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Jean Étienne Marie Portalis

De Wikiberal
Jean Étienne Marie Portalis
juriste

Dates 1746 - 1807
Portalis
Tendance libéral classique
Origine France France
Articles internes Liste de tous les articles

Citation
inter lib.org sur Jean Étienne Marie Portalis


Jean Étienne Marie Portalis (Le Beausset, auj. Var, le 1er avril 1746 - Paris, le 25 août 1807), jurisconsulte et philosophe du droit français.

Biographie

Jeune avocat, il s'illustra notamment à l'occasion d'un procès intenté contre Beaumarchais, créateur du Mariage de Figaro.

Il est élu en 1795 au Conseil des Anciens, il en sera le président en 1796. Considéré comme un ennemi du Directoire en raison de ses positions modérées, il est condamné à la déportation lors du coup d'état du 18 fructidor. Il s'exile en Suisse, puis en Allemagne, au Holstein.

Autorisé à rentrer en France en fin 1799, il sera présenté à Napoléon Bonaparte.

Il est désigné comme membre de la commission de rédaction du Code civil, aux côtés de Tronchet, Bigot de Préameneu et Maleville, sous la direction de Cambacérès. Il est considéré comme « le père du Code civil », dont il rédige le discours préliminaire, qui reprend en effet de nombreux extraits de ses écrits antérieurs.

Le 8 octobre 1801 il fut nommé à la tête de la Direction générale des cultes, avec mission de mettre en œuvre le Concordat.

Le Code civil fut définitivement adopté le 21 mars 1804. Le 10 juillet de la même année, il fut le premier ministre des cultes et la difficile mise en place du Concordat l'occupera jusqu’à la fin de sa vie.

En 1803, il est reçu à l'Académie française au fauteuil de Marie-Gabriel-Florent-Auguste de Choiseul-Gouffier.

Au lendemain de son décès, ses cendres furent transférées au Panthéon. En 1820 fut publié un essai posthume, qui exerça une grande influence auprès des milieux libéraux et conservateurs : De l'Usage et de l'abus de l'esprit philosophique au XVIIIe siècle. Portalis y expose les causes morales de la Révolution française, pour fustiger le faux esprit philosophique - cette lime sourde qui use tout - ayant présidé à celle-ci.

Œuvres

  • De l'Usage et de l'abus de l'esprit philosophique durant le XVIIIe siècle (2 volumes, 1820)
  • Écrits et discours juridiques et politiques, Aix-en-Provence : Presses universitaires d'Aix-Marseille, 1988
  • Discours préliminaire au premier projet de Code civil édité aux éditions confluences et paru le 22 décembre 1998

Bibliographie

  • Portalis, Père du Code civil, Chartier, J-L, Fayard.

Citations

  • « Le commerce, en se développant, nous a guéris des préjugés barbares et destructeurs; il a uni et mêlé les hommes de tous les pays et de toutes les contrées. La boussole ouvrit l'univers ; le commerce l'a rendu sociable. » (Discours préliminaire du premier projet de Code civil[1])
  • « Le droit est la raison universelle, la suprême raison fondée sur la nature même des choses. Les lois sont ou ne doivent être que le droit réduit en règles positives, en préceptes particuliers. » (Rapport préliminaire sur l’établissement du Code civil des Français, 21 mars 1804)
  • « Le droit est moralement obligatoire, mais par lui même il n’emporte aucune contrainte ; il dirige, les lois commandent ; il sert de boussole et les lois de compas. » (Rapport préliminaire sur l’établissement du Code civil des Français, 21 mars 1804)
  • « On gouverne mal quand on gouverne trop. Un homme qui traite avec un autre homme doit être attentif et sage ; il doit veiller à son intérêt, prendre les informations convenables, et ne pas négliger ce qui est utile. L’office de la loi est de nous protéger contre la fraude d’autrui, mais non pas de nous dispenser de faire usage de notre propre raison. S’il en était autrement, la vie des hommes, sous la surveillance des lois, ne serait qu’une longue et honteuse minorité ; et cette surveillance dégénérerait elle-même en inquisition ».[1]
  • « L'expérience prouve que les hommes changent plus facilement de domination que de lois. »[1]
  • « Tous nos maux ont leur source principale et continue dans l'audace des mœurs, soutenue par les sophismes d'une fausse dialectique et par les spéculations, pour ainsi dire aériennes, d'une philosophie délirante. » (De l'usage et de l'abus de l'esprit philosophique durant le dix-huitième siècle[2])
  • « Avec deux ou trois principes dont on force l'application, on veut tout régir. Les théories simples entraînent, parce qu'elles se montrent à nous séparées, des abus que la pratique seule pourrait nous révéler. »[2]

Notes et références

  1. 1,0, 1,1 et 1,2 Portalis, Discours préliminaire du premier projet de Code civil, 1801, [lire en ligne]
  2. 2,0 et 2,1 Portalis, De l'usage et de l'abus de l'esprit philosophique durant le dix-huitième siècle, A. Egron, 1820, vol.2, p.500

Liens externes

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