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Agriculture

De Wikiberal

L'agriculture est un secteur économique en déclin rapide dans le monde occidental, et par ce motif l'un des plus subventionnés, ce qui est source de multiples rigidités et dysfonctionnements. Les politiques agricoles fournissent la meilleure illustration des thèses de la théorie du choix public selon lesquelles une infime partie de la population (les agriculteurs d'un pays) bénéficie d'avantages aux dépens d'une immense autre partie (les contribuables et les consommateurs de ce même pays).

Face au protectionnisme des pays occidentaux qui empêche le développement des agricultures des pays du Sud tout en renchérissant le coût de l'alimentation pour les habitants des pays riches, les libéraux soutiennent le libre-échange auquel tout le monde serait gagnant.

L'interventionnisme étatique en matière d'agriculture consiste principalement en barrières douanières (le consommateur paie) et en subventions (le contribuable paie). Dans tous les cas, ces mesures se font au détriment du consommateur et au bénéfice de domaines économiques non rentables :

Droguée à la PAC, l’agriculture française a déserté les marchés. À l’exception de quelques filières comme la viticulture, qui revit en trouvant de nouveaux clients dans les pays émergents. Pour le reste, nous avons transformé les paysans en jardiniers du paysage qui vivent de subventions destinées à se tarir, en s’étant détachés de la production et des consommateurs.(Nicolas Baverez[1])

L'argument classique de l'intérêt général (parfois décliné comme "souveraineté alimentaire" du pays !) est un pur mensonge qui sert à justifier l'oppression de la grande majorité des citoyens. Soit la population est prête à payer plus cher les productions locales, et en ce cas les mesures protectionnistes ou les subventions sont injustifiées et absurdes ; soit elle n'y est pas prête, et en ce cas ces mesures ne sont qu'une coercition étatique qui va à l'encontre des vœux du citoyen, au bénéfice d'un secteur particulier de l'économie du pays, qui se trouve indûment privilégié.

Le discours libéral, en pratique, se heurte au lobby agricole, qui réclame toujours davantage de subventions et de protections. Ainsi, en Suisse, "îlot de cherté" où existe (comme dans le reste de l'Europe) un fort protectionnisme agricole (qui renchérit le prix des produits alimentaires d'environ 30% en comparaison avec le reste de l'Europe), le conseiller fédéral Christoph Blocher a choqué en 2004 en demandant l'ouverture des frontières, la fin des subventions, et un comportement entrepreneurial de la part des agriculteurs[2] :

La Suisse est devenue une victime de sa propre bureaucratie agricole. (...) Nous sommes allés trop loin dans les interventions bien intentionnées de l’État. Laissons les agriculteurs devenir à nouveau des entrepreneurs !

Un autre argument fréquent est que sans subventions et sans protectionnisme, l'agriculture disparaîtrait en Europe faute d'être suffisamment compétitive par rapport au reste du monde. En réalité, la loi des avantages comparatifs s'applique aussi en matière agricole, et doit permettre aux agriculteurs de se spécialiser dans les créneaux les plus porteurs, plutôt que de se transformer en jardiniers du paysage ou en conservateurs du patrimoine rural. La Nouvelle-Zélande, pays plus isolé que la Suisse, subventionne très peu son agriculture en comparaison avec la Suisse ; or l'agriculture reste l'industrie d'exportation la plus importante du pays.

Bibliographie

Citations

  • « Des romantiques condamnent les théories économiques concernant le sol, comme entachées d'un esprit étroitement utilitaire. Les économistes, disent-ils, regardent la terre avec les yeux du spéculateur insensible qui dégrade toutes les valeurs éternelles en parlant de monnaie et de profits. Et pourtant, la glèbe est bien davantage qu'un simple facteur de production. Elle est la source intarissable de l'énergie humaine, de la vie humaine. L'agriculture n'est pas simplement une branche de production parmi bien d'autres. C'est la seule activité naturelle et respectable de l'homme, la seule condition digne d'une existence vraiment humaine. Il est inique d'en juger seulement en fonction des revenus nets que l'on peut extorquer au sol. La terre ne fait pas que porter les fruits qui nourrissent notre corps ; elle produit avant tout les forces morales et spirituelles de la civilisation. » Ludwig von Mises, L'Action humaine, Chapitre XXII
  • « Il ne faut pas acheter français ; il faut produire en France pour les consommateurs de la société ouverte du XXIe siècle. » (Nicolas Baverez)
  • « On a trouvé, en bonne politique, le secret de faire mourir de faim ceux qui, en cultivant la terre, font vivre les autres. » (Voltaire)
  • « Les pays ne sont pas cultivés en raison de leur fertilité mais en raison de leur liberté. » (Montesquieu)
  • « C’est la permaculture qui m’a permis cette transition entre le socialisme, sa perpétuelle volonté de remédier aux supposées défaillances du système économique, et le libéralisme, sa philosophie du laissez-faire, sa confiance en la viabilité d’un système économique libre, en la liberté individuelle. » (Rémy Poix)

Voir aussi

Notes et références

  1. Orsenna et Baverez : la France qu'on voudrait !, La Tribune, 4 mai 2012.
  2. Der regulierte Bauer, discours du conseiller fédéral Blocher à la cérémonie d'ouverture de l'OLMA, foire suisse de l'agriculture et l'alimentation, 7 octobre 2004, Saint-Gall.

Liens externes

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