entrepreneurship", New York: Routledge, pp42-52
  43. Terry L. Anderson et Peter J. Hill (2002: "Cowboy and Contracts" Journal of Legal Studies (31) 489-514) sont les premiers auteurs à faire référence explicitement à l'entrepreneur en droits de propriété. Ils expliquent que leur action peut être soit positive (création de rente), soit négative (recherche de rente). Les entrepreneurs de droits de propriété répondent de manière créative aux défis économiques et sociaux liés à la rareté des ressources. Ils développent de nouveaux mécanismes de droits de propriété c'est-à-dire qu'ils développent des normes, des règles ou des approches innovantes pour résoudre les problèmes de droits de propriété. Lorsqu'ils sont libres d'innover et de contracter, ces entrepreneurs orientent le régime des droits de propriété dans de nouvelles directions et permet autres autres entrepreneurs de faire poussent le développement économique et social. Leurs actions dynamiques vitales, voire essentielles pour l'institution des droits de propriété car elles garantissent mieux que l'institution publique reste la pertinence des rapports entre citoyens sur l'usage et l'échange des ressource au niveau local. Toute règle juridique formelle qui est promulguée afin de pour promouvoir la propriété doit permettre aussi la mise en action potentielle d'un entrepreneuriat des droits de propriété. Par exemple, la création de nouveaux attributs dans le faisceau de l'ensemble des droits de propriété liés à une ressources ou de nouvelles méthodes d'attribution des droits de propriété ne doivent pas être inhibés par la loi statutaire du législateur. Ainsi, les individus, potentiels entrepreneurs de droits de propriétés, doivent toujours être encouragés à répondre à la contrainte de la rareté croissante d'une ressource ou à l'évolution de la technologie en développant de nouveaux droits de propriété, comme l'ont fait les entrepreneurs des droits de propriété lorsqu'ils ont créé des droits exclusifs sur les URL du World Wide Web (Karol Boudreaux, 2005: "The Role of Property Rights as an Institution: Implications for Development Policy", Mercatus Policy Series Policy Primer, n°2, Arlington, VA. Mercatus Center at George Mason University, May). De cette façon, le processus évolutif du droit de propriété permet de découvrir des solutions créatives aux problèmes de l'évolution des besoins. Contrairement à la théorie sociologique de l'entrepreneur institutionnel ou l'entrepreneur institutionnel constructiviste de Douglass North, l'entrepreneur de droits de propriété est plus qu'un innovateur institutionnel. Il ou elle est un individu attentif au potentiel de valorisation économique de nouveaux arrangements institutionnels. Par conséquent, les différences institutionnelles sont liées aux différences dans l'activité entrepreneuriale reposant sur la vigilance des individus envers la découvertes d'opportunités de profit qui peuvent découler soit d'une situation institutionnelle en statu quo ou soit d'un changement institutionnel provoqué. Cette perspective est alignée sur la vision de la théorie de la découverte d'opportunités dans la littérature sur l'entrepreneuriat initiée par Israel Kirzner. Elle suggère que l'activité entrepreneuriale est motivée par la vigilance aux opportunités économiques et à leur perception individuelle dans un cadre d'action économique de « moyens-fins ».

Bibliographie sur l'entrepreneur

Searchtool-80%.png Article détaillé : Bibliographie sur l'entrepreneur.

Liens externes



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