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Abbé Roubaud

De Wikiberal
Abbé Roubaud
Journaliste

Dates 1730 - 1792
Tendance Physiocratie
Origine France France
Articles internes Liste de tous les articles

Citation « Par le droit de nature, tout homme, Nègre ou Blanc, a la propriété de sa personne, c’est-à-dire, de ses facultés et de leur exercice. »
inter lib.org sur Pierre-Joseph-André Roubaud

L'Abbé Roubaud, de son nom complet Pierre-Joseph-André Roubaud (1730 - 1792) est un physiocrate français, ardent partisan de Turgot dont il fut un conseiller. Journaliste et grammairien, on lui doit une défense de la liberté du commerce, une critique virulente de l'esclavage et des travaux de linguistique.

Le physiocrate

Il fut fortement influencé par Antoine Court de Gébelin dans ses études.

Journaliste, il fut rédacteur du Journal de l’agriculture, du commerce et des finances de juillet 1765 à décembre 1774[1] et collabora aux Éphémérides du citoyen de Nicolas Baudeau à partir de mai 1768.

C'est la même année qu'il se rapproche des physiocrates comme François Quesnay, du Pont de Nemours ou Mercier de la Rivière. Il défendit avec force la liberté du commerce et des grains, dressant dans un ouvrage de 1769 une comparaison des effets de la liberté et de la règlementation. Cela fit de lui une des cibles des opposants aux physiocrates, qui firent circuler un pamphlet intitulé Catalogue des livres nouveaux qui se trouvent chez l’abbé Roubaud, Secrétaire perpétuel de la Franche Loge économiste sous la protection de M. Turgot, le très-Vénérable Grand-Maître.

Reprenant les théories physiocrates sur l'importance de l'agriculture, il va jusqu'à écrire : « Il n’est pas moins clair que l’agriculture donne la richesse nationale et le revenu public annuellement renaissant, tandis que le commerce ne procure que des salaires et des profits casuels à quelques particuliers qui ne manquent pas et avec raison de les soustraire à l’impôt. Il est également manifeste que la terre et la charrue sont le seul fonds, le seul bien, le seul patrimoine à jamais solide, fécond, suffisant, substantiel et riche de toute richesse ; au lieu que le commerce n’est que fumée »[2].


Le critique de l'esclavage

Sa critique de l'esclavage dans son Histoire générale de l’Asie, de l’Afrique et de l’Amérique (1771) inspira Diderot dans son Histoire des Deux-Indes. Invariant sur son antiesclavagisme, il s'y était déjà attaqué en 1768 dans son ouvrage anonyme Le politique indien ou considérations sur les colonies des Indes orientales. Rejetant les arguments de ceux pour qui blancs et noirs sont différents et doivent donc être traités comme tels, il souligne qu'il s'agit simplement de l'effet du climat :

« Il faudrait contredire toute certitude historique, pour ne pas convenir que la côte occidentale de l’Afrique est le pays le plus brûlant du globe ; d’où il s’ensuit, non qu’il y a des climats qui ne sont propres qu’à certaines espèces, ou des espèces affectionnées à de certains climats ; car ces prétendues espèces se transplantent d’un climat à l’autre, les blancs chez les noirs, et les noirs chez les blancs ; mais que la différence des climats change du blanc au noir, comme du blond au brun. Le soleil concourt à modifier la matière de la reproduction, comme les autres humeurs du corps. Les blancs deviennent noirs en Afrique, du moins dans la suite des générations, et les nègres deviendraient de même blancs ou basanés, en Amérique, puisqu’à la seconde génération, ils ont déjà beaucoup perdu de la noirceur Africaine, quoique sous la même latitude »[3].

Répondant par avance aux socialistes français qui souhaiteront coloniser les « races inférieures » pour leur « apporter le progrès » un siècle plus tard, il ajoute : « quand les Européens seront hommes vis-à-vis d’eux, ils en feront des hommes »[4].

Il s'intéressa également à la langue française, laissant un ouvrage sur les synonymes français auquel François Guizot se réfère abondamment dans son Nouveau dictionnaire universel des synonymes (première édition en 1809).

Citation

  • « Par le droit de nature, tout homme, Nègre ou Blanc, a la propriété de sa personne, c’est-à-dire, de ses facultés et de leur exercice »[5]

Notes et références

  1. Manuel du libraire et de l'amateur de livres, Jacques Charles Brunet, 1865, p.1863
  2. Le politique indien ou considérations sur les colonies des Indes orientales, 1768, cité par Ann Thomson
  3. Histoire générale de l’Asie, de l’Afrique et de l’Amérique, 1771, cité par Ann Thomson
  4. Histoire générale de l’Asie, de l’Afrique et de l’Amérique, 1771, t. XII, p. 209
  5. Histoire générale de l’Asie, de l’Afrique et de l’Amérique, 1771, t. XII, p. 198-99

Principales publications

  • 1768, Le politique indien ou considérations sur les colonies des Indes orientales
  • 1769, Représentation aux magistrats, contenant l’exposition raisonnée des faits relatifs à la liberté du commerce des grains, et les résultats respectifs des Règlements et de la liberté
  • 1771, Histoire générale de l’Asie, de l’Afrique et de l’Amérique
  • 1786, Nouveaux Synonymes Français

Bibliographie

  • 1999, Robert Granderoute, « Pierre-Joseph-André Roubaud » in Dictionnaire des journalistes, vol. II, Oxford, Voltaire Foundation
  • Ann Thomson, « Diderot, Roubaud et l’esclavage », Recherches sur Diderot et sur l'Encyclopédie, numéro 35 Varia, [lire en ligne]
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